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Moki Edwin Kinzeka : Toujours humble, malgré les distinctions

 

Le secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv radio veut être l’ambassadeur de la cause des changements climatiques.

S’il est une personne vers qui les journalistes se dirigent après la conférence de rédaction de la matinée au poste national de la Crtv radio, c’est bien Moki Edwin Kinzeka. Même si, à la fin de celle-ci, présidée généralement par François Marc Modzom, il prend la peine de présenter les différents sujets et reportages de la journée, ainsi que les noms des principaux reporters, qui y sont affectés, il n’en demeure pas moins vrai que le secrétaire de rédaction est toujours assailli par ses collègues du lundi au vendredi. Chacun voulant s’assurer de l’heure et du lieu du reportage, sans oublier du nom de son pendant de l’autre langue. Ici, les équipes de reportages sont composées d’un journaliste d’expression française et d’un autre d’expression anglaise. Un exercice auquel Moki Edwin Kinzeka se plie sans jamais perdre le sourire, qui quitte difficilement son visage.

Au-delà de cette fonction de secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv, Moki Edwin Kinzeka est également reporter. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a participé au concours relatif aux changements climatiques, organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne au Cameroun. "Je n’ai pas hésité à postuler puisqu’en 2008, j’avais bénéficié d’une formation relative aux reportages sur l’Environnement et les changements climatiques, organisée par cette représentation diplomatique. A cet effet, j’avais acquis les connaissances nécessaires pour aborder ce type de sujet ", explique-t-il. Il profitera d’ailleurs de son séjour dans la région de l’Extrême-Nord pour collecter le maximum d’informations sur la question des changements climatiques.
"Mon reportage commence par le son d’un lamido qui prie dans les mosquées pour invoquer la pluie. Tandis qu’au même moment, un lamido de Mokolo invoque Allah cette fois, en disant que la pluie cause des inondations ", explique t-il.

Intitulé "Comment la population de l’Extrême Nord vit les changements climatiques", son reportage obtiendra d’ailleurs la récompense en radio du concours sur les changements climatiques organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne. Déjà, il espère être l’ambassadeur de cette cause.
Dans son reportage, Moki Edwin Kinzeka donne également la parole "aux bergers, qui disent comment les boeufs sont morts. Par ailleurs, en période de transhumance, leurs épouses passent plus de temps dans la brousse pour chercher les aliments nécessaires à la nutrition de leurs animaux. En outre, les effets sont aussi visibles au niveau du lac Tchad, où près de 26 millions de personnes souffrent du fait qu’il a perdu près de 80% de son étendue. Sans oublier les efforts du gouvernement pour le reboisement, alors qu’au même moment, d’autres coupent les arbres pour en faire du bois de chauffage", complète le président de l’antenne Yaoundé de l’Association des journalistes anglophones.

Ce prix entre dans une gibecière qui commence à être consistante. "Il y a moins d’1 mois que j’ai obtenu le Garden Post Awards comme meilleur journaliste de l’année. En 2009, j’ai été désigné meilleur journaliste de la Crtv en créativité. Ma hiérarchie m’a fait savoir que je suis le journaliste sur lequel on pouvait compter. Toutes ces distinctions et ces marques de considérations me permettent d’être humble et de redoubler d’ardeur au travail ", énumère Moki Edwin Kinzeka. Qui est également présentateur du journal sur la télévision nationale. Né à Kumbo, il y a un plus de 35 ans, c’est au Nigerian Institute of Journalism qu’il se forme dans un premier temps. Puis, il déposera ses valises à l’Université de Lagos. Fautes de moyens financiers, il ne terminera pas sa formation. De retour au Cameroun, il est recruté à la Cameroon radio television. Son premier poste d’affectation est à Ngaoundéré. Il utilisera à bon escient la présence dans cette localité d’une université à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines pour s’inscrire en Sociologie, où il obtiendra une Maîtrise.

Priscille G. Moadougou

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Le secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv radio veut être l’ambassadeur de la cause des changements climatiques.

S’il est une personne vers qui les journalistes se dirigent après la conférence de rédaction de la matinée au poste national de la Crtv radio, c’est bien Moki Edwin Kinzeka. Même si, à la fin de celle-ci, présidée généralement par François Marc Modzom, il prend la peine de présenter les différents sujets et reportages de la journée, ainsi que les noms des principaux reporters, qui y sont affectés, il n’en demeure pas moins vrai que le secrétaire de rédaction est toujours assailli par ses collègues du lundi au vendredi. Chacun voulant s’assurer de l’heure et du lieu du reportage, sans oublier du nom de son pendant de l’autre langue. Ici, les équipes de reportages sont composées d’un journaliste d’expression française et d’un autre d’expression anglaise. Un exercice auquel Moki Edwin Kinzeka se plie sans jamais perdre le sourire, qui quitte difficilement son visage.

