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Mboua Massock : Le Cameroun n’a pas encore les clés de son indépendance

 

Celui qui se réclame défenseur des libertés, inaugure également une autre forme de résistance en faisant 3000 km de marche à pied.

Vous êtes arrivé à Bafoussam le 24 janvier dernier, après avoir parcouru 628 kilomètres à pied depuis Douala où vous résidez. Pourquoi organisez-vous une telle marche ?
Notre pays a des problèmes et ces problèmes ont une origine. C’est le fait que depuis cinquante ans d’indépendance, le Cameroun n’a pas encore les clés de gestion de son indépendance. Tant que nous n’aurons pas ces clés, notre pays continuera à sombrer. Nos pères aînés se sont battus pour que le Cameroun devienne un pays reconnu de par le monde comme un pays souverain. C’est fait depuis 1960. Maintenant, il revient à la jeunesse de mener le combat pour que le Cameroun ait tous les éléments de gestion de son indépendance. C’est un combat qui demande à mobiliser des énergies disponibles. Nous avons donc imaginé qu’il fallait trouver un moyen pour mettre en place une coordination de ces énergies. Nous l’avons fait sur la base des exigences préélectorales.

C’est-à-dire ?
Nous ne sommes pas dans une logique de guerre avec qui que ce soit. Il s’agit de la réappropriation de notre être, de notre Etat. Il y a nécessité de rendre claires les revendications que nous avons pour que l’élection présidentielle prévue en 2011 se passe dans les normes. Ceci pour que la dynamique à mettre en place pour récupérer lesdites clés soit effective. Nous avons énuméré douze exigences. Entre autres, il faut que le mandat présidentiel en cours soit respecté. Il n’y a pas le feu dans la maison et une élection anticipée n’est pas normale. Il y a également que, au Cameroun, la loi actuelle ne permet pas à quelqu’un d’être président de la République avant 35 ans. Mais, cette loi ne dit pas à quel moment le même président ne doit plus exercer. Or, nous pensons qu’il doit avoir des possibilités d’aller à la retraite quand on est président de la République. Il faut aussi publier le recensement général de la population. Quand on ne sait pas combien de personnes on gère, on ne peut pas faire un programme politique viable. Je ne reviendrais pas sur toutes les douze revendications.

Quel sera l’itinéraire à suivre ?
Nous avons décidé de faire 3000 kilomètres de marche dans le programme dit " Le pas décisif ". Nous ferons 1200 km dans les régions du Sud Cameroun (Littoral, Centre-Sud, Ouest, Nord-Ouest, Sud-Ouest et 1800 km dans le grand Nord. Ce dernier trajet va s’effectuer à partir de juillet prochain. Soit près de six mois de marche au total. Nous le faisons pour prêcher la vision d’un Cameroun propriétaire du Cameroun, d’un Cameroun libre, indépendant et légitimement géré par les Camerounais eux-mêmes. Un pays doit s’autogérer pour être capable d’avancer.

N’avez-vous pas rencontré d’obstacles depuis le début ?
Il y a eu des intentions d’empêcher ce pas. C’est le cas à Bamenda la semaine dernière, où j’ai été entendu sur procès-verbal pendant près trente minutes par des gendarmes. Ces gendarmes voulaient savoir ce que je suis venu faire à Bamenda. Et je leur ai répondu que je n’avais pas besoin d’une autorisation pour parcourir mon pays. J’ai logé à Unity hôtel. Alors que je m’apprêtais à sortir le matin, deux gendarmes se sont présentés à moi pour dire que le commandant de la légion de gendarmerie locale les a envoyés m’interpeller. J’ai attendu pendant environ 2 heures 30 pour qu’on me dise que des instructions ont été données [par le gouverneur du Nord-Ouest] pour me libérer. Je vais continuer mon périple sans crainte.

Dans l’opinion, on pense que votre  »activisme » vise à attirer la sympathie des pourvoyeurs de fonds extérieurs. Que répondez-vous ?
Les concitoyens nationalistes n’encouragent tout au long de mon parcours, eux qui estiment que celui qui pose des actes visant à élever des consciences nationalistes, ne peut pas aller chercher la banane au champ. Je suis comptable de formation. Lorsque j’arrête le travail le 1er juin 1990 pour m’occuper de cette lutte, j’ai donc choisi de suspendre ma vie de travailleur pour poursuivre l’action qui n’a pas été achevée par nos aïeux. Si mes compatriotes pensent que ce que je fais est utile, ils vont trouver avec quoi le combattant va le faire.

