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Alain Kenfack*: Vendre le Cameroun, mission impossible ?

En 2007 sur les ondes d’une radio locale émettant à Douala (Radio des Lauréats), au cours de l’émission Estuaire de Roland Macaire, l’artiste/musicien camerounais Longuè Longuè déclare dans une interview exclusive relative à sa détention à Paris « Vaut mieux être en prison ici chez les blancs que d’être libre au Cameroun ».

Loin d’une simple boutade, cette affirmation est traduite chaque jour dans les faits par tous ces Camerounais qui quittent le pays dans des conditions frisant la démence.
Par ailleurs le Cameroun, malgré le retentissement de l’opération épervier, le pays accuse toujours un déficit d’image cruel. Sa perception reste encore celle du « pays de l’impunité, de la corruption, de la non promotion de la femme, de la non promotion de la jeunesse, du cumul des postes, du non renouvellement du personnel politique, de l’inertie, de la gérontocratie au pouvoir, de la faillite économique, etc .
Tous ceux qui tiennent ce genre de propos sont vite accusés d’ennemis du pays par les membres du régimes où leurs proches. Seulement la réalité est là, têtue comme les faits. Quand un média international s’intéresse au Cameroun, c’est rarement pour du positif. Les principaux sujets qui sont traités montrent le paradoxe d’un pays qui a un large potentiel mais dont les rares faits de guerre n’ont pas une explication rationnelle. Il est à parier que si un sujet devait être réalisé sur le pays de Françoise Mbango, ce serait pour montrer un pays qui n’a pas un seul gymnase digne de ce nom, dont le nombre de sautoirs peut se compter sur les doigts d’une main, mais qui produit une double championne olympique. Le pays des Lions indomptables dont les prouesses sur les stades sont ternies par les problèmes perpétuels de gestion pour ne pas dire d’improvisation…

Que faire ?

Faut-il abandonner le Cameroun à son triste sort? Certainement pas. Ceux qui ont en charge la gestion du pays doivent faire preuve de plus de sérieux et de conviction dans leur démarche. Il est trop facile de leur part de réclamer du Camerounais moyen, luttant pour sa survie, toujours plus de patriotisme alors que ceux qui en tirent le plus de bénéfices se contentent de discours.
Contrairement à ce que peut penser le Ministre de la communication, ce n’est pas la distribution du quotidien gouvernemental à l’étranger qui viendra inverser la tendance. Une opération qui non seulement n’est pas  viable économiquement mais de plus a prouvé son inefficacité dans le passé. De plus, à l’heure des Technologies de l’information et de la Culture, ce n’est pas la démarche la plus appropriée. Quel est le public ciblé par une telle approche, pour quels objectifs ?  Une stratégie efficace ne peut que résulter d’une étude sérieuse permettant de répondre à ces questions. Une abondante information est désormais disponible sur Internet. Même si elle n’est pas toujours fondée, elle participe à la construction d’une opinion.

Une question de crédibilité

Des plaquettes plus ou moins réussies sont souvent distribuées lors de certains événements, des encarts promotionnels dans des journaux étrangers engloutissent d’importants budget pour des résultats que l’on connaît. L’image reste profondément négative parce que le discours ne correspond pas aux actes.
Des “journées économiques et industrielles avec la diaspora” camerounaise auront lieu à Yaoundé du 25 au 27 avril 2007. C’est le quotidien Cameroon Tribune, qui l’annonçait début 2007, avant de poursuivre : “environ 1 500 investisseurs et potentiels investisseurs sont attendus à ces trois jours, destinés à promouvoir le retour des opérateurs d’origine camerounaise actifs à travers le monde”. Cette rencontre annoncée à l’initiative des ministères camerounais du Commerce, de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique et de la Chambre de commerce internationale de Yaoundé, a été reporté sans publicité alors que certaines personnes de la diaspora était déjà sur place. L’événement, dénommé “Cameroun Diaspora”, avec pour slogan “the new deal”. Semble tombée dans les oubliettes. Ceux de la diaspora qui avaient cru à un déclic ont vite déchanté.
Quand on veut attirer des investisseurs étrangers alors que les nationaux expatriés eux-mêmes ne peuvent pas faire confiance à leur pays, quel est le résultat que l’on attend ?

