Pipeline Tchad-Cameroun : 66 milliards de Fcfa de retombées en six ans
C’est ce que le Cameroun a déjà gagné selon le Comité de pilotage et de suivi de l’oléoduc.
Pour l’exercice 2009, notamment du 1er janvier au 15 novembre dernier, les opérations d’enlèvement du pétrole brut tchadien au terminal de Kome-Kribi, ont permis d’évacuer 37,44 millions de barils. Sur un volume de 44 enlèvements de pétrole effectués au cours de cette période, l’Etat du Cameroun a, au titre du droit de transit, récolté 15,35 millions de dollars, soit 7,49 milliards de Fcfa. Les administrations concernées par la surveillance administrative et le contrôle technique des activités liées à l’exploitation de l’oléoduc tchadien, ont indiqué lors de la deuxième session du Comité de pilotage des pipelines (Cpsp) tenue lme 24 novembre 2009, que depuis sa mise en service en octobre 2003, le pipeline a généré plus de 66,7 milliards de Fcfa pour le Trésor public camerounais.
Au cours de cette deuxième session du Cpsp qui a passé en revue toutes les activités liées à cet ouvrage pendant le récent exercice, le communiqué renseigne sur l’état de la dette contractée par le Cameroun au sujet de la réalisation de ce projet. Ainsi, il ressort que sur les 53,4 millions de dollars (plus de 26 milliards de Fcfa) empruntés auprès de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird), le pays a déjà remboursé 32,847 millions de dollars, soit plus de 16 milliards de Fcfa. Le Cameroun a aussi engagé une opération similaire avec la Banque européenne d’investissement (Bei), auprès de qui il a emprunté 35,7 millions d’euros (plus de 23 milliards de Fcfa). A cette institution, le pays a remboursé 9,5 milliards de Fcfa.
Des études d’ingénierie élaborées en collaboration avec le ministère des Finances, Electricity Developpement Corporation (Edc) et Cotco, vont nécessiter selon le communiqué, un investissement de 3,1 millions de dollars, soit plus de 1,5 milliard de Fcfa. Les fonds qui seront versés entièrement par le Cameroun, serviront à "l’adaptation du pipeline Tchad-Cameroun au futur barrage de Lom Pangar ". Il s’agira concrètement de déplacer la partie du pipeline qui se trouve sur le site du barrage à construire, avant sa mise en eau. Pour la sécurité de l’ouvrage, apprend-on, le ministère de la Défense a reçu un appui logistique en vue du renforcement du dispositif mis en place par l’administration chargée de la sécurisation des installations.
Enlèvements
Pour mémoire, lors de la cérémonie d’au revoir à Jacky Lesage, ancien directeur général de Cotco, organiséeau dernier trimestre de l’année dernière, l’administrateur directeur général de la société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, par ailleurs président du Cpsp, avait indiqué que le Cameroun envisageait de réviser le contrat portant sur les droits de transit de l’oléoduc tchadien. Car, trois ans seulement après la mise en service de l’ouvrage, le consortium des sociétés Exxon mobil, Petronas, et Chevron Texaco, a amorti la totalité de ses investissements et emmagasiné 2300 milliards de Cfca.
Invoquant "la justice économique", Adolphe Moudiki a souligné que "le consortium des sociétés pétrolières et l’Etat du Tchad, ont remarquablement bénéficié de l’embellie des prix sur le marché pétrolier international", tandis que "les revenus du Cameroun ont été inversement proportionnels". Aussi avait-t-il plaidé pour une solution mutuellement bénéfique à toutes les parties, "dans les meilleurs délais". Entre la mise en service du pipeline le 3 octobre 2003 et le mois de mars 2009, 221 enlèvements ont été effectués pour un total de 201 millions de barils. La loi camerounaise du 5 août 1996 portant régime du transport des hydrocarbures par pipeline en provenance de pays tiers, fixe le montant du droit de transit, qui est une taxe exigible mensuellement, assise sur les quantités de pétrole brut transportées durant le mois précédent. Ces quantités sont arrêtées au moment de l’enlèvement du brut sur le terminal de Kome-Kribi. Le taux unitaire fixé par baril de pétrole est resté inchangé, malgré l’embellie des prix du pétrole brut sur le marché international.
Pierre Célestin Atangana

