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L’Amérique de Barack Obama

L’événement créé par la candidature de ce "jeune" sénateur noir est si grand et inattendu que d’aucuns se demandent si Barack Obama est un extra-terrestre découvert subitement dans l’Illinois ou simplement un Américain parmi tant d’autres ! La vérité est que personne n’en parlerait s’il était noir ou blanc postulant à une élection quelconque autre que celle du président des Etats-Unis d’Amérique ; mais tous en parlent aujourd’hui parce qu’il est noir et est candidat démocrate à ce poste prestigieux de la nation la plus forte au monde ; l’autre vérité qui brûle les lèvres est que ce jeune noir-blanc (métis) inconnu des Américains hier, tient sa seconde généalogique des entrailles de l’antique civilisation nubie égyptienne du Kenya avec ses bantous semblables à ceux accrochés aux flancs lacustres du Congo, du Burundi, du Rwanda, ou de l’Afrique du Sud. C’est dire que, Obama, ce fils d’émigré africain appartient (bel et bien) à la race des négroïdes et par conséquent est "Noir" tout comme ses frères "Black africains" (in America). Pourquoi donc tant d’émotion et de curiosité pour cette candidature ? Pourquoi Barack Obama et pas un autre noir (ou métis), pourquoi pas un "blanc" comme candidat démocrate ?
Tout d’abord, voilà des questionnements qui préoccupent et nourrissent cette prospective électorale américaine ; des questionnements qui se proposent par ailleurs d’éclairer le débat à l’échelle des civilisations de l’universel.
Parlant encore de cette "Candidature", c’est évoquer en d’autres termes les qualités exceptionnelles d’intelligence politique qui ont permis à ce brillant universitaire, de surcroît jeune sénateur démocrate de l’Illinois de bien se positionner par rapport à ses concurrents et d’exploiter au mieux le "Timing électoral" de manière à éviter des "candidatures parasites" qui nuiraient à la sienne.
Mine de rien, il a eu raison d’Hilary Clinton lors des primaires démocrates en se forgeant une image d’homme politique sérieux et moderne ; éloquent et intrépide débatteur, il polarise le regard des curieux pour se présenter comme l’unique interprète du rêve américain ; habile manœuvrier et incisif organisateur, Obama est doté d’une impressionnante sagacité intellectuelle qui lui permet de s’imposer en véritable héritier de la pensée politique du parti démocrate et du rêve de Martin Luther King ; surtout lorsqu’il déclare : "This is the moment" ! avec son "We can believe in" on tout simplement "The hope" !
Est-ce donc suffisant pour comprendre l’énigme Obama ? Que non ! dis-je…
Car, Barack Obama est avant tout citoyen américain ; et son mystère réside en ce que l’Amérique possède de riche et de profond… C’est pour cela qu’avec cette "candidature", je crois pouvoir dire qu’il se passe des "choses" invraisemblables dans l’édifice de l’oncle Sam ; et pour en savoir davantage ; il faudrait discrètement se fondre dans l’imaginaire de la prochaine élection présidentielle du 4 novembre 2008, afin d’observer et analyser scientifiquement les règles du jeu et les mécanismes de fonctionnement qui les accompagnent.
Après quoi, chercher à comprendre leur pourquoi ainsi que les raisons qui sous-tendent sinon qui les animent ; évidemment sans occulter les réalités sociologiques de la superbe mosaïque tribo-ethnique des peuples autochtones et d’émigrés qui composent l’Amérique de Barack Obama.
Parler de cette "candidature" pour moi, c’est reconscientiser l’opinion américaine sur la perversité de ses guerres de territoires ; ses complexes de races issus de l’esclavage et d’une abolition imparfaitement réalisée. C’est aussi permettre à ces peuples d’Amérique de toutes les origines de se regarder en face afin de façonner ensemble une civilisation multiculturelle parce que multiraciale.

Un acte d’importance historique majeure et civilisationnel
Tirant de cette "élection" divers enseignements, la "candidature" de Barack Obama démontre que tout peuple souverain, doté d’un idéal politique mûr, patriotique et plongeant ses racines dans le ferment de sa culture propre, est capable d’affronter tous les écueils et défis pour se construire seul, sans interférences d’emprunt excessives. Aujourd’hui, par la "candidature" de Barack Obama, la grande Amérique multicolore pose un acte apparemment banal mais en réalité d’importance historique ; un acte que je prétends majeur et civilisationnel parce que permettant à l’Amérique (par sa seule et unique volonté) de damner le pion au reste du monde.
Par cet "acte électoral" qui panique les uns et rassure les autres, l’Amérique a voulu imprimer à jamais non seulement ce choix délibéré et véritablement démocratique mais également poser souverainement les jalons d’une société de justice, d’égalité et de fraternité qui soit en phase avec les valeurs éthiques de la civilisation du XXIème siècle. Du coup, cette Amérique en cours de décomposition généralisée, retrouverait son âme et ses vertus ; occuperait de nouveau la place préférentielle et l’autorité nécessaire pour conduire les affaires du monde. Dans ces conditions, il n’est pas inutile de souligner que la "candidature" de Barack Obama est essentiellement le fait de ses compatriotes "blancs" qui, au sein du parti démocrate, n’ont pas tenu compte ni de sa race (négroïde) ni de la couleur de sa peau ; parce qu’il faut le dire, ce mérite une fois de plus est celui des Blancs américains (qu’on taxe souvent de racistes) et non celui des "Africains américains" in America.
C’est pourquoi dans cette analyse que je voudrais objective voire à la limite de l’impertinence intellectuelle, Obama n’est pas un simple fait de choix électoral, mais plutôt un "bouleversement" total des fondements de la société américaine ; un séisme culturel pour ne pas dire une "Révolution culturelle" à l’américaine ; en un mot, un phénomène de civilisation planétaire…
En cela, je peux dire que cette "candidature" en elle-même est l’expression profonde d’un peuple travailleur et inventif, à la recherche permanente de son bien-être et qui se veut à la fois idéaliste et pragmatiste dans sa "vision politique"et son Rêve Spirituel. C’est-à-dire un peuple désireux d’engager ses ambitions culturelles au service de la démocratie et du développement économique, social et surtout écologique. Le "choix" de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique est symbolique non seulement de ses cultures plurielles parce que multiraciales, mais également par la preuve que les "Blancs" d’Amérique veulent tourner définitivement le dos au vestige de l’esclavage, en apportant à l’humanité des métissages culturels de qualité au-dessus d’une vulgaire mixture des civilisations ; des semences d’une esthétique synthèse des premiers crus de cultures capables de générer cette "espèce humaine" écologique tant attendue et recherchée. C’est pourquoi, ces Blancs et ces Noirs (mais aussi les Jaunes et les Rouges) vidant leurs sempiternels contentieux de préjugés de classes, de race, de couleur ou d’origine, conviennent consensuellement par actes majeurs de faire bouger significativement les lignes de la démocratie américaine, déjà mal en point par l’arbitraire et les puissances d’argent.
C’est aussi vrai que cette "vision politique" inséparable du "Rêve américain" fédère tous les peuples d’Amérique regroupés sous la bannière étoilée et qui ont encore en mémoire les lourds préjudices causés à l’humanité par des siècles d’esclavage, de ségrégation, de souffrance, d’injustice et d’aberration.
Aujourd’hui, décidés à tourner la page de l’horreur qu’inspire ce passé récent, et confrontés à l’adversité quotidienne, à l’insécurité économique et physique, les Américains (dans leur globalité) veulent refonder leur société par "l’élection de Barack Obama"…