Au-delà de l’image, il faut parler d’attractivité

De nombreuses études ont démontré que l’image d’un pays pouvait avoir une influence sur les comportements des décideurs étrangers. Ce type d’influence peut se traduire par exemple par des préférences pour des produits venant d’un pays donné, par la visite de celui-ci (tourisme) ou encore par une augmentation de l’attractivité du pays en matière d’implantation économique.
L’image d’un pays ne se limite cependant pas à une perception globale de celui-ci mais constitue une représentation stéréotypée et multidimensionnelle des caractéristiques économiques, politiques, sociales et culturelles d’un pays, de ses institutions, de ses entreprises et de ses habitants. Il ne suffit donc pas d’avoir une bonne image globale, encore faut-il savoir quelles dimensions portent cette image.
La question de l’attractivité est aujourd’hui un enjeu essentiel dans une économie mondialisée. La création des emplois, le développement de la croissance, l’enrichissement d’un pays, dépendent de la capacité de celui-ci à attirer les talents, les intelligences et les investissements.
Dans un univers de plus en plus concurrentiel, plusieurs régions du monde cherchent à affirmer plus clairement leur identité et leurs caractéristiques afin d’assurer un meilleur rayonnement et une perception positive de leur image, et ce, autant auprès des étrangers qu’auprès de leur population. Mais aujourd’hui, à l’ère des communications, les consommateurs ont accès quotidiennement à la réalité des nations, ce qui influence grandement leur perception de ces pays. Dans un tel contexte, quelle peut être l’influence du message gouvernemental?La façon dont un pays ou une région est perçu repose sur des réalités qui dépassent très souvent les frontières de la communication gouvernementale. L’opinion publique nationale et internationale devrait désormais faire partie des préoccupations des dirigeants. La firme Anholt-GMI dévoilait, en avril 2005, un premier classement qui mesurait la perception mondiale de l’image de marque des nations. Cette analyse reposait sur un vaste éventail de critères (investissements et immigration, tourisme, habitants, culture et patrimoine, gouvernance et exportation. Dans un autre classement mondial des pays selon leur image de marque (Country Brand Index 2005), les firmes FutureBrand et Weber Shandwick ont défini huit différents «Top 10» mondiaux, mais, cette fois, selon différents critères d’attractivité : affaires, arts et culture, congrès, famille, histoire, loisirs nocturnes, plage, plein air…Ces travaux montrent les différentes segmentations qu’ils faut opérer pour une stratégie efficace.

La promotion du tourisme

Dans de nombreux pays, le milieu touristique demeure un des seuls secteurs à investir massivement afin de positionner et de promouvoir l’image du pays sur l’échiquier mondial. Il semble donc primordial pour les dirigeants de tenir compte de toutes les réalités sociales, économiques et politiques du Cameroun lors de l’élaboration de l’image de marque. En effet, si cette dernière peut aussi avoir une incidence importante sur l’immigration, les investissements étrangers et les exportations, l’inverse est assurément vrai.
En Australie, lorsque l’Australian Tourist Commission a pris en main le processus de rafraîchissement de l’image de marque de la destination, elle a inclus une consultation auprès de plus de 200 organisations, agences gouvernementales et individus de différents secteurs d’activité afin que la nouvelle image soit représentative de la réalité australienne.
Aux États-Unis, à la suite des événements en Irak, un groupe de leaders économiques, conscients que l’image de marque de leur pays a une incidence majeure sur plusieurs aspects de l’économie, dont le tourisme, ont lancé Brand America, un regroupement volontaire de décideurs dont l’objectif est de faire évoluer l’image internationale des États-Unis. Leur action n’est pas publicitaire; elle vise plutôt à sensibiliser les individus actifs sur la scène internationale à l’importance que leur attitude, leurs gestes et leurs paroles ont sur la perception que les gens se font du pays.

Une longue série de défis!

