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Vérités sur le commerce de la chair humaine à Douala


Une histoire de vraie-fausse révélation faite sur la chaîne de télévision nigériane «Emmanuelle Tv» crée une psychose au sein des habitants de la zone quatre étages à Bonabéri.

La psychose règne encore au quartier Sodiko au lieu dit Quatre étages. C’est une folle histoire de vente de chair humaine dans un restaurant de fortune du quartier, spécialisé dans les sauces d’accompagnement de taro et couscous de maïs est venue troubler la quiétude des habitants. Sur le site, les avis des personnes rencontrées sont partagés. «L’affaire a fait grand bruit dans le coin et peu à peu, elle se tasse. Je ne peux pas vous parler avec exactitude de quoi il s’agit. J’en ai aussi entendu parler. Rapprochez-vous de la communauté anglophone pour en savoir davantage», confie une gérante de call-box installée à l’entrée de la rue menant à la clinique «La Renaissance». Un peu plus loin à l’entrée de l’Ecole pilote, les personnes approchées sont étonnées que ce ne soit que maintenant que nous nous intéressons à cette histoire.
«C’est une vielle histoire qui remonte au mois de février 2009, lorsque qu’une vendeuse du taro ou achu, dont le repas est très couru est passée sur la chaîne Emmanuel Tv pour faire ses confessions. Paralysée en ce moment et certainement pour obtenir guérison, elle a avoué qu’elle servait comme viande dans ses repas de la chair humaine et recueillait l’eau de sa toilette intime pour préparer ses menus afin de maintenir sa clientèle», confie Irène, tenancière d’une caisse de cigarettes. Mais personne ne veut en dire plus, ni parler à visage découvert, encore moins avoué avoir déjà mangé de son repas.
La seule unanimité se fait sur le fait que ses repas sont très prisés. « Son taro était très couru par les hommes huppés qui partaient de partout pour venir manger dans son cadre pourtant inconfortable. Depuis cette révélation, ses clients ont disparu ». Plusieurs autres personnes rencontrées sont plus affirmatives. Elles soutiennent avoir vu cette émission plusieurs fois rediffusée sur cette chaîne de télévision nigériane. «Elle a fait cet aveu et a même dénoncé quatre autres de ses camarades qui vendent aussi la nourriture dans le coin», déclare Pierre, un habitant.
Depuis quelques jours, un article intitulé «La chair humaine vendue en kilo à Bonabéri» circule sur Internet. Selon l’auteur de cet article, la tenancière qui souffre d’une paralysie du côté droit a fait le déplacement du Nigeria pour aller rencontrer le pasteur Tb Joshua et faire sa confession en direct sur «Emmanuel Tv». Elle a dévoilé ses circuits de ravitaillement et ses méthodes. S’agissant des circuits de ravitaillement, elle aurait ainsi indiqué qu’elle est approvisionnée par des personnes en service dans les cimetières de la ville de Douala et par des trafiquants dans le département du Moungo qui se «servent» lors des accidents de circulation. Le meilleur des plats est celui contenant du cerveau humain. «Avec ça, c’est sûr, on reviendra toujours même si le plat coûte plus de 10 000 Fcfa», selon sa déclaration rapportée par ses accusateurs. L’article termine en indiquant que la concernée a clôturé son propos en affirmant que son réseau compte trois grands restaurants dans la zone de Bonaberi. A la suite de ces révélations, la population aurait détruit ledit restaurant en l’absence de la propriétaire annoncée en fuite.