Un homme neuf et vierge
Dans ces conditions, les Américains pensent qu’il leur faudrait une démocratie presqu’intégrale ; souple et performante qui satisfasse à l’intouchable principe de "Law and Order" ; une démocratie vigoureuse et prompte à prévenir l’aliénation, les entorses et les outrages à l’endroit de la dignité humaine et de son environnement ; une démocratie à grande valeur écologique capable de créer un lexique humaniste pour tous aux fins de mieux s’exprimer et se comprendre ; et qui privilégie une cohabitation sans heurts et sans méfiance des différentes composantes de la nation américaine et ceci dans le strict respect de leurs différences culturelles.
Après l’échec patent de la politique générale du président Bush, lequel échec agit aujourd’hui sur la société américaine comme un détergent actif et nocif, il n’y a pratiquement de doute pour personne que la "candidature de Barack Obama" "petit Noir" de l’Illinois avec son slogan the "Change" a virtuellement recrée l’espoir, the "Hope", parmi les Américains.
La magie de cette "candidature" tient au fait qu’Obama est vierge et neuf dans l’arène politique américaine et ne porte pas les stigmates indélébiles des "crapules" de Washington ; qu’il est métis (pour ne pas dire noir) avec des allures technocratiques qui semblent d’emblée rassurer en plus de ses propos mesurés et d’un cursus universitaire peu commun.
Par ailleurs, il faut noter que si Obama est géniteur du concept de "changement" qui est à la fois ambivalent et dichotomique parce qu’il relève de deux "constances" (ou attentes) sociologiques oubliées à tort ou à raison par les intellectuels et les politiques, le grand mérite lui revient parce qu’il a su procéder à la résurgence de ces valeurs emblématiques de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ; c’est aussi pour cela qu’il en fait une exploitation rationnelle, presque scientifique, j’allais dire.
A partir de ce moment, Barack Obama s’élève au-dessus de la mêlée ; prend de l’altitude par rapport à ses poursuivants immédiats ; qu’ils soient démocrates ou républicains d’autant que ces "attentes" (populaires) participent activement à la "problématique" au développement, de la démocratie et du renforcement de la cohésion des peuples d’Amérique.
En clair, je veux parler de :
– la "Vision politique" du parti démocrate concentrée en une "idée programmatique" dans sa version écologique et moderniste à partir des années soixante sous la houlette du très regretté jeune président J.F. Kennedy, idée interrompue par l’assassinat de ce dernier et l’incompétence de son successeur texan Lyndon Johnson à poursuivre cette rénovation politique.
– ensuite, il y avait le "Rêve" spirituel (the Dream) du révérend pasteur noir Martin Luther King ; un "Rêve" prémonitoire de l’ancestralisme africain qui retrouve sa religiosité dans le spiritualisme américain ; un rêve qui prophétise l’Amérique de demain dans laquelle tous les hommes seraient égaux avec les mêmes droits et devoirs. Ce "Rêve religieux" était en fait une "Attente" populaire en souffrance dans le cœur de chaque Américain ; s’il fut diffus pour les uns, il n’en était pas moins confus pour les autres parce que relevant de la conscience collective américaine.
Bref, un "rêve américain" qui résume à la fois les dogmes religieux et le pragmatisme républicain ; un rêve "african american" qui défie le temps et appréhende le futur par quelque lueur d’espoir, the "Hope".
Certes, plus subtiles que compréhensibles, les deux "attentes" (rêve et vision) expriment le même "concept unitaire" et partagent la même ambivalence théorique. Mais loin d’être un handicap intellectuel, comme certains semblent le reprocher à Obama, la société américaine est néanmoins fière et heureuse de la remise en chantier politique de ces deux "attentes". Barack Obama en tire un bénéfice remarquable pour avoir fait montre de beaucoup d’audace, de lucidité, de courage et surtout de grande maturité et d’intelligence politiques.
C’est pourquoi aujourd’hui et grâce à cette inestimable production intellectuelle globalisant à la fois l’économie, le social, la démocratie que l’environnement, la vieille Amérique traditionaliste et républicaine pourrait de nouveau s’ébrouer de toutes ses plumes pour donner un nouvel éclat au monde. Fixer un "Stop" de sécurité aux derniers soubresauts des racistes et ségrégationnistes ; et de taire une fois pour toutes cet impérialisme désuet, arrogant parce que dégénéré ; devenu dangereux parce qu’inhumain.
Dès lors, il est pratiquement établi que seul Barack Obama a cru avec passion, et clairvoyance à ces deux "attentes" de la société américaine.
Souvent, certains milieux douteux ont voulu présenter Barack Obama comme un technocrate hautain et distant, j’ai compris qu’il était plutôt timide pour ne pas dire pudique et respectueux. Pour moi, son côté énigmatique est celui d’une intelligence finement ciselée par des années d’apprentissage et d’une rigoureuse éducation. C’est ainsi qu’il a appris seul, que pour devenir président des Etats-Unis d’Amérique, il faut vite oublier sa différence et pour faire la différence, être indifférent aux différences de races, de couleurs, de cultures ou d’origine ; il sait que l’éthique, la famille et Dieu symbolisent le spiritualisme américain.
Je dois ajouter que tout cela ne suffirait pas pour hisser haut la candidature de Barack Obama si elle ne reposait pas sur des critères de compétence, de probité morale et de patriotisme avérés.
Mieux que ses concurrents, Obama a posé le diagnostic le plus complet et le plus profond de la société américaine ; c’est lui qui, le premier a parlé d’injustice, de l’arnaque du système d’imposition indirecte qui pénalise les petites gens et la classe moyenne ; c’est encore lui qui a suggéré la protection sanitaire et l’éducation pour tous ; de repenser la démocratie américaine vieillotte, inadaptée et déjà en ballottage défavorable dans l’échelle de l’universel ; par l’éthique et la morale dans les affaires et la vie publique, Obama voudrait réorienter les mentalités citoyennes hors normes fortement entamées par une sclérose impérialiste militarisée et de grande arrogance.
En un mot, pour "refonder" la société américaine, ce jeune sénateur noir n’hésite pas de dire vouloir mener une guerre sans merci dans la fourmilière du Sénat où se trouvent intrigues et lois iniques.
Pour ce faire, Barack Obama a compris que pour réaliser ses objectifs (attentes), il lui faut conquérir le pouvoir politique et s’assigner des missions spécifiques telles que :
– l’aménagement des institutions républicaines et de la démocratie ; le renforcement et le contrôle des structures administratives pour éviter que ne s’installe davantage la gestion du "laisser-faire" ;
– certes Barack Obama s’est déclaré favorable au libéralisme économique et commercial, cependant il se propose également de restaurer l’autorité de l’Etat qui va à vau-l’eau comme semble le démontrer les scandales et les désordres financiers en tout genre ; se dit prêt et déterminé à porter l’estocade aux lobbies qui fourmillent et prospèrent à Washington. Ainsi, ouvrir le monde au dialogue inter-Etats et à la recherche du consensus pour la sécurité et la paix.
Maintenant que cette "candidature" est établie, il faut peut-être s’appesantir un tant soit peu sur les mécanismes de solidarité, de patriotisme et de "Law and Order" qui lient les uns aux autres.

Une chance pour
le monde et pour l’Amérique

A défaut de convaincre les incrédules de tout poil, je pense que la candidature de "Barack Obama" est une chance et pour le monde et pour l’Amérique, car elle permet de dédouaner les Blancs et les Noirs de leurs complexes divers et variés et de comprendre que son fait relève d’une convergence de circonstances historiques ; de deux principales attentes populaires (vision et rêve) et du génie propre du candidat qui, par sa lecture sociologique pertinente a su redimensionner l’ambition du peuple américain. Par ailleurs, connaissant la complexité du système électoral américain, ainsi que les difficultés y afférentes de tous ordres pour asseoir une stratégie efficace, en plus de l’épluchage et de la quantification des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent tant les Américains, nul doute que dès à présent et à cause de la grande compétence politique de Barack Obama", d’aucuns se demandent déjà s’il est possible qu’un Noir soit si doué et que tant de Blancs soient derrière lui pour le soutenir ? C’est cela la "grande Amérique" ; l’Amérique des idéalistes et des pragmatistes comme l’est à la fois Barack Obama. 

