Kondengui : Malades, mais prisonniers quand même
Comme tous les autres détenus, ils se soignent comme ils peuvent à l’infirmerie.
Depuis plusieurs jours, André Booto à Ngon, 70 ans et ex-Pca du Crédit foncier du Cameroun, condamné à 40 ans de prison dans le cadre de l’opération Epervier, est interné à l’hôpital général de Yaoundé.
Avant cela, le 15 novembre dernier, Vinceslas Djomo Nomo, ex-agent comptable au Feicom détenu à Kondengui, est décédé des suites d’une infection pulmonaire qui, selon son avocat, avait été contracté en prison. Ils sont un certain nombre en effet, les personnes du troisième âge, détenues à la prison centrale et dont la santé n’est pas toujours florissante, exacerbée en cela par l’âge et les difficiles conditions de détention. On les compte aussi bien dans les rangs des Vip que des détenus ordinaires.
S’il est difficile d’avoir leur effectif exact sans recourir à une pile de gros registres, Francis Lebule Nkemanda, le régisseur de la prison centrale, estime cependant que les personnes âgées de 60 ans et plus représentent moins de 10 pour cent de la population carcérale du pénitencier, qui est d’environ 4 000 détenus. Leurs conditions de détention, de même que leur prise en charge médicale, ne sont pas différentes de ceux des autres détenus, avec lesquels ils partagent d’ailleurs les mêmes cellules et les mêmes services à l’infirmerie : "Ce sont des prisonniers comme les autres, on ne saurait dès lors leur réserver un traitement spécial ", affirme le régisseur.
Il explique qu’à son arrivée à la prison, chaque détenu est examiné par le médecin en chef de l’hôpital, le Dr Ndi. Cet examen permet à l’établissement pénitentiaire de connaître l’état de santé des détenus qu’il reçoit. Ainsi, il pourrait éventuellement décliner sa responsabilité en cas d’accusations injustifiées. Il permet aussi de détecter une maladie contagieuse et d’orienter le détenu qui en est porteur vers le quartier des malades, pour éviter des contagions.
A Kondengui, les maladies que l’on recense le plus chez les personnes âgées sont le diabète et la tension, d’après Francis Nkemanda. En cas de crise, l’équipe des 15 infirmiers de la prison prend le malade en charge. L’infirmerie ayant des moyens limités, si, au bout de quelques jours, il ne va pas mieux, le malade est transféré dans un hôpital public, choisi par l’infirmier en chef et non par le détenu. Si dans le principe c’est l’Etat qui doit prendre en charge les frais médicaux du détenu, il arrive très souvent que les familles soient mises à contribution.
Stéphanie Dongmo


Au détour de quelques phrases, l’affaire Samuel Eto’o semblait donc réglée en prime time, sur la chaîne de télévision nationale, la Crtv, après le Jt en français de 20h30. " J’ai eu la chance de discuter avec mon frère et ami [le journaliste Philippe Boney] et nous avons pu partager [au sujet du différend qui les oppose]… On s’est rencontré chez un grand frère…" " Au nom de mes coéquipiers, je présente mes excuses." Le ton était doux, le verbe légèrement hésitant, comme s’il cherchait ses mots et la star mondiale du football l’a dit. Même si Philippe Boney regrette que son agresseur, vendredi dernier à l’hôtel Hilton de Yaoundé, ait offert de supporter la facture des frais médicaux occasionnés par l’algarade qui défraye la chronique depuis une semaine.