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Croissance économique : Le Cameroun révise sa collaboration avec le Fmi

Selon le ministre des Finances, notre pays ne sollicitera plus l’argent de cette institution, il va ficeler son propre programme économique.

Le Cameroun a conclu avec satisfaction le 31 janvier dernier, son 5ème programme économique avec le Fonds monétaire international (Fmi). Selon la représentante résidente de cette institution financière international au Cameroun, Malangu Kabedi-Mbuyi, laquelle s’est exprimée hier 4 février 2009 au cours d’une conférence organisée par le ministère des Finances ; c’est le second programme (sur les 5) qui arrive non seulement à terme, mais aussi est conclu avec satisfaction. Ce après celui qui a conduit en l’an 2000 au point de décision, étape décisive du programme avec le Fmi, qui a permis au Cameroun d’être éligible à l’Initiative Ppte, dont le point d’achèvement a été finalement atteint le 28 avril 2006 après un premier échec en 2004. Avec pour conséquence l’annulation de plus de 1400 milliards de la dette extérieure du Cameroun vis à vis de certains pays développés et autres bailleurs de fonds internationaux.

Dès juin 2008, date initiale de la fin de ce programme pour lequel le gouvernement avait demandé et obtenu une prorogation au 31 janvier 2009 ; un débat était né au sein de l’opinion publique camerounais sur l’opportunité pour le pays de se remettre sous l’aisselle du Fmi pour un nouveau programme économique assorti de conditionnalités rigides telles que la privatisation des entreprises étatiques, généralement corollaire de licenciements de plusieurs employés ; le harcèlement fiscale induit par la nécessité de recouvrer le maximum de recettes, etc. Hier au cours de la conférence de presse qu’il a organisé dans les locaux de son département ministériel, Essimi Menyé, ministre des Finances, a mis un terme à ce débat en indiquant clairement que le gouvernement camerounais prépare actuellement son propre programme économique de 3 ou 5 ans, qui sera "prêt d’ici la fin de l’année".
"Nous n’irons plus chercher l’argent du Fmi. Pour l’instant, le gouvernement envisage un accompagnement du Fmi pour que nous ayions des garanties nécessaires pour obtenir les financements dont nous avons besoin pour conduire les projets de développement du pays", a expliqué Essimi Menyé. Lequel a, pour bien faire comprendre le type de collaboration que le gouvernement camerounais avec le Fmi, a utilisé l’image suivante : "On a beau tracé les routes et installé les panneaux de signalisation [programme économique du Cameroun], mais les sociétés d’assurances [Fmi] existent toujours".

Modèle chinois
Ce programme économique réclamé depuis plusieurs années par les opérateurs économiques, devrait, a indiqué le ministre des Finances, prendre en compte les besoins les plus cruciaux du pays. Selon les commentaires effectués hier autour de ce projet par Essimi Menyé, l’on peut subodorer qu’il aura pour socle l’augmentation des productions agricoles et industrielles du pays. "Depuis la dévaluation du francs Cfa en 1994, de combien de tonnes a-t-on augmenté la production de cacao au Cameroun? La pauvreté s’est aggravée parce que la population augmente pendant que la production stagne. Il faut encourager les jeunes à suivre des formations techniques. Il faut que les doigts des Camerounais soient comme ceux des Chinois. Les investisseurs vont en Chine parce que les ouvriers chinois sont formés. Ils sont aujourd’hui à une croissance économique de 8%. Avant ils étaient à 11%", s’est laissé allé Essimi Menyé.

Mais au-delà de cette émancipation du Fmi du point de vue de la conception d’un programme économique, le ministre des Finances, a tenu à préciser qu’en sa qualité de membre du Fmi, le Cameroun va continuer à bénéficier des autres formes d’assistance que le Fmi a l’obligation statutaire d’apporter à ses Etats membres. Il s’agit notamment, a rappelé la représentante résidente de cette institution monétaire internationale au Cameroun, de l’évaluation des politiques économique des pays membres et les différentes assistances techniques. Sur ces deux aspects, le ministre des Finances indique d’ailleurs qu’une mission du Fmi va séjourner au Cameroun au mois de mars prochain comme c’est le cas tous les 24 mois, pour des échanges sur la politique économique du pays avec le autorités camerounaises ; et qu’en fait d’assistance technique, le pays a plus que besoin de cette institution financière internationale, "à cause des nombreuses réformes" en cours dans le pays avec le concours de ce partenaire au développement.

