Le chef d’orchestre de Africa Star revient sur cette expérience différente du cabaret.
Propos recueillis par Marion Obam –
Vous étiez le patron de l’orchestre qui animé la première édition de l’émission de téléréalité musicale Africa Star au Gabon. Comment sept musiciens camerounais se sont retrouvés dans ce projet? C’est une initiative qui part d’un ami musicien camerounais Bill Muchia qui a eu à faire l’Olympia avec Annie Flore Batchielélys. Elle voulait remercier les gabonais en refaisant l’Olympia au Gabon. Bill qui avait déjà fait l’Olympia prenait part à ce nouveau concert. Mais vu l’indisponibilité des musiciens européens de Annie Flore, elle a demandé à Bill s’il pouvait trouver des musiciens camerounais. C’est ainsi qu’il a fait appel à nous, le batteur Haoussa, Martin le guitariste et moi Denis Moussinga aux claviers. Et comme Bill passait aussi en seconde partie du spectacle, il a rajouté le bassiste Arthur Manga. Le projet Africa Star existait déjà sauf que nous n’étions pas au courant. Satisfaite du travail que nous avions fourni Annie Flore nous a proposé de travailler sur le projet Africa Star. C’était aussi l’idéal pour les initiateurs de ce programme de travailler avec les étrangers pour avoir une équipe totalement disponible et compétente comme le groupe que nous formons les musiciens du M3O2. Pour faire une équipe complète nous avons rajouté Kwamé et Alain Oyono au Saxophone.
Quelle est la différence entre le cabaret et le direct à la télévision comme ç’était le cas pour cette émission ?
En prince on savait qu’on allait faire de la musique et en tant que musiciens nous étions assez préparés. Je pense sans vouloir me vanter que l’orchestre partant du Cameroun avait déjà joué sur plusieurs registres et sur un répertoire très varié. Nous avions tous faits les cabarets et c’est une expérience importante pour tout musicien. Ce que nous avons découvert de nouveau c’est la télé. C’est vraiment différent du cabaret. On ne s’y attendait pas. On nous a dit qu’il ne suffisait pas uniquement de faire de la musique mais il fallait aussi être des acteurs. C’est là qu’on devrait remercier le travail des réalisateurs parce qu’on a eu le temps d’apprendre ce qu’il fallait faire en deux mois. Le jour de la finale nous étions rodés à la télé. Mais au début ça pas été facile, car à la télé nous avions beaucoup plus de pression parce que tout le monde a le souci de bien faire. Le téléspectateur ne devait rien voir d’imparfait. En cabaret encore, on pourrait comprendre les ambiances, les chansons rallongées à la commande. Tout est permis. A la télé, il faut faire exactement ce qui est prévu.
Comment vous travailliez les chansons qui passaient lors des Primes ?
Pour cette édition ci je dois dire que c’était un chemin de croix. Quand nous sommes arrivés, on ne connaissait pas le répertoire. On avait pratique quinze chanson à apprendre par semaine. Il faut encore dire que ces quinze chansons étaient susceptibles de changer tout le temps. On faisait confiance à l’orchestre et c’est peut-être la partie pas très cool de Africa Star car on nous considérait comme des pros et du coup on faisait des changements sans nous prévenir assez tôt. Ensuite, chaque musicien n’avait pas son Mp3 comme les candidats pour mieux cerner les orchestrations des chansons. On travaillait sur un même poste et cela nous a quand même aidé à répéter au même moment. L’avantage aussi c’est que je suis dans le milieu de la musique et cabarets depuis 1989. Je joue au piano, synthétiseur et la guitare. Grâce à la maîtrise des ces instruments et leurs harmonies, j’ai pu gérer l’orchestre de la première édition de Africa Star.