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Renc’Art : Double tranchant

On dit que pour faire un film aujourd’hui, la caméra numérique est une chance pour les tout petits budgets. On l’a vérifié avec deux ou trois récents films.
Claude-B. Kingué – Ceux de Cyrille Masso et de Jean-Pierre Bekolo, notamment. Qui ont montré le travail de qualité qu’on peut faire avec une caméra numérique. Même si, après, Jean-Pierre Bekolo a transformé son œuvre en film de 35 mm, à travers la technique du kinescopage. La qualité de son film, Les Saignantes, et de celui de Masso, Confidences, a d’ailleurs été reconnue et récompensée lors du dernier Fespaco à Ouagadougou. Alors qu’aucun n’a coûté le montant plancher courant pour " réaliser sereinement " chez nous : le milliard de francs.
Un autre film projeté le 5 avril dernier à l’Abbia a cependant fait apparaître la caméra numérique comme une arme à double tranchant. " Sur les traces du Prophète Père Soffo " de Sylvère Tchokoté Happi semble en effet mener en sens inverse du cinéma. Qu’il s’agisse de la technique ou du langage cinématographique, une opinion avertie ne lui ménage pas ses critiques. " Ce serait un euphémisme que d’en parler comme d’un navet. Ce n’est tout simplement pas un film ", tranche J. M. Mollo Olinga du Cinépress.

Le film n’est sans doute pas la dernière œuvre d’un Camerounais qui pourrait essuyer une telle critique. Le risque est plutôt grand que, bientôt, elles soient nombreuses. De maniement facile, la caméra numérique va en effet faire croire à beaucoup qu’il est facile de faire un film. Qu’on peut le faire sans connaître l’abc du cinéma. Qu’on peut le faire sans véritable scénario. Que pour le faire, il suffit d’une histoire ou d’un fait sur lesquels on pose une caméra, et quand on l’arrête, on a son œuvre. Le numérique faisant le miracle. Comme le fait la boîte à rythmes en musique, quoi !
La porte de la réalisation cinématographique s’ouvre ainsi grande au tout-venant. Et quand on connaît le goût des Camerounais pour la débrouillardise, ils sont nombreux qui s’y presseront. Des hordes. Exactement comme dans la musique. Une vague idée qui traverse l’esprit, et l’on y voit une œuvre que l’on met tout aussi vite sur le marché. Peu importe la consistance, la qualité. Ainsi, après le disque omelette, s’annonce le film omelette.

Un autre risque aussi. Celui de voir des vidéastes se prendre pour des cinéastes. Se faire passer pour tels. Et même les supplanter. Ce serait une imposture ? Elle ne serait pas la première chez nous, ni la dernière sans doute. On en connaît une depuis plus d’une décennie, avec la horde de mauvais bouffons qui se font aujourd’hui passer pour comédiens, alors même que s’ils se présentaient comme comiques, ce serait déjà, de leur part, une usurpation. Mais, ayant envahi la scène, ils ont éclipsé les comédiens dignes de ce nom. Dans l’esprit du peuple d’ailleurs aujourd’hui, la comédie se résume à se grimer la face, vêtu de haillons, et à raconter des histoires stupides. Le succès de la bouffonnerie est désormais d’autant plus ravageur que les comédiens, les vrais, n’organisent pas la " résistance ". Ne protestent pas contre cette confusion qui s’étend jusque dans les écoles primaires et les collèges, où ces histrions sont célébrés. Tout comme dans les médias, où ils sont consacrés stars, comme avant eux les mauvais musiciens. Démocratie ? Vous parlez d’une chienlit !

La caméra numérique, une chance… Quelques œuvres cinématographiques, en dehors de celles de Bekolo et de Masso, nous font heureusement espérer que sa " carrière " chez nous ne suivra pas toujours les traces de … On pense par exemple à Dette fatale de Hugues Ongoto. Une œuvre saluée à la sortie comme " pas mal pour un début ". Espérons que son prochain film, qui est déjà annoncé, va asseoir la bonne opinion qu’il s’est ainsi faite. D’autres jeunes réalisateurs lèvent d’ailleurs, chez beaucoup d’observateurs, l’espoir de voir la caméra numérique être véritablement une chance pour le cinéma camerounais, peu fécond. Une chance non pas au sens d’un heureux hasard. Mais dans celui de l’opportunité qui fait fructifier, à peu de frais, l’originalité d’un sujet, le talent et surtout l’ardeur au travail d’un cinéaste, dans un pays pauvre.

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Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Le producteur parisien revient sur le mariage ‘’incestueux’’ entre la CMC, société civile de droit privé, et le ministère de la culture au moment où Hubert Mono Ndzana, PCA de la Sociladra, critique ouvertement la CPMC.

Manu Dibango a-t-il eu un problème avec le ministre Ferdinand Oyono ?
Bien Sûre. Il a eu un problème avec Oyono. Tout ce qu’il nous a promis il n’a pas respecté. Il avait promis qu’il allait nous aider à mettre la nouvelle société en place. Quand vous montez même une simple PME, il vous faut un fonds de démarrage. Il nous avait promis de l’argent. Même pas un seul franc CFA à l’arrivée. J’ai mis mon argent dans ce chantier et je me fais insulter par la suite comme Manu.

Est ce que son éviction était préméditée par le gouvernement après la victoire de Paul Biya aux élections du 11 octobre 2004?
Non. Ce n’est pas parce que je ne suis plus d’accord avec le ministre de la culture que je vais perdre mon honnêteté intellectuelle. Vu le déroulement des choses à la CMC et la position qu’a commencé à prendre Manu et moi, il s’avère qu’on n’était plus d’accord avec le ministre et sa bande.