La tenancière du restaurant dément
Lors de notre passage hier dimanche 12 avril à Bonaberi au quartier Sodiko, nous n’avons aperçu aucun restaurant détruit. Mais nous avons découvert que la dame incriminée, la nommée Mary est hémiplégique, paralysée du côté droit. Ce qui lui sert de restaurant est un bar situé non loin de Ocean city radio, où elle s’installe provisoirement dans le hall pour vendre ses repas. Rencontrée à son domicile, un studio qu’elle loue, Mary, très mal en point, a avoué au Messager qu’elle revient d’hospitalisation. Les larmes aux yeux, elle dit ne s’être jamais rendue chez le pasteur Tb Joshua. Elle reconnaît que cette « sordide » histoire l’a complètement détruite.
«Depuis un mois, mon activité ne passe plus. Je suis passée de 50 voire 100 plats par jour à 10 plats vendus à peine. J’utilisais cinq jeunes filles pour m’assister, il n’en reste que deux.» Pour elle, il s’agit d’une cabale. « Ce sont les commerçantes concurrentes qui ont monté le coup pour que mon commerce meurt. En matière de taro, je peux dire que j’étais la meilleure à Douala. C’est un don que Dieu m’a donné pour avoir de quoi m’occuper de la grande famille dont je suis issue. Je suis une fille issue d’une famille très pauvre. C’était ce commerce qui était tout pour moi. Car je n’ai pas de mari, ni aucun membre de famille capable de subvenir à mes besoins. C’est avec ces revenus que je me soigne et envoie mes enfants à l’école. Mais depuis un mois, c’est la chute totale», affirme Mary.
Sur les accusations qui lui sont faites, elle répond : «On n’a qu’à demander aux différentes filles que j’ai utilisées ici. Je cuisinais avec elles le taro à la sauce jaune et le couscous de maïs aux légumes que je vends spécialement. Et c’est le même repas qu’on mange chez moi. Les viandes servies sont la serviette, les intestins, le foie, le poisson sec, la queue de bœuf et la peau. Ce sont mes filles qui vont de bonne heure l’acheter chez mon fournisseur.» Pour ce qui est de sa maladie, elle déclare qu’il y a deux ans à peine, elle a été victime d’un sort mystique communément appelé « Moussong en pays bassa ».
Pour soigner son mal, elle se rend en pays bassa. Deux semaines après son retour, elle fait une crise de paludisme. Elle se rend alors dans son village dans le Nord-Ouest. Le lendemain de son arrivée, elle est victime au réveil d’un déboîtement de sa mâchoire. Après un mois de traitement, elle regagne Douala en début d’année dernière. Le lendemain de son retour, elle se réveille avec une hémiplégie qu’elle soigne depuis un an. «Ce qui est curieux, c’est que depuis un an, j’ai été substituée par ma sœur cadette et par la suite j’ai repris le commerce à travers mes ouvrières puisque je ne sors pas», affirme-t-elle, avant de conclure «c’est justement un an après ma paralysie que cette histoire est montée de toute pièce par celles qui espéraient ne plus me voir poursuivre mon commerce.»
M.N.N.
 

Par Mathieu Nathanaël NJOG
Le 13-04-2009

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Vérités sur le commerce de la chair humaine à Douala


Une histoire de vraie-fausse révélation faite sur la chaîne de télévision nigériane «Emmanuelle Tv» crée une psychose au sein des habitants de la zone quatre étages à Bonabéri.