Au-delà de cette fonction de secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv, Moki Edwin Kinzeka est également reporter. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a participé au concours relatif aux changements climatiques, organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne au Cameroun. "Je n’ai pas hésité à postuler puisqu’en 2008, j’avais bénéficié d’une formation relative aux reportages sur l’Environnement et les changements climatiques, organisée par cette représentation diplomatique. A cet effet, j’avais acquis les connaissances nécessaires pour aborder ce type de sujet ", explique-t-il. Il profitera d’ailleurs de son séjour dans la région de l’Extrême-Nord pour collecter le maximum d’informations sur la question des changements climatiques.
"Mon reportage commence par le son d’un lamido qui prie dans les mosquées pour invoquer la pluie. Tandis qu’au même moment, un lamido de Mokolo invoque Allah cette fois, en disant que la pluie cause des inondations ", explique t-il.

Intitulé "Comment la population de l’Extrême Nord vit les changements climatiques", son reportage obtiendra d’ailleurs la récompense en radio du concours sur les changements climatiques organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne. Déjà, il espère être l’ambassadeur de cette cause.
Dans son reportage, Moki Edwin Kinzeka donne également la parole "aux bergers, qui disent comment les boeufs sont morts. Par ailleurs, en période de transhumance, leurs épouses passent plus de temps dans la brousse pour chercher les aliments nécessaires à la nutrition de leurs animaux. En outre, les effets sont aussi visibles au niveau du lac Tchad, où près de 26 millions de personnes souffrent du fait qu’il a perdu près de 80% de son étendue. Sans oublier les efforts du gouvernement pour le reboisement, alors qu’au même moment, d’autres coupent les arbres pour en faire du bois de chauffage", complète le président de l’antenne Yaoundé de l’Association des journalistes anglophones.

Ce prix entre dans une gibecière qui commence à être consistante. "Il y a moins d’1 mois que j’ai obtenu le Garden Post Awards comme meilleur journaliste de l’année. En 2009, j’ai été désigné meilleur journaliste de la Crtv en créativité. Ma hiérarchie m’a fait savoir que je suis le journaliste sur lequel on pouvait compter. Toutes ces distinctions et ces marques de considérations me permettent d’être humble et de redoubler d’ardeur au travail ", énumère Moki Edwin Kinzeka. Qui est également présentateur du journal sur la télévision nationale. Né à Kumbo, il y a un plus de 35 ans, c’est au Nigerian Institute of Journalism qu’il se forme dans un premier temps. Puis, il déposera ses valises à l’Université de Lagos. Fautes de moyens financiers, il ne terminera pas sa formation. De retour au Cameroun, il est recruté à la Cameroon radio television. Son premier poste d’affectation est à Ngaoundéré. Il utilisera à bon escient la présence dans cette localité d’une université à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines pour s’inscrire en Sociologie, où il obtiendra une Maîtrise.

Priscille G. Moadougou

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Le secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv radio veut être l’ambassadeur de la cause des changements climatiques.

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Au-delà de cette fonction de secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv, Moki Edwin Kinzeka est également reporter. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a participé au concours relatif aux changements climatiques, organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne au Cameroun. "Je n’ai pas hésité à postuler puisqu’en 2008, j’avais bénéficié d’une formation relative aux reportages sur l’Environnement et les changements climatiques, organisée par cette représentation diplomatique. A cet effet, j’avais acquis les connaissances nécessaires pour aborder ce type de sujet ", explique-t-il. Il profitera d’ailleurs de son séjour dans la région de l’Extrême-Nord pour collecter le maximum d’informations sur la question des changements climatiques.
"Mon reportage commence par le son d’un lamido qui prie dans les mosquées pour invoquer la pluie. Tandis qu’au même moment, un lamido de Mokolo invoque Allah cette fois, en disant que la pluie cause des inondations ", explique t-il.

Intitulé "Comment la population de l’Extrême Nord vit les changements climatiques", son reportage obtiendra d’ailleurs la récompense en radio du concours sur les changements climatiques organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne. Déjà, il espère être l’ambassadeur de cette cause.
Dans son reportage, Moki Edwin Kinzeka donne également la parole "aux bergers, qui disent comment les boeufs sont morts. Par ailleurs, en période de transhumance, leurs épouses passent plus de temps dans la brousse pour chercher les aliments nécessaires à la nutrition de leurs animaux. En outre, les effets sont aussi visibles au niveau du lac Tchad, où près de 26 millions de personnes souffrent du fait qu’il a perdu près de 80% de son étendue. Sans oublier les efforts du gouvernement pour le reboisement, alors qu’au même moment, d’autres coupent les arbres pour en faire du bois de chauffage", complète le président de l’antenne Yaoundé de l’Association des journalistes anglophones.