« Ferdinand Oyono a muselé un magistrat dans le dossier de la CMC »

C’était quoi donc la pomme de discorde entre l’ex-PCA de la CMC et le ministre de la culture ?
Le problème c’est la CPMC (commission Permanente de médiation et de contrôle) qui a été créée pour servir de médiateur entre les diverses sociétés civiles des droits d’auteur. Elle outrepasse ses missions. Je suis l’un des auteurs de l’idée de création de cette commission parce qu’il fallait que la CMC s’accorde  avec les quatre sociétés de gestion collective (CMC, Sociladra, Socidra et la Snaap, je ne sais plus trop).  Nous devions nous entendre sur le partage inter social parce qu’on a des droits communs. Par exemple, les musiciens et les comédiens ont une assiette commune à définir au niveau de leur répartition parce qu’ils voient leurs champs professionnels se rencontrer à un moment donné. C’est le cas des comédiens chanteurs donc.

Et les subsides de l’Etat ?
Justement il ne faut pas confondre les choses. Malheureusement au Cameroun, le ministère de la culture confond la CMC qui est une société civile de droit privé à une société d’Etat. La CMC peut faire appel à une subvention de l’Etat, ce qui est normal à toutes les sociétés. Lors de la création de la CMC, nous avons d’ailleurs sollicité l’Etat sans recevoir le moindre radis.

La CPMC s’interpose comme une tutelle ou comme un médiateur disiez-vous?
Comme une tutelle et c’est justement là le problème. C’est pour ça que cette commission dite commission Ondoa est illégale. La loi de l’an 2000 promulguée par le chef d’Etat et qui régit la gestion collective des sociétés des droits d’auteur au Cameroun est claire et nette : en cas de litige, un comité d’arbitrage doit être mis en place. Il s’agit d’une sorte de commission dont la composition et le fonctionnement sont définis par cette même loi. Une commission qui doit être dirigée par un magistrat. Il y a pareille commission qui fonctionne très bien en France où il n’y a pas de mélange de genre.

Magloire Ondoa qui est à la tête de cette CPMC est-il un magistrat ?
Non. Quand le ministre a décidé d’envoyer Ondoa ici en France pour me voir, pour moi c’était l’occasion de s’imprégner de la réalité des droits d’auteur. Il a beau être juriste mais il n’était pas spécialiste dans ce domaine en plus de n’être pas un magistrat. Je l’ai amené dans plusieurs structures afin qu’il s’imprègne de la réalité : SACEM… Ainsi de retour au Cameroun, il devait jouer le médiateur et non pas la tutelle sur les sociétés civiles de gestion des droits d’auteur.

« Le budget de la CMC est cinq fois celui du ministère de la culture »

La CMC ne doit donc pas obéir à la tutelle du ministère de la culture ?
Concevez-vous une interférence du ministre de la culture dans les affaires de la SAABAM ici en Belgique ou de la SACEM en France ? Ce sont des sociétés civiles tout comme la CMC au Cameroun où on confond tout par cupidité. Ces gens-là ont décidé de faire main basse sur le pactole. Figurez-vous qu’au Cameroun les droits d’auteurs génèrent des milliards de Francs CFA. Ce que la CMC gère annuellement est cinq fois le budget du ministère de la culture.

D’où vient cet argent?
C’est le fruit de ce que les grands usagers qui utilisent les œuvres des artistes reversent à la CMC. Je veux parler de la CRTV, des fournisseurs d’accès à internet, des câblodistributeurs, de MTN, d’Orange, de Guinness… Les petits usagers que sont les bars, les boîtes de nuit, les salons de coiffure, les hôtels etc. paient un forfait annuel qui est reversé aux artistes.

Quel montant votre équipe a-t-elle collecté et reversé aux ayants droit en 18 mois de gestion ?
On a commencé à avoir les problèmes au quinzième mois de notre fonctionnement. Notre souci était d’assoire la société qui avait du mal à se consolider par rapport à tout ce qu’on recevait comme peaux de banane car depuis la création, Ondoa n’a pas arrêté de nous en balancer parce qu’il savait que nous n’étions pas du tout d’accord avec sa médiation à la base qui allait au détriment des intérêts des artistes, donc de la musique.

Quel était le premier problème avec le médiateur de la CPMC à ce moment?
Tout a commencé avec le partage inter social. Il y a des droits communs certes. Mais un exemple illustratif au niveau de la CRTV : les droits de radiodiffusion, c’est-à-dire lorsque vous allumez votre poste radio et que la musique passe, c’est l’artiste musicien qui doit toucher ce droit à cent pour cent. Ondoa ayant un ministre qui est soi-disant écrivain voulait faire plaisir aux écrivains. Les droits radiophoniques doivent être partagés entre les quatre sociétés civiles à parts égales, soit 25% chacun.

N’y a-t-il pas un pot commun pour toutes les quatre sociétés ?
Non, et c’est là où le bât blesse. L’exemple de tout de suite démontre que nous ne pouvions pas prendre des engagements au détriment des musiciens qui nous ont fait confiance. Comment voulez vous qu’un sculpteur touche les droits radiophoniques?

Et la solidarité entre artistes et auteurs, vous en faites quoi ?
Elle existe. On sait qu’il y a des sociétés de gestions collectives qui n’ont pas assez de droits. Au Cameroun, on sait que nos auteurs qui écrivent des livres ne sont pas du tout lus. Nos sculptures ne rapportent rien du tout. Mais on pouvait à notre avis mettre en place un fond de solidarité, pas exiger de la CMC le partage à cent pour cent de ses droits propres. On avait donc beaucoup de malentendus avec Ondoa qui fourguait tout au ministre. Le ministre de toute façon ne maîtrise pas la gestion des sociétés civiles de droits d’auteurs au Cameroun. Compte tenu de ses engagements politiques, de ses amitiés avec le chef de l’Etat il n’est pas au fait de l’information de ce côté-là.

