Ouvertes hier, les journées de réflexion sur la corruption dans la presse s’achèvent ce jour au palais des Congrès. –
Non. Les per diem reçus à la fin de certains évènements ne sont pas des actes de corruption. La majorité des journalistes sont catégoriques sur ce fait. Et ils entendent bien le faire comprendre au cours des travaux des Journées de réflexion sur la corruption dans le secteur de médias qui s’achèvent aujourd’hui au palais des Congrès de Yaoundé. Ouverte hier par le président de la Commission nationale anti-corruption (CONAC), Paul Tessa, en présence du ministre de la Communication, Jean-Pierre Biyiti bi Essam, ces assises sont l’occasion de débattre de l’épineuse question du « gombo ». « L’argent qu’on nous donne à la fin des cérémonies n’est pas la corruption. C’est normal et ça se fait même ailleurs. De toute façon, comme l’ont dit certains de mes confrères, ce ne sont pas les 10 000 F que les journalistes reçoivent qui posent problème », déclare Olivier Mbassi, participant aux travaux.
Les causes, les manifestations de la corruption auprès des hommes de médias ont donc été évoquées durant ces deux jours autour de trois ateliers. Celui consacré à la corruption dans les structures de formation professionnelles et de production audiovisuelle. Un deuxième dédié aux manifestations dans les entreprises de communication audiovisuelles privées et du secteur public et un dernier atelier sur la corruption dans le fonctionnement de la presse publique et privée. Pour Paul Tessa, « en tant que miroir et vitrine de la société, en tant que facteurs de reliance sociale, les médias ont tout à gagner dans cet exercice : à la fois pour bâtir leur réputation, pour rassurer l’opinion et pour assumer efficacement leur rôle de quatrième pouvoir ». Organisé à l’initiative du ministère de la Communication, sur le modèle des rencontres initiées par la CONAC avec d’autres secteurs de la société civile, ces journées sont l’occasion de faire un diagnostic sans complaisance du secteur.
Mais avant de proposer des solutions pour assainir le milieu au cours de la cérémonie de clôture ce matin, il aura fallu définir le concept même de corruption dans les médias. « Est-ce qu’un journaliste qui reçoit un cadeau après avoir fait un compte-rendu froid des évènements est corrompu ? », a demandé Laurent Charles Boyomo Assala, directeur de l’Esstic et secrétaire permanent du Conseil national de la Communication. Pour l’inspecteur général du Mincom, Albert Mbida, le premier pas de la corruption intervient quand un journaliste prend sur lui de monnayer son silence ou ses écrits. Même certains messages publicitaires diffusés sous forme d’information constituent des actes répréhensibles pour le directeur général de la SOPECAM, Marie-Claire Nnana. Éducation, déontologie, éthique et indépendance financières semblent être les solutions pour venir à bout d’un phénomène qui ne se limite pas aux journalistes seuls. Car tous les niveaux du secteur des médias, que ce soit la production ou l’administration, sont touchés.
Josiane R. MATIA