Midjivin : Les gendarmes convoitaient la rançon
Des parents de kidnappés ont réclamé et obtenu trois millions de francs Cfa.
Dieudonné Gaïbaï
L’affaire de l’enlèvement des bergers dans le canton de Midjivin, n’a visiblement pas fini d’animer la chronique mondaine. Après l’assassinat du commandant de la compagnie de gendarmerie du Mayo Kani et le retour des huit otages qui avaient été enlevés par les ravisseurs la semaine dernière, la rançon de trois millions de Fcfa fait l’objet depuis quelques jours de revendications peu anodines.
En effet depuis vendredi dernier, le chef traditionnel de Midjivin qui avait reçu mandat de garder l’argent qui aurait dû être versé aux ravisseurs serait harcelé. Il confie recevoir les menaces de quelques éléments de la compagnie de gendarmerie du Mayo Kani. Lesquels exigeraient la remise à leur service de l’argent qui était destiné au paiement de la rançon. Des réclamations qui n’ont pas altéré la sérénité du chef traditionnel, convaincu de ce que l’argent devrait être reversé à ceux qui avaient remis cet argent au capitaine Leinuy Tah Felix.
Un officier supérieur de la gendarmerie qui a suivi de très près ces transactions témoigne, " les titulaires des troupeaux dont les bergers ont été enlevés ont réuni la somme de trois millions de Fcfa sur les sept millions environ qui étaient exigés. Mais le commandant qui a pris cet argent, l’a remis au chef de canton de Midjivin. Le temps pour lui de se rendre sur le site retenu pour la remise de l’argent. "
Mais il semble, d’après quelques notables de Midjivin, qu’un maréchal de logis en service dans la brigade du coin multiplierait les descentes à la chefferie de Midjivin aux fins d’obtenir le versement de cette rançon aux services de la gendarmerie. Mais le chef de canton de Midjivin a refusé d’obtempérer. Prétextant le défaut de qualité du sous-officier en question.
Entre temps El Hadj Adamou, propriétaire de milliers de têtes de bœufs et dont les bergers avaient été enlevés, s’est pourvu devant le parquet du tribunal de grande instance de Kaélé. M. Aoudou, procureur de la République près les tribunaux de Kaélé, confie : " j’ai été saisi d’une demande de restitution de rançon par ceux qui sont présentés comme les parents des otages. J’ai dans ce sens servi une convocation au chef de canton de Midjivin. Il s’est présenté dans mes services ce matin (hier mardi) et l’argent a été restitué aux parents des bergers. Un procès verbal a d’ailleurs été établi à l’occasion. "
Cette restitution survient alors que le secrétaire d’Etat auprès du Ministre en charge de la défense chargé de la gendarmerie effectue une visite de travail dans la province de l’Extrême Nord. Jean Baptiste Bokam devrait assister à la cérémonie de levée du corps du capitaine Leineuy Tah Felix. En même temps que des réunions à huis clos sont prévues. Une réunion préparatoire a d’ailleurs cristallisé les attentions ce matin dans les services du gouverneur de l’Extrême Nord.


Elle s’est peut-être trompée de métier. Quand vous lui demandez quel souvenir son esprit a gardé présent tout au long de ses 20 années d’existence de l’association Main dans la Main dont elle fondatrice. Marie sixte Nomo Messina, sourit avant de dire " qu’il y’en a pas un en particulier. Mais quand je vois le chemin parcouru, ce que je voudrais qu’on retienne c’est la victoire de la solidarité ". A partir de là, elle communique à profusion sur son sujet et l’arrêter devient difficile puisque son aisance à parler la langue de Molière et le ton posé imposent le respect : " Partis de rien en 1988, les mains nues, avec la peur au ventre, de l’enthousiasme à revendre, sans naïveté nous avons cru qu’il y’avait quelque chose à faire pour les laissés pour compte, les marginalisés et les oubliés de la prospérité ". Marie Sixte Nomo Messina, refuse de parler d’appel du Seigneur pour une profession qu’elle n’a pas apprise et qui pourtant rythme sa vie depuis plus de 20 ans. Elle a finit par réciter à tout ceux qu’elle rencontre comme Mère Térésa, " Si vous entendez dire qu’une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayer de la convaincre de m’apporter cet enfant. Moi, je l’aimerai, voyant en lui le signe de l’amour de Dieu ".