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L’Ens de Maroua vide les établissements scolaires


Beaucoup de lycées et collèges de l’Extrême-Nord en panne d’enseignants.

Vers un deuxième trimestre difficile

Les résultats de la sélection d’entrée à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Maroua posent un problème plutôt inattendu. Celui du départ massif d’enseignants vacataires des établissements primaires et secondaires vers cette nouvelle destination. Le vide laissé par ces enseignants est important car c’est presque la moitié du corps enseignant de chaque établissement de la région qui est sur le départ. Au moment où ces écoles entament le deuxième trimestre, période charnière de l’année scolaire, certains établissements, surtout celles des zones rurales doivent se séparer d’une bonne partie du corps enseignant, difficilement remplaçable.
Les écoles privées confessionnelles et les établissements dits de brousse, principaux viviers d’enseignants vacataires sont ceux qui paient le lourd tribut de ces «défections massives» des «distilleurs de connaissance». «Nous sommes en tout 36 enseignants au collège mais une vingtaine d’entre nous sont admis à l’Ens. Je pense que les programmes ne pourront pas nous permettre de donner des coups de main à nos anciens employeurs», reconnaît un enseignant de mathématique au collège privé islamique Soddi Djaouro de Maroua. Parmi ceux qui sont sur le départ, figure le principal du collège en question.
Au collège privé catholique Jacques de Bernon de Maroua, établissement secondaire général à cycle complet, le départ de nouveaux étudiants de l’Ens se fait aussi ressentir, ce d’autant que ceux qui partent figurent parmi la crème des enseignants dont cet établissement dispose. Sur la trentaine d’enseignants, une dizaine devra plier bagage pour leur nouvelle destination.
Les plaintes fusent de partout dans les coins et recoins de la région. «On ne se plaint pas en tant que tel de nos petits frères qui sont admis à l’Ecole normale supérieure. C’est ce que nous appelions de tous nos vœux. Mais on fait part de la situation dans laquelle les élèves abandonnés à eux même vont finir l’année, surtout ceux des classes d’examen», commente un chef d’établissement à Mokolo qui déplore le départ de 6 enseignants de son établissement qui en comte 8. Parmi les deux qui restent, il n’y a que lui qui est fonctionnaire.
Dans le Mayo-Danay, le délégué départemental des Enseignements secondaires ne sait plus où donner de la tête pour combler le gap des 80 enseignants du ressort de son commandement ayant été admis à l’Ens. Jean Makassia, au sortir d’une récente réunion de concertation avec ses collaborateurs dit être à la recherche de solutions pour, ne serait-ce que clôturer l’année.

Ex-ivac, élève à l’Ens de Maroua

Dans le Mayo-Tsanaga où il y a un nombre assez important d’établissements scolaires et donc d’enseignants vacataires, le problème paraît plus complexe. Le délégué départemental des Enseignements secondaires Mahamat Ahmat reconnaît que «le phénomène est loin de nous épargner. Nous ressentons aussi ces départs d’enseignants vacataires». En commençant par le lycée de Mokolo où l’on dénombre un nombre assez important de cette catégorie d’enseignants. Les chefs d’établissements peaufinent aussi les stratégies pour pouvoir alléger les souffrances des élèves qui se voient orphelins de quelque 150 enseignants. Un peu partout dans chaque département, on estime en moyenne entre 70 et 130 les enseignants vacataires qui prennent le chemin de la nouvelle institution universitaire. Le déficit total s’élève donc à quelque 420 enseignants.
Le phénomène se décline désormais comme une épidémie et au fur et à mesure que l’on avance vers la date de la rentrée du 15 janvier prochain, il se fait de plus en plus ressentir. Il n’est pas jusqu’aux enseignants du primaire intégrés à la Fonction publique qui ne soient attirés par le virus de l’Ecole normale supérieure. Albert Djacba, instituteur intégré il y a trois ans a aussi été retenu à l’Ens de Maroua en filière Science de l’éducation. Avec lui, beaucoup d’autres enseignants du primaire ont été intégrés. Ce qui étend le départ d’enseignants jusqu’aux établissements primaires.