La conceptualisation d’une nouvelle image représente uniquement la première étape du processus pouvant mener à une modification de la perception que les investisseurs et consommateurs ont d’un pays. Afin d’assurer le succès et le rayonnement de la nouvelle identité, il est essentiel que tous les dirigeants et les décideurs des autres secteurs saisissent non seulement son sens et sa portée, mais également qu’ils comprennent comment ils pourront se rallier ou s’arrimer à cette nouvelle image, de façon à contribuer à son implantation. Il faut viser à ce que, collectivement, tous deviennent porteurs du même message. Ultimement, le plus grand défi demeure d’assurer le respect de la promesse faite. Car, au-delà des efforts de promotion, la crédibilité de l’image dépend en définitive de la réalité sur le terrain.
Le Cameroun a besoin d’une grande cohérence dans l’action politique, d’une vision à long terme élaborée avec les différentes composantes de la société, d’une pratique responsable de la gestion publique, d’une orientation vers l’innovation et en avoir l’image. Il faudra préférer la compétence au clientélisme érigé en modèle de fonctionnement. La qualité des infrastructures, et la sécurité sont autant de défis à relever. Un handicap sournois pour les dirigeants Camerounais est qu’ils comptent uniquement sur les finances et la bureaucratie de l’Etat pour affronter ces enjeux alors que celui-ci n’en a plus ni l’expertise ni le pouvoir. Dans cet esprit, le gouvernement devrait présenter des mesures pour l’attractivité du Cameroun, qui visent, au-delà de l’action générale la modernisation de l’économie.
Le deuxième axe consiste à favoriser le retour des talents, permettre aux Camerounais qui ont réussi à l’étranger, de revenir, et transmettre leur savoir ainsi que leur expérience. Aujourd’hui, de nombreux Camerounais choisissent de s’installer à l’étranger. Cela peut être un facteur d’enrichissement formidable pour le Cameroun, à condition de leur donner l’envie et les moyens de revenir ensuite.
Pour cela, il faut que des mesures spécifiques soient prises pour garantir leur retour dans les meilleures conditions, par exemple : la création d’un portail administratif unique pour fournir l’ensemble des informations nécessaires au retour au Cameroun. Deuxièmement, la possibilité de bénéficier d’un régime fiscal favorable pour la constitution d’une épargne-retraite, au titre des années passées à l’étranger. Par conséquent, il semble urgent de donner une consistance aux discours et textes. Pour y parvenir, les dirigeants doivent gagner la confiance des Camerounais, à l’intérieur comme à l’extérieur. La division des Camerounais de l’extérieur, instituée au ministère des relations extérieures, devrait être une véritable passerelle pour mobiliser l’apport de cette partie de la population.
La compétition mondiale s’étend aujourd’hui à un nombre croissant de domaines que les dirigeants ont jusque-là ignorés, comme le droit. La liberté de la justice, de la presse, la garantie des investissements…Si les dirigeants Camerounais veulent être crédibles il leur faudra se battre sur tous les fronts. Etre réactifs, prêts à s’adapter aux évolutions internationales pour en tirer le parti pour tous les Camerounais. C’est de cette façon qu’ils pourront donner du sens au patriotisme qui est souvent invoqué.
*Réalisateur

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Alain Kenfack*: Vendre le Cameroun, mission impossible ?

En 2007 sur les ondes d’une radio locale émettant à Douala (Radio des Lauréats), au cours de l’émission Estuaire de Roland Macaire, l’artiste/musicien camerounais Longuè Longuè déclare dans une interview exclusive relative à sa détention à Paris « Vaut mieux être en prison ici chez les blancs que d’être libre au Cameroun ».

Loin d’une simple boutade, cette affirmation est traduite chaque jour dans les faits par tous ces Camerounais qui quittent le pays dans des conditions frisant la démence.
Par ailleurs le Cameroun, malgré le retentissement de l’opération épervier, le pays accuse toujours un déficit d’image cruel. Sa perception reste encore celle du « pays de l’impunité, de la corruption, de la non promotion de la femme, de la non promotion de la jeunesse, du cumul des postes, du non renouvellement du personnel politique, de l’inertie, de la gérontocratie au pouvoir, de la faillite économique, etc .
Tous ceux qui tiennent ce genre de propos sont vite accusés d’ennemis du pays par les membres du régimes où leurs proches. Seulement la réalité est là, têtue comme les faits. Quand un média international s’intéresse au Cameroun, c’est rarement pour du positif. Les principaux sujets qui sont traités montrent le paradoxe d’un pays qui a un large potentiel mais dont les rares faits de guerre n’ont pas une explication rationnelle. Il est à parier que si un sujet devait être réalisé sur le pays de Françoise Mbango, ce serait pour montrer un pays qui n’a pas un seul gymnase digne de ce nom, dont le nombre de sautoirs peut se compter sur les doigts d’une main, mais qui produit une double championne olympique. Le pays des Lions indomptables dont les prouesses sur les stades sont ternies par les problèmes perpétuels de gestion pour ne pas dire d’improvisation…

Que faire ?

Faut-il abandonner le Cameroun à son triste sort? Certainement pas. Ceux qui ont en charge la gestion du pays doivent faire preuve de plus de sérieux et de conviction dans leur démarche. Il est trop facile de leur part de réclamer du Camerounais moyen, luttant pour sa survie, toujours plus de patriotisme alors que ceux qui en tirent le plus de bénéfices se contentent de discours.
Contrairement à ce que peut penser le Ministre de la communication, ce n’est pas la distribution du quotidien gouvernemental à l’étranger qui viendra inverser la tendance. Une opération qui non seulement n’est pas  viable économiquement mais de plus a prouvé son inefficacité dans le passé. De plus, à l’heure des Technologies de l’information et de la Culture, ce n’est pas la démarche la plus appropriée. Quel est le public ciblé par une telle approche, pour quels objectifs ?  Une stratégie efficace ne peut que résulter d’une étude sérieuse permettant de répondre à ces questions. Une abondante information est désormais disponible sur Internet. Même si elle n’est pas toujours fondée, elle participe à la construction d’une opinion.

