Sa note adressée au ministre des Sports et qui accuse des journalistes de corruption suscite de nouvelles plaintes.
Jean Baptiste Ketchateng –

Mutations a pu obtenir copie d’une " note à l’attention de Monsieur le ministre des Sports et de l’éducation physique ", signée de Linus Pascal Fouda, le 28 septembre dernier. La lecture de cette correspondance administrative souligne qu’à la suite de l’interdiction de lancer le championnat de première division de football du Cameroun prise par le ministre des Sports le 26 septembre dernier, la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a organisé une riposte avec l’aide de la presse.
" Dans l’après-midi et ce jusqu’à la tombée de la nuit du même samedi [27 septembre], de nombreux journalistes sportifs se sont rendus au siège de la Fecafoot pour" recouper des informations. “En fait, il [s’agissait] pour eux, de recevoir des appuis financiers de la part de la Fecafoot dans le but de défendre leurs positions dans les médias pendant le week-end. […] Les informations dont nous disposons font état de ce que les montants distribués aux journalistes sont de l’ordre de 50.000Fcfa, 100.000Fcfa, 125.000Fcfa, 150.000Fcfa et 200.000Fcfa, selon les organes, les angles et les espaces de traitement consentis à l’information (sic). Il s’agit entre autres de… "
Ainsi est écrite la partie de la note qui semble avoir été à l’origine de la campagne organisée dans certains médias pour " dénoncer " des journalistes prétendument corrompus. La note écrite au ministre Augustin Edjoa comporte en effet sept noms avec des montants d’argent (dans deux cas) qui auraient été versés. Est-ce là la fameuse liste dont parlait Linus Pascal Fouda au début de cette affaire ? (Voir notre édition N°2250 du jeudi 2 octobre 2008). Auquel cas, où sont les numéros des cartes d’identité et le reste de la répartition de l’argent qui devaient s’y trouver ? Le chef de la cellule de communication ne confirme pas la présomption. Il ne dément pas non plus être à l’origine de cette lettre qui distingue d’ailleurs les journalistes qui n’ont pas " bénéficié de cette curieuse générosité ".
En fait, cette mise à l’écart est heureuse du point de vue de la cellule de communication. Elle permettrait au ministre de " récupérer " les journalistes supposés lésés afin d’organiser une contre campagne. Et de proposer des interventions des " personnes ressources sur les plateaux des radios et des télévisions et des personnes anonymes au téléphone et en direct sur l’ensemble des émissions spécialisées et interactives ". Le match en dehors des stades pouvait donc commencer et expliquerait que la semaine dernière des confrères ont été accusés sans preuves d’avoir pris de l’argent à la Fecafoot…
Guy Nsigue, journaliste à Camfoot.com, Steve Djouguela de Ndamba ont d’ores et déjà annoncé, en réplique, leurs plaintes contre les auteurs de la " cabale ".
Le premier, en effet, s’était abstenu de répondre à Martinez, l’animateur de Magic Fm qui avait porté l’accusation sur les ondes de son émission Embouteillage. Les deux journalistes estiment que désormais, l’origine de l’attaque est déterminée. Leurs plaintes pourraient rejoindre celles de Emmanuel Gustave Samnick, directeur des publications Ndamba et Situations, qui, avec Bouba Ngomna de la radio Tiéméni Siantou avaient déjà entrepris de faire juger les accusateurs devant un tribunal. L’appel au calme du ministre Augustin Edjoa qui doit rencontrer incessamment le président de la Fecafoot Mohammed Iya ne semble donc pas avoir ramené la paix dans le petit monde du foot et des médias camerounais.