Modification des emplois du temps

Les responsables du système éducatif ne sont pas restés les bras croisés face à cet «exode universitaire». Dans presque tous les établissements, l’heure est à la révision et au rajustement des emplois de temps pour que les professeurs en place puissent parer au plus pressé. «J’ai donné des instructions à mes collaborateurs pour parer à toute éventualité. Evidemment, la première solution envisagée reste la modification des emplois du temps pour permettre aux élèves de boucler les programmes. Je pense que c’est temporel et chaque année, de nouveaux enseignants formés nous sont envoyés par le ministre ainsi que ceux qui y seront affectés ou recrutés», rasure Abakaka Moussa, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Les responsables en charge de l’éducation semblent donc minimiser la perturbation des cours qui résulte du départ des vacataires. Bien plus, ils détiennent la formule nécessaire leur permettant de couvrir efficacement les programmes scolaires. «Suites aux instructions de la hiérarchie, nous avons pris des dispositions pour modifier les emplois du temps et permettre ne serait-ce qu’aux élèves des classes d’examen de boucler les programmes. Je crois que l’année prochaine, d’autres nouveaux diplômés de l’Enseignement supérieur frapperont à notre porte, surtout dans la perspective d’un autre concours de l’Ecole normale supérieure de Maroua», appuie Jean Makassia, le délégué des Enseignements secondaires du Mayo-Danay.
Si le problème reste entier pour les établissements des autres départements et des zones reculées, pour ceux du périmètre urbain de la ville de Maroua, il ne devrait pas tout de même se poser avec acuité. En raison de ce que les étudiants de l’Ens pourront y dispenser les cours pendant les heures de trêve et les jours de repos. Bien plus, la main d’œuvre sera encore plus bon marché. Une élite de Maroua reconnaît que «on ne va pas quand même faire cours à l’Ens à chaque heure comme au lycée. Forcément, les élèves auront le temps de donner quelques heures de cours dans les établissements scolaires, ce d’autant que les sites retenus pour abriter les salles de cours se retrouvent au centre urbain de Maroua». Pour lui, le problème est relatif. Parce qu’on ne peut réclamer tambour battant la création d’une université à Maroua et déplorer l’effet immédiat causé par le départ massif des enseignants vacataires des établissements scolaires. Bien plus, ils n’auront que deux à trois ans à passer à l’Ens pour que le problème soit définitivement résolu.  

Par Jacques KALDAOUSSA

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L’Ens de Maroua vide les établissements scolaires


Beaucoup de lycées et collèges de l’Extrême-Nord en panne d’enseignants.

Vers un deuxième trimestre difficile

Les résultats de la sélection d’entrée à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Maroua posent un problème plutôt inattendu. Celui du départ massif d’enseignants vacataires des établissements primaires et secondaires vers cette nouvelle destination. Le vide laissé par ces enseignants est important car c’est presque la moitié du corps enseignant de chaque établissement de la région qui est sur le départ. Au moment où ces écoles entament le deuxième trimestre, période charnière de l’année scolaire, certains établissements, surtout celles des zones rurales doivent se séparer d’une bonne partie du corps enseignant, difficilement remplaçable.
Les écoles privées confessionnelles et les établissements dits de brousse, principaux viviers d’enseignants vacataires sont ceux qui paient le lourd tribut de ces «défections massives» des «distilleurs de connaissance». «Nous sommes en tout 36 enseignants au collège mais une vingtaine d’entre nous sont admis à l’Ens. Je pense que les programmes ne pourront pas nous permettre de donner des coups de main à nos anciens employeurs», reconnaît un enseignant de mathématique au collège privé islamique Soddi Djaouro de Maroua. Parmi ceux qui sont sur le départ, figure le principal du collège en question.
Au collège privé catholique Jacques de Bernon de Maroua, établissement secondaire général à cycle complet, le départ de nouveaux étudiants de l’Ens se fait aussi ressentir, ce d’autant que ceux qui partent figurent parmi la crème des enseignants dont cet établissement dispose. Sur la trentaine d’enseignants, une dizaine devra plier bagage pour leur nouvelle destination.
Les plaintes fusent de partout dans les coins et recoins de la région. «On ne se plaint pas en tant que tel de nos petits frères qui sont admis à l’Ecole normale supérieure. C’est ce que nous appelions de tous nos vœux. Mais on fait part de la situation dans laquelle les élèves abandonnés à eux même vont finir l’année, surtout ceux des classes d’examen», commente un chef d’établissement à Mokolo qui déplore le départ de 6 enseignants de son établissement qui en comte 8. Parmi les deux qui restent, il n’y a que lui qui est fonctionnaire.
Dans le Mayo-Danay, le délégué départemental des Enseignements secondaires ne sait plus où donner de la tête pour combler le gap des 80 enseignants du ressort de son commandement ayant été admis à l’Ens. Jean Makassia, au sortir d’une récente réunion de concertation avec ses collaborateurs dit être à la recherche de solutions pour, ne serait-ce que clôturer l’année.