Une question de crédibilité

Des plaquettes plus ou moins réussies sont souvent distribuées lors de certains événements, des encarts promotionnels dans des journaux étrangers engloutissent d’importants budget pour des résultats que l’on connaît. L’image reste profondément négative parce que le discours ne correspond pas aux actes.
Des “journées économiques et industrielles avec la diaspora” camerounaise auront lieu à Yaoundé du 25 au 27 avril 2007. C’est le quotidien Cameroon Tribune, qui l’annonçait début 2007, avant de poursuivre : “environ 1 500 investisseurs et potentiels investisseurs sont attendus à ces trois jours, destinés à promouvoir le retour des opérateurs d’origine camerounaise actifs à travers le monde”. Cette rencontre annoncée à l’initiative des ministères camerounais du Commerce, de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique et de la Chambre de commerce internationale de Yaoundé, a été reporté sans publicité alors que certaines personnes de la diaspora était déjà sur place. L’événement, dénommé “Cameroun Diaspora”, avec pour slogan “the new deal”. Semble tombée dans les oubliettes. Ceux de la diaspora qui avaient cru à un déclic ont vite déchanté.
Quand on veut attirer des investisseurs étrangers alors que les nationaux expatriés eux-mêmes ne peuvent pas faire confiance à leur pays, quel est le résultat que l’on attend ?

Au-delà de l’image, il faut parler d’attractivité

De nombreuses études ont démontré que l’image d’un pays pouvait avoir une influence sur les comportements des décideurs étrangers. Ce type d’influence peut se traduire par exemple par des préférences pour des produits venant d’un pays donné, par la visite de celui-ci (tourisme) ou encore par une augmentation de l’attractivité du pays en matière d’implantation économique.
L’image d’un pays ne se limite cependant pas à une perception globale de celui-ci mais constitue une représentation stéréotypée et multidimensionnelle des caractéristiques économiques, politiques, sociales et culturelles d’un pays, de ses institutions, de ses entreprises et de ses habitants. Il ne suffit donc pas d’avoir une bonne image globale, encore faut-il savoir quelles dimensions portent cette image.
La question de l’attractivité est aujourd’hui un enjeu essentiel dans une économie mondialisée. La création des emplois, le développement de la croissance, l’enrichissement d’un pays, dépendent de la capacité de celui-ci à attirer les talents, les intelligences et les investissements.
Dans un univers de plus en plus concurrentiel, plusieurs régions du monde cherchent à affirmer plus clairement leur identité et leurs caractéristiques afin d’assurer un meilleur rayonnement et une perception positive de leur image, et ce, autant auprès des étrangers qu’auprès de leur population. Mais aujourd’hui, à l’ère des communications, les consommateurs ont accès quotidiennement à la réalité des nations, ce qui influence grandement leur perception de ces pays. Dans un tel contexte, quelle peut être l’influence du message gouvernemental?La façon dont un pays ou une région est perçu repose sur des réalités qui dépassent très souvent les frontières de la communication gouvernementale. L’opinion publique nationale et internationale devrait désormais faire partie des préoccupations des dirigeants. La firme Anholt-GMI dévoilait, en avril 2005, un premier classement qui mesurait la perception mondiale de l’image de marque des nations. Cette analyse reposait sur un vaste éventail de critères (investissements et immigration, tourisme, habitants, culture et patrimoine, gouvernance et exportation. Dans un autre classement mondial des pays selon leur image de marque (Country Brand Index 2005), les firmes FutureBrand et Weber Shandwick ont défini huit différents «Top 10» mondiaux, mais, cette fois, selon différents critères d’attractivité : affaires, arts et culture, congrès, famille, histoire, loisirs nocturnes, plage, plein air…Ces travaux montrent les différentes segmentations qu’ils faut opérer pour une stratégie efficace.

La promotion du tourisme

Dans de nombreux pays, le milieu touristique demeure un des seuls secteurs à investir massivement afin de positionner et de promouvoir l’image du pays sur l’échiquier mondial. Il semble donc primordial pour les dirigeants de tenir compte de toutes les réalités sociales, économiques et politiques du Cameroun lors de l’élaboration de l’image de marque. En effet, si cette dernière peut aussi avoir une incidence importante sur l’immigration, les investissements étrangers et les exportations, l’inverse est assurément vrai.
En Australie, lorsque l’Australian Tourist Commission a pris en main le processus de rafraîchissement de l’image de marque de la destination, elle a inclus une consultation auprès de plus de 200 organisations, agences gouvernementales et individus de différents secteurs d’activité afin que la nouvelle image soit représentative de la réalité australienne.
Aux États-Unis, à la suite des événements en Irak, un groupe de leaders économiques, conscients que l’image de marque de leur pays a une incidence majeure sur plusieurs aspects de l’économie, dont le tourisme, ont lancé Brand America, un regroupement volontaire de décideurs dont l’objectif est de faire évoluer l’image internationale des États-Unis. Leur action n’est pas publicitaire; elle vise plutôt à sensibiliser les individus actifs sur la scène internationale à l’importance que leur attitude, leurs gestes et leurs paroles ont sur la perception que les gens se font du pays.