Par Par C. Moukouri Manga Bell

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L’Amérique de Barack Obama

L’événement créé par la candidature de ce "jeune" sénateur noir est si grand et inattendu que d’aucuns se demandent si Barack Obama est un extra-terrestre découvert subitement dans l’Illinois ou simplement un Américain parmi tant d’autres ! La vérité est que personne n’en parlerait s’il était noir ou blanc postulant à une élection quelconque autre que celle du président des Etats-Unis d’Amérique ; mais tous en parlent aujourd’hui parce qu’il est noir et est candidat démocrate à ce poste prestigieux de la nation la plus forte au monde ; l’autre vérité qui brûle les lèvres est que ce jeune noir-blanc (métis) inconnu des Américains hier, tient sa seconde généalogique des entrailles de l’antique civilisation nubie égyptienne du Kenya avec ses bantous semblables à ceux accrochés aux flancs lacustres du Congo, du Burundi, du Rwanda, ou de l’Afrique du Sud. C’est dire que, Obama, ce fils d’émigré africain appartient (bel et bien) à la race des négroïdes et par conséquent est "Noir" tout comme ses frères "Black africains" (in America). Pourquoi donc tant d’émotion et de curiosité pour cette candidature ? Pourquoi Barack Obama et pas un autre noir (ou métis), pourquoi pas un "blanc" comme candidat démocrate ?
Tout d’abord, voilà des questionnements qui préoccupent et nourrissent cette prospective électorale américaine ; des questionnements qui se proposent par ailleurs d’éclairer le débat à l’échelle des civilisations de l’universel.
Parlant encore de cette "Candidature", c’est évoquer en d’autres termes les qualités exceptionnelles d’intelligence politique qui ont permis à ce brillant universitaire, de surcroît jeune sénateur démocrate de l’Illinois de bien se positionner par rapport à ses concurrents et d’exploiter au mieux le "Timing électoral" de manière à éviter des "candidatures parasites" qui nuiraient à la sienne.
Mine de rien, il a eu raison d’Hilary Clinton lors des primaires démocrates en se forgeant une image d’homme politique sérieux et moderne ; éloquent et intrépide débatteur, il polarise le regard des curieux pour se présenter comme l’unique interprète du rêve américain ; habile manœuvrier et incisif organisateur, Obama est doté d’une impressionnante sagacité intellectuelle qui lui permet de s’imposer en véritable héritier de la pensée politique du parti démocrate et du rêve de Martin Luther King ; surtout lorsqu’il déclare : "This is the moment" ! avec son "We can believe in" on tout simplement "The hope" !
Est-ce donc suffisant pour comprendre l’énigme Obama ? Que non ! dis-je…
Car, Barack Obama est avant tout citoyen américain ; et son mystère réside en ce que l’Amérique possède de riche et de profond… C’est pour cela qu’avec cette "candidature", je crois pouvoir dire qu’il se passe des "choses" invraisemblables dans l’édifice de l’oncle Sam ; et pour en savoir davantage ; il faudrait discrètement se fondre dans l’imaginaire de la prochaine élection présidentielle du 4 novembre 2008, afin d’observer et analyser scientifiquement les règles du jeu et les mécanismes de fonctionnement qui les accompagnent.
Après quoi, chercher à comprendre leur pourquoi ainsi que les raisons qui sous-tendent sinon qui les animent ; évidemment sans occulter les réalités sociologiques de la superbe mosaïque tribo-ethnique des peuples autochtones et d’émigrés qui composent l’Amérique de Barack Obama.
Parler de cette "candidature" pour moi, c’est reconscientiser l’opinion américaine sur la perversité de ses guerres de territoires ; ses complexes de races issus de l’esclavage et d’une abolition imparfaitement réalisée. C’est aussi permettre à ces peuples d’Amérique de toutes les origines de se regarder en face afin de façonner ensemble une civilisation multiculturelle parce que multiraciale.

Un acte d’importance historique majeure et civilisationnel
Tirant de cette "élection" divers enseignements, la "candidature" de Barack Obama démontre que tout peuple souverain, doté d’un idéal politique mûr, patriotique et plongeant ses racines dans le ferment de sa culture propre, est capable d’affronter tous les écueils et défis pour se construire seul, sans interférences d’emprunt excessives. Aujourd’hui, par la "candidature" de Barack Obama, la grande Amérique multicolore pose un acte apparemment banal mais en réalité d’importance historique ; un acte que je prétends majeur et civilisationnel parce que permettant à l’Amérique (par sa seule et unique volonté) de damner le pion au reste du monde.
Par cet "acte électoral" qui panique les uns et rassure les autres, l’Amérique a voulu imprimer à jamais non seulement ce choix délibéré et véritablement démocratique mais également poser souverainement les jalons d’une société de justice, d’égalité et de fraternité qui soit en phase avec les valeurs éthiques de la civilisation du XXIème siècle. Du coup, cette Amérique en cours de décomposition généralisée, retrouverait son âme et ses vertus ; occuperait de nouveau la place préférentielle et l’autorité nécessaire pour conduire les affaires du monde. Dans ces conditions, il n’est pas inutile de souligner que la "candidature" de Barack Obama est essentiellement le fait de ses compatriotes "blancs" qui, au sein du parti démocrate, n’ont pas tenu compte ni de sa race (négroïde) ni de la couleur de sa peau ; parce qu’il faut le dire, ce mérite une fois de plus est celui des Blancs américains (qu’on taxe souvent de racistes) et non celui des "Africains américains" in America.
C’est pourquoi dans cette analyse que je voudrais objective voire à la limite de l’impertinence intellectuelle, Obama n’est pas un simple fait de choix électoral, mais plutôt un "bouleversement" total des fondements de la société américaine ; un séisme culturel pour ne pas dire une "Révolution culturelle" à l’américaine ; en un mot, un phénomène de civilisation planétaire…
En cela, je peux dire que cette "candidature" en elle-même est l’expression profonde d’un peuple travailleur et inventif, à la recherche permanente de son bien-être et qui se veut à la fois idéaliste et pragmatiste dans sa "vision politique"et son Rêve Spirituel. C’est-à-dire un peuple désireux d’engager ses ambitions culturelles au service de la démocratie et du développement économique, social et surtout écologique. Le "choix" de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique est symbolique non seulement de ses cultures plurielles parce que multiraciales, mais également par la preuve que les "Blancs" d’Amérique veulent tourner définitivement le dos au vestige de l’esclavage, en apportant à l’humanité des métissages culturels de qualité au-dessus d’une vulgaire mixture des civilisations ; des semences d’une esthétique synthèse des premiers crus de cultures capables de générer cette "espèce humaine" écologique tant attendue et recherchée. C’est pourquoi, ces Blancs et ces Noirs (mais aussi les Jaunes et les Rouges) vidant leurs sempiternels contentieux de préjugés de classes, de race, de couleur ou d’origine, conviennent consensuellement par actes majeurs de faire bouger significativement les lignes de la démocratie américaine, déjà mal en point par l’arbitraire et les puissances d’argent.
C’est aussi vrai que cette "vision politique" inséparable du "Rêve américain" fédère tous les peuples d’Amérique regroupés sous la bannière étoilée et qui ont encore en mémoire les lourds préjudices causés à l’humanité par des siècles d’esclavage, de ségrégation, de souffrance, d’injustice et d’aberration.
Aujourd’hui, décidés à tourner la page de l’horreur qu’inspire ce passé récent, et confrontés à l’adversité quotidienne, à l’insécurité économique et physique, les Américains (dans leur globalité) veulent refonder leur société par "l’élection de Barack Obama"…

