Festival : Yafawe, de fil en aiguille
La 2e édition du Salon africain des créateurs de mode a ouvert ses portes hier à Yaoundé.
Justin Blaise Akono – La deuxième édition du festival international de mode baptisé Yaoundé Fashion Week (Yafawe) a débuté hier, mardi 13 février 2007, dans la capitale camerounaise. Sur le principal site, l’hôtel de ville, une vingtaine de stands, dont certains étaient encore déserts jusqu’en début d’après-midi d’hier, vantaient les produits de la mode aussi bien du Cameroun que de l’étranger. Notamment le stand de Linda Sithole d’Afrique du Sud (styliste et participante), qui présente plusieurs vêtements à l’effigie de Nelson Mandela.
Dans d’autres stands, des sacs en raphia ou en sisal, des petits tableaux, des vêtements pour dames, messieurs et enfants, faits en tissu pagne du Cameroun, en lin, en bogolan, en Obom (une écorce d’arbre), des serviettes de toilette, des souliers, etc.
Pour Berthe Mina de la maison Equateur, "l’ouverture est timide. Peut-être que les gens seront plus nombreux plus tard". Une curiosité tout de même : dans le stand de Florence Anaba, on retrouve plutôt du champagne à la place des vêtements ! "Le festival est un très bon support pour faire connaître les produits. Celui qui s’intéresse aux beaux habits peut aussi s’intéresser au bon vin", commente-t-elle.
N’empêche, le Yafawe, qui a vécu les premiers défilés hier en soirée à l’esplanade de l’hôtel de ville, a bel et bien inauguré sa semaine de la mode. Une conférence de presse a notamment été donnée par la promotrice Juliette Ombang, en compagnie du parrain Roger Milla, ainsi que des stylistes Michael Gamor du Ghana, Tiane Diane du Sénégal et Linda Sethole d’Afrique du Sud, tous invités au festival de cette année, qui court jusqu’au 17 février prochain.
Organisation
Pour Juliette Ombang, le festival, qui était initialement une biennale, a connu beaucoup de problèmes. Raison pour laquelle beaucoup de temps a passé entre la première édition tenue en 2002 et celle inaugurée hier, et à laquelle prennent part 24 mannequins (18 filles et 6 garçons), tous des Camerounais. La promotrice dit par ailleurs ne pas encore savoir combien cet événement lui coûtera. Juliette Ombang avoue en effet avoir dépensé quelque 40 millions Fcfa lors de la première édition en 2002. Une certitude toutefois : "la contribution des sponsors représente à peu près les 30 % du budget", reconnaît-elle ; avant de révéler que, du fait d’une absence d’une application de la loi sur le mécénat, les sponsors sont obligés de retenir leurs bourses, étant donné que "les impôts leur réclament le double de ce qu’ils offrent", affirme Juliette Ombang. Laquelle annonce néanmoins un prix d’un million Fcfa promis au meilleur jeune styliste et 500.000 Fcfa pour son suivant.
La promotrice du Yafawe a relevé parmi les difficultés rencontrées jusqu’ici, la réticence de certaines entreprises productrices du tissu. Et pourtant, confie-t-elle, "si les tissus se vendent à bon prix, les stylistes feront du prêt-à-porter, produiront en quantité, vont recruter une main d’œuvre, luttant de ce fait contre la pauvreté". Interpellée par des journalistes sur la multiplicité d’initiatives locales de la taille du Yafawe, Juliette Ombang pense que l’abondance des festivals ne nuit pas. "Pourquoi parler de Synergie ? J’ai invité tout le monde. Chaque fois que je suis invitée par les autres je participe. Même en Europe, les stylistes se détestent royalement", a déclaré la créatrice.
Le programme du Yafawe prévoit ce mercredi une soirée de gala pour jeunes stylistes. Les mannequins, eux, feront une excursion dans la ville de Kribi demain jeudi, pendant que se poursuivra à Yaoundé l’atelier de formation des photographes de modes. La soirée de vendredi prévoit une élection du Top Model, un défilé de mode de couture des créateurs internationaux, un défilé de mode de coiffure, ainsi que la remise de l’Aiguille d’or à un créateur international.
Mutations


La chanteuse qui revient de loin après avoir remonté la pente grâce à une cure de désintoxication a épaté la foule samedi.