On voudrait en savoir un peu plus sur votre carrière professionnelle et autre ?
J’ai travaillé à la Camair, où j’occupais le poste de chef service de gestion à Douala. J’y ai fait 14 ans et neuf mois. Il y avait de l’argent physique. Les gens ont finit par dire que je gère l’argent de la Camair comme le mien. Parce que je veillais sur cet argent. A l’époque, j’ai vu défiler des directeurs généraux à l’instar de Hamadou Bello et Augustin Frédéric Kodock. Je suis né en 1953. Aujourd’hui, j’ai une femme et des enfants. Ma famille, je ne parviens plus à la nourrir, mais elle ne meurt pas encore de faim. Ma femme a quitté [une Camerounaise, Ndlr] le Cameroun parce qu’elle a eu trop de pressions. Elle avait le choix entre me trahir et fuir. Quant à mes enfants, ils ont eu des difficultés à fréquenter au Cameroun. Si bien qu’il y a un, le deuxième, qui est allé fréquenter ailleurs qu’au Cameroun.

Propos recueillis par Michel Ferdinand

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Vous êtes arrivé à Bafoussam le 24 janvier dernier, après avoir parcouru 628 kilomètres à pied depuis Douala où vous résidez. Pourquoi organisez-vous une telle marche ?
Notre pays a des problèmes et ces problèmes ont une origine. C’est le fait que depuis cinquante ans d’indépendance, le Cameroun n’a pas encore les clés de gestion de son indépendance. Tant que nous n’aurons pas ces clés, notre pays continuera à sombrer. Nos pères aînés se sont battus pour que le Cameroun devienne un pays reconnu de par le monde comme un pays souverain. C’est fait depuis 1960. Maintenant, il revient à la jeunesse de mener le combat pour que le Cameroun ait tous les éléments de gestion de son indépendance. C’est un combat qui demande à mobiliser des énergies disponibles. Nous avons donc imaginé qu’il fallait trouver un moyen pour mettre en place une coordination de ces énergies. Nous l’avons fait sur la base des exigences préélectorales.

C’est-à-dire ?
Nous ne sommes pas dans une logique de guerre avec qui que ce soit. Il s’agit de la réappropriation de notre être, de notre Etat. Il y a nécessité de rendre claires les revendications que nous avons pour que l’élection présidentielle prévue en 2011 se passe dans les normes. Ceci pour que la dynamique à mettre en place pour récupérer lesdites clés soit effective. Nous avons énuméré douze exigences. Entre autres, il faut que le mandat présidentiel en cours soit respecté. Il n’y a pas le feu dans la maison et une élection anticipée n’est pas normale. Il y a également que, au Cameroun, la loi actuelle ne permet pas à quelqu’un d’être président de la République avant 35 ans. Mais, cette loi ne dit pas à quel moment le même président ne doit plus exercer. Or, nous pensons qu’il doit avoir des possibilités d’aller à la retraite quand on est président de la République. Il faut aussi publier le recensement général de la population. Quand on ne sait pas combien de personnes on gère, on ne peut pas faire un programme politique viable. Je ne reviendrais pas sur toutes les douze revendications.

Quel sera l’itinéraire à suivre ?
Nous avons décidé de faire 3000 kilomètres de marche dans le programme dit " Le pas décisif ". Nous ferons 1200 km dans les régions du Sud Cameroun (Littoral, Centre-Sud, Ouest, Nord-Ouest, Sud-Ouest et 1800 km dans le grand Nord. Ce dernier trajet va s’effectuer à partir de juillet prochain. Soit près de six mois de marche au total. Nous le faisons pour prêcher la vision d’un Cameroun propriétaire du Cameroun, d’un Cameroun libre, indépendant et légitimement géré par les Camerounais eux-mêmes. Un pays doit s’autogérer pour être capable d’avancer.