Un homme neuf et vierge
Dans ces conditions, les Américains pensent qu’il leur faudrait une démocratie presqu’intégrale ; souple et performante qui satisfasse à l’intouchable principe de "Law and Order" ; une démocratie vigoureuse et prompte à prévenir l’aliénation, les entorses et les outrages à l’endroit de la dignité humaine et de son environnement ; une démocratie à grande valeur écologique capable de créer un lexique humaniste pour tous aux fins de mieux s’exprimer et se comprendre ; et qui privilégie une cohabitation sans heurts et sans méfiance des différentes composantes de la nation américaine et ceci dans le strict respect de leurs différences culturelles.
Après l’échec patent de la politique générale du président Bush, lequel échec agit aujourd’hui sur la société américaine comme un détergent actif et nocif, il n’y a pratiquement de doute pour personne que la "candidature de Barack Obama" "petit Noir" de l’Illinois avec son slogan the "Change" a virtuellement recrée l’espoir, the "Hope", parmi les Américains.
La magie de cette "candidature" tient au fait qu’Obama est vierge et neuf dans l’arène politique américaine et ne porte pas les stigmates indélébiles des "crapules" de Washington ; qu’il est métis (pour ne pas dire noir) avec des allures technocratiques qui semblent d’emblée rassurer en plus de ses propos mesurés et d’un cursus universitaire peu commun.
Par ailleurs, il faut noter que si Obama est géniteur du concept de "changement" qui est à la fois ambivalent et dichotomique parce qu’il relève de deux "constances" (ou attentes) sociologiques oubliées à tort ou à raison par les intellectuels et les politiques, le grand mérite lui revient parce qu’il a su procéder à la résurgence de ces valeurs emblématiques de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ; c’est aussi pour cela qu’il en fait une exploitation rationnelle, presque scientifique, j’allais dire.
A partir de ce moment, Barack Obama s’élève au-dessus de la mêlée ; prend de l’altitude par rapport à ses poursuivants immédiats ; qu’ils soient démocrates ou républicains d’autant que ces "attentes" (populaires) participent activement à la "problématique" au développement, de la démocratie et du renforcement de la cohésion des peuples d’Amérique.
En clair, je veux parler de :
– la "Vision politique" du parti démocrate concentrée en une "idée programmatique" dans sa version écologique et moderniste à partir des années soixante sous la houlette du très regretté jeune président J.F. Kennedy, idée interrompue par l’assassinat de ce dernier et l’incompétence de son successeur texan Lyndon Johnson à poursuivre cette rénovation politique.
– ensuite, il y avait le "Rêve" spirituel (the Dream) du révérend pasteur noir Martin Luther King ; un "Rêve" prémonitoire de l’ancestralisme africain qui retrouve sa religiosité dans le spiritualisme américain ; un rêve qui prophétise l’Amérique de demain dans laquelle tous les hommes seraient égaux avec les mêmes droits et devoirs. Ce "Rêve religieux" était en fait une "Attente" populaire en souffrance dans le cœur de chaque Américain ; s’il fut diffus pour les uns, il n’en était pas moins confus pour les autres parce que relevant de la conscience collective américaine.
Bref, un "rêve américain" qui résume à la fois les dogmes religieux et le pragmatisme républicain ; un rêve "african american" qui défie le temps et appréhende le futur par quelque lueur d’espoir, the "Hope".
Certes, plus subtiles que compréhensibles, les deux "attentes" (rêve et vision) expriment le même "concept unitaire" et partagent la même ambivalence théorique. Mais loin d’être un handicap intellectuel, comme certains semblent le reprocher à Obama, la société américaine est néanmoins fière et heureuse de la remise en chantier politique de ces deux "attentes". Barack Obama en tire un bénéfice remarquable pour avoir fait montre de beaucoup d’audace, de lucidité, de courage et surtout de grande maturité et d’intelligence politiques.
C’est pourquoi aujourd’hui et grâce à cette inestimable production intellectuelle globalisant à la fois l’économie, le social, la démocratie que l’environnement, la vieille Amérique traditionaliste et républicaine pourrait de nouveau s’ébrouer de toutes ses plumes pour donner un nouvel éclat au monde. Fixer un "Stop" de sécurité aux derniers soubresauts des racistes et ségrégationnistes ; et de taire une fois pour toutes cet impérialisme désuet, arrogant parce que dégénéré ; devenu dangereux parce qu’inhumain.
Dès lors, il est pratiquement établi que seul Barack Obama a cru avec passion, et clairvoyance à ces deux "attentes" de la société américaine.
Souvent, certains milieux douteux ont voulu présenter Barack Obama comme un technocrate hautain et distant, j’ai compris qu’il était plutôt timide pour ne pas dire pudique et respectueux. Pour moi, son côté énigmatique est celui d’une intelligence finement ciselée par des années d’apprentissage et d’une rigoureuse éducation. C’est ainsi qu’il a appris seul, que pour devenir président des Etats-Unis d’Amérique, il faut vite oublier sa différence et pour faire la différence, être indifférent aux différences de races, de couleurs, de cultures ou d’origine ; il sait que l’éthique, la famille et Dieu symbolisent le spiritualisme américain.
Je dois ajouter que tout cela ne suffirait pas pour hisser haut la candidature de Barack Obama si elle ne reposait pas sur des critères de compétence, de probité morale et de patriotisme avérés.
Mieux que ses concurrents, Obama a posé le diagnostic le plus complet et le plus profond de la société américaine ; c’est lui qui, le premier a parlé d’injustice, de l’arnaque du système d’imposition indirecte qui pénalise les petites gens et la classe moyenne ; c’est encore lui qui a suggéré la protection sanitaire et l’éducation pour tous ; de repenser la démocratie américaine vieillotte, inadaptée et déjà en ballottage défavorable dans l’échelle de l’universel ; par l’éthique et la morale dans les affaires et la vie publique, Obama voudrait réorienter les mentalités citoyennes hors normes fortement entamées par une sclérose impérialiste militarisée et de grande arrogance.
En un mot, pour "refonder" la société américaine, ce jeune sénateur noir n’hésite pas de dire vouloir mener une guerre sans merci dans la fourmilière du Sénat où se trouvent intrigues et lois iniques.
Pour ce faire, Barack Obama a compris que pour réaliser ses objectifs (attentes), il lui faut conquérir le pouvoir politique et s’assigner des missions spécifiques telles que :
– l’aménagement des institutions républicaines et de la démocratie ; le renforcement et le contrôle des structures administratives pour éviter que ne s’installe davantage la gestion du "laisser-faire" ;
– certes Barack Obama s’est déclaré favorable au libéralisme économique et commercial, cependant il se propose également de restaurer l’autorité de l’Etat qui va à vau-l’eau comme semble le démontrer les scandales et les désordres financiers en tout genre ; se dit prêt et déterminé à porter l’estocade aux lobbies qui fourmillent et prospèrent à Washington. Ainsi, ouvrir le monde au dialogue inter-Etats et à la recherche du consensus pour la sécurité et la paix.
Maintenant que cette "candidature" est établie, il faut peut-être s’appesantir un tant soit peu sur les mécanismes de solidarité, de patriotisme et de "Law and Order" qui lient les uns aux autres.

Une chance pour
le monde et pour l’Amérique

A défaut de convaincre les incrédules de tout poil, je pense que la candidature de "Barack Obama" est une chance et pour le monde et pour l’Amérique, car elle permet de dédouaner les Blancs et les Noirs de leurs complexes divers et variés et de comprendre que son fait relève d’une convergence de circonstances historiques ; de deux principales attentes populaires (vision et rêve) et du génie propre du candidat qui, par sa lecture sociologique pertinente a su redimensionner l’ambition du peuple américain. Par ailleurs, connaissant la complexité du système électoral américain, ainsi que les difficultés y afférentes de tous ordres pour asseoir une stratégie efficace, en plus de l’épluchage et de la quantification des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent tant les Américains, nul doute que dès à présent et à cause de la grande compétence politique de Barack Obama", d’aucuns se demandent déjà s’il est possible qu’un Noir soit si doué et que tant de Blancs soient derrière lui pour le soutenir ? C’est cela la "grande Amérique" ; l’Amérique des idéalistes et des pragmatistes comme l’est à la fois Barack Obama. 

Par Par C. Moukouri Manga Bell

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L’Amérique de Barack Obama

L’événement créé par la candidature de ce "jeune" sénateur noir est si grand et inattendu que d’aucuns se demandent si Barack Obama est un extra-terrestre découvert subitement dans l’Illinois ou simplement un Américain parmi tant d’autres ! La vérité est que personne n’en parlerait s’il était noir ou blanc postulant à une élection quelconque autre que celle du président des Etats-Unis d’Amérique ; mais tous en parlent aujourd’hui parce qu’il est noir et est candidat démocrate à ce poste prestigieux de la nation la plus forte au monde ; l’autre vérité qui brûle les lèvres est que ce jeune noir-blanc (métis) inconnu des Américains hier, tient sa seconde généalogique des entrailles de l’antique civilisation nubie égyptienne du Kenya avec ses bantous semblables à ceux accrochés aux flancs lacustres du Congo, du Burundi, du Rwanda, ou de l’Afrique du Sud. C’est dire que, Obama, ce fils d’émigré africain appartient (bel et bien) à la race des négroïdes et par conséquent est "Noir" tout comme ses frères "Black africains" (in America). Pourquoi donc tant d’émotion et de curiosité pour cette candidature ? Pourquoi Barack Obama et pas un autre noir (ou métis), pourquoi pas un "blanc" comme candidat démocrate ?
Tout d’abord, voilà des questionnements qui préoccupent et nourrissent cette prospective électorale américaine ; des questionnements qui se proposent par ailleurs d’éclairer le débat à l’échelle des civilisations de l’universel.
Parlant encore de cette "Candidature", c’est évoquer en d’autres termes les qualités exceptionnelles d’intelligence politique qui ont permis à ce brillant universitaire, de surcroît jeune sénateur démocrate de l’Illinois de bien se positionner par rapport à ses concurrents et d’exploiter au mieux le "Timing électoral" de manière à éviter des "candidatures parasites" qui nuiraient à la sienne.
Mine de rien, il a eu raison d’Hilary Clinton lors des primaires démocrates en se forgeant une image d’homme politique sérieux et moderne ; éloquent et intrépide débatteur, il polarise le regard des curieux pour se présenter comme l’unique interprète du rêve américain ; habile manœuvrier et incisif organisateur, Obama est doté d’une impressionnante sagacité intellectuelle qui lui permet de s’imposer en véritable héritier de la pensée politique du parti démocrate et du rêve de Martin Luther King ; surtout lorsqu’il déclare : "This is the moment" ! avec son "We can believe in" on tout simplement "The hope" !
Est-ce donc suffisant pour comprendre l’énigme Obama ? Que non ! dis-je…
Car, Barack Obama est avant tout citoyen américain ; et son mystère réside en ce que l’Amérique possède de riche et de profond… C’est pour cela qu’avec cette "candidature", je crois pouvoir dire qu’il se passe des "choses" invraisemblables dans l’édifice de l’oncle Sam ; et pour en savoir davantage ; il faudrait discrètement se fondre dans l’imaginaire de la prochaine élection présidentielle du 4 novembre 2008, afin d’observer et analyser scientifiquement les règles du jeu et les mécanismes de fonctionnement qui les accompagnent.
Après quoi, chercher à comprendre leur pourquoi ainsi que les raisons qui sous-tendent sinon qui les animent ; évidemment sans occulter les réalités sociologiques de la superbe mosaïque tribo-ethnique des peuples autochtones et d’émigrés qui composent l’Amérique de Barack Obama.
Parler de cette "candidature" pour moi, c’est reconscientiser l’opinion américaine sur la perversité de ses guerres de territoires ; ses complexes de races issus de l’esclavage et d’une abolition imparfaitement réalisée. C’est aussi permettre à ces peuples d’Amérique de toutes les origines de se regarder en face afin de façonner ensemble une civilisation multiculturelle parce que multiraciale.