Ex-ivac, élève à l’Ens de Maroua

Dans le Mayo-Tsanaga où il y a un nombre assez important d’établissements scolaires et donc d’enseignants vacataires, le problème paraît plus complexe. Le délégué départemental des Enseignements secondaires Mahamat Ahmat reconnaît que «le phénomène est loin de nous épargner. Nous ressentons aussi ces départs d’enseignants vacataires». En commençant par le lycée de Mokolo où l’on dénombre un nombre assez important de cette catégorie d’enseignants. Les chefs d’établissements peaufinent aussi les stratégies pour pouvoir alléger les souffrances des élèves qui se voient orphelins de quelque 150 enseignants. Un peu partout dans chaque département, on estime en moyenne entre 70 et 130 les enseignants vacataires qui prennent le chemin de la nouvelle institution universitaire. Le déficit total s’élève donc à quelque 420 enseignants.
Le phénomène se décline désormais comme une épidémie et au fur et à mesure que l’on avance vers la date de la rentrée du 15 janvier prochain, il se fait de plus en plus ressentir. Il n’est pas jusqu’aux enseignants du primaire intégrés à la Fonction publique qui ne soient attirés par le virus de l’Ecole normale supérieure. Albert Djacba, instituteur intégré il y a trois ans a aussi été retenu à l’Ens de Maroua en filière Science de l’éducation. Avec lui, beaucoup d’autres enseignants du primaire ont été intégrés. Ce qui étend le départ d’enseignants jusqu’aux établissements primaires.

Modification des emplois du temps

Les responsables du système éducatif ne sont pas restés les bras croisés face à cet «exode universitaire». Dans presque tous les établissements, l’heure est à la révision et au rajustement des emplois de temps pour que les professeurs en place puissent parer au plus pressé. «J’ai donné des instructions à mes collaborateurs pour parer à toute éventualité. Evidemment, la première solution envisagée reste la modification des emplois du temps pour permettre aux élèves de boucler les programmes. Je pense que c’est temporel et chaque année, de nouveaux enseignants formés nous sont envoyés par le ministre ainsi que ceux qui y seront affectés ou recrutés», rasure Abakaka Moussa, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Les responsables en charge de l’éducation semblent donc minimiser la perturbation des cours qui résulte du départ des vacataires. Bien plus, ils détiennent la formule nécessaire leur permettant de couvrir efficacement les programmes scolaires. «Suites aux instructions de la hiérarchie, nous avons pris des dispositions pour modifier les emplois du temps et permettre ne serait-ce qu’aux élèves des classes d’examen de boucler les programmes. Je crois que l’année prochaine, d’autres nouveaux diplômés de l’Enseignement supérieur frapperont à notre porte, surtout dans la perspective d’un autre concours de l’Ecole normale supérieure de Maroua», appuie Jean Makassia, le délégué des Enseignements secondaires du Mayo-Danay.
Si le problème reste entier pour les établissements des autres départements et des zones reculées, pour ceux du périmètre urbain de la ville de Maroua, il ne devrait pas tout de même se poser avec acuité. En raison de ce que les étudiants de l’Ens pourront y dispenser les cours pendant les heures de trêve et les jours de repos. Bien plus, la main d’œuvre sera encore plus bon marché. Une élite de Maroua reconnaît que «on ne va pas quand même faire cours à l’Ens à chaque heure comme au lycée. Forcément, les élèves auront le temps de donner quelques heures de cours dans les établissements scolaires, ce d’autant que les sites retenus pour abriter les salles de cours se retrouvent au centre urbain de Maroua». Pour lui, le problème est relatif. Parce qu’on ne peut réclamer tambour battant la création d’une université à Maroua et déplorer l’effet immédiat causé par le départ massif des enseignants vacataires des établissements scolaires. Bien plus, ils n’auront que deux à trois ans à passer à l’Ens pour que le problème soit définitivement résolu.  