La psychose règne encore au quartier Sodiko au lieu dit Quatre étages. C’est une folle histoire de vente de chair humaine dans un restaurant de fortune du quartier, spécialisé dans les sauces d’accompagnement de taro et couscous de maïs est venue troubler la quiétude des habitants. Sur le site, les avis des personnes rencontrées sont partagés. «L’affaire a fait grand bruit dans le coin et peu à peu, elle se tasse. Je ne peux pas vous parler avec exactitude de quoi il s’agit. J’en ai aussi entendu parler. Rapprochez-vous de la communauté anglophone pour en savoir davantage», confie une gérante de call-box installée à l’entrée de la rue menant à la clinique «La Renaissance». Un peu plus loin à l’entrée de l’Ecole pilote, les personnes approchées sont étonnées que ce ne soit que maintenant que nous nous intéressons à cette histoire.
«C’est une vielle histoire qui remonte au mois de février 2009, lorsque qu’une vendeuse du taro ou achu, dont le repas est très couru est passée sur la chaîne Emmanuel Tv pour faire ses confessions. Paralysée en ce moment et certainement pour obtenir guérison, elle a avoué qu’elle servait comme viande dans ses repas de la chair humaine et recueillait l’eau de sa toilette intime pour préparer ses menus afin de maintenir sa clientèle», confie Irène, tenancière d’une caisse de cigarettes. Mais personne ne veut en dire plus, ni parler à visage découvert, encore moins avoué avoir déjà mangé de son repas.
La seule unanimité se fait sur le fait que ses repas sont très prisés. « Son taro était très couru par les hommes huppés qui partaient de partout pour venir manger dans son cadre pourtant inconfortable. Depuis cette révélation, ses clients ont disparu ». Plusieurs autres personnes rencontrées sont plus affirmatives. Elles soutiennent avoir vu cette émission plusieurs fois rediffusée sur cette chaîne de télévision nigériane. «Elle a fait cet aveu et a même dénoncé quatre autres de ses camarades qui vendent aussi la nourriture dans le coin», déclare Pierre, un habitant.
Depuis quelques jours, un article intitulé «La chair humaine vendue en kilo à Bonabéri» circule sur Internet. Selon l’auteur de cet article, la tenancière qui souffre d’une paralysie du côté droit a fait le déplacement du Nigeria pour aller rencontrer le pasteur Tb Joshua et faire sa confession en direct sur «Emmanuel Tv». Elle a dévoilé ses circuits de ravitaillement et ses méthodes. S’agissant des circuits de ravitaillement, elle aurait ainsi indiqué qu’elle est approvisionnée par des personnes en service dans les cimetières de la ville de Douala et par des trafiquants dans le département du Moungo qui se «servent» lors des accidents de circulation. Le meilleur des plats est celui contenant du cerveau humain. «Avec ça, c’est sûr, on reviendra toujours même si le plat coûte plus de 10 000 Fcfa», selon sa déclaration rapportée par ses accusateurs. L’article termine en indiquant que la concernée a clôturé son propos en affirmant que son réseau compte trois grands restaurants dans la zone de Bonaberi. A la suite de ces révélations, la population aurait détruit ledit restaurant en l’absence de la propriétaire annoncée en fuite.

La tenancière du restaurant dément
Lors de notre passage hier dimanche 12 avril à Bonaberi au quartier Sodiko, nous n’avons aperçu aucun restaurant détruit. Mais nous avons découvert que la dame incriminée, la nommée Mary est hémiplégique, paralysée du côté droit. Ce qui lui sert de restaurant est un bar situé non loin de Ocean city radio, où elle s’installe provisoirement dans le hall pour vendre ses repas. Rencontrée à son domicile, un studio qu’elle loue, Mary, très mal en point, a avoué au Messager qu’elle revient d’hospitalisation. Les larmes aux yeux, elle dit ne s’être jamais rendue chez le pasteur Tb Joshua. Elle reconnaît que cette « sordide » histoire l’a complètement détruite.
«Depuis un mois, mon activité ne passe plus. Je suis passée de 50 voire 100 plats par jour à 10 plats vendus à peine. J’utilisais cinq jeunes filles pour m’assister, il n’en reste que deux.» Pour elle, il s’agit d’une cabale. « Ce sont les commerçantes concurrentes qui ont monté le coup pour que mon commerce meurt. En matière de taro, je peux dire que j’étais la meilleure à Douala. C’est un don que Dieu m’a donné pour avoir de quoi m’occuper de la grande famille dont je suis issue. Je suis une fille issue d’une famille très pauvre. C’était ce commerce qui était tout pour moi. Car je n’ai pas de mari, ni aucun membre de famille capable de subvenir à mes besoins. C’est avec ces revenus que je me soigne et envoie mes enfants à l’école. Mais depuis un mois, c’est la chute totale», affirme Mary.
Sur les accusations qui lui sont faites, elle répond : «On n’a qu’à demander aux différentes filles que j’ai utilisées ici. Je cuisinais avec elles le taro à la sauce jaune et le couscous de maïs aux légumes que je vends spécialement. Et c’est le même repas qu’on mange chez moi. Les viandes servies sont la serviette, les intestins, le foie, le poisson sec, la queue de bœuf et la peau. Ce sont mes filles qui vont de bonne heure l’acheter chez mon fournisseur.» Pour ce qui est de sa maladie, elle déclare qu’il y a deux ans à peine, elle a été victime d’un sort mystique communément appelé « Moussong en pays bassa ».
Pour soigner son mal, elle se rend en pays bassa. Deux semaines après son retour, elle fait une crise de paludisme. Elle se rend alors dans son village dans le Nord-Ouest. Le lendemain de son arrivée, elle est victime au réveil d’un déboîtement de sa mâchoire. Après un mois de traitement, elle regagne Douala en début d’année dernière. Le lendemain de son retour, elle se réveille avec une hémiplégie qu’elle soigne depuis un an. «Ce qui est curieux, c’est que depuis un an, j’ai été substituée par ma sœur cadette et par la suite j’ai repris le commerce à travers mes ouvrières puisque je ne sors pas», affirme-t-elle, avant de conclure «c’est justement un an après ma paralysie que cette histoire est montée de toute pièce par celles qui espéraient ne plus me voir poursuivre mon commerce.»
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Une histoire de vraie-fausse révélation faite sur la chaîne de télévision nigériane «Emmanuelle Tv» crée une psychose au sein des habitants de la zone quatre étages à Bonabéri.