C’est une accusation grave que de dire que le ministre de la culture ne connaît rien de la gestion de la CMC
Il entend tout ce qu’on lui dit, tout ce qu’on lui fougue, il signe. Si je vous montre ce qu’il signe c’est quand même aberrant.

Vous avez quelles preuves ?
On a par exemple des décisions, des notes du ministère. Je vous prends les exemples du partage inter social. Je cite le fonctionnement de la CPMC qui est illégale, le fonctionnement du compte commun ouvert à la banque. Le ministre ne devait pas signer tout cela. Ondoa qui fougue à Ferdinand Oyono la signature d’un contrat d’estampille, c’est-à-dire les timbres sur les cd et cassettes, un contrat de 100 millions de Francs CFA sur la protection des œuvres qui regardent les sociétés civiles. Le ministre ne doit pas mettre sa signature dans une affaire propre à une société civile.

N’était-ce pas une manière de protéger les artistes d’une spoliation ?
Et même ! Les sociétés d’Etat au Cameroun sont gérées par des PCA nommés par le président de la république. Je ne vois pas ce dernier porter sa signature sur un chèque, un bon de commande etc.

« Regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre »

Qu’elle est la société qui a gagné ce marché de 100 millions ? Quand l’appel d’offre a-t-il eu lieu?
C’est la société Advantage Energery qui s’occupe de l’estampillage des œuvres des musiciens par rapport aux 100 millions signés. Ce marché a été passé de gré à gré, le contrat a été signé entre le ministre Ferdinand Oyono, cette société et Ondoa Magloire.

Un musicien camerounais nous a confié qu’il ne connaissait pas une telle structure au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus?
C’est une société de droit camerounais qui est gérée par des camerounais qu’on connaît. On sait qui est derrière cette société. La même société s’est retrouvée à raquetter la commission de liquidation de la Socinada, commission gérée par Sam Mbendé. Nous avons fait nos enquêtes.

Qui se cache derrière la société Advantage Energery ?
Des camerounais, regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre. C’est pour cela que j’affirme que venant de Paris, nous ignorions qu’il y avait une bande qui a décidé de faire main basse sur l’argent des musiciens.

Les musiciens souhaiteraient savoir qui sont leurs bourreaux
Ce sont les mêmes qui ont déstabilisés la Socinada et qui ont par la suite mis en place la commission de sa liquidation.

Quelques noms ?
Il y a Sam Mbendé, Messi Bernard qui de surcroît se retrouve à Nkondengui aujourd’hui, lui qui est le parrain de Sam Mbendé. Il y a le président de la CPMC Ondoa Magloire, Seuna Christophe qui est au ministère de la culture, Angoula Angoula Joseph. On retrouve les mêmes partout, Venant Meliga.

Qui est Messi Bernard et pour quelle raison est-t-il en prison?
Il est en taule pour faux bilans. C’est un expert comptable, son fiston gère Bekolo and Partners. Avant son départ en taule, ce sont eux qui ont fabriqué les faux bilans qui ont incriminé Manu Dibango et son équipe. Comme nous savions que tout était faux, nous leurs avons demandé de porter plainte.  Vous vous rendez compte qu’il faut 02 ou 03 ans au Cameroun pour porter plainte  à quelqu’un? Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas s’en sortir si on se retrouvait dans un tribunal.

« Mono Ndzana réagit trop tard désolé »
C’est grave tout ça
Même Mono Ndzana qui a viré son DG  Alphonse Bombogo et qui est aujourd’hui en guerre contre Ondoa Magloire et sa commission l’a avoué dans une récente interview à la presse camerounaise. Il a dit que Ondoa Magloire a comploté contre Manu Dibango, que Ondoa a décidé de profaner tout ce qu’on a comme monument au Cameroun, comme homme célèbre.

C’est une preuve de courage de la part du professeur Mono Ndzana?
Je suis désolé pour lui avec tout le respect que je lui dois. Nous avons dénoncé tout cela. On s’est démarqué, on s’est fait insulter. Ca réaction arrive trop tard. Il reconnaît aujourd’hui que la CPMC était illégale, portée envers et contre tout ce qu’on peut faire. Ils avaient croisé les bras le temps d’assoire leurs sociétés et après ils vont combattre la commission ? Trop tard. Il comprend deux ou trois ans après. Aujourd’hui Mono Ndzana loue Mouma John, Manu Dibango, Jacky Toto… Il fallait qu’il fasse comme nous.

Vous aviez donc raison de tirer sur le ministre et la CPMC ?
On a dit non tant à Ondoa qu’au ministre. Ca a été clair. On a le temps. Ce temps nous donnera raison.

En rapport avec la CMC, de quoi voulez vous parlez en disant que le temps vous donnera raison ?
Qu’est ce qui ce passe ? Il y a des détournements, des malversations, l’Anif est aux trousses des dirigeants actuels de la CMC, il y a des assignations…

Vous dénoncez la CPMC, une commission illégale, un marché de 100 millions passés de gré à gré. Vous étiez donc de trop pour le ministère de la culture ?
Justement en amont nous n’avions pas les tenants et les aboutissants de tout ce qui se passait au Cameroun. Une fois sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait une mafia qui est capable de tout. Preuve ? Vous avez vu tout ce qui a été dit sur Manu Dibango et son équipe. Ces gens protègent leurs intérêts.