Un acte d’importance historique majeure et civilisationnel
Tirant de cette "élection" divers enseignements, la "candidature" de Barack Obama démontre que tout peuple souverain, doté d’un idéal politique mûr, patriotique et plongeant ses racines dans le ferment de sa culture propre, est capable d’affronter tous les écueils et défis pour se construire seul, sans interférences d’emprunt excessives. Aujourd’hui, par la "candidature" de Barack Obama, la grande Amérique multicolore pose un acte apparemment banal mais en réalité d’importance historique ; un acte que je prétends majeur et civilisationnel parce que permettant à l’Amérique (par sa seule et unique volonté) de damner le pion au reste du monde.
Par cet "acte électoral" qui panique les uns et rassure les autres, l’Amérique a voulu imprimer à jamais non seulement ce choix délibéré et véritablement démocratique mais également poser souverainement les jalons d’une société de justice, d’égalité et de fraternité qui soit en phase avec les valeurs éthiques de la civilisation du XXIème siècle. Du coup, cette Amérique en cours de décomposition généralisée, retrouverait son âme et ses vertus ; occuperait de nouveau la place préférentielle et l’autorité nécessaire pour conduire les affaires du monde. Dans ces conditions, il n’est pas inutile de souligner que la "candidature" de Barack Obama est essentiellement le fait de ses compatriotes "blancs" qui, au sein du parti démocrate, n’ont pas tenu compte ni de sa race (négroïde) ni de la couleur de sa peau ; parce qu’il faut le dire, ce mérite une fois de plus est celui des Blancs américains (qu’on taxe souvent de racistes) et non celui des "Africains américains" in America.
C’est pourquoi dans cette analyse que je voudrais objective voire à la limite de l’impertinence intellectuelle, Obama n’est pas un simple fait de choix électoral, mais plutôt un "bouleversement" total des fondements de la société américaine ; un séisme culturel pour ne pas dire une "Révolution culturelle" à l’américaine ; en un mot, un phénomène de civilisation planétaire…
En cela, je peux dire que cette "candidature" en elle-même est l’expression profonde d’un peuple travailleur et inventif, à la recherche permanente de son bien-être et qui se veut à la fois idéaliste et pragmatiste dans sa "vision politique"et son Rêve Spirituel. C’est-à-dire un peuple désireux d’engager ses ambitions culturelles au service de la démocratie et du développement économique, social et surtout écologique. Le "choix" de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique est symbolique non seulement de ses cultures plurielles parce que multiraciales, mais également par la preuve que les "Blancs" d’Amérique veulent tourner définitivement le dos au vestige de l’esclavage, en apportant à l’humanité des métissages culturels de qualité au-dessus d’une vulgaire mixture des civilisations ; des semences d’une esthétique synthèse des premiers crus de cultures capables de générer cette "espèce humaine" écologique tant attendue et recherchée. C’est pourquoi, ces Blancs et ces Noirs (mais aussi les Jaunes et les Rouges) vidant leurs sempiternels contentieux de préjugés de classes, de race, de couleur ou d’origine, conviennent consensuellement par actes majeurs de faire bouger significativement les lignes de la démocratie américaine, déjà mal en point par l’arbitraire et les puissances d’argent.
C’est aussi vrai que cette "vision politique" inséparable du "Rêve américain" fédère tous les peuples d’Amérique regroupés sous la bannière étoilée et qui ont encore en mémoire les lourds préjudices causés à l’humanité par des siècles d’esclavage, de ségrégation, de souffrance, d’injustice et d’aberration.
Aujourd’hui, décidés à tourner la page de l’horreur qu’inspire ce passé récent, et confrontés à l’adversité quotidienne, à l’insécurité économique et physique, les Américains (dans leur globalité) veulent refonder leur société par "l’élection de Barack Obama"…

Un homme neuf et vierge
Dans ces conditions, les Américains pensent qu’il leur faudrait une démocratie presqu’intégrale ; souple et performante qui satisfasse à l’intouchable principe de "Law and Order" ; une démocratie vigoureuse et prompte à prévenir l’aliénation, les entorses et les outrages à l’endroit de la dignité humaine et de son environnement ; une démocratie à grande valeur écologique capable de créer un lexique humaniste pour tous aux fins de mieux s’exprimer et se comprendre ; et qui privilégie une cohabitation sans heurts et sans méfiance des différentes composantes de la nation américaine et ceci dans le strict respect de leurs différences culturelles.
Après l’échec patent de la politique générale du président Bush, lequel échec agit aujourd’hui sur la société américaine comme un détergent actif et nocif, il n’y a pratiquement de doute pour personne que la "candidature de Barack Obama" "petit Noir" de l’Illinois avec son slogan the "Change" a virtuellement recrée l’espoir, the "Hope", parmi les Américains.
La magie de cette "candidature" tient au fait qu’Obama est vierge et neuf dans l’arène politique américaine et ne porte pas les stigmates indélébiles des "crapules" de Washington ; qu’il est métis (pour ne pas dire noir) avec des allures technocratiques qui semblent d’emblée rassurer en plus de ses propos mesurés et d’un cursus universitaire peu commun.
Par ailleurs, il faut noter que si Obama est géniteur du concept de "changement" qui est à la fois ambivalent et dichotomique parce qu’il relève de deux "constances" (ou attentes) sociologiques oubliées à tort ou à raison par les intellectuels et les politiques, le grand mérite lui revient parce qu’il a su procéder à la résurgence de ces valeurs emblématiques de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ; c’est aussi pour cela qu’il en fait une exploitation rationnelle, presque scientifique, j’allais dire.
A partir de ce moment, Barack Obama s’élève au-dessus de la mêlée ; prend de l’altitude par rapport à ses poursuivants immédiats ; qu’ils soient démocrates ou républicains d’autant que ces "attentes" (populaires) participent activement à la "problématique" au développement, de la démocratie et du renforcement de la cohésion des peuples d’Amérique.
En clair, je veux parler de :
– la "Vision politique" du parti démocrate concentrée en une "idée programmatique" dans sa version écologique et moderniste à partir des années soixante sous la houlette du très regretté jeune président J.F. Kennedy, idée interrompue par l’assassinat de ce dernier et l’incompétence de son successeur texan Lyndon Johnson à poursuivre cette rénovation politique.
– ensuite, il y avait le "Rêve" spirituel (the Dream) du révérend pasteur noir Martin Luther King ; un "Rêve" prémonitoire de l’ancestralisme africain qui retrouve sa religiosité dans le spiritualisme américain ; un rêve qui prophétise l’Amérique de demain dans laquelle tous les hommes seraient égaux avec les mêmes droits et devoirs. Ce "Rêve religieux" était en fait une "Attente" populaire en souffrance dans le cœur de chaque Américain ; s’il fut diffus pour les uns, il n’en était pas moins confus pour les autres parce que relevant de la conscience collective américaine.
Bref, un "rêve américain" qui résume à la fois les dogmes religieux et le pragmatisme républicain ; un rêve "african american" qui défie le temps et appréhende le futur par quelque lueur d’espoir, the "Hope".
Certes, plus subtiles que compréhensibles, les deux "attentes" (rêve et vision) expriment le même "concept unitaire" et partagent la même ambivalence théorique. Mais loin d’être un handicap intellectuel, comme certains semblent le reprocher à Obama, la société américaine est néanmoins fière et heureuse de la remise en chantier politique de ces deux "attentes". Barack Obama en tire un bénéfice remarquable pour avoir fait montre de beaucoup d’audace, de lucidité, de courage et surtout de grande maturité et d’intelligence politiques.
C’est pourquoi aujourd’hui et grâce à cette inestimable production intellectuelle globalisant à la fois l’économie, le social, la démocratie que l’environnement, la vieille Amérique traditionaliste et républicaine pourrait de nouveau s’ébrouer de toutes ses plumes pour donner un nouvel éclat au monde. Fixer un "Stop" de sécurité aux derniers soubresauts des racistes et ségrégationnistes ; et de taire une fois pour toutes cet impérialisme désuet, arrogant parce que dégénéré ; devenu dangereux parce qu’inhumain.
Dès lors, il est pratiquement établi que seul Barack Obama a cru avec passion, et clairvoyance à ces deux "attentes" de la société américaine.
Souvent, certains milieux douteux ont voulu présenter Barack Obama comme un technocrate hautain et distant, j’ai compris qu’il était plutôt timide pour ne pas dire pudique et respectueux. Pour moi, son côté énigmatique est celui d’une intelligence finement ciselée par des années d’apprentissage et d’une rigoureuse éducation. C’est ainsi qu’il a appris seul, que pour devenir président des Etats-Unis d’Amérique, il faut vite oublier sa différence et pour faire la différence, être indifférent aux différences de races, de couleurs, de cultures ou d’origine ; il sait que l’éthique, la famille et Dieu symbolisent le spiritualisme américain.
Je dois ajouter que tout cela ne suffirait pas pour hisser haut la candidature de Barack Obama si elle ne reposait pas sur des critères de compétence, de probité morale et de patriotisme avérés.
Mieux que ses concurrents, Obama a posé le diagnostic le plus complet et le plus profond de la société américaine ; c’est lui qui, le premier a parlé d’injustice, de l’arnaque du système d’imposition indirecte qui pénalise les petites gens et la classe moyenne ; c’est encore lui qui a suggéré la protection sanitaire et l’éducation pour tous ; de repenser la démocratie américaine vieillotte, inadaptée et déjà en ballottage défavorable dans l’échelle de l’universel ; par l’éthique et la morale dans les affaires et la vie publique, Obama voudrait réorienter les mentalités citoyennes hors normes fortement entamées par une sclérose impérialiste militarisée et de grande arrogance.
En un mot, pour "refonder" la société américaine, ce jeune sénateur noir n’hésite pas de dire vouloir mener une guerre sans merci dans la fourmilière du Sénat où se trouvent intrigues et lois iniques.
Pour ce faire, Barack Obama a compris que pour réaliser ses objectifs (attentes), il lui faut conquérir le pouvoir politique et s’assigner des missions spécifiques telles que :
– l’aménagement des institutions républicaines et de la démocratie ; le renforcement et le contrôle des structures administratives pour éviter que ne s’installe davantage la gestion du "laisser-faire" ;
– certes Barack Obama s’est déclaré favorable au libéralisme économique et commercial, cependant il se propose également de restaurer l’autorité de l’Etat qui va à vau-l’eau comme semble le démontrer les scandales et les désordres financiers en tout genre ; se dit prêt et déterminé à porter l’estocade aux lobbies qui fourmillent et prospèrent à Washington. Ainsi, ouvrir le monde au dialogue inter-Etats et à la recherche du consensus pour la sécurité et la paix.
Maintenant que cette "candidature" est établie, il faut peut-être s’appesantir un tant soit peu sur les mécanismes de solidarité, de patriotisme et de "Law and Order" qui lient les uns aux autres.