N’avez-vous pas rencontré d’obstacles depuis le début ?
Il y a eu des intentions d’empêcher ce pas. C’est le cas à Bamenda la semaine dernière, où j’ai été entendu sur procès-verbal pendant près trente minutes par des gendarmes. Ces gendarmes voulaient savoir ce que je suis venu faire à Bamenda. Et je leur ai répondu que je n’avais pas besoin d’une autorisation pour parcourir mon pays. J’ai logé à Unity hôtel. Alors que je m’apprêtais à sortir le matin, deux gendarmes se sont présentés à moi pour dire que le commandant de la légion de gendarmerie locale les a envoyés m’interpeller. J’ai attendu pendant environ 2 heures 30 pour qu’on me dise que des instructions ont été données [par le gouverneur du Nord-Ouest] pour me libérer. Je vais continuer mon périple sans crainte.

Dans l’opinion, on pense que votre  »activisme » vise à attirer la sympathie des pourvoyeurs de fonds extérieurs. Que répondez-vous ?
Les concitoyens nationalistes n’encouragent tout au long de mon parcours, eux qui estiment que celui qui pose des actes visant à élever des consciences nationalistes, ne peut pas aller chercher la banane au champ. Je suis comptable de formation. Lorsque j’arrête le travail le 1er juin 1990 pour m’occuper de cette lutte, j’ai donc choisi de suspendre ma vie de travailleur pour poursuivre l’action qui n’a pas été achevée par nos aïeux. Si mes compatriotes pensent que ce que je fais est utile, ils vont trouver avec quoi le combattant va le faire.

On voudrait en savoir un peu plus sur votre carrière professionnelle et autre ?
J’ai travaillé à la Camair, où j’occupais le poste de chef service de gestion à Douala. J’y ai fait 14 ans et neuf mois. Il y avait de l’argent physique. Les gens ont finit par dire que je gère l’argent de la Camair comme le mien. Parce que je veillais sur cet argent. A l’époque, j’ai vu défiler des directeurs généraux à l’instar de Hamadou Bello et Augustin Frédéric Kodock. Je suis né en 1953. Aujourd’hui, j’ai une femme et des enfants. Ma famille, je ne parviens plus à la nourrir, mais elle ne meurt pas encore de faim. Ma femme a quitté [une Camerounaise, Ndlr] le Cameroun parce qu’elle a eu trop de pressions. Elle avait le choix entre me trahir et fuir. Quant à mes enfants, ils ont eu des difficultés à fréquenter au Cameroun. Si bien qu’il y a un, le deuxième, qui est allé fréquenter ailleurs qu’au Cameroun.

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Celui qui se réclame défenseur des libertés, inaugure également une autre forme de résistance en faisant 3000 km de marche à pied.

Vous êtes arrivé à Bafoussam le 24 janvier dernier, après avoir parcouru 628 kilomètres à pied depuis Douala où vous résidez. Pourquoi organisez-vous une telle marche ?
Notre pays a des problèmes et ces problèmes ont une origine. C’est le fait que depuis cinquante ans d’indépendance, le Cameroun n’a pas encore les clés de gestion de son indépendance. Tant que nous n’aurons pas ces clés, notre pays continuera à sombrer. Nos pères aînés se sont battus pour que le Cameroun devienne un pays reconnu de par le monde comme un pays souverain. C’est fait depuis 1960. Maintenant, il revient à la jeunesse de mener le combat pour que le Cameroun ait tous les éléments de gestion de son indépendance. C’est un combat qui demande à mobiliser des énergies disponibles. Nous avons donc imaginé qu’il fallait trouver un moyen pour mettre en place une coordination de ces énergies. Nous l’avons fait sur la base des exigences préélectorales.

C’est-à-dire ?
Nous ne sommes pas dans une logique de guerre avec qui que ce soit. Il s’agit de la réappropriation de notre être, de notre Etat. Il y a nécessité de rendre claires les revendications que nous avons pour que l’élection présidentielle prévue en 2011 se passe dans les normes. Ceci pour que la dynamique à mettre en place pour récupérer lesdites clés soit effective. Nous avons énuméré douze exigences. Entre autres, il faut que le mandat présidentiel en cours soit respecté. Il n’y a pas le feu dans la maison et une élection anticipée n’est pas normale. Il y a également que, au Cameroun, la loi actuelle ne permet pas à quelqu’un d’être président de la République avant 35 ans. Mais, cette loi ne dit pas à quel moment le même président ne doit plus exercer. Or, nous pensons qu’il doit avoir des possibilités d’aller à la retraite quand on est président de la République. Il faut aussi publier le recensement général de la population. Quand on ne sait pas combien de personnes on gère, on ne peut pas faire un programme politique viable. Je ne reviendrais pas sur toutes les douze revendications.