Brice R. Mbodiam

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Croissance économique : Le Cameroun révise sa collaboration avec le Fmi

Selon le ministre des Finances, notre pays ne sollicitera plus l’argent de cette institution, il va ficeler son propre programme économique.

Le Cameroun a conclu avec satisfaction le 31 janvier dernier, son 5ème programme économique avec le Fonds monétaire international (Fmi). Selon la représentante résidente de cette institution financière international au Cameroun, Malangu Kabedi-Mbuyi, laquelle s’est exprimée hier 4 février 2009 au cours d’une conférence organisée par le ministère des Finances ; c’est le second programme (sur les 5) qui arrive non seulement à terme, mais aussi est conclu avec satisfaction. Ce après celui qui a conduit en l’an 2000 au point de décision, étape décisive du programme avec le Fmi, qui a permis au Cameroun d’être éligible à l’Initiative Ppte, dont le point d’achèvement a été finalement atteint le 28 avril 2006 après un premier échec en 2004. Avec pour conséquence l’annulation de plus de 1400 milliards de la dette extérieure du Cameroun vis à vis de certains pays développés et autres bailleurs de fonds internationaux.

Dès juin 2008, date initiale de la fin de ce programme pour lequel le gouvernement avait demandé et obtenu une prorogation au 31 janvier 2009 ; un débat était né au sein de l’opinion publique camerounais sur l’opportunité pour le pays de se remettre sous l’aisselle du Fmi pour un nouveau programme économique assorti de conditionnalités rigides telles que la privatisation des entreprises étatiques, généralement corollaire de licenciements de plusieurs employés ; le harcèlement fiscale induit par la nécessité de recouvrer le maximum de recettes, etc. Hier au cours de la conférence de presse qu’il a organisé dans les locaux de son département ministériel, Essimi Menyé, ministre des Finances, a mis un terme à ce débat en indiquant clairement que le gouvernement camerounais prépare actuellement son propre programme économique de 3 ou 5 ans, qui sera "prêt d’ici la fin de l’année".
"Nous n’irons plus chercher l’argent du Fmi. Pour l’instant, le gouvernement envisage un accompagnement du Fmi pour que nous ayions des garanties nécessaires pour obtenir les financements dont nous avons besoin pour conduire les projets de développement du pays", a expliqué Essimi Menyé. Lequel a, pour bien faire comprendre le type de collaboration que le gouvernement camerounais avec le Fmi, a utilisé l’image suivante : "On a beau tracé les routes et installé les panneaux de signalisation [programme économique du Cameroun], mais les sociétés d’assurances [Fmi] existent toujours".

Modèle chinois
Ce programme économique réclamé depuis plusieurs années par les opérateurs économiques, devrait, a indiqué le ministre des Finances, prendre en compte les besoins les plus cruciaux du pays. Selon les commentaires effectués hier autour de ce projet par Essimi Menyé, l’on peut subodorer qu’il aura pour socle l’augmentation des productions agricoles et industrielles du pays. "Depuis la dévaluation du francs Cfa en 1994, de combien de tonnes a-t-on augmenté la production de cacao au Cameroun? La pauvreté s’est aggravée parce que la population augmente pendant que la production stagne. Il faut encourager les jeunes à suivre des formations techniques. Il faut que les doigts des Camerounais soient comme ceux des Chinois. Les investisseurs vont en Chine parce que les ouvriers chinois sont formés. Ils sont aujourd’hui à une croissance économique de 8%. Avant ils étaient à 11%", s’est laissé allé Essimi Menyé.