La psychose règne encore au quartier Sodiko au lieu dit Quatre étages. C’est une folle histoire de vente de chair humaine dans un restaurant de fortune du quartier, spécialisé dans les sauces d’accompagnement de taro et couscous de maïs est venue troubler la quiétude des habitants. Sur le site, les avis des personnes rencontrées sont partagés. «L’affaire a fait grand bruit dans le coin et peu à peu, elle se tasse. Je ne peux pas vous parler avec exactitude de quoi il s’agit. J’en ai aussi entendu parler. Rapprochez-vous de la communauté anglophone pour en savoir davantage», confie une gérante de call-box installée à l’entrée de la rue menant à la clinique «La Renaissance». Un peu plus loin à l’entrée de l’Ecole pilote, les personnes approchées sont étonnées que ce ne soit que maintenant que nous nous intéressons à cette histoire.
«C’est une vielle histoire qui remonte au mois de février 2009, lorsque qu’une vendeuse du taro ou achu, dont le repas est très couru est passée sur la chaîne Emmanuel Tv pour faire ses confessions. Paralysée en ce moment et certainement pour obtenir guérison, elle a avoué qu’elle servait comme viande dans ses repas de la chair humaine et recueillait l’eau de sa toilette intime pour préparer ses menus afin de maintenir sa clientèle», confie Irène, tenancière d’une caisse de cigarettes. Mais personne ne veut en dire plus, ni parler à visage découvert, encore moins avoué avoir déjà mangé de son repas.
La seule unanimité se fait sur le fait que ses repas sont très prisés. « Son taro était très couru par les hommes huppés qui partaient de partout pour venir manger dans son cadre pourtant inconfortable. Depuis cette révélation, ses clients ont disparu ». Plusieurs autres personnes rencontrées sont plus affirmatives. Elles soutiennent avoir vu cette émission plusieurs fois rediffusée sur cette chaîne de télévision nigériane. «Elle a fait cet aveu et a même dénoncé quatre autres de ses camarades qui vendent aussi la nourriture dans le coin», déclare Pierre, un habitant.
Depuis quelques jours, un article intitulé «La chair humaine vendue en kilo à Bonabéri» circule sur Internet. Selon l’auteur de cet article, la tenancière qui souffre d’une paralysie du côté droit a fait le déplacement du Nigeria pour aller rencontrer le pasteur Tb Joshua et faire sa confession en direct sur «Emmanuel Tv». Elle a dévoilé ses circuits de ravitaillement et ses méthodes. S’agissant des circuits de ravitaillement, elle aurait ainsi indiqué qu’elle est approvisionnée par des personnes en service dans les cimetières de la ville de Douala et par des trafiquants dans le département du Moungo qui se «servent» lors des accidents de circulation. Le meilleur des plats est celui contenant du cerveau humain. «Avec ça, c’est sûr, on reviendra toujours même si le plat coûte plus de 10 000 Fcfa», selon sa déclaration rapportée par ses accusateurs. L’article termine en indiquant que la concernée a clôturé son propos en affirmant que son réseau compte trois grands restaurants dans la zone de Bonaberi. A la suite de ces révélations, la population aurait détruit ledit restaurant en l’absence de la propriétaire annoncée en fuite.