Quel sera l’itinéraire à suivre ?
Nous avons décidé de faire 3000 kilomètres de marche dans le programme dit " Le pas décisif ". Nous ferons 1200 km dans les régions du Sud Cameroun (Littoral, Centre-Sud, Ouest, Nord-Ouest, Sud-Ouest et 1800 km dans le grand Nord. Ce dernier trajet va s’effectuer à partir de juillet prochain. Soit près de six mois de marche au total. Nous le faisons pour prêcher la vision d’un Cameroun propriétaire du Cameroun, d’un Cameroun libre, indépendant et légitimement géré par les Camerounais eux-mêmes. Un pays doit s’autogérer pour être capable d’avancer.

N’avez-vous pas rencontré d’obstacles depuis le début ?
Il y a eu des intentions d’empêcher ce pas. C’est le cas à Bamenda la semaine dernière, où j’ai été entendu sur procès-verbal pendant près trente minutes par des gendarmes. Ces gendarmes voulaient savoir ce que je suis venu faire à Bamenda. Et je leur ai répondu que je n’avais pas besoin d’une autorisation pour parcourir mon pays. J’ai logé à Unity hôtel. Alors que je m’apprêtais à sortir le matin, deux gendarmes se sont présentés à moi pour dire que le commandant de la légion de gendarmerie locale les a envoyés m’interpeller. J’ai attendu pendant environ 2 heures 30 pour qu’on me dise que des instructions ont été données [par le gouverneur du Nord-Ouest] pour me libérer. Je vais continuer mon périple sans crainte.

Dans l’opinion, on pense que votre  »activisme » vise à attirer la sympathie des pourvoyeurs de fonds extérieurs. Que répondez-vous ?
Les concitoyens nationalistes n’encouragent tout au long de mon parcours, eux qui estiment que celui qui pose des actes visant à élever des consciences nationalistes, ne peut pas aller chercher la banane au champ. Je suis comptable de formation. Lorsque j’arrête le travail le 1er juin 1990 pour m’occuper de cette lutte, j’ai donc choisi de suspendre ma vie de travailleur pour poursuivre l’action qui n’a pas été achevée par nos aïeux. Si mes compatriotes pensent que ce que je fais est utile, ils vont trouver avec quoi le combattant va le faire.

On voudrait en savoir un peu plus sur votre carrière professionnelle et autre ?
J’ai travaillé à la Camair, où j’occupais le poste de chef service de gestion à Douala. J’y ai fait 14 ans et neuf mois. Il y avait de l’argent physique. Les gens ont finit par dire que je gère l’argent de la Camair comme le mien. Parce que je veillais sur cet argent. A l’époque, j’ai vu défiler des directeurs généraux à l’instar de Hamadou Bello et Augustin Frédéric Kodock. Je suis né en 1953. Aujourd’hui, j’ai une femme et des enfants. Ma famille, je ne parviens plus à la nourrir, mais elle ne meurt pas encore de faim. Ma femme a quitté [une Camerounaise, Ndlr] le Cameroun parce qu’elle a eu trop de pressions. Elle avait le choix entre me trahir et fuir. Quant à mes enfants, ils ont eu des difficultés à fréquenter au Cameroun. Si bien qu’il y a un, le deuxième, qui est allé fréquenter ailleurs qu’au Cameroun.

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Celui qui se réclame défenseur des libertés, inaugure également une autre forme de résistance en faisant 3000 km de marche à pied.

Vous êtes arrivé à Bafoussam le 24 janvier dernier, après avoir parcouru 628 kilomètres à pied depuis Douala où vous résidez. Pourquoi organisez-vous une telle marche ?
Notre pays a des problèmes et ces problèmes ont une origine. C’est le fait que depuis cinquante ans d’indépendance, le Cameroun n’a pas encore les clés de gestion de son indépendance. Tant que nous n’aurons pas ces clés, notre pays continuera à sombrer. Nos pères aînés se sont battus pour que le Cameroun devienne un pays reconnu de par le monde comme un pays souverain. C’est fait depuis 1960. Maintenant, il revient à la jeunesse de mener le combat pour que le Cameroun ait tous les éléments de gestion de son indépendance. C’est un combat qui demande à mobiliser des énergies disponibles. Nous avons donc imaginé qu’il fallait trouver un moyen pour mettre en place une coordination de ces énergies. Nous l’avons fait sur la base des exigences préélectorales.

