Obiang Nguema appelle Biya au secours
Après l’attaque échouée de son palais, le président équato guinéen demande l’expertise camerounaise, pour ensemble, sécuriser le Golfe de Guinée
Le ministre de la Sécurité nationale de la Guinée équatoriale et trois généraux de l’armée de ce pays sont les premières victimes des attaques du palais présidentiel de Teodoro Obiang Nguéma Mbazogo. Non pas parce qu’ils ont péri dans l’attaque de la présidence guinéenne le 17 février dernier à Malabo. Mais parce que le chef de l’Etat équato-guinéen les a limogés. Ce limogeage du ministre de la Sécurité nationale et de ces hauts gradés de l’armée intervient au moment où se tient à Bata en Guinée équatoriale une concertation ad hoc entre les autorités gouvernementales camerounaises et équato-guinéennes sur l’initiative des présidents Obiang Nguema et Paul Biya pour la sécurisation du Golfe de guinée.
La délégation camerounaise à cette concertation est conduite par le ministre des Relations extérieures, Eyebe Ayissi. Les autres membres de la délégation sont : le gouverneur de la région du Sud, une composante militaire conduite par le général Mambou Deffo Roland. « Cette importante mission s’inscrit dans le prolongement, d’une part des attaques récemment enregistrés à Malabo et ayant provoqué de nombreuses pertes en vies humaines, de la part d’un groupe d’assaillants fortement armés et provenant de la mer, d’autre part, des incidents tragiques et déplorés, survenus antérieurement dans la zone frontalière commune en mer, au large de campo et Kribi », précise le communiqué signé par le secrétaire général du ministère des Relations extérieures. Il faut rappeler que parlant des incidents à la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale, des militaires équato-guinéens ont été soupçonnés de l’assassinat d’un pécheur camerounais au large de la côte longeant le Cameroun et son voisin.
Cette concertation permettra aussi de faire le point sur les travaux de la commission bilatérale ad hoc sur la limitation de la frontière entre les deux pays. Enfin, les deux voisins veulent opter pour une coopération militaire. Parlant de Golfe de Guinée, il faut rappeler que notre pays n’est pas à l’abri des attaques des assaillants armés : en septembre dernier, ils ont attaqués des banques à Limbé ; pris des employés d’une compagnie française pris en otage récemment… Des attaques qui trahissent la porosité des frontières maritimes et la défaillance du dispositif sécuritaire tant ces attaques s’opèrent en toute facilité.
S’il est opportun que le Cameroun et la Guinée se concertent sur les questions de sécurisation du Golfe de Guinée, il est quand même curieux que le Nigeria ne soit pas associé. Ce pays ayant aussi été souvent victime des attaques des assaillants au large de ses côtes. Surtout que cet Etat partage la frontière maritime et terrestre avec le Cameroun. Or, lors de la commission mixte Cameroun Nigeria tenue à Yaoundé en 2008, engagement avait été pris de mener des actions concertées pour la sécurisation réciproque de leur frontière commune. La concertation entre les autorités camerounaises et équato-guinéennes s’achève demain, 28 février 2009. Reste à espérer que les résolutions issues de cette rencontre détendent les relations exécrables entre les deux voisins ces dernières années.

