Non classé

Bakassi : Les otages libérés et reçus par Paul Biya


Les gouvernements camerounais et français soutiennent qu’aucune rançon n’a été payée pour leur libération.
Léger Ntiga et Marion Obam


La nouvelle de la libération des otages de la société Total a été annoncée hier, mardi 11 novembre 2008 autour de 18h par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Mais de nombreux signes indiquaient, dans la capitale camerounaise, que les négociations tenues secrètes avaient abouti. L’un de ces signes aura été la convocation quasi militaire des principaux responsables des médias d’Etat, accompagnés de leurs reporters de circonstance, au palais de l’Unité en fin d’après midi, dans une méthode qui laissait penser à une allocution du chef de l’Etat. Sitôt arrivés sur place, ils auraient alors constaté que le dispositif était celui d’une réception à la faveur d’un événement important.

De fait, les dix otages dont six français, un franco-sénégalais, un tunisien et deux Camerounais ont tous été reçus par le chef de l’Etat, Paul Biya au cours la nuit d’hier.Au cours de l’allocution qu’il a prononcée, le chef de l’Etat a salué la confiance et le soutien des responsables des pays d’origine des autres otages, à savoir, la France, le Sénégal et la Tunisie. Paul Biya a par ailleurs indiqué que des mesures appropriées seraient prises pour renforcer la sécurité, avec le concours des pays qui partagent la fontière maritime commune avec le Cameroun. Probablement pas l’épilogue de cette prise d’otage dont le général Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du Delta du Niger (Csddn) indiquait dans l’édition de mardi 11 novembre du journal français Ouest-France que les otages pourraient "être libres ce soir". En fait, un chef de mission d’un pays occidental à Yaoundé, généralement bien informé, confiait à des hôtes au cours d’un dîner dimanche que les négociations avaient abouti et que les otages seraient probablement libérés dès lundi après midi, sans donner d’autres commentaires.

Bourbon
Cet épisode vient mettre un terme à douze jours de captivité, de négociations, d’appréhensions pour les gouvernements français et camerounais. Mais aussi des familles. "Je remercie le président Biya pour l’implication de son pays le Cameroun dans cet heureux dénouement. C’est un moment de grand soulagement pour tout le monde et surtout les familles dont on mesure aisément la dure épreuve", a indiqué devant les médias français hier soir, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, après avoir dit son soulagement, a précisé qu’aucune rançon n’avait été payée ni par l’Etat français, ni par les groupes pétrolier et maritime. "La France n’a rien payé pour cette libération", a martelé le chef de la diplomatie française.

Du côté des groupes Bourbon et Total, les responsables ne le soutiennent pas moins: "Nous n’avons rien payé. Il n’en a pas été question". Même son de cloche au Cameroun où une source gouvernementale reconnaît que le président de la République a dépêché en fin de semaine dernière, des émissaires à Bakassi pour négocier ce dénouement. "Il ne s’agissait pour autant pas d’aller payer quelque rançon". Difficile donc de savoir pour l’instant si les parties camerounaise et française ont déboursé de l’argent contre la libération des otages ou pas. Même si un membre des forces spécialisées camerounaises croit savoir que dans ce genre d’opération, "on paie toujours une contrepartie". Sur la nouvelle de l’attaque des armées camerounaise puis nigériane entretenue la semaine dernière les ravisseurs des Bakassi Freedom Fighters (Bff), Bourbon et Total affirment qu’il "s’agissait d’un montage visant à faire monter la pression sur les gouvernement français et camerounais."

Enlevés dans la nuit du 30 au 31 octobre 2008, au large Bakassi alors qu’ils se trouvaient sur à bord du Sagitta Bourbon, un bâtiment du groupe Bourbon affrété par le pétrolier Total, les dix captifs qui auraient séjourné depuis lors dans la mangrove parmi les rebelles Niger Delta Defense And Security Council (Nddsc), ont été déclarés en bonne santé. En dépit des menaces de mort proférées dès l’entame de la prise d’otage par le brigadier Akipeela, il ne leur arrivé aucun désagrément. "Ils n’ont souffert d’aucun mauvais traitement. Nous prenions soin d’eux, de leur enlèvement à la remise en liberté. C’est sans peur que nous disons qu’ils sont en bonne santé", a affirmé hier au téléphone, le général Basuo. En repartant du Palais de l’Unité hier soir, les otages notamment français devaient subir des tests médicaux avant leur sur Paris ce mercredi.
Une page de l’insécurité et de la piraterie maritime autour de la zone de Bakassi va momentanément être tournée, sans effusion de sang et sans drame. Mais sans avoir livré tous ses secrets. Et sans assurance qu’un tel scénario ne se reproduira pas dans les prochaines semaines dans cette zone qui, plus que jamais, sera celle de tous les dangers.