Par Jacques KALDAOUSSA

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Beaucoup de lycées et collèges de l’Extrême-Nord en panne d’enseignants.

Vers un deuxième trimestre difficile

Les résultats de la sélection d’entrée à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Maroua posent un problème plutôt inattendu. Celui du départ massif d’enseignants vacataires des établissements primaires et secondaires vers cette nouvelle destination. Le vide laissé par ces enseignants est important car c’est presque la moitié du corps enseignant de chaque établissement de la région qui est sur le départ. Au moment où ces écoles entament le deuxième trimestre, période charnière de l’année scolaire, certains établissements, surtout celles des zones rurales doivent se séparer d’une bonne partie du corps enseignant, difficilement remplaçable.
Les écoles privées confessionnelles et les établissements dits de brousse, principaux viviers d’enseignants vacataires sont ceux qui paient le lourd tribut de ces «défections massives» des «distilleurs de connaissance». «Nous sommes en tout 36 enseignants au collège mais une vingtaine d’entre nous sont admis à l’Ens. Je pense que les programmes ne pourront pas nous permettre de donner des coups de main à nos anciens employeurs», reconnaît un enseignant de mathématique au collège privé islamique Soddi Djaouro de Maroua. Parmi ceux qui sont sur le départ, figure le principal du collège en question.
Au collège privé catholique Jacques de Bernon de Maroua, établissement secondaire général à cycle complet, le départ de nouveaux étudiants de l’Ens se fait aussi ressentir, ce d’autant que ceux qui partent figurent parmi la crème des enseignants dont cet établissement dispose. Sur la trentaine d’enseignants, une dizaine devra plier bagage pour leur nouvelle destination.
Les plaintes fusent de partout dans les coins et recoins de la région. «On ne se plaint pas en tant que tel de nos petits frères qui sont admis à l’Ecole normale supérieure. C’est ce que nous appelions de tous nos vœux. Mais on fait part de la situation dans laquelle les élèves abandonnés à eux même vont finir l’année, surtout ceux des classes d’examen», commente un chef d’établissement à Mokolo qui déplore le départ de 6 enseignants de son établissement qui en comte 8. Parmi les deux qui restent, il n’y a que lui qui est fonctionnaire.
Dans le Mayo-Danay, le délégué départemental des Enseignements secondaires ne sait plus où donner de la tête pour combler le gap des 80 enseignants du ressort de son commandement ayant été admis à l’Ens. Jean Makassia, au sortir d’une récente réunion de concertation avec ses collaborateurs dit être à la recherche de solutions pour, ne serait-ce que clôturer l’année.

Ex-ivac, élève à l’Ens de Maroua

Dans le Mayo-Tsanaga où il y a un nombre assez important d’établissements scolaires et donc d’enseignants vacataires, le problème paraît plus complexe. Le délégué départemental des Enseignements secondaires Mahamat Ahmat reconnaît que «le phénomène est loin de nous épargner. Nous ressentons aussi ces départs d’enseignants vacataires». En commençant par le lycée de Mokolo où l’on dénombre un nombre assez important de cette catégorie d’enseignants. Les chefs d’établissements peaufinent aussi les stratégies pour pouvoir alléger les souffrances des élèves qui se voient orphelins de quelque 150 enseignants. Un peu partout dans chaque département, on estime en moyenne entre 70 et 130 les enseignants vacataires qui prennent le chemin de la nouvelle institution universitaire. Le déficit total s’élève donc à quelque 420 enseignants.
Le phénomène se décline désormais comme une épidémie et au fur et à mesure que l’on avance vers la date de la rentrée du 15 janvier prochain, il se fait de plus en plus ressentir. Il n’est pas jusqu’aux enseignants du primaire intégrés à la Fonction publique qui ne soient attirés par le virus de l’Ecole normale supérieure. Albert Djacba, instituteur intégré il y a trois ans a aussi été retenu à l’Ens de Maroua en filière Science de l’éducation. Avec lui, beaucoup d’autres enseignants du primaire ont été intégrés. Ce qui étend le départ d’enseignants jusqu’aux établissements primaires.