Note de la rédaction : L’équipe Sam Mbendé trouve-t-elle grâce aux yeux des musiciens de la diaspora ? En parlant de ‘’groupuscule’’ dans ses vœux de nouvel an, le PCA actuel joue-t-il la carte de l’apaisement? Quid de l’Anif, de Tom Yoms et autres? La suite prochainement avec le président de l’association des musiciens de la diaspora camerounaise.

Interview réalisée par Hermann Oswald G’nowa

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Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Le producteur parisien revient sur le mariage ‘’incestueux’’ entre la CMC, société civile de droit privé, et le ministère de la culture au moment où Hubert Mono Ndzana, PCA de la Sociladra, critique ouvertement la CPMC.

Manu Dibango a-t-il eu un problème avec le ministre Ferdinand Oyono ?
Bien Sûre. Il a eu un problème avec Oyono. Tout ce qu’il nous a promis il n’a pas respecté. Il avait promis qu’il allait nous aider à mettre la nouvelle société en place. Quand vous montez même une simple PME, il vous faut un fonds de démarrage. Il nous avait promis de l’argent. Même pas un seul franc CFA à l’arrivée. J’ai mis mon argent dans ce chantier et je me fais insulter par la suite comme Manu.

Est ce que son éviction était préméditée par le gouvernement après la victoire de Paul Biya aux élections du 11 octobre 2004?
Non. Ce n’est pas parce que je ne suis plus d’accord avec le ministre de la culture que je vais perdre mon honnêteté intellectuelle. Vu le déroulement des choses à la CMC et la position qu’a commencé à prendre Manu et moi, il s’avère qu’on n’était plus d’accord avec le ministre et sa bande.

« Ferdinand Oyono a muselé un magistrat dans le dossier de la CMC »

C’était quoi donc la pomme de discorde entre l’ex-PCA de la CMC et le ministre de la culture ?
Le problème c’est la CPMC (commission Permanente de médiation et de contrôle) qui a été créée pour servir de médiateur entre les diverses sociétés civiles des droits d’auteur. Elle outrepasse ses missions. Je suis l’un des auteurs de l’idée de création de cette commission parce qu’il fallait que la CMC s’accorde  avec les quatre sociétés de gestion collective (CMC, Sociladra, Socidra et la Snaap, je ne sais plus trop).  Nous devions nous entendre sur le partage inter social parce qu’on a des droits communs. Par exemple, les musiciens et les comédiens ont une assiette commune à définir au niveau de leur répartition parce qu’ils voient leurs champs professionnels se rencontrer à un moment donné. C’est le cas des comédiens chanteurs donc.

Et les subsides de l’Etat ?
Justement il ne faut pas confondre les choses. Malheureusement au Cameroun, le ministère de la culture confond la CMC qui est une société civile de droit privé à une société d’Etat. La CMC peut faire appel à une subvention de l’Etat, ce qui est normal à toutes les sociétés. Lors de la création de la CMC, nous avons d’ailleurs sollicité l’Etat sans recevoir le moindre radis.

La CPMC s’interpose comme une tutelle ou comme un médiateur disiez-vous?
Comme une tutelle et c’est justement là le problème. C’est pour ça que cette commission dite commission Ondoa est illégale. La loi de l’an 2000 promulguée par le chef d’Etat et qui régit la gestion collective des sociétés des droits d’auteur au Cameroun est claire et nette : en cas de litige, un comité d’arbitrage doit être mis en place. Il s’agit d’une sorte de commission dont la composition et le fonctionnement sont définis par cette même loi. Une commission qui doit être dirigée par un magistrat. Il y a pareille commission qui fonctionne très bien en France où il n’y a pas de mélange de genre.

Magloire Ondoa qui est à la tête de cette CPMC est-il un magistrat ?
Non. Quand le ministre a décidé d’envoyer Ondoa ici en France pour me voir, pour moi c’était l’occasion de s’imprégner de la réalité des droits d’auteur. Il a beau être juriste mais il n’était pas spécialiste dans ce domaine en plus de n’être pas un magistrat. Je l’ai amené dans plusieurs structures afin qu’il s’imprègne de la réalité : SACEM… Ainsi de retour au Cameroun, il devait jouer le médiateur et non pas la tutelle sur les sociétés civiles de gestion des droits d’auteur.

« Le budget de la CMC est cinq fois celui du ministère de la culture »

La CMC ne doit donc pas obéir à la tutelle du ministère de la culture ?
Concevez-vous une interférence du ministre de la culture dans les affaires de la SAABAM ici en Belgique ou de la SACEM en France ? Ce sont des sociétés civiles tout comme la CMC au Cameroun où on confond tout par cupidité. Ces gens-là ont décidé de faire main basse sur le pactole. Figurez-vous qu’au Cameroun les droits d’auteurs génèrent des milliards de Francs CFA. Ce que la CMC gère annuellement est cinq fois le budget du ministère de la culture.

D’où vient cet argent?
C’est le fruit de ce que les grands usagers qui utilisent les œuvres des artistes reversent à la CMC. Je veux parler de la CRTV, des fournisseurs d’accès à internet, des câblodistributeurs, de MTN, d’Orange, de Guinness… Les petits usagers que sont les bars, les boîtes de nuit, les salons de coiffure, les hôtels etc. paient un forfait annuel qui est reversé aux artistes.

