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Comment le pouvoir a roulé Haman Adama

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De sa cellule à la direction de la police judiciaire (DPJ) à Yaoundé où elle séjourne depuis plus de 48h maintenant, avant certainement celle d’une maison d’arrêt où elle pourrait d’être conduite dans les prochaines heures, Haman Adama Alimatou Mahone doit se dire que la vie est bien cruelle. D’abord sur la douloureuse situation qu’elle vit en ce moment, et ensuite sur ce qu’elle pourrait bien qualifier (et à juste titre ?) de « double jeu et d’hypocrisie » de ses amis du sérail camerounais. Quelques jours avant son interpellation par les éléments de la DPJ, l’ex-ministre de l’Education de base se faisait recevoir par le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir dont elle est l’une des grandes militantes. Si on ignore jusque là ce qu’ils se sont dits, on imagine que madame Haman a dû se confier à René Sadi, notamment sur ce qui était alors les rumeurs persistantes de sa prochaine interpellation. Le secrétaire général du RDPC lui a-t-il annoncé son arrestation ? On peut sérieusement en douter. Selon des indiscrétions, Haman Adama serait plutôt sortie de cet entretien rassurée sur son avenir.

Au cours de sa longue carrière administrative et politique, l’ex-ministre de l’Education de base a bâti un vaste réseau de relations et d’amitiés au sein du sérail camerounais. D’abord dans sa région d’origine, le Grand nord. Dans son fief du département de la Bénoué, et plus généralement de la région du Nord, Haman Adama fait (ou alors désormais faisait) partie des « Hommes-sûrs » du régime Biya. Certains parlaient d’elle comme une inconditionnelle du chef de l’Etat. Notamment du fait qu’elle avait œuvré à faire reculer l’influence politique de l’UNDP des Bello Bouba Maïgari, Issa Tchiroma Bakary et autres Badjika Ahidjo, là où une certaine Yaou Aïssatou et les frères Hayatou avaient piteusement échoué. Haman Adama avait ainsi fini par étendre son influence politique non seulement au Nord, mais dans tout le Septentrion. Au point de faire son entrée dans « le cercle très restreint » des personnalités qui décident au sein du RDPC à l’époque où Joseph Charles Doumba était secrétaire général du comité central.

Comme Gérôme Mendouga

« Dans la stratégie du pouvoir de contrôler le Grand nord, Haman Adama faisait partie depuis quelques temps des caciques du régime les plus en vue dans la partie septentrionale du pays. Avec des hommes comme le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Amadou Ali, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation Marafa Hamidou Yaya, et dans une autre mesure l’actuel président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril, et bien d’autres, elle formait une coalition épaisse des inconditionnels du régime du président Paul Biya. On peut se dire que ses frères politiques du Grand nord, principalement le vice-Premier ministre en charge de la Justice qui gère l’Opération Epervier à dû lui dire à un moment ou un autre, compte tenu de son influence, de ne pas s’inquiéter du fait qu’elle ne pourrait pas faire partie, quoi que certains en disaient, des personnalités susceptibles d’être inquiétées par la Justice. Malheureusement aujourd’hui, les choses se présentent autrement pour elle comme on peut le constater. Paul Biya montre bien qu’il est insaisissable et…cynique», analyse un homme influent du sérail.

Depuis que la rumeur de son interpellation imminente a commencé à circuler, juste après sa sortie du gouvernement le 30 juin 2009, Haman Adama est pourtant restée libre de ses mouvements.  Selon nos sources, elle ne semblait pas faire l’objet d’une surveillance particulière. C’est ainsi qu’elle a même effectué plusieurs déplacements à l’étranger. D’abord en Europe. Puis récemment en Côte d’Ivoire. Tous ces déplacements étaient, soit des missions politiques dans le cadre de son parti, soit des voyages quasi officiels. Si elle s’était sentie menacée par les serres de l’Epervier, pourquoi n’a-t-elle pas profité de ces voyages pour se faire la belle ? Comme l’a fait son camarade du parti, le député Dieudonné Ambassa Zang avant la levée de son immunité parlementaire ? « La vérité est que l’Opération Epervier dans sa nouvelle version se gère par le président Paul Biya lui même. En fait, depuis les premières fuites d’informations des enquêtes préliminaires à la police judiciaire, les informations qui se sont retrouvées dans les médias, il n’y a que le président qui sait avec exactitude qui doit être arrêté et quand cela doit se faire. Le reste joue simplement un jeu politique assez compliqué », explique un baron du régime joint hier au téléphone par Le Messager.

