Dunja Herzog : Les Chinois pillent le bronze camerounais
La plasticienne italienne revient sur ses 10 mois de travail au Cameroun.
Propos recueillis par Marion Obam –
Quelle est la genèse du projet que vous exposez depuis le 24 août 2006 à l’Espace créateurs de Douala sur le thème "Tu vas où?" ?
Pour moi, d’abord, ce n’est pas une exposition dans le sens premier du terme. C’est plutôt un compte rendu. C’est la deuxième fois que je viens au Cameroun, mais où je passe 10 mois pleins. Pour moi, ce travail était important parce que beaucoup d’artistes camerounais me connaissent pour ma participation dans les ateliers de performances et mon nom, mais très peu savent quelle est ma valeur artistique. Je voulais, par ce biais, montrer aux artistes, mais aussi à ceux qui s’intéressent à l’art, ce qui était ma préoccupation et à quoi je passais mon temps ici. Car tout ce que j’ai fait s’est inspiré de l’environnement immédiat dont je subissais les mutations. Avant mon départ, j’ai décidé de rassembler tout cela et de présenter au public, mon carnet de route.
Quels sont les principaux éléments autour desquels s’articule votre compte-rendu ?
Il y a le dessin. Pour moi, c’est quelque chose qui se situe dans mon intérieur et qui me permet de parler de mes sentiments. La particularité de mon travail ici c’est que j’utilise un cahier et un stylo à bille. Les gens se plaignent souvent qu’ils n’ont pas d’argent pour un matériel de travail A travers cette technique, je voulais prouver qu’avec 400Fcfa on peut faire des tableaux. J’ai également mis des objets qui ont bercé ma participation à Exit tour, qui était une expérience formidable dans plusieurs pays africains avec six artistes camerounais. L’image de Jésus avec l’Afrique, c’est la perception que j’ai eue de la religion ici. Ce sont, en fait, des commentaires de mes émotions, senties et ressenties au contact des hommes, cultures, éducation, etc. Et enfin, j’ai voulu faire quelque chose qui me pousse au dépassement. Je n’ai jamais fait de la peinture, mais j’ai, grâce à mon stylo, fait un grand dessin sur du contre plaqué, une grande toile en est née.
Qu’est-ce que vous retenez de ces dix mois de travail au Cameroun ?
Comme richesse, je pars avec une force énorme. Je sais aussi que la situation des artistes est difficile, mais ils tiennent et travaillent sur des projets forts. C’est dommage que certains ne puissent pas les réaliser, parce qu’il n’y pas de véritable politique d’appui et d’aide aux artistes plasticiens, ni de sponsors, encore moins d’espaces d’expositions. Ce qui me chagrine profondément, c’est ce qui se passe avec le bronze à Foumban. Le groupe du Pam’bhet avec le quel j’ai travaillé, nous avons développé une réflexion sur l’artisanat, la tradition, etc. Cette ouverture m’a permis de faire un constat tragique et très grave, c’est que des Chinois sont en train d’acheter tout le bronze et d’autres métaux dans la région. Actuellement, dans l’artisanat de Foumban, il y a des artisans qui quittent la fonte. Ça veut dire qu’à long terme, la culture Bamoun, en terme de bronze est destinée à mourir. Avec ce groupe de réflexion nous avons fait un texte que je vais déposer à l’Unesco. Je veux revenir au Cameroun pour d’autres projets et ce serait dommage que le bronze ait disparu, sans que les autorités ne disent mot.
Quotidienmutations


Nous l’espérions cette qualification méritée du Ghana : pour l’Afrique, pour le talent de Michael Essien, de Stephen Appiah et d’Asamoah Gyan et tous les autres, pour un huitième contre le Brésil. Le Ghana est donc la seconde (demi) surprise, avec l’Equateur, dans un mondial où la logique prévaut et les grosses équipes passent. Le Ghana sera peut être le seul représentant non européen ou sud américain en huitièmes. Non ! L’Australie s’est qualifiée.