Une chance pour
le monde et pour l’Amérique

A défaut de convaincre les incrédules de tout poil, je pense que la candidature de "Barack Obama" est une chance et pour le monde et pour l’Amérique, car elle permet de dédouaner les Blancs et les Noirs de leurs complexes divers et variés et de comprendre que son fait relève d’une convergence de circonstances historiques ; de deux principales attentes populaires (vision et rêve) et du génie propre du candidat qui, par sa lecture sociologique pertinente a su redimensionner l’ambition du peuple américain. Par ailleurs, connaissant la complexité du système électoral américain, ainsi que les difficultés y afférentes de tous ordres pour asseoir une stratégie efficace, en plus de l’épluchage et de la quantification des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent tant les Américains, nul doute que dès à présent et à cause de la grande compétence politique de Barack Obama", d’aucuns se demandent déjà s’il est possible qu’un Noir soit si doué et que tant de Blancs soient derrière lui pour le soutenir ? C’est cela la "grande Amérique" ; l’Amérique des idéalistes et des pragmatistes comme l’est à la fois Barack Obama. 

Par Par C. Moukouri Manga Bell

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Non classé

L’Amérique de Barack Obama

L’événement créé par la candidature de ce "jeune" sénateur noir est si grand et inattendu que d’aucuns se demandent si Barack Obama est un extra-terrestre découvert subitement dans l’Illinois ou simplement un Américain parmi tant d’autres ! La vérité est que personne n’en parlerait s’il était noir ou blanc postulant à une élection quelconque autre que celle du président des Etats-Unis d’Amérique ; mais tous en parlent aujourd’hui parce qu’il est noir et est candidat démocrate à ce poste prestigieux de la nation la plus forte au monde ; l’autre vérité qui brûle les lèvres est que ce jeune noir-blanc (métis) inconnu des Américains hier, tient sa seconde généalogique des entrailles de l’antique civilisation nubie égyptienne du Kenya avec ses bantous semblables à ceux accrochés aux flancs lacustres du Congo, du Burundi, du Rwanda, ou de l’Afrique du Sud. C’est dire que, Obama, ce fils d’émigré africain appartient (bel et bien) à la race des négroïdes et par conséquent est "Noir" tout comme ses frères "Black africains" (in America). Pourquoi donc tant d’émotion et de curiosité pour cette candidature ? Pourquoi Barack Obama et pas un autre noir (ou métis), pourquoi pas un "blanc" comme candidat démocrate ?
Tout d’abord, voilà des questionnements qui préoccupent et nourrissent cette prospective électorale américaine ; des questionnements qui se proposent par ailleurs d’éclairer le débat à l’échelle des civilisations de l’universel.
Parlant encore de cette "Candidature", c’est évoquer en d’autres termes les qualités exceptionnelles d’intelligence politique qui ont permis à ce brillant universitaire, de surcroît jeune sénateur démocrate de l’Illinois de bien se positionner par rapport à ses concurrents et d’exploiter au mieux le "Timing électoral" de manière à éviter des "candidatures parasites" qui nuiraient à la sienne.
Mine de rien, il a eu raison d’Hilary Clinton lors des primaires démocrates en se forgeant une image d’homme politique sérieux et moderne ; éloquent et intrépide débatteur, il polarise le regard des curieux pour se présenter comme l’unique interprète du rêve américain ; habile manœuvrier et incisif organisateur, Obama est doté d’une impressionnante sagacité intellectuelle qui lui permet de s’imposer en véritable héritier de la pensée politique du parti démocrate et du rêve de Martin Luther King ; surtout lorsqu’il déclare : "This is the moment" ! avec son "We can believe in" on tout simplement "The hope" !
Est-ce donc suffisant pour comprendre l’énigme Obama ? Que non ! dis-je…
Car, Barack Obama est avant tout citoyen américain ; et son mystère réside en ce que l’Amérique possède de riche et de profond… C’est pour cela qu’avec cette "candidature", je crois pouvoir dire qu’il se passe des "choses" invraisemblables dans l’édifice de l’oncle Sam ; et pour en savoir davantage ; il faudrait discrètement se fondre dans l’imaginaire de la prochaine élection présidentielle du 4 novembre 2008, afin d’observer et analyser scientifiquement les règles du jeu et les mécanismes de fonctionnement qui les accompagnent.
Après quoi, chercher à comprendre leur pourquoi ainsi que les raisons qui sous-tendent sinon qui les animent ; évidemment sans occulter les réalités sociologiques de la superbe mosaïque tribo-ethnique des peuples autochtones et d’émigrés qui composent l’Amérique de Barack Obama.
Parler de cette "candidature" pour moi, c’est reconscientiser l’opinion américaine sur la perversité de ses guerres de territoires ; ses complexes de races issus de l’esclavage et d’une abolition imparfaitement réalisée. C’est aussi permettre à ces peuples d’Amérique de toutes les origines de se regarder en face afin de façonner ensemble une civilisation multiculturelle parce que multiraciale.