Les dix otages libérés
-Fabien Tallec, âgé de 50 ans et originaire de Concarneau,
-Julien Meheust, 25 ans et ressortissant de Pléneuf-Val-André,
-Pascal Le Costoec né à Moëlan-sur-Mer il y a 44 ans,
-Anthony Chorlay de Douarnenez né en 1984,
-Florentin Coulas, de nationalité française;
-Thomas Paos, de nationalité française,
-Sarr Ngagne, mécanicien franco-sénégalais,
-Yasin Tarcroum, élève de nationalité tunisienne,
-Faustin Boyomo, matelot de nationalité camerounaise
-Zéphirin B. Boloko, cuisinier de nationalité camerounaise

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Bakassi : Les otages libérés et reçus par Paul Biya


Les gouvernements camerounais et français soutiennent qu’aucune rançon n’a été payée pour leur libération.
Léger Ntiga et Marion Obam


La nouvelle de la libération des otages de la société Total a été annoncée hier, mardi 11 novembre 2008 autour de 18h par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Mais de nombreux signes indiquaient, dans la capitale camerounaise, que les négociations tenues secrètes avaient abouti. L’un de ces signes aura été la convocation quasi militaire des principaux responsables des médias d’Etat, accompagnés de leurs reporters de circonstance, au palais de l’Unité en fin d’après midi, dans une méthode qui laissait penser à une allocution du chef de l’Etat. Sitôt arrivés sur place, ils auraient alors constaté que le dispositif était celui d’une réception à la faveur d’un événement important.

De fait, les dix otages dont six français, un franco-sénégalais, un tunisien et deux Camerounais ont tous été reçus par le chef de l’Etat, Paul Biya au cours la nuit d’hier.Au cours de l’allocution qu’il a prononcée, le chef de l’Etat a salué la confiance et le soutien des responsables des pays d’origine des autres otages, à savoir, la France, le Sénégal et la Tunisie. Paul Biya a par ailleurs indiqué que des mesures appropriées seraient prises pour renforcer la sécurité, avec le concours des pays qui partagent la fontière maritime commune avec le Cameroun. Probablement pas l’épilogue de cette prise d’otage dont le général Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du Delta du Niger (Csddn) indiquait dans l’édition de mardi 11 novembre du journal français Ouest-France que les otages pourraient "être libres ce soir". En fait, un chef de mission d’un pays occidental à Yaoundé, généralement bien informé, confiait à des hôtes au cours d’un dîner dimanche que les négociations avaient abouti et que les otages seraient probablement libérés dès lundi après midi, sans donner d’autres commentaires.

Bourbon
Cet épisode vient mettre un terme à douze jours de captivité, de négociations, d’appréhensions pour les gouvernements français et camerounais. Mais aussi des familles. "Je remercie le président Biya pour l’implication de son pays le Cameroun dans cet heureux dénouement. C’est un moment de grand soulagement pour tout le monde et surtout les familles dont on mesure aisément la dure épreuve", a indiqué devant les médias français hier soir, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, après avoir dit son soulagement, a précisé qu’aucune rançon n’avait été payée ni par l’Etat français, ni par les groupes pétrolier et maritime. "La France n’a rien payé pour cette libération", a martelé le chef de la diplomatie française.

Du côté des groupes Bourbon et Total, les responsables ne le soutiennent pas moins: "Nous n’avons rien payé. Il n’en a pas été question". Même son de cloche au Cameroun où une source gouvernementale reconnaît que le président de la République a dépêché en fin de semaine dernière, des émissaires à Bakassi pour négocier ce dénouement. "Il ne s’agissait pour autant pas d’aller payer quelque rançon". Difficile donc de savoir pour l’instant si les parties camerounaise et française ont déboursé de l’argent contre la libération des otages ou pas. Même si un membre des forces spécialisées camerounaises croit savoir que dans ce genre d’opération, "on paie toujours une contrepartie". Sur la nouvelle de l’attaque des armées camerounaise puis nigériane entretenue la semaine dernière les ravisseurs des Bakassi Freedom Fighters (Bff), Bourbon et Total affirment qu’il "s’agissait d’un montage visant à faire monter la pression sur les gouvernement français et camerounais."