Ce prix entre dans une gibecière qui commence à être consistante. "Il y a moins d’1 mois que j’ai obtenu le Garden Post Awards comme meilleur journaliste de l’année. En 2009, j’ai été désigné meilleur journaliste de la Crtv en créativité. Ma hiérarchie m’a fait savoir que je suis le journaliste sur lequel on pouvait compter. Toutes ces distinctions et ces marques de considérations me permettent d’être humble et de redoubler d’ardeur au travail ", énumère Moki Edwin Kinzeka. Qui est également présentateur du journal sur la télévision nationale. Né à Kumbo, il y a un plus de 35 ans, c’est au Nigerian Institute of Journalism qu’il se forme dans un premier temps. Puis, il déposera ses valises à l’Université de Lagos. Fautes de moyens financiers, il ne terminera pas sa formation. De retour au Cameroun, il est recruté à la Cameroon radio television. Son premier poste d’affectation est à Ngaoundéré. Il utilisera à bon escient la présence dans cette localité d’une université à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines pour s’inscrire en Sociologie, où il obtiendra une Maîtrise.

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Le secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv radio veut être l’ambassadeur de la cause des changements climatiques.

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Au-delà de cette fonction de secrétaire de rédaction du poste national de la Crtv, Moki Edwin Kinzeka est également reporter. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il a participé au concours relatif aux changements climatiques, organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne au Cameroun. "Je n’ai pas hésité à postuler puisqu’en 2008, j’avais bénéficié d’une formation relative aux reportages sur l’Environnement et les changements climatiques, organisée par cette représentation diplomatique. A cet effet, j’avais acquis les connaissances nécessaires pour aborder ce type de sujet ", explique-t-il. Il profitera d’ailleurs de son séjour dans la région de l’Extrême-Nord pour collecter le maximum d’informations sur la question des changements climatiques.
"Mon reportage commence par le son d’un lamido qui prie dans les mosquées pour invoquer la pluie. Tandis qu’au même moment, un lamido de Mokolo invoque Allah cette fois, en disant que la pluie cause des inondations ", explique t-il.

Intitulé "Comment la population de l’Extrême Nord vit les changements climatiques", son reportage obtiendra d’ailleurs la récompense en radio du concours sur les changements climatiques organisé par le Haut Commissariat de Grande Bretagne. Déjà, il espère être l’ambassadeur de cette cause.
Dans son reportage, Moki Edwin Kinzeka donne également la parole "aux bergers, qui disent comment les boeufs sont morts. Par ailleurs, en période de transhumance, leurs épouses passent plus de temps dans la brousse pour chercher les aliments nécessaires à la nutrition de leurs animaux. En outre, les effets sont aussi visibles au niveau du lac Tchad, où près de 26 millions de personnes souffrent du fait qu’il a perdu près de 80% de son étendue. Sans oublier les efforts du gouvernement pour le reboisement, alors qu’au même moment, d’autres coupent les arbres pour en faire du bois de chauffage", complète le président de l’antenne Yaoundé de l’Association des journalistes anglophones.

Ce prix entre dans une gibecière qui commence à être consistante. "Il y a moins d’1 mois que j’ai obtenu le Garden Post Awards comme meilleur journaliste de l’année. En 2009, j’ai été désigné meilleur journaliste de la Crtv en créativité. Ma hiérarchie m’a fait savoir que je suis le journaliste sur lequel on pouvait compter. Toutes ces distinctions et ces marques de considérations me permettent d’être humble et de redoubler d’ardeur au travail ", énumère Moki Edwin Kinzeka. Qui est également présentateur du journal sur la télévision nationale. Né à Kumbo, il y a un plus de 35 ans, c’est au Nigerian Institute of Journalism qu’il se forme dans un premier temps. Puis, il déposera ses valises à l’Université de Lagos. Fautes de moyens financiers, il ne terminera pas sa formation. De retour au Cameroun, il est recruté à la Cameroon radio television. Son premier poste d’affectation est à Ngaoundéré. Il utilisera à bon escient la présence dans cette localité d’une université à la Faculté des Arts, Lettres et Sciences humaines pour s’inscrire en Sociologie, où il obtiendra une Maîtrise.

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De d’huile de palme pour rouler ou cuisiner ?