C’est-à-dire ?
Nous ne sommes pas dans une logique de guerre avec qui que ce soit. Il s’agit de la réappropriation de notre être, de notre Etat. Il y a nécessité de rendre claires les revendications que nous avons pour que l’élection présidentielle prévue en 2011 se passe dans les normes. Ceci pour que la dynamique à mettre en place pour récupérer lesdites clés soit effective. Nous avons énuméré douze exigences. Entre autres, il faut que le mandat présidentiel en cours soit respecté. Il n’y a pas le feu dans la maison et une élection anticipée n’est pas normale. Il y a également que, au Cameroun, la loi actuelle ne permet pas à quelqu’un d’être président de la République avant 35 ans. Mais, cette loi ne dit pas à quel moment le même président ne doit plus exercer. Or, nous pensons qu’il doit avoir des possibilités d’aller à la retraite quand on est président de la République. Il faut aussi publier le recensement général de la population. Quand on ne sait pas combien de personnes on gère, on ne peut pas faire un programme politique viable. Je ne reviendrais pas sur toutes les douze revendications.

Quel sera l’itinéraire à suivre ?
Nous avons décidé de faire 3000 kilomètres de marche dans le programme dit " Le pas décisif ". Nous ferons 1200 km dans les régions du Sud Cameroun (Littoral, Centre-Sud, Ouest, Nord-Ouest, Sud-Ouest et 1800 km dans le grand Nord. Ce dernier trajet va s’effectuer à partir de juillet prochain. Soit près de six mois de marche au total. Nous le faisons pour prêcher la vision d’un Cameroun propriétaire du Cameroun, d’un Cameroun libre, indépendant et légitimement géré par les Camerounais eux-mêmes. Un pays doit s’autogérer pour être capable d’avancer.

N’avez-vous pas rencontré d’obstacles depuis le début ?
Il y a eu des intentions d’empêcher ce pas. C’est le cas à Bamenda la semaine dernière, où j’ai été entendu sur procès-verbal pendant près trente minutes par des gendarmes. Ces gendarmes voulaient savoir ce que je suis venu faire à Bamenda. Et je leur ai répondu que je n’avais pas besoin d’une autorisation pour parcourir mon pays. J’ai logé à Unity hôtel. Alors que je m’apprêtais à sortir le matin, deux gendarmes se sont présentés à moi pour dire que le commandant de la légion de gendarmerie locale les a envoyés m’interpeller. J’ai attendu pendant environ 2 heures 30 pour qu’on me dise que des instructions ont été données [par le gouverneur du Nord-Ouest] pour me libérer. Je vais continuer mon périple sans crainte.

Dans l’opinion, on pense que votre  »activisme » vise à attirer la sympathie des pourvoyeurs de fonds extérieurs. Que répondez-vous ?
Les concitoyens nationalistes n’encouragent tout au long de mon parcours, eux qui estiment que celui qui pose des actes visant à élever des consciences nationalistes, ne peut pas aller chercher la banane au champ. Je suis comptable de formation. Lorsque j’arrête le travail le 1er juin 1990 pour m’occuper de cette lutte, j’ai donc choisi de suspendre ma vie de travailleur pour poursuivre l’action qui n’a pas été achevée par nos aïeux. Si mes compatriotes pensent que ce que je fais est utile, ils vont trouver avec quoi le combattant va le faire.

On voudrait en savoir un peu plus sur votre carrière professionnelle et autre ?
J’ai travaillé à la Camair, où j’occupais le poste de chef service de gestion à Douala. J’y ai fait 14 ans et neuf mois. Il y avait de l’argent physique. Les gens ont finit par dire que je gère l’argent de la Camair comme le mien. Parce que je veillais sur cet argent. A l’époque, j’ai vu défiler des directeurs généraux à l’instar de Hamadou Bello et Augustin Frédéric Kodock. Je suis né en 1953. Aujourd’hui, j’ai une femme et des enfants. Ma famille, je ne parviens plus à la nourrir, mais elle ne meurt pas encore de faim. Ma femme a quitté [une Camerounaise, Ndlr] le Cameroun parce qu’elle a eu trop de pressions. Elle avait le choix entre me trahir et fuir. Quant à mes enfants, ils ont eu des difficultés à fréquenter au Cameroun. Si bien qu’il y a un, le deuxième, qui est allé fréquenter ailleurs qu’au Cameroun.