Enlevés dans la nuit du 30 au 31 octobre 2008, au large Bakassi alors qu’ils se trouvaient sur à bord du Sagitta Bourbon, un bâtiment du groupe Bourbon affrété par le pétrolier Total, les dix captifs qui auraient séjourné depuis lors dans la mangrove parmi les rebelles Niger Delta Defense And Security Council (Nddsc), ont été déclarés en bonne santé. En dépit des menaces de mort proférées dès l’entame de la prise d’otage par le brigadier Akipeela, il ne leur arrivé aucun désagrément. "Ils n’ont souffert d’aucun mauvais traitement. Nous prenions soin d’eux, de leur enlèvement à la remise en liberté. C’est sans peur que nous disons qu’ils sont en bonne santé", a affirmé hier au téléphone, le général Basuo. En repartant du Palais de l’Unité hier soir, les otages notamment français devaient subir des tests médicaux avant leur sur Paris ce mercredi.
Une page de l’insécurité et de la piraterie maritime autour de la zone de Bakassi va momentanément être tournée, sans effusion de sang et sans drame. Mais sans avoir livré tous ses secrets. Et sans assurance qu’un tel scénario ne se reproduira pas dans les prochaines semaines dans cette zone qui, plus que jamais, sera celle de tous les dangers.

Les dix otages libérés
-Fabien Tallec, âgé de 50 ans et originaire de Concarneau,
-Julien Meheust, 25 ans et ressortissant de Pléneuf-Val-André,
-Pascal Le Costoec né à Moëlan-sur-Mer il y a 44 ans,
-Anthony Chorlay de Douarnenez né en 1984,
-Florentin Coulas, de nationalité française;
-Thomas Paos, de nationalité française,
-Sarr Ngagne, mécanicien franco-sénégalais,
-Yasin Tarcroum, élève de nationalité tunisienne,
-Faustin Boyomo, matelot de nationalité camerounaise
-Zéphirin B. Boloko, cuisinier de nationalité camerounaise

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Bakassi : Les otages libérés et reçus par Paul Biya


Les gouvernements camerounais et français soutiennent qu’aucune rançon n’a été payée pour leur libération.
Léger Ntiga et Marion Obam


La nouvelle de la libération des otages de la société Total a été annoncée hier, mardi 11 novembre 2008 autour de 18h par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Mais de nombreux signes indiquaient, dans la capitale camerounaise, que les négociations tenues secrètes avaient abouti. L’un de ces signes aura été la convocation quasi militaire des principaux responsables des médias d’Etat, accompagnés de leurs reporters de circonstance, au palais de l’Unité en fin d’après midi, dans une méthode qui laissait penser à une allocution du chef de l’Etat. Sitôt arrivés sur place, ils auraient alors constaté que le dispositif était celui d’une réception à la faveur d’un événement important.

De fait, les dix otages dont six français, un franco-sénégalais, un tunisien et deux Camerounais ont tous été reçus par le chef de l’Etat, Paul Biya au cours la nuit d’hier.Au cours de l’allocution qu’il a prononcée, le chef de l’Etat a salué la confiance et le soutien des responsables des pays d’origine des autres otages, à savoir, la France, le Sénégal et la Tunisie. Paul Biya a par ailleurs indiqué que des mesures appropriées seraient prises pour renforcer la sécurité, avec le concours des pays qui partagent la fontière maritime commune avec le Cameroun. Probablement pas l’épilogue de cette prise d’otage dont le général Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du Delta du Niger (Csddn) indiquait dans l’édition de mardi 11 novembre du journal français Ouest-France que les otages pourraient "être libres ce soir". En fait, un chef de mission d’un pays occidental à Yaoundé, généralement bien informé, confiait à des hôtes au cours d’un dîner dimanche que les négociations avaient abouti et que les otages seraient probablement libérés dès lundi après midi, sans donner d’autres commentaires.