Un acte d’importance historique majeure et civilisationnel
Tirant de cette "élection" divers enseignements, la "candidature" de Barack Obama démontre que tout peuple souverain, doté d’un idéal politique mûr, patriotique et plongeant ses racines dans le ferment de sa culture propre, est capable d’affronter tous les écueils et défis pour se construire seul, sans interférences d’emprunt excessives. Aujourd’hui, par la "candidature" de Barack Obama, la grande Amérique multicolore pose un acte apparemment banal mais en réalité d’importance historique ; un acte que je prétends majeur et civilisationnel parce que permettant à l’Amérique (par sa seule et unique volonté) de damner le pion au reste du monde.
Par cet "acte électoral" qui panique les uns et rassure les autres, l’Amérique a voulu imprimer à jamais non seulement ce choix délibéré et véritablement démocratique mais également poser souverainement les jalons d’une société de justice, d’égalité et de fraternité qui soit en phase avec les valeurs éthiques de la civilisation du XXIème siècle. Du coup, cette Amérique en cours de décomposition généralisée, retrouverait son âme et ses vertus ; occuperait de nouveau la place préférentielle et l’autorité nécessaire pour conduire les affaires du monde. Dans ces conditions, il n’est pas inutile de souligner que la "candidature" de Barack Obama est essentiellement le fait de ses compatriotes "blancs" qui, au sein du parti démocrate, n’ont pas tenu compte ni de sa race (négroïde) ni de la couleur de sa peau ; parce qu’il faut le dire, ce mérite une fois de plus est celui des Blancs américains (qu’on taxe souvent de racistes) et non celui des "Africains américains" in America.
C’est pourquoi dans cette analyse que je voudrais objective voire à la limite de l’impertinence intellectuelle, Obama n’est pas un simple fait de choix électoral, mais plutôt un "bouleversement" total des fondements de la société américaine ; un séisme culturel pour ne pas dire une "Révolution culturelle" à l’américaine ; en un mot, un phénomène de civilisation planétaire…
En cela, je peux dire que cette "candidature" en elle-même est l’expression profonde d’un peuple travailleur et inventif, à la recherche permanente de son bien-être et qui se veut à la fois idéaliste et pragmatiste dans sa "vision politique"et son Rêve Spirituel. C’est-à-dire un peuple désireux d’engager ses ambitions culturelles au service de la démocratie et du développement économique, social et surtout écologique. Le "choix" de Barack Obama comme futur président des Etats-Unis d’Amérique est symbolique non seulement de ses cultures plurielles parce que multiraciales, mais également par la preuve que les "Blancs" d’Amérique veulent tourner définitivement le dos au vestige de l’esclavage, en apportant à l’humanité des métissages culturels de qualité au-dessus d’une vulgaire mixture des civilisations ; des semences d’une esthétique synthèse des premiers crus de cultures capables de générer cette "espèce humaine" écologique tant attendue et recherchée. C’est pourquoi, ces Blancs et ces Noirs (mais aussi les Jaunes et les Rouges) vidant leurs sempiternels contentieux de préjugés de classes, de race, de couleur ou d’origine, conviennent consensuellement par actes majeurs de faire bouger significativement les lignes de la démocratie américaine, déjà mal en point par l’arbitraire et les puissances d’argent.
C’est aussi vrai que cette "vision politique" inséparable du "Rêve américain" fédère tous les peuples d’Amérique regroupés sous la bannière étoilée et qui ont encore en mémoire les lourds préjudices causés à l’humanité par des siècles d’esclavage, de ségrégation, de souffrance, d’injustice et d’aberration.
Aujourd’hui, décidés à tourner la page de l’horreur qu’inspire ce passé récent, et confrontés à l’adversité quotidienne, à l’insécurité économique et physique, les Américains (dans leur globalité) veulent refonder leur société par "l’élection de Barack Obama"…

Un homme neuf et vierge
Dans ces conditions, les Américains pensent qu’il leur faudrait une démocratie presqu’intégrale ; souple et performante qui satisfasse à l’intouchable principe de "Law and Order" ; une démocratie vigoureuse et prompte à prévenir l’aliénation, les entorses et les outrages à l’endroit de la dignité humaine et de son environnement ; une démocratie à grande valeur écologique capable de créer un lexique humaniste pour tous aux fins de mieux s’exprimer et se comprendre ; et qui privilégie une cohabitation sans heurts et sans méfiance des différentes composantes de la nation américaine et ceci dans le strict respect de leurs différences culturelles.
Après l’échec patent de la politique générale du président Bush, lequel échec agit aujourd’hui sur la société américaine comme un détergent actif et nocif, il n’y a pratiquement de doute pour personne que la "candidature de Barack Obama" "petit Noir" de l’Illinois avec son slogan the "Change" a virtuellement recrée l’espoir, the "Hope", parmi les Américains.
La magie de cette "candidature" tient au fait qu’Obama est vierge et neuf dans l’arène politique américaine et ne porte pas les stigmates indélébiles des "crapules" de Washington ; qu’il est métis (pour ne pas dire noir) avec des allures technocratiques qui semblent d’emblée rassurer en plus de ses propos mesurés et d’un cursus universitaire peu commun.
Par ailleurs, il faut noter que si Obama est géniteur du concept de "changement" qui est à la fois ambivalent et dichotomique parce qu’il relève de deux "constances" (ou attentes) sociologiques oubliées à tort ou à raison par les intellectuels et les politiques, le grand mérite lui revient parce qu’il a su procéder à la résurgence de ces valeurs emblématiques de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique ; c’est aussi pour cela qu’il en fait une exploitation rationnelle, presque scientifique, j’allais dire.
A partir de ce moment, Barack Obama s’élève au-dessus de la mêlée ; prend de l’altitude par rapport à ses poursuivants immédiats ; qu’ils soient démocrates ou républicains d’autant que ces "attentes" (populaires) participent activement à la "problématique" au développement, de la démocratie et du renforcement de la cohésion des peuples d’Amérique.
En clair, je veux parler de :
– la "Vision politique" du parti démocrate concentrée en une "idée programmatique" dans sa version écologique et moderniste à partir des années soixante sous la houlette du très regretté jeune président J.F. Kennedy, idée interrompue par l’assassinat de ce dernier et l’incompétence de son successeur texan Lyndon Johnson à poursuivre cette rénovation politique.
– ensuite, il y avait le "Rêve" spirituel (the Dream) du révérend pasteur noir Martin Luther King ; un "Rêve" prémonitoire de l’ancestralisme africain qui retrouve sa religiosité dans le spiritualisme américain ; un rêve qui prophétise l’Amérique de demain dans laquelle tous les hommes seraient égaux avec les mêmes droits et devoirs. Ce "Rêve religieux" était en fait une "Attente" populaire en souffrance dans le cœur de chaque Américain ; s’il fut diffus pour les uns, il n’en était pas moins confus pour les autres parce que relevant de la conscience collective américaine.
Bref, un "rêve américain" qui résume à la fois les dogmes religieux et le pragmatisme républicain ; un rêve "african american" qui défie le temps et appréhende le futur par quelque lueur d’espoir, the "Hope".
Certes, plus subtiles que compréhensibles, les deux "attentes" (rêve et vision) expriment le même "concept unitaire" et partagent la même ambivalence théorique. Mais loin d’être un handicap intellectuel, comme certains semblent le reprocher à Obama, la société américaine est néanmoins fière et heureuse de la remise en chantier politique de ces deux "attentes". Barack Obama en tire un bénéfice remarquable pour avoir fait montre de beaucoup d’audace, de lucidité, de courage et surtout de grande maturité et d’intelligence politiques.
C’est pourquoi aujourd’hui et grâce à cette inestimable production intellectuelle globalisant à la fois l’économie, le social, la démocratie que l’environnement, la vieille Amérique traditionaliste et républicaine pourrait de nouveau s’ébrouer de toutes ses plumes pour donner un nouvel éclat au monde. Fixer un "Stop" de sécurité aux derniers soubresauts des racistes et ségrégationnistes ; et de taire une fois pour toutes cet impérialisme désuet, arrogant parce que dégénéré ; devenu dangereux parce qu’inhumain.
Dès lors, il est pratiquement établi que seul Barack Obama a cru avec passion, et clairvoyance à ces deux "attentes" de la société américaine.
Souvent, certains milieux douteux ont voulu présenter Barack Obama comme un technocrate hautain et distant, j’ai compris qu’il était plutôt timide pour ne pas dire pudique et respectueux. Pour moi, son côté énigmatique est celui d’une intelligence finement ciselée par des années d’apprentissage et d’une rigoureuse éducation. C’est ainsi qu’il a appris seul, que pour devenir président des Etats-Unis d’Amérique, il faut vite oublier sa différence et pour faire la différence, être indifférent aux différences de races, de couleurs, de cultures ou d’origine ; il sait que l’éthique, la famille et Dieu symbolisent le spiritualisme américain.
Je dois ajouter que tout cela ne suffirait pas pour hisser haut la candidature de Barack Obama si elle ne reposait pas sur des critères de compétence, de probité morale et de patriotisme avérés.
Mieux que ses concurrents, Obama a posé le diagnostic le plus complet et le plus profond de la société américaine ; c’est lui qui, le premier a parlé d’injustice, de l’arnaque du système d’imposition indirecte qui pénalise les petites gens et la classe moyenne ; c’est encore lui qui a suggéré la protection sanitaire et l’éducation pour tous ; de repenser la démocratie américaine vieillotte, inadaptée et déjà en ballottage défavorable dans l’échelle de l’universel ; par l’éthique et la morale dans les affaires et la vie publique, Obama voudrait réorienter les mentalités citoyennes hors normes fortement entamées par une sclérose impérialiste militarisée et de grande arrogance.
En un mot, pour "refonder" la société américaine, ce jeune sénateur noir n’hésite pas de dire vouloir mener une guerre sans merci dans la fourmilière du Sénat où se trouvent intrigues et lois iniques.
Pour ce faire, Barack Obama a compris que pour réaliser ses objectifs (attentes), il lui faut conquérir le pouvoir politique et s’assigner des missions spécifiques telles que :
– l’aménagement des institutions républicaines et de la démocratie ; le renforcement et le contrôle des structures administratives pour éviter que ne s’installe davantage la gestion du "laisser-faire" ;
– certes Barack Obama s’est déclaré favorable au libéralisme économique et commercial, cependant il se propose également de restaurer l’autorité de l’Etat qui va à vau-l’eau comme semble le démontrer les scandales et les désordres financiers en tout genre ; se dit prêt et déterminé à porter l’estocade aux lobbies qui fourmillent et prospèrent à Washington. Ainsi, ouvrir le monde au dialogue inter-Etats et à la recherche du consensus pour la sécurité et la paix.
Maintenant que cette "candidature" est établie, il faut peut-être s’appesantir un tant soit peu sur les mécanismes de solidarité, de patriotisme et de "Law and Order" qui lient les uns aux autres.

