MANIDEM : Anicet Ekane ne veut plus la présidence
Le mandat de trois ans dont il pourrait bénéficier après le congrès des 21 et 22 février prochain à Yaoundé sera son dernier.
Anicet Ekane veut certainement faire passer un message. A d’autres partis politiques, mais aussi au sommet de l’Etat. Même si l’élection du président duMouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) n’est pas à l’ordre du jour du deuxième congrès de ce parti qui se tient ce week-end, les 21 et 22 février à Yaoundé, il a cependant annoncé au cours d’un point de presse tenu hier, 18 février au siège du Manidem à Douala, que son prochain mandat de trois ans à la tête du parti sera le dernier. Et pour cela, il faudrait que la direction du parti, qui sera élue au sortir du prochain congrès, lui renouvelle sa confiance. C’est même devenu une tendance au sein du bureau du Manidem. Le premier vice président, Abanda Pkama, lui aussi, envisage fortement de quitter son poste. S’il parvenait à quitter la présidence du parti dans trois ans, Anicet Ekané sera probablement l’un des " premiers présidents fondateurs" de parti politique à quitter ses fonctions de manière volontaire au Cameroun depuis le retour aumultipartisme.
Il tranchera alors avec l’un des reproches que l’on fait souvent à certains dirigeants de partis qui sont à la tête de leur parti depuis la création. Et où les velléités de succession se heurtent souvent à des affrontements ou à tout autre refus. Avant de quitter ce poste, Anicet Ekané a rappelé qu’au Manidem, le président est à toutmoment sur le départ. "Il suffit qu’un militant demande au cours d’une réunion que le président doit partir pour que l’on examine sa requête ", soutient Anicet Ekané. Ainsi, les quelque 200 délégués attendus au congrès de Yaoundé sont dès lors préparés à fonctionner avec un parti sans Anicet Ekane à la présidence. En attendant, ils vont pendant ces deux jours de congrès dont le thème est "Avec le Manidem, le changement c’est maintenant", examiner le programme économique et social du parti, refaire les statuts (le mandat du président passera par exemple de trois ans à quatre ans) et bien entendu élire la direction du parti.Mais la tenue de ce deuxième congrès du parti n’a pas été aisée.
Prévu pour se tenir au mois de décembre 2008, il a été reporté pour diverses raisons. " L’ambiance de l’investiture du président des Etats-Unis certes, mais nous étions aussi confrontés à des problèmes de logistique ", a reconnu le président du Manidem qui donnait cette conférence de presse aux cotés du premier vice président et du Secrétaire administratif, Banda Kani. Même si l’explication du report de la date du congrès a convaincu certains hommes de médias, d’autres par contre y voient une démarche pour la rapprocher de la date de commémoration des émeutes de l’année dernière. Les responsables du Manidem qui revendiquent entre 7.000 à 7.500 adhérents n’ont pas éludé pour autant la situation socioéconomique du Cameroun. " Le congrès se tient à un moment particulier de notre pays. Il se tient à une période où le régime est en décrépitude ", soutient le président du Manidem. Allusion faite aux attaques de Limbé et aux multiples braquages perpétrés dans certains services de l’Etat.
Lazare Kolyang


La désolation était à son comble vendredi dernier au Centre culturel camerounais. " Je ne saurais comment vous remercier lorsque vous avez une salle comme celle que vous avez devant vous aujourd’hui ", a ironisé Wilson Maelsi Bilane, président de l’Association camerounaise pour l’amitié entre les peuples d’Afrique (Acapa) et promoteur du festival Croisade inter africaine de la culture (Ciac 2008). Il venait de constater qu’il n’y avait que 12 personnes dans la salle pour trouver des solutions afin de lutter plus efficacement contre la piraterie.