Cinéma : Les acteurs revendiquent leurs droits
Une association a donné une conférence de presse hier à Yaoundé.
Hortense Bonguen (stagiaire) – La Cameroun Actors Agency (Cag), une association des acteurs du cinéma camerounais, a organisé une conférence de presse hier au Centre culturel français (Ccf) de Yaoundé, sous le thème "droits de l’interprétation du cinéma au Cameroun : enjeux et défis". L’objectif était de "présenter au public la situation de précarité dans laquelle se trouve le comédien camerounais et trouver des solutions pour l’amélioration de son statut", a indiqué Alain Mboma Mboma, le président de la Cag.
Selon lui, l’artiste est en proie à beaucoup de difficultés telles que l’individualisme des professionnels, qui veulent se hisser seuls au sommet de la gloire. Il a aussi déploré l’amateurisme des acteurs, qui, très souvent, ignorent leurs droits et, par là, se font arnaquer par les producteurs. "Ces derniers s’arrangent à leurs signer des contrats allant dans leur propres intérêts", s’est plaint Alain Mboma. Il a continué son propos en ajoutant qu’au Cameroun le cinéma tarde à prendre son envol parce que, en "matière de rémunération, les droits de l’acteur sont bafoués. Il est temps que les choses changent", a-t-il plaidé.
Pour renchérir, Jean Claude Mongole, juriste et consultant auprès de la société civile audiovisuelle de l’art et la photographie (Scaap) dont le conseil d’administration est présidé par Daouda Mouchangou, a demandé à la Cag de se constituer en syndicat afin de mieux défendre ses intérêts. Pour la confection des textes du futur syndicat, il a par ailleurs proposé son aide à la Cag et à tous les comédiens. Le juriste a relevé qu’il existe au sein du ministère de la Culture un fonds culturel camerounais pour l’amélioration de la politique culturelle (Fccapc), qui préfinance certaines œuvres, "à condition d’être inscrit à la Scaap", a-t-il précisé.
L’échange entre les panélistes et l’assistance s’est transformé en une sorte de dispute. Bitjoka Bondol Mbock, cinéaste camerounais résidant en Allemagne, soulignant notamment l’ignorance des panélistes sur la connaissance des textes qui régissent la profession. Les deux parties se sont davantage disputées sur des problèmes de sémantique entre le cinéma et la vidéo. Or, les membres de la Cag ont estimé que leur souci était de défendre leurs droits d’acteurs, et non de s’intéresser à l’aspect technique. Thierry Ntamack, comédien, a suggéré à ses confrères le dialogue.