Une chance pour
le monde et pour l’Amérique

A défaut de convaincre les incrédules de tout poil, je pense que la candidature de "Barack Obama" est une chance et pour le monde et pour l’Amérique, car elle permet de dédouaner les Blancs et les Noirs de leurs complexes divers et variés et de comprendre que son fait relève d’une convergence de circonstances historiques ; de deux principales attentes populaires (vision et rêve) et du génie propre du candidat qui, par sa lecture sociologique pertinente a su redimensionner l’ambition du peuple américain. Par ailleurs, connaissant la complexité du système électoral américain, ainsi que les difficultés y afférentes de tous ordres pour asseoir une stratégie efficace, en plus de l’épluchage et de la quantification des problèmes économiques et sociaux qui préoccupent tant les Américains, nul doute que dès à présent et à cause de la grande compétence politique de Barack Obama", d’aucuns se demandent déjà s’il est possible qu’un Noir soit si doué et que tant de Blancs soient derrière lui pour le soutenir ? C’est cela la "grande Amérique" ; l’Amérique des idéalistes et des pragmatistes comme l’est à la fois Barack Obama. 

Par Par C. Moukouri Manga Bell

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Musique : Les belles notes de la piraterie

Les autorités publiques laissent enfler le phénomène, pendant que les artistes tentent vainement de l’éradiquer.




Depuis le 16 mai dernier, Din Din Ferdinand, alias Maréchal Papillon, est très actif sur le terrain. En sa qualité de président du Comité musical de lutte contre la piraterie (Cmlcp), l’artiste organise jusqu’au 24 mai prochain toute une semaine d’activités pour sensibiliser l’opinion sur les méfaits de la contrefaçon des œuvres de l’esprit. Au-delà des conférences et autres séminaires relatifs à la question, le Maréchal Papillon organise surtout des spectacles gratuits dans diverses villes du pays, avec des artistes de renom tels que Tiken Jah Fakoly et bien d’autres, question de faire passer son message auprès d’un maximum de personnes.
Rendue à mi-parcours, la caravane du Cmlcp n’a pas attiré des millions de spectateurs jusque-là. Mais, on peut déjà saluer le courage d’oser, affiché par les responsables du Cmlcp. Lesquels, en dépit du faible soutien logistique dont ils bénéficient de la part du ministère de la Culture et des mécènes, n’ont pas baissé les bras depuis bientôt cinq ans. Une période au cours de laquelle, bizarrement, la piraterie ne s’est jamais autant mieux portée au Cameroun. Au grand dam des musiciens et autres créateurs…

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Dans les grandes métropoles ou dans les campagnes les plus reculées du pays, il est, en effet, difficile de parcourir une centaine de mètres sans rencontrer ces jeunes garçons chargés de Cd et Dvd contrefaits, qu’ils proposent à vil prix aux tiers, généralement entre 400 et 1500 Fcfa. Pour indiquer l’ampleur de la gangrène d’ailleurs, la devanture de l’immeuble du ministère de la Culture est, à l’observation, l’un des marchés les plus florissants de Yaoundé. Au nez et à la barbe des forces de l’ordre, ainsi que des autorités chargées de combattre le phénomène. Lesquelles, à en croire les mauvaises langues, n’hésitent pas, elles-mêmes, à se ravitailler auprès des "pirates". Combien de Cd et Dvd sont ainsi vendus par jour ? Dans un contexte où l’informel gagne chaque jour du terrain, il est difficile de quantifier. Mais, tout le monde semble au moins s’accorder sur un fait : les supports musicaux cédés se chiffrent en millions d’exemplaires. De quoi faire pâlir les créateurs, qui se trouveraient nettement mieux rémunérés s’il s’agissait-là, de la vente d’œuvres authentiques. Hélas, les usines clandestines de fabrication de jaquettes semblent se multiplier dans l’ombre. Des réseaux insoupçonnés s’engraissent.

Certains pirates, dit-on, bénéficieraient même de la couverture des autorités administratives, policières et même douanières. Et les conséquences de ce laisser-aller, on s’en doute bien, sont incommensurables. Certains artistes, par dépit, ont décidé de mettre leurs créations en hibernation. En attendant. La plupart des producteurs et des éditeurs de musique, eux, abandonnent progressivement le secteur à cause des manques à gagner qui n’arrêtent de s’amonceler. Les plus téméraires investissent à perte. Selon les chiffres publiés dans un récent livre sur le droit d’auteur au Cameroun, quelque "8.400.000 supports frauduleux échappent au circuit formel camerounais par an". Le livre indique par ailleurs que "La quantité d’exemplaires (Cd) contrefaits déversés sur le marché informel est supérieure à ce qui est produit légalement, les points de vente et de distribution étant plus efficaces et plus nombreux…". "Tous calculs faits, en prenant en considération le prix moyen, c’est 700 millions Fcfa par mois, soit 8,4 milliards Fcfa par an, qui échappent au contrôle de l’organisme de gestion collective de droit d’auteur du domaine musical et de l’Etat", conclut Manfred Moumi Nginya, l’auteur du livre.

Contrecoups
En faisant un calcul simple, le journaliste, qui a longtemps travaillé sur la question du droit d’auteur au Cameroun, explique que "En prélevant les 19,25 % représentant la Tva sur 8,4 milliards Fcfa, l’Etat enregistre des pertes fiscales de l’ordre de 1,596 milliard Fcfa par an. Quant à la société de droit d’auteur du domaine musical, si les redevances relevant des 700 millions de Fcfa lui étaient effectivement reversées, à hauteur de 320 Fcfa en moyenne par support, celle-ci gagnerait environ 224 millions Fcfa par mois, soit 2,688 milliards Fcfa par an et verserait aux ayants droit 70% de ladite somme, soit 1.881 milliard Fcfa…". Des chiffres à donner le tournis, mais qui ne semblent pas susciter une réelle volonté du pouvoir à combattre outre mesure le piratage de la musique. Depuis tant d’années !

Certes, il y a eu, de temps à autre, des "opérations coup de poing" organisées par des artistes eux-mêmes, réunis au sein d’associations et de syndicats ou à travers la Cameroon Music Corporation (Cmc), leur société de gestion collective des droits d’auteur et des droits voisins du droit d’auteur. Ces descentes sur le terrain ont notamment permis de mettre à sac et de passer aux flammes, des centaines de milliers de Cd, cassettes, Dvd et Vcd. Certains pirates supposés ont également souvent été interpellés par les forces de l’ordre. Mais rien n’y fait. Plutôt, on a l’impression que la situation va de mal en pis. La répression de la piraterie est pourtant du ressort de la force publique. Qui reste cependant amorphe, sinon inexistante sur le terrain.

Eugène Dipanda

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