Bourbon
Cet épisode vient mettre un terme à douze jours de captivité, de négociations, d’appréhensions pour les gouvernements français et camerounais. Mais aussi des familles. "Je remercie le président Biya pour l’implication de son pays le Cameroun dans cet heureux dénouement. C’est un moment de grand soulagement pour tout le monde et surtout les familles dont on mesure aisément la dure épreuve", a indiqué devant les médias français hier soir, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, après avoir dit son soulagement, a précisé qu’aucune rançon n’avait été payée ni par l’Etat français, ni par les groupes pétrolier et maritime. "La France n’a rien payé pour cette libération", a martelé le chef de la diplomatie française.

Du côté des groupes Bourbon et Total, les responsables ne le soutiennent pas moins: "Nous n’avons rien payé. Il n’en a pas été question". Même son de cloche au Cameroun où une source gouvernementale reconnaît que le président de la République a dépêché en fin de semaine dernière, des émissaires à Bakassi pour négocier ce dénouement. "Il ne s’agissait pour autant pas d’aller payer quelque rançon". Difficile donc de savoir pour l’instant si les parties camerounaise et française ont déboursé de l’argent contre la libération des otages ou pas. Même si un membre des forces spécialisées camerounaises croit savoir que dans ce genre d’opération, "on paie toujours une contrepartie". Sur la nouvelle de l’attaque des armées camerounaise puis nigériane entretenue la semaine dernière les ravisseurs des Bakassi Freedom Fighters (Bff), Bourbon et Total affirment qu’il "s’agissait d’un montage visant à faire monter la pression sur les gouvernement français et camerounais."

Enlevés dans la nuit du 30 au 31 octobre 2008, au large Bakassi alors qu’ils se trouvaient sur à bord du Sagitta Bourbon, un bâtiment du groupe Bourbon affrété par le pétrolier Total, les dix captifs qui auraient séjourné depuis lors dans la mangrove parmi les rebelles Niger Delta Defense And Security Council (Nddsc), ont été déclarés en bonne santé. En dépit des menaces de mort proférées dès l’entame de la prise d’otage par le brigadier Akipeela, il ne leur arrivé aucun désagrément. "Ils n’ont souffert d’aucun mauvais traitement. Nous prenions soin d’eux, de leur enlèvement à la remise en liberté. C’est sans peur que nous disons qu’ils sont en bonne santé", a affirmé hier au téléphone, le général Basuo. En repartant du Palais de l’Unité hier soir, les otages notamment français devaient subir des tests médicaux avant leur sur Paris ce mercredi.
Une page de l’insécurité et de la piraterie maritime autour de la zone de Bakassi va momentanément être tournée, sans effusion de sang et sans drame. Mais sans avoir livré tous ses secrets. Et sans assurance qu’un tel scénario ne se reproduira pas dans les prochaines semaines dans cette zone qui, plus que jamais, sera celle de tous les dangers.

Les dix otages libérés
-Fabien Tallec, âgé de 50 ans et originaire de Concarneau,
-Julien Meheust, 25 ans et ressortissant de Pléneuf-Val-André,
-Pascal Le Costoec né à Moëlan-sur-Mer il y a 44 ans,
-Anthony Chorlay de Douarnenez né en 1984,
-Florentin Coulas, de nationalité française;
-Thomas Paos, de nationalité française,
-Sarr Ngagne, mécanicien franco-sénégalais,
-Yasin Tarcroum, élève de nationalité tunisienne,
-Faustin Boyomo, matelot de nationalité camerounaise
-Zéphirin B. Boloko, cuisinier de nationalité camerounaise

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Bakassi : Les otages libérés et reçus par Paul Biya


Les gouvernements camerounais et français soutiennent qu’aucune rançon n’a été payée pour leur libération.
Léger Ntiga et Marion Obam


La nouvelle de la libération des otages de la société Total a été annoncée hier, mardi 11 novembre 2008 autour de 18h par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Mais de nombreux signes indiquaient, dans la capitale camerounaise, que les négociations tenues secrètes avaient abouti. L’un de ces signes aura été la convocation quasi militaire des principaux responsables des médias d’Etat, accompagnés de leurs reporters de circonstance, au palais de l’Unité en fin d’après midi, dans une méthode qui laissait penser à une allocution du chef de l’Etat. Sitôt arrivés sur place, ils auraient alors constaté que le dispositif était celui d’une réception à la faveur d’un événement important.