Mais au-delà de cette émancipation du Fmi du point de vue de la conception d’un programme économique, le ministre des Finances, a tenu à préciser qu’en sa qualité de membre du Fmi, le Cameroun va continuer à bénéficier des autres formes d’assistance que le Fmi a l’obligation statutaire d’apporter à ses Etats membres. Il s’agit notamment, a rappelé la représentante résidente de cette institution monétaire internationale au Cameroun, de l’évaluation des politiques économique des pays membres et les différentes assistances techniques. Sur ces deux aspects, le ministre des Finances indique d’ailleurs qu’une mission du Fmi va séjourner au Cameroun au mois de mars prochain comme c’est le cas tous les 24 mois, pour des échanges sur la politique économique du pays avec le autorités camerounaises ; et qu’en fait d’assistance technique, le pays a plus que besoin de cette institution financière internationale, "à cause des nombreuses réformes" en cours dans le pays avec le concours de ce partenaire au développement.

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Le Cameroun a conclu avec satisfaction le 31 janvier dernier, son 5ème programme économique avec le Fonds monétaire international (Fmi). Selon la représentante résidente de cette institution financière international au Cameroun, Malangu Kabedi-Mbuyi, laquelle s’est exprimée hier 4 février 2009 au cours d’une conférence organisée par le ministère des Finances ; c’est le second programme (sur les 5) qui arrive non seulement à terme, mais aussi est conclu avec satisfaction. Ce après celui qui a conduit en l’an 2000 au point de décision, étape décisive du programme avec le Fmi, qui a permis au Cameroun d’être éligible à l’Initiative Ppte, dont le point d’achèvement a été finalement atteint le 28 avril 2006 après un premier échec en 2004. Avec pour conséquence l’annulation de plus de 1400 milliards de la dette extérieure du Cameroun vis à vis de certains pays développés et autres bailleurs de fonds internationaux.

Dès juin 2008, date initiale de la fin de ce programme pour lequel le gouvernement avait demandé et obtenu une prorogation au 31 janvier 2009 ; un débat était né au sein de l’opinion publique camerounais sur l’opportunité pour le pays de se remettre sous l’aisselle du Fmi pour un nouveau programme économique assorti de conditionnalités rigides telles que la privatisation des entreprises étatiques, généralement corollaire de licenciements de plusieurs employés ; le harcèlement fiscale induit par la nécessité de recouvrer le maximum de recettes, etc. Hier au cours de la conférence de presse qu’il a organisé dans les locaux de son département ministériel, Essimi Menyé, ministre des Finances, a mis un terme à ce débat en indiquant clairement que le gouvernement camerounais prépare actuellement son propre programme économique de 3 ou 5 ans, qui sera "prêt d’ici la fin de l’année".
"Nous n’irons plus chercher l’argent du Fmi. Pour l’instant, le gouvernement envisage un accompagnement du Fmi pour que nous ayions des garanties nécessaires pour obtenir les financements dont nous avons besoin pour conduire les projets de développement du pays", a expliqué Essimi Menyé. Lequel a, pour bien faire comprendre le type de collaboration que le gouvernement camerounais avec le Fmi, a utilisé l’image suivante : "On a beau tracé les routes et installé les panneaux de signalisation [programme économique du Cameroun], mais les sociétés d’assurances [Fmi] existent toujours".

Modèle chinois
Ce programme économique réclamé depuis plusieurs années par les opérateurs économiques, devrait, a indiqué le ministre des Finances, prendre en compte les besoins les plus cruciaux du pays. Selon les commentaires effectués hier autour de ce projet par Essimi Menyé, l’on peut subodorer qu’il aura pour socle l’augmentation des productions agricoles et industrielles du pays. "Depuis la dévaluation du francs Cfa en 1994, de combien de tonnes a-t-on augmenté la production de cacao au Cameroun? La pauvreté s’est aggravée parce que la population augmente pendant que la production stagne. Il faut encourager les jeunes à suivre des formations techniques. Il faut que les doigts des Camerounais soient comme ceux des Chinois. Les investisseurs vont en Chine parce que les ouvriers chinois sont formés. Ils sont aujourd’hui à une croissance économique de 8%. Avant ils étaient à 11%", s’est laissé allé Essimi Menyé.