La tenancière du restaurant dément
Lors de notre passage hier dimanche 12 avril à Bonaberi au quartier Sodiko, nous n’avons aperçu aucun restaurant détruit. Mais nous avons découvert que la dame incriminée, la nommée Mary est hémiplégique, paralysée du côté droit. Ce qui lui sert de restaurant est un bar situé non loin de Ocean city radio, où elle s’installe provisoirement dans le hall pour vendre ses repas. Rencontrée à son domicile, un studio qu’elle loue, Mary, très mal en point, a avoué au Messager qu’elle revient d’hospitalisation. Les larmes aux yeux, elle dit ne s’être jamais rendue chez le pasteur Tb Joshua. Elle reconnaît que cette « sordide » histoire l’a complètement détruite.
«Depuis un mois, mon activité ne passe plus. Je suis passée de 50 voire 100 plats par jour à 10 plats vendus à peine. J’utilisais cinq jeunes filles pour m’assister, il n’en reste que deux.» Pour elle, il s’agit d’une cabale. « Ce sont les commerçantes concurrentes qui ont monté le coup pour que mon commerce meurt. En matière de taro, je peux dire que j’étais la meilleure à Douala. C’est un don que Dieu m’a donné pour avoir de quoi m’occuper de la grande famille dont je suis issue. Je suis une fille issue d’une famille très pauvre. C’était ce commerce qui était tout pour moi. Car je n’ai pas de mari, ni aucun membre de famille capable de subvenir à mes besoins. C’est avec ces revenus que je me soigne et envoie mes enfants à l’école. Mais depuis un mois, c’est la chute totale», affirme Mary.
Sur les accusations qui lui sont faites, elle répond : «On n’a qu’à demander aux différentes filles que j’ai utilisées ici. Je cuisinais avec elles le taro à la sauce jaune et le couscous de maïs aux légumes que je vends spécialement. Et c’est le même repas qu’on mange chez moi. Les viandes servies sont la serviette, les intestins, le foie, le poisson sec, la queue de bœuf et la peau. Ce sont mes filles qui vont de bonne heure l’acheter chez mon fournisseur.» Pour ce qui est de sa maladie, elle déclare qu’il y a deux ans à peine, elle a été victime d’un sort mystique communément appelé « Moussong en pays bassa ».
Pour soigner son mal, elle se rend en pays bassa. Deux semaines après son retour, elle fait une crise de paludisme. Elle se rend alors dans son village dans le Nord-Ouest. Le lendemain de son arrivée, elle est victime au réveil d’un déboîtement de sa mâchoire. Après un mois de traitement, elle regagne Douala en début d’année dernière. Le lendemain de son retour, elle se réveille avec une hémiplégie qu’elle soigne depuis un an. «Ce qui est curieux, c’est que depuis un an, j’ai été substituée par ma sœur cadette et par la suite j’ai repris le commerce à travers mes ouvrières puisque je ne sors pas», affirme-t-elle, avant de conclure «c’est justement un an après ma paralysie que cette histoire est montée de toute pièce par celles qui espéraient ne plus me voir poursuivre mon commerce.»
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Une histoire de vraie-fausse révélation faite sur la chaîne de télévision nigériane «Emmanuelle Tv» crée une psychose au sein des habitants de la zone quatre étages à Bonabéri.