Modification des emplois du temps

Les responsables du système éducatif ne sont pas restés les bras croisés face à cet «exode universitaire». Dans presque tous les établissements, l’heure est à la révision et au rajustement des emplois de temps pour que les professeurs en place puissent parer au plus pressé. «J’ai donné des instructions à mes collaborateurs pour parer à toute éventualité. Evidemment, la première solution envisagée reste la modification des emplois du temps pour permettre aux élèves de boucler les programmes. Je pense que c’est temporel et chaque année, de nouveaux enseignants formés nous sont envoyés par le ministre ainsi que ceux qui y seront affectés ou recrutés», rasure Abakaka Moussa, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Les responsables en charge de l’éducation semblent donc minimiser la perturbation des cours qui résulte du départ des vacataires. Bien plus, ils détiennent la formule nécessaire leur permettant de couvrir efficacement les programmes scolaires. «Suites aux instructions de la hiérarchie, nous avons pris des dispositions pour modifier les emplois du temps et permettre ne serait-ce qu’aux élèves des classes d’examen de boucler les programmes. Je crois que l’année prochaine, d’autres nouveaux diplômés de l’Enseignement supérieur frapperont à notre porte, surtout dans la perspective d’un autre concours de l’Ecole normale supérieure de Maroua», appuie Jean Makassia, le délégué des Enseignements secondaires du Mayo-Danay.
Si le problème reste entier pour les établissements des autres départements et des zones reculées, pour ceux du périmètre urbain de la ville de Maroua, il ne devrait pas tout de même se poser avec acuité. En raison de ce que les étudiants de l’Ens pourront y dispenser les cours pendant les heures de trêve et les jours de repos. Bien plus, la main d’œuvre sera encore plus bon marché. Une élite de Maroua reconnaît que «on ne va pas quand même faire cours à l’Ens à chaque heure comme au lycée. Forcément, les élèves auront le temps de donner quelques heures de cours dans les établissements scolaires, ce d’autant que les sites retenus pour abriter les salles de cours se retrouvent au centre urbain de Maroua». Pour lui, le problème est relatif. Parce qu’on ne peut réclamer tambour battant la création d’une université à Maroua et déplorer l’effet immédiat causé par le départ massif des enseignants vacataires des établissements scolaires. Bien plus, ils n’auront que deux à trois ans à passer à l’Ens pour que le problème soit définitivement résolu.  

Par Jacques KALDAOUSSA

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Beaucoup de lycées et collèges de l’Extrême-Nord en panne d’enseignants.