Focal

Première femme tête de liste

En tout cas l’itinéraire actuelle de Haman Adama (qui soit dit en passant est la première femme « tête de liste » dans l’Opération Epervier) ressemble fortement à celle de l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis d’Amérique, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui. Gérôme Mendouga sentant l’étau se resserrer sur lui dans l’affaire Albatros avait initié une demande d’asile aux Etats-Unis. Mais il avait été rassuré par des amis proches et chers, dont un haut responsable des services de sécurité qu’il ne lui arriverait rien s’il revenait au Cameroun. C’est ainsi qu’il avait regagné son Yaoundé natal et circulé librement pendant un temps. Lorsque les rumeurs de son interpellation ont commencé à circuler dans les coulisses, il a joint une fois de plus son ami haut responsable de service de sécurité qui lui a dit (peut être de bonne foi) de ne pas s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’il soit convoqué chez le procureur de la République et mis sous mandat de dépôt. Haman Adama Alimatou Mahone a-t-elle été roulée de la même façon par ses amis du pouvoir ?

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De sa cellule à la direction de la police judiciaire (DPJ) à Yaoundé où elle séjourne depuis plus de 48h maintenant, avant certainement celle d’une maison d’arrêt où elle pourrait d’être conduite dans les prochaines heures, Haman Adama Alimatou Mahone doit se dire que la vie est bien cruelle. D’abord sur la douloureuse situation qu’elle vit en ce moment, et ensuite sur ce qu’elle pourrait bien qualifier (et à juste titre ?) de « double jeu et d’hypocrisie » de ses amis du sérail camerounais. Quelques jours avant son interpellation par les éléments de la DPJ, l’ex-ministre de l’Education de base se faisait recevoir par le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir dont elle est l’une des grandes militantes. Si on ignore jusque là ce qu’ils se sont dits, on imagine que madame Haman a dû se confier à René Sadi, notamment sur ce qui était alors les rumeurs persistantes de sa prochaine interpellation. Le secrétaire général du RDPC lui a-t-il annoncé son arrestation ? On peut sérieusement en douter. Selon des indiscrétions, Haman Adama serait plutôt sortie de cet entretien rassurée sur son avenir.

Au cours de sa longue carrière administrative et politique, l’ex-ministre de l’Education de base a bâti un vaste réseau de relations et d’amitiés au sein du sérail camerounais. D’abord dans sa région d’origine, le Grand nord. Dans son fief du département de la Bénoué, et plus généralement de la région du Nord, Haman Adama fait (ou alors désormais faisait) partie des « Hommes-sûrs » du régime Biya. Certains parlaient d’elle comme une inconditionnelle du chef de l’Etat. Notamment du fait qu’elle avait œuvré à faire reculer l’influence politique de l’UNDP des Bello Bouba Maïgari, Issa Tchiroma Bakary et autres Badjika Ahidjo, là où une certaine Yaou Aïssatou et les frères Hayatou avaient piteusement échoué. Haman Adama avait ainsi fini par étendre son influence politique non seulement au Nord, mais dans tout le Septentrion. Au point de faire son entrée dans « le cercle très restreint » des personnalités qui décident au sein du RDPC à l’époque où Joseph Charles Doumba était secrétaire général du comité central.