Mais au-delà de cette émancipation du Fmi du point de vue de la conception d’un programme économique, le ministre des Finances, a tenu à préciser qu’en sa qualité de membre du Fmi, le Cameroun va continuer à bénéficier des autres formes d’assistance que le Fmi a l’obligation statutaire d’apporter à ses Etats membres. Il s’agit notamment, a rappelé la représentante résidente de cette institution monétaire internationale au Cameroun, de l’évaluation des politiques économique des pays membres et les différentes assistances techniques. Sur ces deux aspects, le ministre des Finances indique d’ailleurs qu’une mission du Fmi va séjourner au Cameroun au mois de mars prochain comme c’est le cas tous les 24 mois, pour des échanges sur la politique économique du pays avec le autorités camerounaises ; et qu’en fait d’assistance technique, le pays a plus que besoin de cette institution financière internationale, "à cause des nombreuses réformes" en cours dans le pays avec le concours de ce partenaire au développement.

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Selon le ministre des Finances, notre pays ne sollicitera plus l’argent de cette institution, il va ficeler son propre programme économique.

Le Cameroun a conclu avec satisfaction le 31 janvier dernier, son 5ème programme économique avec le Fonds monétaire international (Fmi). Selon la représentante résidente de cette institution financière international au Cameroun, Malangu Kabedi-Mbuyi, laquelle s’est exprimée hier 4 février 2009 au cours d’une conférence organisée par le ministère des Finances ; c’est le second programme (sur les 5) qui arrive non seulement à terme, mais aussi est conclu avec satisfaction. Ce après celui qui a conduit en l’an 2000 au point de décision, étape décisive du programme avec le Fmi, qui a permis au Cameroun d’être éligible à l’Initiative Ppte, dont le point d’achèvement a été finalement atteint le 28 avril 2006 après un premier échec en 2004. Avec pour conséquence l’annulation de plus de 1400 milliards de la dette extérieure du Cameroun vis à vis de certains pays développés et autres bailleurs de fonds internationaux.

Dès juin 2008, date initiale de la fin de ce programme pour lequel le gouvernement avait demandé et obtenu une prorogation au 31 janvier 2009 ; un débat était né au sein de l’opinion publique camerounais sur l’opportunité pour le pays de se remettre sous l’aisselle du Fmi pour un nouveau programme économique assorti de conditionnalités rigides telles que la privatisation des entreprises étatiques, généralement corollaire de licenciements de plusieurs employés ; le harcèlement fiscale induit par la nécessité de recouvrer le maximum de recettes, etc. Hier au cours de la conférence de presse qu’il a organisé dans les locaux de son département ministériel, Essimi Menyé, ministre des Finances, a mis un terme à ce débat en indiquant clairement que le gouvernement camerounais prépare actuellement son propre programme économique de 3 ou 5 ans, qui sera "prêt d’ici la fin de l’année".
"Nous n’irons plus chercher l’argent du Fmi. Pour l’instant, le gouvernement envisage un accompagnement du Fmi pour que nous ayions des garanties nécessaires pour obtenir les financements dont nous avons besoin pour conduire les projets de développement du pays", a expliqué Essimi Menyé. Lequel a, pour bien faire comprendre le type de collaboration que le gouvernement camerounais avec le Fmi, a utilisé l’image suivante : "On a beau tracé les routes et installé les panneaux de signalisation [programme économique du Cameroun], mais les sociétés d’assurances [Fmi] existent toujours".