Une longue série de défis!

La conceptualisation d’une nouvelle image représente uniquement la première étape du processus pouvant mener à une modification de la perception que les investisseurs et consommateurs ont d’un pays. Afin d’assurer le succès et le rayonnement de la nouvelle identité, il est essentiel que tous les dirigeants et les décideurs des autres secteurs saisissent non seulement son sens et sa portée, mais également qu’ils comprennent comment ils pourront se rallier ou s’arrimer à cette nouvelle image, de façon à contribuer à son implantation. Il faut viser à ce que, collectivement, tous deviennent porteurs du même message. Ultimement, le plus grand défi demeure d’assurer le respect de la promesse faite. Car, au-delà des efforts de promotion, la crédibilité de l’image dépend en définitive de la réalité sur le terrain.
Le Cameroun a besoin d’une grande cohérence dans l’action politique, d’une vision à long terme élaborée avec les différentes composantes de la société, d’une pratique responsable de la gestion publique, d’une orientation vers l’innovation et en avoir l’image. Il faudra préférer la compétence au clientélisme érigé en modèle de fonctionnement. La qualité des infrastructures, et la sécurité sont autant de défis à relever. Un handicap sournois pour les dirigeants Camerounais est qu’ils comptent uniquement sur les finances et la bureaucratie de l’Etat pour affronter ces enjeux alors que celui-ci n’en a plus ni l’expertise ni le pouvoir. Dans cet esprit, le gouvernement devrait présenter des mesures pour l’attractivité du Cameroun, qui visent, au-delà de l’action générale la modernisation de l’économie.
Le deuxième axe consiste à favoriser le retour des talents, permettre aux Camerounais qui ont réussi à l’étranger, de revenir, et transmettre leur savoir ainsi que leur expérience. Aujourd’hui, de nombreux Camerounais choisissent de s’installer à l’étranger. Cela peut être un facteur d’enrichissement formidable pour le Cameroun, à condition de leur donner l’envie et les moyens de revenir ensuite.
Pour cela, il faut que des mesures spécifiques soient prises pour garantir leur retour dans les meilleures conditions, par exemple : la création d’un portail administratif unique pour fournir l’ensemble des informations nécessaires au retour au Cameroun. Deuxièmement, la possibilité de bénéficier d’un régime fiscal favorable pour la constitution d’une épargne-retraite, au titre des années passées à l’étranger. Par conséquent, il semble urgent de donner une consistance aux discours et textes. Pour y parvenir, les dirigeants doivent gagner la confiance des Camerounais, à l’intérieur comme à l’extérieur. La division des Camerounais de l’extérieur, instituée au ministère des relations extérieures, devrait être une véritable passerelle pour mobiliser l’apport de cette partie de la population.
La compétition mondiale s’étend aujourd’hui à un nombre croissant de domaines que les dirigeants ont jusque-là ignorés, comme le droit. La liberté de la justice, de la presse, la garantie des investissements…Si les dirigeants Camerounais veulent être crédibles il leur faudra se battre sur tous les fronts. Etre réactifs, prêts à s’adapter aux évolutions internationales pour en tirer le parti pour tous les Camerounais. C’est de cette façon qu’ils pourront donner du sens au patriotisme qui est souvent invoqué.
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Alain Kenfack*: Vendre le Cameroun, mission impossible ?

En 2007 sur les ondes d’une radio locale émettant à Douala (Radio des Lauréats), au cours de l’émission Estuaire de Roland Macaire, l’artiste/musicien camerounais Longuè Longuè déclare dans une interview exclusive relative à sa détention à Paris « Vaut mieux être en prison ici chez les blancs que d’être libre au Cameroun ».

Loin d’une simple boutade, cette affirmation est traduite chaque jour dans les faits par tous ces Camerounais qui quittent le pays dans des conditions frisant la démence.
Par ailleurs le Cameroun, malgré le retentissement de l’opération épervier, le pays accuse toujours un déficit d’image cruel. Sa perception reste encore celle du « pays de l’impunité, de la corruption, de la non promotion de la femme, de la non promotion de la jeunesse, du cumul des postes, du non renouvellement du personnel politique, de l’inertie, de la gérontocratie au pouvoir, de la faillite économique, etc .
Tous ceux qui tiennent ce genre de propos sont vite accusés d’ennemis du pays par les membres du régimes où leurs proches. Seulement la réalité est là, têtue comme les faits. Quand un média international s’intéresse au Cameroun, c’est rarement pour du positif. Les principaux sujets qui sont traités montrent le paradoxe d’un pays qui a un large potentiel mais dont les rares faits de guerre n’ont pas une explication rationnelle. Il est à parier que si un sujet devait être réalisé sur le pays de Françoise Mbango, ce serait pour montrer un pays qui n’a pas un seul gymnase digne de ce nom, dont le nombre de sautoirs peut se compter sur les doigts d’une main, mais qui produit une double championne olympique. Le pays des Lions indomptables dont les prouesses sur les stades sont ternies par les problèmes perpétuels de gestion pour ne pas dire d’improvisation…

Que faire ?

