Socadap : la tête du Pca mise à prix
Les revendications se multiplient au sein de cette société de gestion collective des droits des plasticiens et graphistes. –
Un groupe d’artistes se présentant comme membres de la Société civile de gestion collective des droits d’auteurs plastiques et graphiques (Socadap) ont pris d’assaut le 13 septembre dernier, le siège de ladite société au quartier Bastos. Dans leur action, caractérisée par la violence, les manifestants reprochent à l’équipe actuellement en place à la Socadap une gestion coupable de leur société et une violation des statuts. Ondigui Onana Théodore (dit Othéo), le président du Conseil d’administration de la Socadap, alors à l’étranger au moment de la manifestation, a été traité de tous les noms d’oiseaux. Plus grave, il a été accusé de détournement de fonds et de confiscation de la gestion de la société. “Othéo ne veux pas travailler pour la nomination d’un directeur général. Il veut tout pour lui et rien pour les autres. Nous avons donc décidé de sceller la société, car le Pca et son clan sont dans l’illégalité. Leur mandat est terminé depuis belle lurette ”, fulminait un peintre parmi les manifestants. Les employés ont ainsi été interdits d’accès au siège pendant toute la journée, jusqu’au moment où ne voyant personne venir à eux, ils ont décidés de libérer les bureaux.
Voix discordantes
Dans l’entourage du Pca de la Socadap, on a vite fait de minimiser cette crise. “ Ces artistes qui manifestent ainsi bruyamment sont en fait manipulés. D’abord il faut dire que ce sont tous des artisans qui n’ont pas toujours enregistré leurs œuvres à la Socadap. Au lieu de commencer par là ils viennent fermer les bureaux de la Société. Ce n’est pas la bonne procédure ”, explique Monsieur Sassoe Ndjock, l’un des responsables de la Socadap.
Le Pca de retour au pays accuse Etolo Eya’a Emmanuel, plasticien et artisan. Ce dernier lui vouerait une animosité morbide. “ Ce Monsieur me déteste parce que j’ai découvert qu’il est un pirate. Il travaille sur l’Obom, une technique des arts plastiques que je maîtrise bien. Mais j’ai constaté que la plupart de ses œuvres, et c’est aussi l’avis de la commission d’identification de la Socadap, sont des copies piratées des œuvres du regretté Père Engelbert Mveng. Je l’ai fait observé et depuis monsieur Etolo Eya’a a décidé de me nuire. ” A défaut de pouvoir rencontrer Etolo Eya’a Emmanuel qui, au moment nous mettions sous presse, était injoignable dans son atelier du quartier Bastos à Yaoundé, un de ses proches, (lui aussi plasticien) qui nous a entretenu sous anonymat en rejetant rejeté les propos du Pca de la Socadap. “On parle ici de gestion de la Socadap. Il est reproché à Othéo, le Pca de confisquer la société. Le mandat de Othéo et son conseil sont terminés depuis longtemps. Depuis, il refuse de convoquer une assemblée générale. Voilà la réalité. Et cela depuis longtemps. C’est parce que nous sommes excédés que nous sommes allés manifester et fermer les portes du siège. Au lieu de nous répondre clairement il parle plutôt de problèmes personnels que monsieur Etolo aurait avec lui.
A la question de savoir si ceux qui manifestent aujourd’hui contre Othéo ont les preuves des détournements, la plupart des manifestants que ne parlent que d’un “ départ sans conditions de l’actuel Pca et de son conseil ”. Une attitude que Othéo assimile alors à “ une tentative de coup d’Etat ”.
Jusque-là, le ministère de la Culture qui assure la tutelle des sociétés de gestion collective du droit d’auteur au Cameroun n’a pas encore pris position. Joint au téléphone, Magloire Ondoa, le président de la Commission permanente de médiation et de contrôle des sociétés de gestion collective du droit d’auteur et des droits voisins du droit d’auteurs affirme que les manifestants ont en partie raison de revendiquer l’Assemblée générale. Mais, il trouve non fondé leur revendication : “ c’est lorsqu’il demande qu’on ne paye plus les droits d’auteurs aux artistes membres de la Socadap, parce qu’il tenir une assemblée générale. Je dis donc non. Il faut payer les droits d’auteurs et chercher après l’argent pour l’Assemblée générale ”.