Comme Gérôme Mendouga

« Dans la stratégie du pouvoir de contrôler le Grand nord, Haman Adama faisait partie depuis quelques temps des caciques du régime les plus en vue dans la partie septentrionale du pays. Avec des hommes comme le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Amadou Ali, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation Marafa Hamidou Yaya, et dans une autre mesure l’actuel président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril, et bien d’autres, elle formait une coalition épaisse des inconditionnels du régime du président Paul Biya. On peut se dire que ses frères politiques du Grand nord, principalement le vice-Premier ministre en charge de la Justice qui gère l’Opération Epervier à dû lui dire à un moment ou un autre, compte tenu de son influence, de ne pas s’inquiéter du fait qu’elle ne pourrait pas faire partie, quoi que certains en disaient, des personnalités susceptibles d’être inquiétées par la Justice. Malheureusement aujourd’hui, les choses se présentent autrement pour elle comme on peut le constater. Paul Biya montre bien qu’il est insaisissable et…cynique», analyse un homme influent du sérail.

Depuis que la rumeur de son interpellation imminente a commencé à circuler, juste après sa sortie du gouvernement le 30 juin 2009, Haman Adama est pourtant restée libre de ses mouvements.  Selon nos sources, elle ne semblait pas faire l’objet d’une surveillance particulière. C’est ainsi qu’elle a même effectué plusieurs déplacements à l’étranger. D’abord en Europe. Puis récemment en Côte d’Ivoire. Tous ces déplacements étaient, soit des missions politiques dans le cadre de son parti, soit des voyages quasi officiels. Si elle s’était sentie menacée par les serres de l’Epervier, pourquoi n’a-t-elle pas profité de ces voyages pour se faire la belle ? Comme l’a fait son camarade du parti, le député Dieudonné Ambassa Zang avant la levée de son immunité parlementaire ? « La vérité est que l’Opération Epervier dans sa nouvelle version se gère par le président Paul Biya lui même. En fait, depuis les premières fuites d’informations des enquêtes préliminaires à la police judiciaire, les informations qui se sont retrouvées dans les médias, il n’y a que le président qui sait avec exactitude qui doit être arrêté et quand cela doit se faire. Le reste joue simplement un jeu politique assez compliqué », explique un baron du régime joint hier au téléphone par Le Messager.

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En tout cas l’itinéraire actuelle de Haman Adama (qui soit dit en passant est la première femme « tête de liste » dans l’Opération Epervier) ressemble fortement à celle de l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis d’Amérique, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui. Gérôme Mendouga sentant l’étau se resserrer sur lui dans l’affaire Albatros avait initié une demande d’asile aux Etats-Unis. Mais il avait été rassuré par des amis proches et chers, dont un haut responsable des services de sécurité qu’il ne lui arriverait rien s’il revenait au Cameroun. C’est ainsi qu’il avait regagné son Yaoundé natal et circulé librement pendant un temps. Lorsque les rumeurs de son interpellation ont commencé à circuler dans les coulisses, il a joint une fois de plus son ami haut responsable de service de sécurité qui lui a dit (peut être de bonne foi) de ne pas s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’il soit convoqué chez le procureur de la République et mis sous mandat de dépôt. Haman Adama Alimatou Mahone a-t-elle été roulée de la même façon par ses amis du pouvoir ?

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Au cours de sa longue carrière administrative et politique, l’ex-ministre de l’Education de base a bâti un vaste réseau de relations et d’amitiés au sein du sérail camerounais. D’abord dans sa région d’origine, le Grand nord. Dans son fief du département de la Bénoué, et plus généralement de la région du Nord, Haman Adama fait (ou alors désormais faisait) partie des « Hommes-sûrs » du régime Biya. Certains parlaient d’elle comme une inconditionnelle du chef de l’Etat. Notamment du fait qu’elle avait œuvré à faire reculer l’influence politique de l’UNDP des Bello Bouba Maïgari, Issa Tchiroma Bakary et autres Badjika Ahidjo, là où une certaine Yaou Aïssatou et les frères Hayatou avaient piteusement échoué. Haman Adama avait ainsi fini par étendre son influence politique non seulement au Nord, mais dans tout le Septentrion. Au point de faire son entrée dans « le cercle très restreint » des personnalités qui décident au sein du RDPC à l’époque où Joseph Charles Doumba était secrétaire général du comité central.