Faut-il abandonner le Cameroun à son triste sort? Certainement pas. Ceux qui ont en charge la gestion du pays doivent faire preuve de plus de sérieux et de conviction dans leur démarche. Il est trop facile de leur part de réclamer du Camerounais moyen, luttant pour sa survie, toujours plus de patriotisme alors que ceux qui en tirent le plus de bénéfices se contentent de discours.
Contrairement à ce que peut penser le Ministre de la communication, ce n’est pas la distribution du quotidien gouvernemental à l’étranger qui viendra inverser la tendance. Une opération qui non seulement n’est pas  viable économiquement mais de plus a prouvé son inefficacité dans le passé. De plus, à l’heure des Technologies de l’information et de la Culture, ce n’est pas la démarche la plus appropriée. Quel est le public ciblé par une telle approche, pour quels objectifs ?  Une stratégie efficace ne peut que résulter d’une étude sérieuse permettant de répondre à ces questions. Une abondante information est désormais disponible sur Internet. Même si elle n’est pas toujours fondée, elle participe à la construction d’une opinion.

Une question de crédibilité

Des plaquettes plus ou moins réussies sont souvent distribuées lors de certains événements, des encarts promotionnels dans des journaux étrangers engloutissent d’importants budget pour des résultats que l’on connaît. L’image reste profondément négative parce que le discours ne correspond pas aux actes.
Des “journées économiques et industrielles avec la diaspora” camerounaise auront lieu à Yaoundé du 25 au 27 avril 2007. C’est le quotidien Cameroon Tribune, qui l’annonçait début 2007, avant de poursuivre : “environ 1 500 investisseurs et potentiels investisseurs sont attendus à ces trois jours, destinés à promouvoir le retour des opérateurs d’origine camerounaise actifs à travers le monde”. Cette rencontre annoncée à l’initiative des ministères camerounais du Commerce, de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique et de la Chambre de commerce internationale de Yaoundé, a été reporté sans publicité alors que certaines personnes de la diaspora était déjà sur place. L’événement, dénommé “Cameroun Diaspora”, avec pour slogan “the new deal”. Semble tombée dans les oubliettes. Ceux de la diaspora qui avaient cru à un déclic ont vite déchanté.
Quand on veut attirer des investisseurs étrangers alors que les nationaux expatriés eux-mêmes ne peuvent pas faire confiance à leur pays, quel est le résultat que l’on attend ?

Au-delà de l’image, il faut parler d’attractivité

De nombreuses études ont démontré que l’image d’un pays pouvait avoir une influence sur les comportements des décideurs étrangers. Ce type d’influence peut se traduire par exemple par des préférences pour des produits venant d’un pays donné, par la visite de celui-ci (tourisme) ou encore par une augmentation de l’attractivité du pays en matière d’implantation économique.
L’image d’un pays ne se limite cependant pas à une perception globale de celui-ci mais constitue une représentation stéréotypée et multidimensionnelle des caractéristiques économiques, politiques, sociales et culturelles d’un pays, de ses institutions, de ses entreprises et de ses habitants. Il ne suffit donc pas d’avoir une bonne image globale, encore faut-il savoir quelles dimensions portent cette image.
La question de l’attractivité est aujourd’hui un enjeu essentiel dans une économie mondialisée. La création des emplois, le développement de la croissance, l’enrichissement d’un pays, dépendent de la capacité de celui-ci à attirer les talents, les intelligences et les investissements.
Dans un univers de plus en plus concurrentiel, plusieurs régions du monde cherchent à affirmer plus clairement leur identité et leurs caractéristiques afin d’assurer un meilleur rayonnement et une perception positive de leur image, et ce, autant auprès des étrangers qu’auprès de leur population. Mais aujourd’hui, à l’ère des communications, les consommateurs ont accès quotidiennement à la réalité des nations, ce qui influence grandement leur perception de ces pays. Dans un tel contexte, quelle peut être l’influence du message gouvernemental?La façon dont un pays ou une région est perçu repose sur des réalités qui dépassent très souvent les frontières de la communication gouvernementale. L’opinion publique nationale et internationale devrait désormais faire partie des préoccupations des dirigeants. La firme Anholt-GMI dévoilait, en avril 2005, un premier classement qui mesurait la perception mondiale de l’image de marque des nations. Cette analyse reposait sur un vaste éventail de critères (investissements et immigration, tourisme, habitants, culture et patrimoine, gouvernance et exportation. Dans un autre classement mondial des pays selon leur image de marque (Country Brand Index 2005), les firmes FutureBrand et Weber Shandwick ont défini huit différents «Top 10» mondiaux, mais, cette fois, selon différents critères d’attractivité : affaires, arts et culture, congrès, famille, histoire, loisirs nocturnes, plage, plein air…Ces travaux montrent les différentes segmentations qu’ils faut opérer pour une stratégie efficace.