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Hubert Haddad : Le tragique essaye d’ouvrir à la réalité des perspectives de vie

Le lauréat du prix des Cinq continents 2008 de la Francophonie parle de la magie de « Palestine ».
Propos recueillis par Marion Obam, à Québec –




Vous avez reçu lundi 13 octobre 2008 à Québec des mains du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, en présence de Jean-Marie Gustave Le Clézio, le prix Nobel de la littérature 2008, le Prix des Cinq continents 2008. Que signifie ce moment pour vous ?
Beaucoup d’émotions. C’est un moment de rencontre. Victor Hugo disait que la vie n’est que rencontres. Pour moi c’est une occasion supplémentaire de rencontre sachant que quand un écrivain est dans son livre, dans son travail est tellement, il est isolé qu’il en devient un peu prisonnier. Mais là tout d’un coup, il faut sortir et abandonner tout son enfermement et puis croire et rencontrer. Pour moi c’est ça le plus important à travers évidemment un travail sur lequel on s’interrogeait, sur lequel on doute toujours. Il y’avait quand 77 livres en lice et rien n’est jamais acquis. La magie de Palestine c’est la rencontre.

Qu’est ce qui a été le déclic pour Palestine que le jury composé de huit auteurs à succès a qualifié de " fable politique en français, qui parle l’arabe et l’hébreu, où l’écriture lyrique se mêle au sens aigu du réel " ?
Il y’a 20 ans j’ai écris un roman qui s’appelle Oholiba des songes dans lequel je parle de la Jérusalem déchu, de l’abandon, de l’exil. Le livre présentait un photographe de guerre qui allait à travers le monde à la recherche du lieu où tout disparaît, parce qu’il a connu la Choa sa famille a disparu. Il n’a jamais voulu aller à Palestine. A un moment de sa vie, après de nombreuses ruptures, il va mourir là-bas. Il rencontre une jeune palestinienne qui lui parle de sa solitude morale et physique dans ce pays et cette jeune femme, je l’ai écris il y’a 20 ans sans que je ne m’en souvienne est devenue l’héroïne de Palestine. Elle pleure en évoquant la Palestine. Falestine c’est l’héroïne de Palestine. C’est une Antigone, elle est entière elle ne comprend pas le sort qui lui est réservé. S’il y’a une vrai motivation, c’est mon frère Michaël qui est évoqué dans le livre. C’est un artiste peintre qui a vécu là-bas et qui s’est suicidé. La fin de sa vie c’était dans la cabane dans Jérusalem Ouest parmi les Oliviers qu’il y’a à la fin du livre. Il s’était mis à peindre dans cet endroit dans la solitude totale entouré de vergers et il est mort de désespérance à cause de la situation vécue par les palestiniens et je voulais lui rendre hommage en écrivant ce livre.

Comment justifiez-vous l’usage de l’arabe et l’hébreu sans jamais donner d’explication en français ?
C’est la musique. Je crois qu’on comprend. C’est un langage assez universel. Pour ceux qui ne connaissent ni l’arabe, ni l’hébreu c’est changeant et enrichissant de voir comment une autre langue peut se mettre en musique sans fausses notes avec le français. L’émotion n’en est que plus forte. C’est comme si je disais je t’aime. Il y’a des mots qui n’ont pas toujours besoin d’explication. Mais c’est la part de moi et de ce qui se passe à Palestine.

Votre technique d’écriture est assez singulière avec des ruptures dans le récit que vous recoller plus loin, pour quelle fin ?
J’ai un peu une écriture cinématographique. Je travaille comme un cinéaste. Qui a des retours, des rappels, des ruptures. Tout ça pour essayer dans un récit très court d’essayer de donner toutes les dimensions du roman, de mon sujet. Si j’avais été davantage linéaire, narratif, il m’aurait fallait beaucoup plus de pages et je ne sais pas si l’effet aurait été le même. J’ai voulu que ce soit plus dynamique comme dans une tragédie.

La fin du roman est suspense, on ne sait pas si le héros, Cham devenu Nessim, meurt…
Je laisse ça aux lecteurs. On aurait tendance à penser qu’il va se sacrifier. Si on meurt dans le roman c’est pour qu’on vive dans la vie réelle. Le tragique dans le roman c’est pour essayer d’ouvrir à la réalité des perspectives de vie.

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