De fait, les dix otages dont six français, un franco-sénégalais, un tunisien et deux Camerounais ont tous été reçus par le chef de l’Etat, Paul Biya au cours la nuit d’hier.Au cours de l’allocution qu’il a prononcée, le chef de l’Etat a salué la confiance et le soutien des responsables des pays d’origine des autres otages, à savoir, la France, le Sénégal et la Tunisie. Paul Biya a par ailleurs indiqué que des mesures appropriées seraient prises pour renforcer la sécurité, avec le concours des pays qui partagent la fontière maritime commune avec le Cameroun. Probablement pas l’épilogue de cette prise d’otage dont le général Basuo, chef du Conseil de sécurité et défense du Delta du Niger (Csddn) indiquait dans l’édition de mardi 11 novembre du journal français Ouest-France que les otages pourraient "être libres ce soir". En fait, un chef de mission d’un pays occidental à Yaoundé, généralement bien informé, confiait à des hôtes au cours d’un dîner dimanche que les négociations avaient abouti et que les otages seraient probablement libérés dès lundi après midi, sans donner d’autres commentaires.

Bourbon
Cet épisode vient mettre un terme à douze jours de captivité, de négociations, d’appréhensions pour les gouvernements français et camerounais. Mais aussi des familles. "Je remercie le président Biya pour l’implication de son pays le Cameroun dans cet heureux dénouement. C’est un moment de grand soulagement pour tout le monde et surtout les familles dont on mesure aisément la dure épreuve", a indiqué devant les médias français hier soir, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, après avoir dit son soulagement, a précisé qu’aucune rançon n’avait été payée ni par l’Etat français, ni par les groupes pétrolier et maritime. "La France n’a rien payé pour cette libération", a martelé le chef de la diplomatie française.

Du côté des groupes Bourbon et Total, les responsables ne le soutiennent pas moins: "Nous n’avons rien payé. Il n’en a pas été question". Même son de cloche au Cameroun où une source gouvernementale reconnaît que le président de la République a dépêché en fin de semaine dernière, des émissaires à Bakassi pour négocier ce dénouement. "Il ne s’agissait pour autant pas d’aller payer quelque rançon". Difficile donc de savoir pour l’instant si les parties camerounaise et française ont déboursé de l’argent contre la libération des otages ou pas. Même si un membre des forces spécialisées camerounaises croit savoir que dans ce genre d’opération, "on paie toujours une contrepartie". Sur la nouvelle de l’attaque des armées camerounaise puis nigériane entretenue la semaine dernière les ravisseurs des Bakassi Freedom Fighters (Bff), Bourbon et Total affirment qu’il "s’agissait d’un montage visant à faire monter la pression sur les gouvernement français et camerounais."

Enlevés dans la nuit du 30 au 31 octobre 2008, au large Bakassi alors qu’ils se trouvaient sur à bord du Sagitta Bourbon, un bâtiment du groupe Bourbon affrété par le pétrolier Total, les dix captifs qui auraient séjourné depuis lors dans la mangrove parmi les rebelles Niger Delta Defense And Security Council (Nddsc), ont été déclarés en bonne santé. En dépit des menaces de mort proférées dès l’entame de la prise d’otage par le brigadier Akipeela, il ne leur arrivé aucun désagrément. "Ils n’ont souffert d’aucun mauvais traitement. Nous prenions soin d’eux, de leur enlèvement à la remise en liberté. C’est sans peur que nous disons qu’ils sont en bonne santé", a affirmé hier au téléphone, le général Basuo. En repartant du Palais de l’Unité hier soir, les otages notamment français devaient subir des tests médicaux avant leur sur Paris ce mercredi.
Une page de l’insécurité et de la piraterie maritime autour de la zone de Bakassi va momentanément être tournée, sans effusion de sang et sans drame. Mais sans avoir livré tous ses secrets. Et sans assurance qu’un tel scénario ne se reproduira pas dans les prochaines semaines dans cette zone qui, plus que jamais, sera celle de tous les dangers.