La promotion du tourisme

Dans de nombreux pays, le milieu touristique demeure un des seuls secteurs à investir massivement afin de positionner et de promouvoir l’image du pays sur l’échiquier mondial. Il semble donc primordial pour les dirigeants de tenir compte de toutes les réalités sociales, économiques et politiques du Cameroun lors de l’élaboration de l’image de marque. En effet, si cette dernière peut aussi avoir une incidence importante sur l’immigration, les investissements étrangers et les exportations, l’inverse est assurément vrai.
En Australie, lorsque l’Australian Tourist Commission a pris en main le processus de rafraîchissement de l’image de marque de la destination, elle a inclus une consultation auprès de plus de 200 organisations, agences gouvernementales et individus de différents secteurs d’activité afin que la nouvelle image soit représentative de la réalité australienne.
Aux États-Unis, à la suite des événements en Irak, un groupe de leaders économiques, conscients que l’image de marque de leur pays a une incidence majeure sur plusieurs aspects de l’économie, dont le tourisme, ont lancé Brand America, un regroupement volontaire de décideurs dont l’objectif est de faire évoluer l’image internationale des États-Unis. Leur action n’est pas publicitaire; elle vise plutôt à sensibiliser les individus actifs sur la scène internationale à l’importance que leur attitude, leurs gestes et leurs paroles ont sur la perception que les gens se font du pays.

Une longue série de défis!

La conceptualisation d’une nouvelle image représente uniquement la première étape du processus pouvant mener à une modification de la perception que les investisseurs et consommateurs ont d’un pays. Afin d’assurer le succès et le rayonnement de la nouvelle identité, il est essentiel que tous les dirigeants et les décideurs des autres secteurs saisissent non seulement son sens et sa portée, mais également qu’ils comprennent comment ils pourront se rallier ou s’arrimer à cette nouvelle image, de façon à contribuer à son implantation. Il faut viser à ce que, collectivement, tous deviennent porteurs du même message. Ultimement, le plus grand défi demeure d’assurer le respect de la promesse faite. Car, au-delà des efforts de promotion, la crédibilité de l’image dépend en définitive de la réalité sur le terrain.
Le Cameroun a besoin d’une grande cohérence dans l’action politique, d’une vision à long terme élaborée avec les différentes composantes de la société, d’une pratique responsable de la gestion publique, d’une orientation vers l’innovation et en avoir l’image. Il faudra préférer la compétence au clientélisme érigé en modèle de fonctionnement. La qualité des infrastructures, et la sécurité sont autant de défis à relever. Un handicap sournois pour les dirigeants Camerounais est qu’ils comptent uniquement sur les finances et la bureaucratie de l’Etat pour affronter ces enjeux alors que celui-ci n’en a plus ni l’expertise ni le pouvoir. Dans cet esprit, le gouvernement devrait présenter des mesures pour l’attractivité du Cameroun, qui visent, au-delà de l’action générale la modernisation de l’économie.
Le deuxième axe consiste à favoriser le retour des talents, permettre aux Camerounais qui ont réussi à l’étranger, de revenir, et transmettre leur savoir ainsi que leur expérience. Aujourd’hui, de nombreux Camerounais choisissent de s’installer à l’étranger. Cela peut être un facteur d’enrichissement formidable pour le Cameroun, à condition de leur donner l’envie et les moyens de revenir ensuite.
Pour cela, il faut que des mesures spécifiques soient prises pour garantir leur retour dans les meilleures conditions, par exemple : la création d’un portail administratif unique pour fournir l’ensemble des informations nécessaires au retour au Cameroun. Deuxièmement, la possibilité de bénéficier d’un régime fiscal favorable pour la constitution d’une épargne-retraite, au titre des années passées à l’étranger. Par conséquent, il semble urgent de donner une consistance aux discours et textes. Pour y parvenir, les dirigeants doivent gagner la confiance des Camerounais, à l’intérieur comme à l’extérieur. La division des Camerounais de l’extérieur, instituée au ministère des relations extérieures, devrait être une véritable passerelle pour mobiliser l’apport de cette partie de la population.
La compétition mondiale s’étend aujourd’hui à un nombre croissant de domaines que les dirigeants ont jusque-là ignorés, comme le droit. La liberté de la justice, de la presse, la garantie des investissements…Si les dirigeants Camerounais veulent être crédibles il leur faudra se battre sur tous les fronts. Etre réactifs, prêts à s’adapter aux évolutions internationales pour en tirer le parti pour tous les Camerounais. C’est de cette façon qu’ils pourront donner du sens au patriotisme qui est souvent invoqué.
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Miss Cameroun 2008 : Joëlle Audrey Amboagué remporte la couronne