Quel montant votre équipe a-t-elle collecté et reversé aux ayants droit en 18 mois de gestion ?
On a commencé à avoir les problèmes au quinzième mois de notre fonctionnement. Notre souci était d’assoire la société qui avait du mal à se consolider par rapport à tout ce qu’on recevait comme peaux de banane car depuis la création, Ondoa n’a pas arrêté de nous en balancer parce qu’il savait que nous n’étions pas du tout d’accord avec sa médiation à la base qui allait au détriment des intérêts des artistes, donc de la musique.

Quel était le premier problème avec le médiateur de la CPMC à ce moment?
Tout a commencé avec le partage inter social. Il y a des droits communs certes. Mais un exemple illustratif au niveau de la CRTV : les droits de radiodiffusion, c’est-à-dire lorsque vous allumez votre poste radio et que la musique passe, c’est l’artiste musicien qui doit toucher ce droit à cent pour cent. Ondoa ayant un ministre qui est soi-disant écrivain voulait faire plaisir aux écrivains. Les droits radiophoniques doivent être partagés entre les quatre sociétés civiles à parts égales, soit 25% chacun.

N’y a-t-il pas un pot commun pour toutes les quatre sociétés ?
Non, et c’est là où le bât blesse. L’exemple de tout de suite démontre que nous ne pouvions pas prendre des engagements au détriment des musiciens qui nous ont fait confiance. Comment voulez vous qu’un sculpteur touche les droits radiophoniques?

Et la solidarité entre artistes et auteurs, vous en faites quoi ?
Elle existe. On sait qu’il y a des sociétés de gestions collectives qui n’ont pas assez de droits. Au Cameroun, on sait que nos auteurs qui écrivent des livres ne sont pas du tout lus. Nos sculptures ne rapportent rien du tout. Mais on pouvait à notre avis mettre en place un fond de solidarité, pas exiger de la CMC le partage à cent pour cent de ses droits propres. On avait donc beaucoup de malentendus avec Ondoa qui fourguait tout au ministre. Le ministre de toute façon ne maîtrise pas la gestion des sociétés civiles de droits d’auteurs au Cameroun. Compte tenu de ses engagements politiques, de ses amitiés avec le chef de l’Etat il n’est pas au fait de l’information de ce côté-là.

C’est une accusation grave que de dire que le ministre de la culture ne connaît rien de la gestion de la CMC
Il entend tout ce qu’on lui dit, tout ce qu’on lui fougue, il signe. Si je vous montre ce qu’il signe c’est quand même aberrant.

Vous avez quelles preuves ?
On a par exemple des décisions, des notes du ministère. Je vous prends les exemples du partage inter social. Je cite le fonctionnement de la CPMC qui est illégale, le fonctionnement du compte commun ouvert à la banque. Le ministre ne devait pas signer tout cela. Ondoa qui fougue à Ferdinand Oyono la signature d’un contrat d’estampille, c’est-à-dire les timbres sur les cd et cassettes, un contrat de 100 millions de Francs CFA sur la protection des œuvres qui regardent les sociétés civiles. Le ministre ne doit pas mettre sa signature dans une affaire propre à une société civile.

N’était-ce pas une manière de protéger les artistes d’une spoliation ?
Et même ! Les sociétés d’Etat au Cameroun sont gérées par des PCA nommés par le président de la république. Je ne vois pas ce dernier porter sa signature sur un chèque, un bon de commande etc.

« Regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre »

Qu’elle est la société qui a gagné ce marché de 100 millions ? Quand l’appel d’offre a-t-il eu lieu?
C’est la société Advantage Energery qui s’occupe de l’estampillage des œuvres des musiciens par rapport aux 100 millions signés. Ce marché a été passé de gré à gré, le contrat a été signé entre le ministre Ferdinand Oyono, cette société et Ondoa Magloire.

Un musicien camerounais nous a confié qu’il ne connaissait pas une telle structure au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus?
C’est une société de droit camerounais qui est gérée par des camerounais qu’on connaît. On sait qui est derrière cette société. La même société s’est retrouvée à raquetter la commission de liquidation de la Socinada, commission gérée par Sam Mbendé. Nous avons fait nos enquêtes.

Qui se cache derrière la société Advantage Energery ?
Des camerounais, regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre. C’est pour cela que j’affirme que venant de Paris, nous ignorions qu’il y avait une bande qui a décidé de faire main basse sur l’argent des musiciens.

Les musiciens souhaiteraient savoir qui sont leurs bourreaux
Ce sont les mêmes qui ont déstabilisés la Socinada et qui ont par la suite mis en place la commission de sa liquidation.

Quelques noms ?
Il y a Sam Mbendé, Messi Bernard qui de surcroît se retrouve à Nkondengui aujourd’hui, lui qui est le parrain de Sam Mbendé. Il y a le président de la CPMC Ondoa Magloire, Seuna Christophe qui est au ministère de la culture, Angoula Angoula Joseph. On retrouve les mêmes partout, Venant Meliga.

Qui est Messi Bernard et pour quelle raison est-t-il en prison?
Il est en taule pour faux bilans. C’est un expert comptable, son fiston gère Bekolo and Partners. Avant son départ en taule, ce sont eux qui ont fabriqué les faux bilans qui ont incriminé Manu Dibango et son équipe. Comme nous savions que tout était faux, nous leurs avons demandé de porter plainte.  Vous vous rendez compte qu’il faut 02 ou 03 ans au Cameroun pour porter plainte  à quelqu’un? Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas s’en sortir si on se retrouvait dans un tribunal.

« Mono Ndzana réagit trop tard désolé »
C’est grave tout ça
Même Mono Ndzana qui a viré son DG  Alphonse Bombogo et qui est aujourd’hui en guerre contre Ondoa Magloire et sa commission l’a avoué dans une récente interview à la presse camerounaise. Il a dit que Ondoa Magloire a comploté contre Manu Dibango, que Ondoa a décidé de profaner tout ce qu’on a comme monument au Cameroun, comme homme célèbre.