Les dix otages libérés
-Fabien Tallec, âgé de 50 ans et originaire de Concarneau,
-Julien Meheust, 25 ans et ressortissant de Pléneuf-Val-André,
-Pascal Le Costoec né à Moëlan-sur-Mer il y a 44 ans,
-Anthony Chorlay de Douarnenez né en 1984,
-Florentin Coulas, de nationalité française;
-Thomas Paos, de nationalité française,
-Sarr Ngagne, mécanicien franco-sénégalais,
-Yasin Tarcroum, élève de nationalité tunisienne,
-Faustin Boyomo, matelot de nationalité camerounaise
-Zéphirin B. Boloko, cuisinier de nationalité camerounaise

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Audiovisuel : L’étranger s’étend quand les nationaux trinquent

Les relais Fm des chaînes étrangères se multiplient là où les initiatives locales ploient sous la charge des textes réglémentaires.
Parfait Tabapsi (Stagiaire) –




Le 18 avril dernier, la British broadcasting corporation (Bbc) étendait son réseau au Cameroun en procédant à l’ouverture du relais Fm de Garoua. Grâce à cette extension, Bbc diffusera désormais des programmes en anglais, en français et en haoussa, à destination de la province du Nord. Ce faisant, elle complétait un réseau qui comprenait déjà Yaoundé, Bamenda et Douala. Au passage, un accord était même finalisé avec la chaîne Rtm à Douala pour un relais ses programmes de la chaîne anglaise dans la capitale économique camerounaise.
Quelques semaines pourtant auparavant, dans une atmosphère pour le moins tendue suite à la couverture quasi en direct des manifestations liées à la modification constitutionnelle, le ministre de la Communication Jean-pierre Biyiti bi Essam ordonnait la fermeture de Radio Equinoxe et Equinoxe Television du groupe privé La nouvelle expression basé à Douala. C’était le 22 février. Six jours après, c’était au tour de Magic Fm, une chaîne privée émettant à Yaoundé, de connaître la même infortune. Depuis lors, ces stations privées n’émettent plus pendant que l’on susurre dans les milieux médiatiques que la chaîne française Rfi serait sur le point, elle aussi, d’ouvrir un relais à Garoua.

Du coup, l’on se demande le pourquoi de cette situation qui n’est pas sans effriter la liberté de communication en vigueur au Cameroun. Le décret d’avril 2000 qui " fixe les conditions et les modalités de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle " indique en son article 11 et à l’alinéa 2 que " Les opérateurs audiovisuels internationaux qui souhaitent commercialiser leurs produits au Cameroun, doivent passer un accord avec un opérateur local et disposer d’un compte abonné local.". Au ministère de la communication, l’on indique que " à l’heure actuelle, aucune radio étrangère émettant au Cameroun ne dispose de licence ; mais elles ont préféré, pour la majorité d’entre elles, de passer un accord avec la Cameroon Radio Television (Crtv) pour pouvoir émettre. Ce qui fait que pour nous, c’est la Crtv qui est l’opérateur connu ".

S’expliquant sur les fermetures, le ministre de la Com disait après coup que " Pour ce qui est de radio Equinoxe, elle se trouvait dans l’illégalité, puisqu’elle n’a pas encore obtenu l’autorisation de s’installer. Quant à Magic FM, cette radio n’a jamais rien payé. Cependant, elle a été fermée dans un contexte. Nous avions fait un certain nombre de recommandations, qui n’ont pas été respectées. Lorsqu’il y a une situation de turbulence, la presse n’a pas le droit de jeter de l’huile sur le feu. Je n’ai pas été écouté ". Dans le même temps, les diffuseurs privés ont l’œil fixé sur l’horizon du 1er juillet prochain. A cette date, ils se doivent d’être en règle si l’on s’en tient à la sortie du ministre en avril dernier. Ils doivent avoir en effet rempli le fameux cahier des charges qui leur impose de verser chacun 5.000.000 francs au trésor public en plus des 500.000 francs exigés dans la composition du dossier d’obtention de la licence. Sans oublier qu’il leur est demandé de mentionner les éventuelles sources de financement.