Vers un deuxième trimestre difficile

Les résultats de la sélection d’entrée à l’Ecole normale supérieure (Ens) de Maroua posent un problème plutôt inattendu. Celui du départ massif d’enseignants vacataires des établissements primaires et secondaires vers cette nouvelle destination. Le vide laissé par ces enseignants est important car c’est presque la moitié du corps enseignant de chaque établissement de la région qui est sur le départ. Au moment où ces écoles entament le deuxième trimestre, période charnière de l’année scolaire, certains établissements, surtout celles des zones rurales doivent se séparer d’une bonne partie du corps enseignant, difficilement remplaçable.
Les écoles privées confessionnelles et les établissements dits de brousse, principaux viviers d’enseignants vacataires sont ceux qui paient le lourd tribut de ces «défections massives» des «distilleurs de connaissance». «Nous sommes en tout 36 enseignants au collège mais une vingtaine d’entre nous sont admis à l’Ens. Je pense que les programmes ne pourront pas nous permettre de donner des coups de main à nos anciens employeurs», reconnaît un enseignant de mathématique au collège privé islamique Soddi Djaouro de Maroua. Parmi ceux qui sont sur le départ, figure le principal du collège en question.
Au collège privé catholique Jacques de Bernon de Maroua, établissement secondaire général à cycle complet, le départ de nouveaux étudiants de l’Ens se fait aussi ressentir, ce d’autant que ceux qui partent figurent parmi la crème des enseignants dont cet établissement dispose. Sur la trentaine d’enseignants, une dizaine devra plier bagage pour leur nouvelle destination.
Les plaintes fusent de partout dans les coins et recoins de la région. «On ne se plaint pas en tant que tel de nos petits frères qui sont admis à l’Ecole normale supérieure. C’est ce que nous appelions de tous nos vœux. Mais on fait part de la situation dans laquelle les élèves abandonnés à eux même vont finir l’année, surtout ceux des classes d’examen», commente un chef d’établissement à Mokolo qui déplore le départ de 6 enseignants de son établissement qui en comte 8. Parmi les deux qui restent, il n’y a que lui qui est fonctionnaire.
Dans le Mayo-Danay, le délégué départemental des Enseignements secondaires ne sait plus où donner de la tête pour combler le gap des 80 enseignants du ressort de son commandement ayant été admis à l’Ens. Jean Makassia, au sortir d’une récente réunion de concertation avec ses collaborateurs dit être à la recherche de solutions pour, ne serait-ce que clôturer l’année.

Ex-ivac, élève à l’Ens de Maroua

Dans le Mayo-Tsanaga où il y a un nombre assez important d’établissements scolaires et donc d’enseignants vacataires, le problème paraît plus complexe. Le délégué départemental des Enseignements secondaires Mahamat Ahmat reconnaît que «le phénomène est loin de nous épargner. Nous ressentons aussi ces départs d’enseignants vacataires». En commençant par le lycée de Mokolo où l’on dénombre un nombre assez important de cette catégorie d’enseignants. Les chefs d’établissements peaufinent aussi les stratégies pour pouvoir alléger les souffrances des élèves qui se voient orphelins de quelque 150 enseignants. Un peu partout dans chaque département, on estime en moyenne entre 70 et 130 les enseignants vacataires qui prennent le chemin de la nouvelle institution universitaire. Le déficit total s’élève donc à quelque 420 enseignants.
Le phénomène se décline désormais comme une épidémie et au fur et à mesure que l’on avance vers la date de la rentrée du 15 janvier prochain, il se fait de plus en plus ressentir. Il n’est pas jusqu’aux enseignants du primaire intégrés à la Fonction publique qui ne soient attirés par le virus de l’Ecole normale supérieure. Albert Djacba, instituteur intégré il y a trois ans a aussi été retenu à l’Ens de Maroua en filière Science de l’éducation. Avec lui, beaucoup d’autres enseignants du primaire ont été intégrés. Ce qui étend le départ d’enseignants jusqu’aux établissements primaires.

Modification des emplois du temps

Les responsables du système éducatif ne sont pas restés les bras croisés face à cet «exode universitaire». Dans presque tous les établissements, l’heure est à la révision et au rajustement des emplois de temps pour que les professeurs en place puissent parer au plus pressé. «J’ai donné des instructions à mes collaborateurs pour parer à toute éventualité. Evidemment, la première solution envisagée reste la modification des emplois du temps pour permettre aux élèves de boucler les programmes. Je pense que c’est temporel et chaque année, de nouveaux enseignants formés nous sont envoyés par le ministre ainsi que ceux qui y seront affectés ou recrutés», rasure Abakaka Moussa, le délégué régional des Enseignements secondaires de l’Extrême-Nord. Les responsables en charge de l’éducation semblent donc minimiser la perturbation des cours qui résulte du départ des vacataires. Bien plus, ils détiennent la formule nécessaire leur permettant de couvrir efficacement les programmes scolaires. «Suites aux instructions de la hiérarchie, nous avons pris des dispositions pour modifier les emplois du temps et permettre ne serait-ce qu’aux élèves des classes d’examen de boucler les programmes. Je crois que l’année prochaine, d’autres nouveaux diplômés de l’Enseignement supérieur frapperont à notre porte, surtout dans la perspective d’un autre concours de l’Ecole normale supérieure de Maroua», appuie Jean Makassia, le délégué des Enseignements secondaires du Mayo-Danay.
Si le problème reste entier pour les établissements des autres départements et des zones reculées, pour ceux du périmètre urbain de la ville de Maroua, il ne devrait pas tout de même se poser avec acuité. En raison de ce que les étudiants de l’Ens pourront y dispenser les cours pendant les heures de trêve et les jours de repos. Bien plus, la main d’œuvre sera encore plus bon marché. Une élite de Maroua reconnaît que «on ne va pas quand même faire cours à l’Ens à chaque heure comme au lycée. Forcément, les élèves auront le temps de donner quelques heures de cours dans les établissements scolaires, ce d’autant que les sites retenus pour abriter les salles de cours se retrouvent au centre urbain de Maroua». Pour lui, le problème est relatif. Parce qu’on ne peut réclamer tambour battant la création d’une université à Maroua et déplorer l’effet immédiat causé par le départ massif des enseignants vacataires des établissements scolaires. Bien plus, ils n’auront que deux à trois ans à passer à l’Ens pour que le problème soit définitivement résolu.  