Comme Gérôme Mendouga

« Dans la stratégie du pouvoir de contrôler le Grand nord, Haman Adama faisait partie depuis quelques temps des caciques du régime les plus en vue dans la partie septentrionale du pays. Avec des hommes comme le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Amadou Ali, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation Marafa Hamidou Yaya, et dans une autre mesure l’actuel président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril, et bien d’autres, elle formait une coalition épaisse des inconditionnels du régime du président Paul Biya. On peut se dire que ses frères politiques du Grand nord, principalement le vice-Premier ministre en charge de la Justice qui gère l’Opération Epervier à dû lui dire à un moment ou un autre, compte tenu de son influence, de ne pas s’inquiéter du fait qu’elle ne pourrait pas faire partie, quoi que certains en disaient, des personnalités susceptibles d’être inquiétées par la Justice. Malheureusement aujourd’hui, les choses se présentent autrement pour elle comme on peut le constater. Paul Biya montre bien qu’il est insaisissable et…cynique», analyse un homme influent du sérail.

Depuis que la rumeur de son interpellation imminente a commencé à circuler, juste après sa sortie du gouvernement le 30 juin 2009, Haman Adama est pourtant restée libre de ses mouvements.  Selon nos sources, elle ne semblait pas faire l’objet d’une surveillance particulière. C’est ainsi qu’elle a même effectué plusieurs déplacements à l’étranger. D’abord en Europe. Puis récemment en Côte d’Ivoire. Tous ces déplacements étaient, soit des missions politiques dans le cadre de son parti, soit des voyages quasi officiels. Si elle s’était sentie menacée par les serres de l’Epervier, pourquoi n’a-t-elle pas profité de ces voyages pour se faire la belle ? Comme l’a fait son camarade du parti, le député Dieudonné Ambassa Zang avant la levée de son immunité parlementaire ? « La vérité est que l’Opération Epervier dans sa nouvelle version se gère par le président Paul Biya lui même. En fait, depuis les premières fuites d’informations des enquêtes préliminaires à la police judiciaire, les informations qui se sont retrouvées dans les médias, il n’y a que le président qui sait avec exactitude qui doit être arrêté et quand cela doit se faire. Le reste joue simplement un jeu politique assez compliqué », explique un baron du régime joint hier au téléphone par Le Messager.

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En tout cas l’itinéraire actuelle de Haman Adama (qui soit dit en passant est la première femme « tête de liste » dans l’Opération Epervier) ressemble fortement à celle de l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis d’Amérique, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui. Gérôme Mendouga sentant l’étau se resserrer sur lui dans l’affaire Albatros avait initié une demande d’asile aux Etats-Unis. Mais il avait été rassuré par des amis proches et chers, dont un haut responsable des services de sécurité qu’il ne lui arriverait rien s’il revenait au Cameroun. C’est ainsi qu’il avait regagné son Yaoundé natal et circulé librement pendant un temps. Lorsque les rumeurs de son interpellation ont commencé à circuler dans les coulisses, il a joint une fois de plus son ami haut responsable de service de sécurité qui lui a dit (peut être de bonne foi) de ne pas s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’il soit convoqué chez le procureur de la République et mis sous mandat de dépôt. Haman Adama Alimatou Mahone a-t-elle été roulée de la même façon par ses amis du pouvoir ?