La psychose règne encore au quartier Sodiko au lieu dit Quatre étages. C’est une folle histoire de vente de chair humaine dans un restaurant de fortune du quartier, spécialisé dans les sauces d’accompagnement de taro et couscous de maïs est venue troubler la quiétude des habitants. Sur le site, les avis des personnes rencontrées sont partagés. «L’affaire a fait grand bruit dans le coin et peu à peu, elle se tasse. Je ne peux pas vous parler avec exactitude de quoi il s’agit. J’en ai aussi entendu parler. Rapprochez-vous de la communauté anglophone pour en savoir davantage», confie une gérante de call-box installée à l’entrée de la rue menant à la clinique «La Renaissance». Un peu plus loin à l’entrée de l’Ecole pilote, les personnes approchées sont étonnées que ce ne soit que maintenant que nous nous intéressons à cette histoire.
«C’est une vielle histoire qui remonte au mois de février 2009, lorsque qu’une vendeuse du taro ou achu, dont le repas est très couru est passée sur la chaîne Emmanuel Tv pour faire ses confessions. Paralysée en ce moment et certainement pour obtenir guérison, elle a avoué qu’elle servait comme viande dans ses repas de la chair humaine et recueillait l’eau de sa toilette intime pour préparer ses menus afin de maintenir sa clientèle», confie Irène, tenancière d’une caisse de cigarettes. Mais personne ne veut en dire plus, ni parler à visage découvert, encore moins avoué avoir déjà mangé de son repas.
La seule unanimité se fait sur le fait que ses repas sont très prisés. « Son taro était très couru par les hommes huppés qui partaient de partout pour venir manger dans son cadre pourtant inconfortable. Depuis cette révélation, ses clients ont disparu ». Plusieurs autres personnes rencontrées sont plus affirmatives. Elles soutiennent avoir vu cette émission plusieurs fois rediffusée sur cette chaîne de télévision nigériane. «Elle a fait cet aveu et a même dénoncé quatre autres de ses camarades qui vendent aussi la nourriture dans le coin», déclare Pierre, un habitant.
Depuis quelques jours, un article intitulé «La chair humaine vendue en kilo à Bonabéri» circule sur Internet. Selon l’auteur de cet article, la tenancière qui souffre d’une paralysie du côté droit a fait le déplacement du Nigeria pour aller rencontrer le pasteur Tb Joshua et faire sa confession en direct sur «Emmanuel Tv». Elle a dévoilé ses circuits de ravitaillement et ses méthodes. S’agissant des circuits de ravitaillement, elle aurait ainsi indiqué qu’elle est approvisionnée par des personnes en service dans les cimetières de la ville de Douala et par des trafiquants dans le département du Moungo qui se «servent» lors des accidents de circulation. Le meilleur des plats est celui contenant du cerveau humain. «Avec ça, c’est sûr, on reviendra toujours même si le plat coûte plus de 10 000 Fcfa», selon sa déclaration rapportée par ses accusateurs. L’article termine en indiquant que la concernée a clôturé son propos en affirmant que son réseau compte trois grands restaurants dans la zone de Bonaberi. A la suite de ces révélations, la population aurait détruit ledit restaurant en l’absence de la propriétaire annoncée en fuite.

La tenancière du restaurant dément
Lors de notre passage hier dimanche 12 avril à Bonaberi au quartier Sodiko, nous n’avons aperçu aucun restaurant détruit. Mais nous avons découvert que la dame incriminée, la nommée Mary est hémiplégique, paralysée du côté droit. Ce qui lui sert de restaurant est un bar situé non loin de Ocean city radio, où elle s’installe provisoirement dans le hall pour vendre ses repas. Rencontrée à son domicile, un studio qu’elle loue, Mary, très mal en point, a avoué au Messager qu’elle revient d’hospitalisation. Les larmes aux yeux, elle dit ne s’être jamais rendue chez le pasteur Tb Joshua. Elle reconnaît que cette « sordide » histoire l’a complètement détruite.
«Depuis un mois, mon activité ne passe plus. Je suis passée de 50 voire 100 plats par jour à 10 plats vendus à peine. J’utilisais cinq jeunes filles pour m’assister, il n’en reste que deux.» Pour elle, il s’agit d’une cabale. « Ce sont les commerçantes concurrentes qui ont monté le coup pour que mon commerce meurt. En matière de taro, je peux dire que j’étais la meilleure à Douala. C’est un don que Dieu m’a donné pour avoir de quoi m’occuper de la grande famille dont je suis issue. Je suis une fille issue d’une famille très pauvre. C’était ce commerce qui était tout pour moi. Car je n’ai pas de mari, ni aucun membre de famille capable de subvenir à mes besoins. C’est avec ces revenus que je me soigne et envoie mes enfants à l’école. Mais depuis un mois, c’est la chute totale», affirme Mary.
Sur les accusations qui lui sont faites, elle répond : «On n’a qu’à demander aux différentes filles que j’ai utilisées ici. Je cuisinais avec elles le taro à la sauce jaune et le couscous de maïs aux légumes que je vends spécialement. Et c’est le même repas qu’on mange chez moi. Les viandes servies sont la serviette, les intestins, le foie, le poisson sec, la queue de bœuf et la peau. Ce sont mes filles qui vont de bonne heure l’acheter chez mon fournisseur.» Pour ce qui est de sa maladie, elle déclare qu’il y a deux ans à peine, elle a été victime d’un sort mystique communément appelé « Moussong en pays bassa ».
Pour soigner son mal, elle se rend en pays bassa. Deux semaines après son retour, elle fait une crise de paludisme. Elle se rend alors dans son village dans le Nord-Ouest. Le lendemain de son arrivée, elle est victime au réveil d’un déboîtement de sa mâchoire. Après un mois de traitement, elle regagne Douala en début d’année dernière. Le lendemain de son retour, elle se réveille avec une hémiplégie qu’elle soigne depuis un an. «Ce qui est curieux, c’est que depuis un an, j’ai été substituée par ma sœur cadette et par la suite j’ai repris le commerce à travers mes ouvrières puisque je ne sors pas», affirme-t-elle, avant de conclure «c’est justement un an après ma paralysie que cette histoire est montée de toute pièce par celles qui espéraient ne plus me voir poursuivre mon commerce.»
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Ruben Um Nyobe : Un devoir de mémoire