L’empreinte Vamoulké
Si l’article 12 du décret de 2000 fait état de ce que " toute convention signée avec des tiers, dans le cadre de la création et de l’exploitation des activités de communication audiovisuelle ", il demeure qu’aucun opérateur n’a souhaité dévoiler le contenu des contrats avec les chaînes étrangères.
A la Crtv, Grégoire Ndjaka de la cellule de la coopération avoue en effet que la Crtv est l’opérateur choisi par les radios Rfi, Bbc et Africa n°1 pour le Cameroun. Non sans préciser qu’il s’agit là de " relations très anciennes qui n’ont été véritablement réglementées que depuis l’arrivée d’Amadou Vamoulké à la tête de l’office ". Il a fallu donc retrouver les documents afin que l’office "puisse tirer le meilleur parti de ces partenariats.". Il explique aussi que ces " contrats n’ont pas de durée précise et se négocient en temps que de besoin ". Il relève au passage que ces contrats prévoient " outre la formation du personnel qui tient à cœur à notre directeur général, une contrepartie financière dont je ne peux révéler le montant et une contrepartie en matériel de production ".

Et de poursuivre qu’" il y a une clause importante qui fait que les diffuseurs sont responsables des messages diffusés. Ainsi, nous gardons le droit de ne pas diffuser des programmes qui vont à l’encontre de nos mœurs et de la déontologie ". Cela conformément aux articles 32 et 33 du décret de 2000. Il indique dans la foulée que " du fait de la hausse des prix du pétrole, il n’est pas exclu que nous envisagions très prochainement de revoir à la hausse la contrepartie financière dont je parlais tantôt. "
Pour ce qui est de La voix de l’Amérique, les responsables de Magic Fm, qui relaie ses programmes, n’ont pas jugé utile de répondre à nos préoccupations. Mais des sources indiquent que " c’est en gros le même type de partenariat qu’à la Crtv. A la différence que la chaîne de Mballa II dispose du réseau le plus structuré et le plus étendu au Cameroun, avec un personnel qualifié ce qui a une influence sur la contrepartie de Magic Fm " Si d’aventure les chaînes étrangères étaient tentées de s’établir au pays de Jean-pierre Biyiti, elles feraient bien de lire l’article 50 du décret de 2000 qui dit que " Les personnes physiques ou morales de nationalité étrangère ne peuvent détenir plus de quarante neuf pour cent (49 %) des actions dans le capital ou des droits de vote d’une entreprise privée de communication audiovisuelle ".

Zoom : Ce que dit la loi

Article 4 :
(1) La création et l’exploitation d’une entreprise privée de communication audiovisuelle consistent, en la mise en place par une personne physique ou morale, d’installations techniques de production, de transport ou de diffusion tels que définis à l’article 3 ci-dessus, en vue de la mise à la disposition du public, en clair ou crypté, des programmes de radiodiffusion sonore ou de télévision, à des fins commerciales ou non.
(2) Les activités des réseaux de radio télédistribution consistant principalement, en la captation des émissions produites hors du territoire camerounais et leur mise à la disposition du public par câbles, fibres optiques, faisceaux hertziens, satellite ou tout autre procédé technologique, constituent des activités de communication audiovisuelle.
Article 8 : Les activités de communication audiovisuelle telles que définies à l’article 3 ci-dessus, sont subordonnées à l’obtention d’une licence délivrée par arrêté du Ministre chargé de la communication, après avis motivé du Conseil National de la Communication.
Article 11 :
(2) Les opérateurs audiovisuels internationaux qui souhaitent commercialiser leurs produits au Cameroun, doivent passer un accord avec un opérateur local et disposer d’un compte abonné local. Leurs facturations se font en monnaie locale.
Article 21 : Les personnels de nationalité étrangère employés dans une entreprise privée de communication audiovisuelle ne peuvent dépasser cinq pour cent (5 %) des effectifs. Leur recrutement s’effectue conformément aux dispositions du code du travail et de ses textes d’application.
Article 50 :
(1) Les personnes physiques ou morales de nationalité étrangère ne peuvent détenir plus de quarante neuf pour cent (49 %) des actions dans le capital ou des droits de vote d’une entreprise privée de communication audiovisuelle.
(2) Les actions visées à l’alinéa (1) ci-dessus, doivent être nominatives.

Article 51 :
(1) Le Ministre chargé de la communication est compétent pour connaître des différends entre les entreprises de communication audiovisuelle.
Article 52 : En cas d’atteinte grave aux lois et règlements régissant le secteur de l’audiovisuel, le Ministre chargé de la communication peut, après avoir entendu les parties en cause, ordonner des mesures conservatoires en vue d’assurer l’ordre public et la protection des droits des autres opérateurs du secteur.
Extrait du décret d’avril 2000

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.