C’est une preuve de courage de la part du professeur Mono Ndzana?
Je suis désolé pour lui avec tout le respect que je lui dois. Nous avons dénoncé tout cela. On s’est démarqué, on s’est fait insulter. Ca réaction arrive trop tard. Il reconnaît aujourd’hui que la CPMC était illégale, portée envers et contre tout ce qu’on peut faire. Ils avaient croisé les bras le temps d’assoire leurs sociétés et après ils vont combattre la commission ? Trop tard. Il comprend deux ou trois ans après. Aujourd’hui Mono Ndzana loue Mouma John, Manu Dibango, Jacky Toto… Il fallait qu’il fasse comme nous.

Vous aviez donc raison de tirer sur le ministre et la CPMC ?
On a dit non tant à Ondoa qu’au ministre. Ca a été clair. On a le temps. Ce temps nous donnera raison.

En rapport avec la CMC, de quoi voulez vous parlez en disant que le temps vous donnera raison ?
Qu’est ce qui ce passe ? Il y a des détournements, des malversations, l’Anif est aux trousses des dirigeants actuels de la CMC, il y a des assignations…

Vous dénoncez la CPMC, une commission illégale, un marché de 100 millions passés de gré à gré. Vous étiez donc de trop pour le ministère de la culture ?
Justement en amont nous n’avions pas les tenants et les aboutissants de tout ce qui se passait au Cameroun. Une fois sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait une mafia qui est capable de tout. Preuve ? Vous avez vu tout ce qui a été dit sur Manu Dibango et son équipe. Ces gens protègent leurs intérêts.

Note de la rédaction : L’équipe Sam Mbendé trouve-t-elle grâce aux yeux des musiciens de la diaspora ? En parlant de ‘’groupuscule’’ dans ses vœux de nouvel an, le PCA actuel joue-t-il la carte de l’apaisement? Quid de l’Anif, de Tom Yoms et autres? La suite prochainement avec le président de l’association des musiciens de la diaspora camerounaise.

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Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Le producteur parisien revient sur le mariage ‘’incestueux’’ entre la CMC, société civile de droit privé, et le ministère de la culture au moment où Hubert Mono Ndzana, PCA de la Sociladra, critique ouvertement la CPMC.

Manu Dibango a-t-il eu un problème avec le ministre Ferdinand Oyono ?
Bien Sûre. Il a eu un problème avec Oyono. Tout ce qu’il nous a promis il n’a pas respecté. Il avait promis qu’il allait nous aider à mettre la nouvelle société en place. Quand vous montez même une simple PME, il vous faut un fonds de démarrage. Il nous avait promis de l’argent. Même pas un seul franc CFA à l’arrivée. J’ai mis mon argent dans ce chantier et je me fais insulter par la suite comme Manu.

Est ce que son éviction était préméditée par le gouvernement après la victoire de Paul Biya aux élections du 11 octobre 2004?
Non. Ce n’est pas parce que je ne suis plus d’accord avec le ministre de la culture que je vais perdre mon honnêteté intellectuelle. Vu le déroulement des choses à la CMC et la position qu’a commencé à prendre Manu et moi, il s’avère qu’on n’était plus d’accord avec le ministre et sa bande.

« Ferdinand Oyono a muselé un magistrat dans le dossier de la CMC »

C’était quoi donc la pomme de discorde entre l’ex-PCA de la CMC et le ministre de la culture ?
Le problème c’est la CPMC (commission Permanente de médiation et de contrôle) qui a été créée pour servir de médiateur entre les diverses sociétés civiles des droits d’auteur. Elle outrepasse ses missions. Je suis l’un des auteurs de l’idée de création de cette commission parce qu’il fallait que la CMC s’accorde  avec les quatre sociétés de gestion collective (CMC, Sociladra, Socidra et la Snaap, je ne sais plus trop).  Nous devions nous entendre sur le partage inter social parce qu’on a des droits communs. Par exemple, les musiciens et les comédiens ont une assiette commune à définir au niveau de leur répartition parce qu’ils voient leurs champs professionnels se rencontrer à un moment donné. C’est le cas des comédiens chanteurs donc.

Et les subsides de l’Etat ?
Justement il ne faut pas confondre les choses. Malheureusement au Cameroun, le ministère de la culture confond la CMC qui est une société civile de droit privé à une société d’Etat. La CMC peut faire appel à une subvention de l’Etat, ce qui est normal à toutes les sociétés. Lors de la création de la CMC, nous avons d’ailleurs sollicité l’Etat sans recevoir le moindre radis.

La CPMC s’interpose comme une tutelle ou comme un médiateur disiez-vous?
Comme une tutelle et c’est justement là le problème. C’est pour ça que cette commission dite commission Ondoa est illégale. La loi de l’an 2000 promulguée par le chef d’Etat et qui régit la gestion collective des sociétés des droits d’auteur au Cameroun est claire et nette : en cas de litige, un comité d’arbitrage doit être mis en place. Il s’agit d’une sorte de commission dont la composition et le fonctionnement sont définis par cette même loi. Une commission qui doit être dirigée par un magistrat. Il y a pareille commission qui fonctionne très bien en France où il n’y a pas de mélange de genre.

Magloire Ondoa qui est à la tête de cette CPMC est-il un magistrat ?
Non. Quand le ministre a décidé d’envoyer Ondoa ici en France pour me voir, pour moi c’était l’occasion de s’imprégner de la réalité des droits d’auteur. Il a beau être juriste mais il n’était pas spécialiste dans ce domaine en plus de n’être pas un magistrat. Je l’ai amené dans plusieurs structures afin qu’il s’imprègne de la réalité : SACEM… Ainsi de retour au Cameroun, il devait jouer le médiateur et non pas la tutelle sur les sociétés civiles de gestion des droits d’auteur.