Les palmeraies du groupe français Bolloré s’étendent pour combler le déficit d’huile de palme. Mais aussi pour produire des biocarburants. Un projet critiqué par la société civile qui y voit une menace de plus contre la sécurité alimentaire. –

Dans les plantations de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), à Mbambou (environ 70 km au sud-est de Douala), une pépinière de plants de palmiers à huile s’étend sur près d’un hectare. "Ces milliers de jeunes plants seront mis en terre au début de l’année 2009 sur les nouvelles terres récemment aménagées", indique Jonas Sepnop, un employé de cette ex-société d’État, rachetée en 2000 par la société belge Socfinco, liée au groupe français Bolloré. Non loin de là, les travaux de construction d’une nouvelle usine de transformation d’huile de palme avancent. "C’est pour répondre à la pénurie d’huile", lâche simplement Cyprien Mbondié, le directeur commercial.
Le Cameroun, pourtant plus gros producteur d’huile de palme de la région (200 000 t en 2007), doit en importer d’Asie à des prix de plus en plus élevés avec la hausse des cours mondiaux : environ 50 000 t cette année pour combler le déficit de production dû au vieillissement des plantations et à une pluviométrie insuffisante.
Résultat, en deux ans, le prix de vente au détail a presque doublé, atteignant 600 à 800 Fcfa le litre. L’huile de palme est utilisée dans la plupart des recettes de cuisine et par les savonneries. Mais, depuis 2005, la Socapalm l’utilise aussi pour produire du biocarburant. À la direction générale, à Douala, on se refuse à confirmer l’existence de ce projet qui absorberait une partie de la production au détriment de la consommation des ménages. Un secret de polichinelle, car, glisse sous anonymat un employé, "les travaux sur la production de biodiesel à partir de l’huile de palme sont conduits dans notre usine de Kienké, vers Kribi".

Contre les biocarburants
Jean-Marie Libert, d’ailleurs responsable du projet biocarburant de la Socapalm, avait été clair lors d’une conférence internationale sur les biocarburants qui a réuni au Burkina Faso, en 2007, des experts techniques, des décideurs politiques et économiques et des Ongs : "Nous voulons explorer les différentes pistes que peuvent offrir l’huile de palme et ses dérivés comme sources énergétiques, et y impliquer les pays africains en les amenant à jouer un rôle dans l’élaboration des produits offrant une alternative écologique et économique au gasoil." Il avait même révélé qu’à l’instar de la Socapalm, la Safacam et la Ferme suisse, qui appartiennent au groupe Bolloré, expérimentaient, elles aussi, la production de biodiesel. Ces trois sociétés (sur cinq au Cameroun) assurent, à elles seules, environ 80 % de la production nationale d’huile de palme sur 40 000 ha.
Faire tourner des moteurs avec une huile qui pourrait utilement servir dans la cuisine suscite des réactions. "On ne peut pas comprendre qu’on parle de produire des biocarburants avec de l’huile de palme au moment où la consommation du pays est déficitaire", s’insurge Bernard Njonga, président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (ACDIC). Nous sommes totalement contre ces biocarburants puisqu’ils concurrencent les produits alimentaires." Un tel projet, argumente-t-il, signifie étendre les surfaces cultivées au détriment des cultures vivrières. "N’oubliez pas, met-il en garde, que les émeutes de février dernier avaient également pour origine la production des agrocarburants à l’étranger au détriment des denrées alimentaires". Les manifestations contre la vie chère avaient fait [plusieurs] dizaines de morts au Cameroun et paralysé le pays pendant 5 jours.

Protestations villageoises
Localement, le développement des plantations de palmier à huile suscite aussi des oppositions. À Mbambou, les riverains ont protesté, il y a quelques mois, contre l’occupation de 7 500 ha de terres que l’État a rétrocédées à la Socapalm pour étendre ses palmeraies […] Mêmes récriminations dans l’arrondissement de Dibombari (25 km à l’ouest de Douala), où se trouvent les plus grandes plantations de la Socapalm […] Ici, le palmier à huile est omniprésent depuis une quinzaine d’années et les paysans sont régulièrement traînés devant les tribunaux par la Socapalm pour occupation illégale des terres ou vol de noix de palme. Les riverains des autres sites de la société (à Mbongo, Eseka ou Kienke) sont en proie à la même insécurité foncière.
Face à ces problèmes et au développement des biocarburants, en général, l’attitude des autorités oscille. Paul Biya, dans son message de fin d’année dernière, avait déclaré ne voir "que des avantages à ce que le Cameroun étudie la possibilité de développer la production des biocarburants à partir de certaines productions agricoles résiduelles (comme les résidus de la canne à sucre, Ndlr)". Cette onction politique a été aussitôt suivie de la venue du Français Charles Million, directeur de Agro Energie Développement (AED), avec un projet de production de biodiesel à partir de jatropha, mais aussi de tournesol dont l’huile est comestible. Badel Ndanga Ndinga, ministre de l’Industrie, lui, est allé plus loin en encourageant AED à entreprendre aussi des recherches sur d’autres plantes comme… l’huile de palme.  

Par Etienne TASSE, Wilfried J. TANKEU (Syfia)

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