La représentante de l’Est a été élue vendredi dernier au Palais des congrès de Yaoundé.
Sainclair Mezing –


Le suspense crée par Nicole Saar, journaliste et présidente fondatrice du Club des amis des Etats-Unis d’Afrique, dans la désignation de Miss Cameroun 2008 était de nature à proscrire aux cardiaques. Mêlant bonne humeur et gaieté dans la voix, la présidente du jury prenait tout son temps devant un public qui ne tenait plus en place et qui avait du mal à cacher son impatience de découvrir la perle rare. Tandis qu’à l’estrade, il se lisait une sorte d’anxiété sur les visages du dernier carré dans lequel devaient sortir la Miss et ses trois dauphines. Sans se faire prier, elle procède de manière croissante aux nominations.

Alors que Dominique Pomboura Ngou, est désignée troisième dauphine, Agnès Anita Awana quant à elle, enlève l’écharpe de deuxième dauphine. Là n’est pas la grande bataille. Puisque la tension va monter de plus belle pour l’étape suivante qui est une véritable finale. Même si entre ses mains elle tient le procès verbal contenant le nom de l’heureuse élue, Nicole Saar se donne encore quelques minutes supplémentaires de parlote, le temps pour elle de requérir l’avis du public. Au milieu d’une scène abondamment éclairée par des lumières tamisées avec en arrière plan un décor de panneaux monté de manière fantaisiste avec de chaque côté une tête de femme coiffée de Keffieh qui crée le rêve dans les esprits, triomphent deux belles créatures dont le rêve de chacune est le sacre final. Le tout surplombé par un écran géant installé par Spectrum télévision (Stv) qui retransmettait l’événement en léger différé.

Et lorsque la présidente du jury lève le ton pour nommer "Miss Cameroun 2008", on croit percevoir en elles le coeur battant la chamade. D’un ton solennel, alors qu’il est 00h40 mn, elle prononce le nom de Joëlle Audrey Amboagué. Une clameur retentit inonde la grande salle du Palais des Congrès de Yaoundé pour saluer le sacre de celle qui vient de succéder à Martha Kesa Troumba. Au milieu du crépitement des flashes d’une meute de photographes et de cameramen, le visage de cette étudiante en 2e année à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’université de Yaoundé II brille tel ce soleil radieux qui se lève chaque matin aux aurores au bas des arbres à l’Est pour étaler ses rayons sur le Cameroun. Couronne juchée sur la tête, écharpe passée en bandoulière, gerbe de fleurs aux bras, chèque et clés de véhicule à la main, la petite gazelle de Djondjog près d’Abong-Mbang, du haut de son mètre 76, laisse tomber quelques larmes de joie et éclater un grand sourire.
Même les huit autres compétitrices qui n’ont pas pu figurer dans le quatuor final, n’ont pas pour autant démérité. D’autant plus que dans leur féminité, il y avait matière à remettre en question la chasteté d’un moine. Un membre du jury rencontré à la fin de cette cérémonie présidée par Joseph Joël Lobé, inspecteur n°2 au ministère de la Culture et représentant la ministre Ama Tutu Muna, a laissé entendre que "l’écart a commencé à se creuser entre les 12 finalistes au niveau de leur niveau de bilinguisme, de la maîtrise de la langue maternelle et du pas de danse traditionnelle de la localité dont chacune d’elles est originaire.".

Tout comme on pourrait bien également penser que le fait que le Baka bantu ait occupé la scène pour deux passages successifs, le temps des délibérations, contrairement au conducteur initial et sans que Pascal Pierre et Queen B., les deux présentateurs de la soirée, n’aient annoncé un enchaînement, semblait déjà baliser le chemin vers le sacre à l’ambassadrice de l’Est.
Comme lots, Joëlle Audrey Amboagué décroche une Renault Logan Dacia offerte par Tractafric, un billet d’avion Douala-Paris-Douala attribué par Air France, une bourse d’études de 500.000 francs offerte par l’agence de communication Proximity S.A, un an d’assurance maladie de La Citoyenne, un stage de conduite à l’auto école française et de nombreux autres lots. Très vite, Miss Cameroun 2008 a déjà une idée de la tâche qui l’attend. "Je vais aller vers les organisations internationales pour lutter contre la destruction de l’environnement et l’immigration clandestine", a-t-elle déclaré à chaud à la presse. Fille de l’Est, elle entend également s’impliquer davantage dans la lutte contre le pillage des forêts dont les conséquences sont néfastes à l’environnement.

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