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De sa cellule à la direction de la police judiciaire (DPJ) à Yaoundé où elle séjourne depuis plus de 48h maintenant, avant certainement celle d’une maison d’arrêt où elle pourrait d’être conduite dans les prochaines heures, Haman Adama Alimatou Mahone doit se dire que la vie est bien cruelle. D’abord sur la douloureuse situation qu’elle vit en ce moment, et ensuite sur ce qu’elle pourrait bien qualifier (et à juste titre ?) de « double jeu et d’hypocrisie » de ses amis du sérail camerounais. Quelques jours avant son interpellation par les éléments de la DPJ, l’ex-ministre de l’Education de base se faisait recevoir par le secrétaire général du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir dont elle est l’une des grandes militantes. Si on ignore jusque là ce qu’ils se sont dits, on imagine que madame Haman a dû se confier à René Sadi, notamment sur ce qui était alors les rumeurs persistantes de sa prochaine interpellation. Le secrétaire général du RDPC lui a-t-il annoncé son arrestation ? On peut sérieusement en douter. Selon des indiscrétions, Haman Adama serait plutôt sortie de cet entretien rassurée sur son avenir.

Au cours de sa longue carrière administrative et politique, l’ex-ministre de l’Education de base a bâti un vaste réseau de relations et d’amitiés au sein du sérail camerounais. D’abord dans sa région d’origine, le Grand nord. Dans son fief du département de la Bénoué, et plus généralement de la région du Nord, Haman Adama fait (ou alors désormais faisait) partie des « Hommes-sûrs » du régime Biya. Certains parlaient d’elle comme une inconditionnelle du chef de l’Etat. Notamment du fait qu’elle avait œuvré à faire reculer l’influence politique de l’UNDP des Bello Bouba Maïgari, Issa Tchiroma Bakary et autres Badjika Ahidjo, là où une certaine Yaou Aïssatou et les frères Hayatou avaient piteusement échoué. Haman Adama avait ainsi fini par étendre son influence politique non seulement au Nord, mais dans tout le Septentrion. Au point de faire son entrée dans « le cercle très restreint » des personnalités qui décident au sein du RDPC à l’époque où Joseph Charles Doumba était secrétaire général du comité central.

Comme Gérôme Mendouga

« Dans la stratégie du pouvoir de contrôler le Grand nord, Haman Adama faisait partie depuis quelques temps des caciques du régime les plus en vue dans la partie septentrionale du pays. Avec des hommes comme le vice-Premier ministre, ministre de la Justice Amadou Ali, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation Marafa Hamidou Yaya, et dans une autre mesure l’actuel président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril, et bien d’autres, elle formait une coalition épaisse des inconditionnels du régime du président Paul Biya. On peut se dire que ses frères politiques du Grand nord, principalement le vice-Premier ministre en charge de la Justice qui gère l’Opération Epervier à dû lui dire à un moment ou un autre, compte tenu de son influence, de ne pas s’inquiéter du fait qu’elle ne pourrait pas faire partie, quoi que certains en disaient, des personnalités susceptibles d’être inquiétées par la Justice. Malheureusement aujourd’hui, les choses se présentent autrement pour elle comme on peut le constater. Paul Biya montre bien qu’il est insaisissable et…cynique», analyse un homme influent du sérail.

Depuis que la rumeur de son interpellation imminente a commencé à circuler, juste après sa sortie du gouvernement le 30 juin 2009, Haman Adama est pourtant restée libre de ses mouvements.  Selon nos sources, elle ne semblait pas faire l’objet d’une surveillance particulière. C’est ainsi qu’elle a même effectué plusieurs déplacements à l’étranger. D’abord en Europe. Puis récemment en Côte d’Ivoire. Tous ces déplacements étaient, soit des missions politiques dans le cadre de son parti, soit des voyages quasi officiels. Si elle s’était sentie menacée par les serres de l’Epervier, pourquoi n’a-t-elle pas profité de ces voyages pour se faire la belle ? Comme l’a fait son camarade du parti, le député Dieudonné Ambassa Zang avant la levée de son immunité parlementaire ? « La vérité est que l’Opération Epervier dans sa nouvelle version se gère par le président Paul Biya lui même. En fait, depuis les premières fuites d’informations des enquêtes préliminaires à la police judiciaire, les informations qui se sont retrouvées dans les médias, il n’y a que le président qui sait avec exactitude qui doit être arrêté et quand cela doit se faire. Le reste joue simplement un jeu politique assez compliqué », explique un baron du régime joint hier au téléphone par Le Messager.

