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Jean Marie Ahanda : Il y a des clandestins dans le bateau

Le peintre qui expose actuellement à Yaoundé pose un regard sur la peinture camerounaise.
Propos recueillis par Jules Romuald Nkonlak – Vous exposez actuellement vos œuvres à l’hôtel Hilton de Yaoundé. A quand remontait votre dernière exposition au Cameroun?
En 2003 à Africréa, avant mon départ pour les Etats-Unis d’Amérique.

Vous avez baptisé cette exposition "Présence africaine". N’y a-t-il pas dans cette appellation un peu de nostalgie ?
Non, ce n’est pas parce que les choses ont été pour la littérature à une époque qui est déjà révolue, que la présence africaine ne s’impose plus. Du côté de la peinture, nous n’avons vu de noms, d’œuvres qui imposent le respect. Mais il y a quand même eu des styles qui à mon avis ne représentent pas ce que je pourrais appeler la présence africaine. Ils sont peut-être une façon de résonance du dadaïsme ou d’autres expressions qui sont européennes d’abord.

En quoi vos tableaux, qui sont actuellement exposés à l’hôtel Hilton de Yaoundé ont un lien avec la présence africaine ?
D’abord l’Africain que je suis et qui est l’auteur de ces tableaux. On essaie de représenter un esprit qui appartient, disons vulgairement, aux fils de l’Afrique ; ce qui est une contribution des Africains à l’intelligence, au talent mondial. C’est une contribution qui vient de l’Afrique et qui vient dans le monde très éclectique de la peinture de chevalet.

L’exposition représente des styles différents, des tableaux abstraits, des tableaux réalistes… Qu’est-ce qui justifie un tel choix?
Ce n’est pas une exposition thématique, mais c’est une proposition de plusieurs possibilités. C’est un peu une critique de ce qu’on fait actuellement. Dans une exposition qui réunit plusieurs peintres différents, on retrouve toujours un même style. Ce que j’ai essayé de proposer c’est dans l’exposition d’un seul artistes, plusieurs styles, pour dire que la peinture est un monde suffisamment ouvert pour qu’on s’éclate et qu’on s’amuse, au lieu de passer tout le temps à copier ce qu’un individu a réussi. Et c’est ce qui se passe en général quand on observe la peinture camerounaise. Les peintres sont là à l’affût de ce que d’autres ont fait, pour copier et finalement, comme la peinture abstraite se donne souvent comme une matière où on n’a pas besoin d’apprentissage, il y a beaucoup de clandestins dans le bateau.

Vous évoquez la peinture abstraite qui n’est pas la seule dans votre exposition. Certains des tableaux représentent des personnes dans des situations différentes. Est-ce qu’il y a derrière ces représentations une idée de l’homme sue vous voulez reproduire ?
Ce qui est représenté n’a pas vraiment d’importance. Lorsqu’on observe mes tableaux, la représentation est juste formelle. Ce qui est intéressant, ce sont les procédés, la technique, la virtuosité, parce que je peux quand même me placer à ce niveau, et un certain nombre de choses qui sont inhérentes à l’art, comme par exemple la décharge mystique. En fait, c’est ça qui m’intéresse. Les personnes ne sont que des prétextes, car il faut bien partir de quelque chose. Dans mon cas, je ne suis pas un héritier de l’art abstrait, que je me refuse quand même de prolonger parce que ce qui est fait a déjà été fait à ce niveau-là, et même que je considère un peu cela comme un avatar.

Il y a une quarantaine de tableaux qui sont exposés. Ils ont été pour la plupart réalisés entre 2005 et 2006. Représentent-ils une évolution dans votre peinture, une évolution, par exemple, par rapport à vos expositions précédentes ?
Mes expositions ne se ressemblent qu’en une seule manière, c’est que c’est toujours la diversité que je propose. En général, je réalise très peu de tableaux identiques. Il m’arrive souvent de répéter certaines œuvres parce que c’est amusant de beaucoup frapper dans un certain sens. Mais, en réalité, ce qui est intéressant dans la peinture, c’est la diversité, la variété, la découverte, la spontanéité. A vrai dire, c’est l’aventure sur place.

Pour revenir à "Présence africaine", qui est le nom de votre exposition, qu’est ce que vous pensez que l’Afrique peut apporter au monde en matière de peinture ?
L’Afrique a déjà apporté quelque chose malgré elle, en inspirant Bracque et Picasso, lorsqu’ils se sont lancés dans le cubisme et les conséquences que nous connaissons aujourd’hui. Ce que nous pouvons apporter ne peut nous intéresser que nous-mêmes. En vérité, nous ne travaillons pas pour que les autres nous regardent et qu’ils observent notre travail. Mais, nous réalisons pour que nous-mêmes nous ayons un miroir de ce que nous faisons. J’ai envie de voir ce que font les gens qui ont 10, voire 20 ans de moins que moi, pour voir ce que notre biotope peut produire et dans quelle mesure nous pouvons nous mirer dans cela sans nous dégoûter.
Après, d’autres pourront reconnaître la beauté de ce que nous avons fait, quand ils viendront visiter ou que nous auront l’occasion d’aller chez eux. Mais, si on s’intéresse à nous-mêmes, c’est déjà suffisant.

Mutations

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FRANCIS BEBEY


Journaliste de radio en Afrique et en France (Radiodiffusion Outre-Mer devenue Radio-France Internationale), puis rattaché à l’UNESCO comme directeur du Programme de la Musique pour l’ensemble des États membres de l’organisation, Francis Bebey décide en 1974 de se consacrer uniquement à la composition musicale et à l’écriture.

C’est d’abord par des chansons humoristiques comme "Agatha", "La condition masculine", "Divorce pygmée", "Si les Gaulois avaient su…", etc… que Francis Bebey a attiré sur lui l’attention du public francophone à travers le monde (Prix SACEM de la chanson française en 1977).

Puis on découvre que ce Camerounais, résidant à Paris, est à la fois un compositeur et un concertiste international qui donne des concerts sur les cinq continents depuis plus de 20 ans. A ce jour, il s’est produit dans plus de 75 Pays dans le monde.
La Maison de Radio-France à Paris, le Carnegie Hall à New York, Radio Deutschland à Berlin, le musée Edvard Munch à Oslo ou le Masonic Auditorium à San Francisco, sont à citer parmi les lieux prestigieux qui l’ont accueilli.

Sa musique est peut être la plus variée de toute l’Afrique. Par le jeu d’instruments divers – sanza, flûte Pygmée, guitare, percussions, voix humaine – elle présente la tradition la plus pure aussi bien que divers aspects de l’art musical africain contemporain.

En concert comme en disque, l’alternance des chansons et pièces instrumentales nous emmène au pays du soleil et du rythme, au pays du rire et des incantations tendres ou inquiètes, au pays de la vie.

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C’est d’abord par des chansons humoristiques comme "Agatha", "La condition masculine", "Divorce pygmée", "Si les Gaulois avaient su…", etc… que Francis Bebey a attiré sur lui l’attention du public francophone à travers le monde (Prix SACEM de la chanson française en 1977).

Puis on découvre que ce Camerounais, résidant à Paris, est à la fois un compositeur et un concertiste international qui donne des concerts sur les cinq continents depuis plus de 20 ans. A ce jour, il s’est produit dans plus de 75 Pays dans le monde.
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