Par Jacques KALDAOUSSA

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Paul Ndoumbè Etia : Rameur à contre courant

Sa vitesse de course sur l’eau, lui a valu sa qualification pour les jeux olympiques de Beijing.
Angui Mangan –




Il y a trois ans, précisément en 2005, l’international camerounais, faisait ses premiers pas dans les (avirons). Sous la coordination de Paul Longo Sosso, président de la Fédération camerounaise des sports nautiques, Paul Ndoumbè Etia a participé à plusieurs stages de perfectionnement animés, pour la plupart, par Michel Doutre, l’expert de la Fédération internationale des sociétés d’avirons (Fisa).
Né le 20 avril 1984 à Douala, sa taille de 1,82m et son poids de 84kg semblent lui donner suffisamment d’arguments pour parfaire ses multiples résultats. Classé dans la catégorie des poids lourds en skiff, sa puissance sur l’eau, tel un serpent de mer, suscite beaucoup d’admiration de la part de ses dirigeants et du public. Lequel soutient s’est matérialisé par la création d’un fan club "Ndoumbè Etia ".

En participant aux championnats nationaux, il a déjà réussi à inscrire son nom dans les annales des sports nautique camerounais. Finaliste de la coupe du Cameroun en 2006, il réalise le doublé à savoir, coupe du Cameroun et championnat en 2007. Sur le plan africain, il participe en mars 2007 à la régate internationale de Tunis où il est médaillé d’argent. Cette même année-là, il est de l’expédition égyptienne, où il prend part au tout premier championnat d’Afrique d’ergomètres, à l’issue duquel il sera classé deux fois de plus, troisième avec deux médailles de bronze. La cerise sur le gâteau sera la participation de ce lion de l’eau aux derniers jeux Africains d’Alger de juillet 2007 avec à la clé une qualification pour les jeux Olympiques.
En effet, bien que classé 6e, derrière l’Egyptien, le Sud- africain, l’Algérien, le Tunisien et le Kenyan, le Camerounais sera présent à Beijing. " Je suis très motivé de représenter le Cameroun aux J.O. Je ne suis pas complexé. Je ne promets non plus ciel et terre aux Camerounais. Mais, je n’y vais non plus, pour jouer les figurants. Je me prépare normalement sous la coordination de l’entraîneur national, Salomon Dipombè et son adjoint, Clébert Bassi " soutient-il.

Pour les j.O, le rameur a droit à trois séances d’entrainement journalier de lundi à vendredi; soit quinze heures, par semaine. Seulement, il se pose un problème de suivi, surtout au niveau de la récupération qui se fait avec des moyens de fortunes. Sur le plan sanitaire, autant que faire se peut, la fédération a commis un médecin pour la circonstance. Cependant, Paul Ndoumbè Etia qui s’entraîne concomitamment avec les autres rameurs, Paul Ndoumbè est avec la délégation camerounaise des j.O qui quitte officiellement le pays demain, 26 juillet 2008. Le Lion camerounais de l’eau, aura donc à ses côtés pour sa supervision et son encadrement, l’entraîneur national, le président de la fédération et le médecin.

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