« Le budget de la CMC est cinq fois celui du ministère de la culture »

La CMC ne doit donc pas obéir à la tutelle du ministère de la culture ?
Concevez-vous une interférence du ministre de la culture dans les affaires de la SAABAM ici en Belgique ou de la SACEM en France ? Ce sont des sociétés civiles tout comme la CMC au Cameroun où on confond tout par cupidité. Ces gens-là ont décidé de faire main basse sur le pactole. Figurez-vous qu’au Cameroun les droits d’auteurs génèrent des milliards de Francs CFA. Ce que la CMC gère annuellement est cinq fois le budget du ministère de la culture.

D’où vient cet argent?
C’est le fruit de ce que les grands usagers qui utilisent les œuvres des artistes reversent à la CMC. Je veux parler de la CRTV, des fournisseurs d’accès à internet, des câblodistributeurs, de MTN, d’Orange, de Guinness… Les petits usagers que sont les bars, les boîtes de nuit, les salons de coiffure, les hôtels etc. paient un forfait annuel qui est reversé aux artistes.

Quel montant votre équipe a-t-elle collecté et reversé aux ayants droit en 18 mois de gestion ?
On a commencé à avoir les problèmes au quinzième mois de notre fonctionnement. Notre souci était d’assoire la société qui avait du mal à se consolider par rapport à tout ce qu’on recevait comme peaux de banane car depuis la création, Ondoa n’a pas arrêté de nous en balancer parce qu’il savait que nous n’étions pas du tout d’accord avec sa médiation à la base qui allait au détriment des intérêts des artistes, donc de la musique.

Quel était le premier problème avec le médiateur de la CPMC à ce moment?
Tout a commencé avec le partage inter social. Il y a des droits communs certes. Mais un exemple illustratif au niveau de la CRTV : les droits de radiodiffusion, c’est-à-dire lorsque vous allumez votre poste radio et que la musique passe, c’est l’artiste musicien qui doit toucher ce droit à cent pour cent. Ondoa ayant un ministre qui est soi-disant écrivain voulait faire plaisir aux écrivains. Les droits radiophoniques doivent être partagés entre les quatre sociétés civiles à parts égales, soit 25% chacun.

N’y a-t-il pas un pot commun pour toutes les quatre sociétés ?
Non, et c’est là où le bât blesse. L’exemple de tout de suite démontre que nous ne pouvions pas prendre des engagements au détriment des musiciens qui nous ont fait confiance. Comment voulez vous qu’un sculpteur touche les droits radiophoniques?

Et la solidarité entre artistes et auteurs, vous en faites quoi ?
Elle existe. On sait qu’il y a des sociétés de gestions collectives qui n’ont pas assez de droits. Au Cameroun, on sait que nos auteurs qui écrivent des livres ne sont pas du tout lus. Nos sculptures ne rapportent rien du tout. Mais on pouvait à notre avis mettre en place un fond de solidarité, pas exiger de la CMC le partage à cent pour cent de ses droits propres. On avait donc beaucoup de malentendus avec Ondoa qui fourguait tout au ministre. Le ministre de toute façon ne maîtrise pas la gestion des sociétés civiles de droits d’auteurs au Cameroun. Compte tenu de ses engagements politiques, de ses amitiés avec le chef de l’Etat il n’est pas au fait de l’information de ce côté-là.

C’est une accusation grave que de dire que le ministre de la culture ne connaît rien de la gestion de la CMC
Il entend tout ce qu’on lui dit, tout ce qu’on lui fougue, il signe. Si je vous montre ce qu’il signe c’est quand même aberrant.

Vous avez quelles preuves ?
On a par exemple des décisions, des notes du ministère. Je vous prends les exemples du partage inter social. Je cite le fonctionnement de la CPMC qui est illégale, le fonctionnement du compte commun ouvert à la banque. Le ministre ne devait pas signer tout cela. Ondoa qui fougue à Ferdinand Oyono la signature d’un contrat d’estampille, c’est-à-dire les timbres sur les cd et cassettes, un contrat de 100 millions de Francs CFA sur la protection des œuvres qui regardent les sociétés civiles. Le ministre ne doit pas mettre sa signature dans une affaire propre à une société civile.

N’était-ce pas une manière de protéger les artistes d’une spoliation ?
Et même ! Les sociétés d’Etat au Cameroun sont gérées par des PCA nommés par le président de la république. Je ne vois pas ce dernier porter sa signature sur un chèque, un bon de commande etc.

« Regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre »

Qu’elle est la société qui a gagné ce marché de 100 millions ? Quand l’appel d’offre a-t-il eu lieu?
C’est la société Advantage Energery qui s’occupe de l’estampillage des œuvres des musiciens par rapport aux 100 millions signés. Ce marché a été passé de gré à gré, le contrat a été signé entre le ministre Ferdinand Oyono, cette société et Ondoa Magloire.

Un musicien camerounais nous a confié qu’il ne connaissait pas une telle structure au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus?
C’est une société de droit camerounais qui est gérée par des camerounais qu’on connaît. On sait qui est derrière cette société. La même société s’est retrouvée à raquetter la commission de liquidation de la Socinada, commission gérée par Sam Mbendé. Nous avons fait nos enquêtes.