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Ce programme économique réclamé depuis plusieurs années par les opérateurs économiques, devrait, a indiqué le ministre des Finances, prendre en compte les besoins les plus cruciaux du pays. Selon les commentaires effectués hier autour de ce projet par Essimi Menyé, l’on peut subodorer qu’il aura pour socle l’augmentation des productions agricoles et industrielles du pays. "Depuis la dévaluation du francs Cfa en 1994, de combien de tonnes a-t-on augmenté la production de cacao au Cameroun? La pauvreté s’est aggravée parce que la population augmente pendant que la production stagne. Il faut encourager les jeunes à suivre des formations techniques. Il faut que les doigts des Camerounais soient comme ceux des Chinois. Les investisseurs vont en Chine parce que les ouvriers chinois sont formés. Ils sont aujourd’hui à une croissance économique de 8%. Avant ils étaient à 11%", s’est laissé allé Essimi Menyé.

Mais au-delà de cette émancipation du Fmi du point de vue de la conception d’un programme économique, le ministre des Finances, a tenu à préciser qu’en sa qualité de membre du Fmi, le Cameroun va continuer à bénéficier des autres formes d’assistance que le Fmi a l’obligation statutaire d’apporter à ses Etats membres. Il s’agit notamment, a rappelé la représentante résidente de cette institution monétaire internationale au Cameroun, de l’évaluation des politiques économique des pays membres et les différentes assistances techniques. Sur ces deux aspects, le ministre des Finances indique d’ailleurs qu’une mission du Fmi va séjourner au Cameroun au mois de mars prochain comme c’est le cas tous les 24 mois, pour des échanges sur la politique économique du pays avec le autorités camerounaises ; et qu’en fait d’assistance technique, le pays a plus que besoin de cette institution financière internationale, "à cause des nombreuses réformes" en cours dans le pays avec le concours de ce partenaire au développement.

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Où est passé l’argent de « vacances sans sida » ?

Le Comité national de lutte contre le Sida (Cnls) invoque les contraintes budgétaires. Le personnel mobilisé pour la campagne se tourne les pouces. Mais revendique son perdiem. Le Pm saisi pour arbitrage. –

C’est hier, lundi 04 août 2008, que la campagne « vacances sans sida » a été lancée à Bertoua dans la province de l’Est. Au-delà du dépistage volontaire, une cinquantaine de pairs éducateurs recrutés par le groupe technique provincial de lutte contre le sida est sensée sillonner les quartiers pour sensibiliser les jeunes pendant deux semaines. A l’exemple de l’Est, de nombreux chefs-lieux de provinces vont ainsi prendre cette semaine le relais de la campagne nationale lancée en grande pompe vendredi 25 juillet au Palais des congrès de Yaoundé par les ministres André Mama Fouda de la Santé publique et Adoum Garoua de la Jeunesse. La 6e édition de la campagne « vacance sans sida » a été ainsi mise en route en présence de près de 1500 jeunes et de nombreuses personnalités.
Au-delà du faste qui accompagne ces lancements, le déroulement de cette campagne montre qu’elle se porte mal. Le cas de Yaoundé, la capitale, illustre ce qui peut désormais être perçu comme des signes prémonitoires d’un échec. Après un timide déploiement lundi 28 juillet, le personnel des unités mobiles recruté comme temporaires par le Cnls pour conseiller et dépister les volontaires durant cette campagne qui va du 25 juillet au 15 août 2008, a été prié d’arrêter le service et de rester en « stand by ». Conséquence, les deux bus du groupe technique central de lutte contre le Vih/sida au Cameroun, affrétés pour cette campagne, sont immobilisés dans la capitale.
La quinzaine de techniciens de laboratoire, conseillers en dépistage, animateurs, chauffeurs et autres logisticiens mobilisés pour cette campagne est invisible dans les artères de la ville. Du côté de ceux-ci, c’est l’amertume. « On ne peut pas dépenser des dizaines de millions pour fabriquer de nombreux gadgets pour une campagne et négliger le dépistage proprement dit. Le 1er jour, notre unité a reçu 100 tests seulement. Ce que nous avons vite épuisé en deux heures de temps. Plusieurs personnes n’ont pas pu se faire dépister, à cause de la rupture de stock. Et dès le lendemain, le Cnls a suspendu nos activités pour des raisons que nous ignorons », confie l’un d’eux. Pendant ce temps, les vacanciers cherchent en vain où se faire dépister. C’est le cas de Patrice Biyina, qui dit avoir fait « beaucoup de désordre sexuel » et attendait vivement cette campagne gratuite et anonyme pour connaître son statut sérologie. « Depuis que j’ai appris à la radio que la campagne a été lancée, j’ai parcouru tout Yaoundé sans apercevoir cette unité mobile de dépistage dont on parle. Elle est donc où », interroge-t-il.