Les manifestations marquant le cinquantenaire du décès du nationaliste ont démarré lundi dernier, 1er septembre, à Douala.
Angui Mangan –




Les membres de la Fondation panafricaine présidée par Le combattant Mboua Massock, se sont réunis lundi dernier à la résidence du Pr Doukaya, au quartier Bonantonè (Douala), où ils étaient face à la presse. Au programme de cette conférence de presse, l’explication aux journalistes sur la nécessité d’une telle initiative, qui vise à revaloriser la mémoire de celui qui a payé de sa vie pour que le Cameroun soit indépendant.

Né en 1913, le "Mpodol" Ruben Um Nyobe, a été assassiné le 13 septembre 1958. Cinquante ans après, la Fondation panafricaine du combattant Mboua Massock, qui est à vocation culturelle, historique et politique, a ainsi décidé de marquer un point à travers des événements qui vont se poursuivre jusqu’au 14 septembre prochain, lors de la clôture prévue à Boumnyebel, le village du martyr. Mais avant, une série de manifestations seront observées. Parmi elles, un meeting public, un concert de musique et cette marche du 8 septembre qui prendra son départ au carrefour Shell New-bell à Douala, en passant par le quartier Nkongmondo, où était situé le siège de l’Upc. Pour le combattant Mboua Massock, ces différentes manifestations devraient avoir pour aboutissement, la réhabilitation de Um Nyobe dont la mémoire est longtemps restée dans l’oubli.

Pour ce faire, il a interpellé la jeunesse camerounaise à prendre davantage conscience, et à prendre en main ses responsabilités et son destin en luttant pour l’annulation des accords de coopération, de manière à sortir le Cameroun du joug néocolonial. Toutefois, cette révolution qu’on veut culturelle et comportementale, devrait commencer à partir des programmes scolaires qui méritent d’être révisés en incorporant à nouveau dans les différentes pages, les chapitres qui traiteraient des héros nationalistes, conseille-t-il.
Pour autant, le Pr Doukaya qui se présente comme un égyptologue, estime que "Nous devons valoriser nos mémoires, nos héros, avoir des monuments, des statues, des rues, comme c’est le cas ailleurs et notamment en France, avec l’aéroport Charles de Gaule. Parce que, un peuple sans histoire, est comme un corps sans âme.

On ne peut pas valoriser les gens comme Napoléon et Leclerc, alors qu’on est plus proches de Um Nyobe, de Martin Paul Samba, de Ernest Ouandié, de Rudolf Douala Manga Bell et bien d’autres" a-t-il soutenu. Le combattant Mboua Massock, initiateur de ce projet, estime que cet événement ne devrait pas se passer dans l’anonymat "Cinquante ans, est un chiffre historique et symbolique pour la mémoire du nationaliste martyr et qu’on ne saurait laisser passer inaperçu. Car, l’Upc de Um Nyobè était une Upc d’idéologie, de dignité et de libération. C’est pour cela que nous devons faire que l’idéologie de Um Nyobè ressuscite. Raison pour laquelle, ce cinquantenaire doit être un événement, même sur le plan national" déclare le "rebelle moral".

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