Focal

Première femme tête de liste

En tout cas l’itinéraire actuelle de Haman Adama (qui soit dit en passant est la première femme « tête de liste » dans l’Opération Epervier) ressemble fortement à celle de l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis d’Amérique, aujourd’hui incarcéré à la prison centrale de Kondengui. Gérôme Mendouga sentant l’étau se resserrer sur lui dans l’affaire Albatros avait initié une demande d’asile aux Etats-Unis. Mais il avait été rassuré par des amis proches et chers, dont un haut responsable des services de sécurité qu’il ne lui arriverait rien s’il revenait au Cameroun. C’est ainsi qu’il avait regagné son Yaoundé natal et circulé librement pendant un temps. Lorsque les rumeurs de son interpellation ont commencé à circuler dans les coulisses, il a joint une fois de plus son ami haut responsable de service de sécurité qui lui a dit (peut être de bonne foi) de ne pas s’inquiéter. Jusqu’à ce qu’il soit convoqué chez le procureur de la République et mis sous mandat de dépôt. Haman Adama Alimatou Mahone a-t-elle été roulée de la même façon par ses amis du pouvoir ?

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Kenjo Jumbam : Un génie méconnu

Enseignant de profession, Kenjo Jumbam est considéré comme étant l’un des plus importants écrivains camerounais anglophones, aux côtés de Mbella Sonne Dipoko.

Pour suppléer au manque d’ouvrages scolaires, il écrit, pour ses élèves, un conte qualifié de plaisir pour tout âge, par des critiques.


 

Jumbam a effectué ses études supérieures à l’université de Leeds, en Angleterre, université qui a aussi formé le prix Nobel Wole Soyinka et l’auteur kényan Ngugi wa Thiong’o, entre autres. C’est durant la période de ses études qu’il envoya son premier manuscrit, une histoire d’amour, à Heinemann, qui était alors l’éditeur le plus prestigieux d’œuvres écrites en anglais par des Africains. Le roman de Jumbam fut refusé, mais il n’arrêta pas d’écrire.
En 1975, Heinemann accepta finalement son « Lukong and the Leopard eith The White Man of Cattle », un livre pour jeunes lecteurs, qui sera publié en 1975. Le critique Steve Arnold décrit son volume comme étant « une paire de contes racontés de belle manière… destinée à des étudiants du secondaire, mais un plaisir pour tout âge ». Jumbam écrivit ces longues nouvelles quand il était professeur d’anglais à Bafia. Ses étudiants étant francophones, et le livre au programme n’étant pas disponible, il écrivit l’histoire de Lukong et du Léopard pour ses propres élèves. En 1980, le roman « The White Man of God », l’œuvre la plus célébrée de Jumbam, fut acceptée par la African Writers Series. « The White Man of God » raconte l’adolescence de Tansa, sa rencontre avec le christianisme et surtout avec le concept d’un paternel Dieu d’amour qui, tout de même, envoie ses enfants en enfer. A la sortie du livre, Arnold écrivit ceci : « Jumbam est un écrivain de stature internationale et sera certainement largement connu d’ici peu ».
Malheureusement, Heinemann qui lança la carrière littérature d’auteurs comme Achebe, Ngugi et de nombreux autres auteurs prestigieux d’expression anglaise limita ses activités à la fin des années 1980. Ajouté aux difficultés de publication au Cameroun, particulièrement pour les auteurs anglophones, Jumbam se retrouva avec de nombreux manuscrits non publiés. Il mourut en 2005, sans avoir jamais atteint la promesse de son génie, ni la reconnaissance internationale que son talent méritait.

Dibussi Tande et Joyce Ashuntantang
 (Correspondance particulière, traduit de l’anglais par Patrice Nganang)

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