Bruyantes revendications
Beaucoup se demandent alors si l’objectif de cette campagne, qui est de dépister près de 500.000 jeunes des dix provinces du pays sera atteint. Approché, le secrétaire permanent du Cnls, le Dr. Jean Bosco Elat Nfetam, se montre serein. Il explique que le personnel des unités mobiles à qui il a demandé de rester en attente, sera rappelé en cas de besoin. En attendant, ceux-ci revendiquent déjà le paiement de leurs indemnités qui était, les années antérieures, de 25 000 Fcfa par jour pour chaque technicien de laboratoire et 15 000 Fcfa par jour pour le conseiller ou le chauffeur. Pour cette édition, ce montant a connu une baisse. De même que la période de campagne, jadis de un mois, a été réduite à trois semaines.
Jean Bosco Elat Nfetam justifie ce rétrécissement par des contraintes budgétaires. « Le budget a été coupé en deux », déclare-t-il, en s’abstenant toutefois de décliner, en chiffre absolu, le montant total du budget alloué à cette campagne. Mais pour le personnel des unités mobiles de dépistage du Gtc qui a bruyamment revendiqué, mardi 29 juillet devant les locaux du Cnls, le paiement de ses avances de perdiem pour cette campagne, « il n’est pas question de se calmer parce que ces gens là bouffent frauduleusement l’argent destiné à la campagne en octroyant à leurs proches toutes sortes de marchés pour fabriquer des gadgets qui ne servent à rien, sinon à faire du folklore. Ils roulent dans les grosses cylindrées, bénéficient de gros salaires, mettent dans les équipes de dépistage des personnes non formées qui viendront émarger les perdiem pour aller leur reverser une partie. »
L’un des manifestants indiquait alors que deux chauffeurs fâchés ont emporté avec eux les clefs des bus de dépistage, exigeant d’être payés d’abord. Par ailleurs, ces mécontents avouent avoir saisi le Premier ministre, Inoni Ephraim, pour qu’il instruise le paiement de leurs arriérés de vacations accumulées sur deux mois.

Pandémie pourtant galopante
La campagne « vacances sans sida » s’enlise au moment où la pandémie galope au Cameroun. Les dernières statistiques disponibles au Cnls datent de 2004 où le pays affichait un taux de prévalence de 5,4%, soit environ 510 000 personnes infectées sur tout le territoire national. Des chiffres d’ailleurs contestés à l’époque parce les observateurs se demandaient par quelle alchimie le Cameroun a pu passer subitement d’un taux de prévalence avoisinant 12% à 5,4%. Les explications du ministre de la Santé d’alors, Urbain Olanguéna Awono aujourd’hui en prison pour malversations financières et détournement de fonds destinés, entre autres, à la lutte contre le Vih/sida, n’ont pas convaincu les plus sceptiques. Surtout que dans le même temps, il annonçait que 600 Camerounais contractent le virus chaque jour. En 2006, le résultat des prélèvements des unités mobiles, publiés par le Cnls, indiquait que sur 7171 personnes dépistées en un mois, 680 ont été déclarées séropositifs, soit un pourcentage de 9,48%. La tranche d’âge comprise entre 30 et 34 ans arrachait la palme d’or avec un taux d’infection de 14%. Chez les professionnels du sexe et les chauffeurs de camion, ce taux est encore plus élevé, selon des études disponibles au programme camerounais du marketing social.
 

Par Marie Noëlle GUICHI

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