Qui se cache derrière la société Advantage Energery ?
Des camerounais, regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre. C’est pour cela que j’affirme que venant de Paris, nous ignorions qu’il y avait une bande qui a décidé de faire main basse sur l’argent des musiciens.

Les musiciens souhaiteraient savoir qui sont leurs bourreaux
Ce sont les mêmes qui ont déstabilisés la Socinada et qui ont par la suite mis en place la commission de sa liquidation.

Quelques noms ?
Il y a Sam Mbendé, Messi Bernard qui de surcroît se retrouve à Nkondengui aujourd’hui, lui qui est le parrain de Sam Mbendé. Il y a le président de la CPMC Ondoa Magloire, Seuna Christophe qui est au ministère de la culture, Angoula Angoula Joseph. On retrouve les mêmes partout, Venant Meliga.

Qui est Messi Bernard et pour quelle raison est-t-il en prison?
Il est en taule pour faux bilans. C’est un expert comptable, son fiston gère Bekolo and Partners. Avant son départ en taule, ce sont eux qui ont fabriqué les faux bilans qui ont incriminé Manu Dibango et son équipe. Comme nous savions que tout était faux, nous leurs avons demandé de porter plainte.  Vous vous rendez compte qu’il faut 02 ou 03 ans au Cameroun pour porter plainte  à quelqu’un? Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas s’en sortir si on se retrouvait dans un tribunal.

« Mono Ndzana réagit trop tard désolé »
C’est grave tout ça
Même Mono Ndzana qui a viré son DG  Alphonse Bombogo et qui est aujourd’hui en guerre contre Ondoa Magloire et sa commission l’a avoué dans une récente interview à la presse camerounaise. Il a dit que Ondoa Magloire a comploté contre Manu Dibango, que Ondoa a décidé de profaner tout ce qu’on a comme monument au Cameroun, comme homme célèbre.

C’est une preuve de courage de la part du professeur Mono Ndzana?
Je suis désolé pour lui avec tout le respect que je lui dois. Nous avons dénoncé tout cela. On s’est démarqué, on s’est fait insulter. Ca réaction arrive trop tard. Il reconnaît aujourd’hui que la CPMC était illégale, portée envers et contre tout ce qu’on peut faire. Ils avaient croisé les bras le temps d’assoire leurs sociétés et après ils vont combattre la commission ? Trop tard. Il comprend deux ou trois ans après. Aujourd’hui Mono Ndzana loue Mouma John, Manu Dibango, Jacky Toto… Il fallait qu’il fasse comme nous.

Vous aviez donc raison de tirer sur le ministre et la CPMC ?
On a dit non tant à Ondoa qu’au ministre. Ca a été clair. On a le temps. Ce temps nous donnera raison.

En rapport avec la CMC, de quoi voulez vous parlez en disant que le temps vous donnera raison ?
Qu’est ce qui ce passe ? Il y a des détournements, des malversations, l’Anif est aux trousses des dirigeants actuels de la CMC, il y a des assignations…

Vous dénoncez la CPMC, une commission illégale, un marché de 100 millions passés de gré à gré. Vous étiez donc de trop pour le ministère de la culture ?
Justement en amont nous n’avions pas les tenants et les aboutissants de tout ce qui se passait au Cameroun. Une fois sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait une mafia qui est capable de tout. Preuve ? Vous avez vu tout ce qui a été dit sur Manu Dibango et son équipe. Ces gens protègent leurs intérêts.

Note de la rédaction : L’équipe Sam Mbendé trouve-t-elle grâce aux yeux des musiciens de la diaspora ? En parlant de ‘’groupuscule’’ dans ses vœux de nouvel an, le PCA actuel joue-t-il la carte de l’apaisement? Quid de l’Anif, de Tom Yoms et autres? La suite prochainement avec le président de l’association des musiciens de la diaspora camerounaise.

Interview réalisée par Hermann Oswald G’nowa

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Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Cameroun : Interview Jacky Toto Acte 2

Le producteur parisien revient sur le mariage ‘’incestueux’’ entre la CMC, société civile de droit privé, et le ministère de la culture au moment où Hubert Mono Ndzana, PCA de la Sociladra, critique ouvertement la CPMC.

Manu Dibango a-t-il eu un problème avec le ministre Ferdinand Oyono ?
Bien Sûre. Il a eu un problème avec Oyono. Tout ce qu’il nous a promis il n’a pas respecté. Il avait promis qu’il allait nous aider à mettre la nouvelle société en place. Quand vous montez même une simple PME, il vous faut un fonds de démarrage. Il nous avait promis de l’argent. Même pas un seul franc CFA à l’arrivée. J’ai mis mon argent dans ce chantier et je me fais insulter par la suite comme Manu.

Est ce que son éviction était préméditée par le gouvernement après la victoire de Paul Biya aux élections du 11 octobre 2004?
Non. Ce n’est pas parce que je ne suis plus d’accord avec le ministre de la culture que je vais perdre mon honnêteté intellectuelle. Vu le déroulement des choses à la CMC et la position qu’a commencé à prendre Manu et moi, il s’avère qu’on n’était plus d’accord avec le ministre et sa bande.

« Ferdinand Oyono a muselé un magistrat dans le dossier de la CMC »

C’était quoi donc la pomme de discorde entre l’ex-PCA de la CMC et le ministre de la culture ?
Le problème c’est la CPMC (commission Permanente de médiation et de contrôle) qui a été créée pour servir de médiateur entre les diverses sociétés civiles des droits d’auteur. Elle outrepasse ses missions. Je suis l’un des auteurs de l’idée de création de cette commission parce qu’il fallait que la CMC s’accorde  avec les quatre sociétés de gestion collective (CMC, Sociladra, Socidra et la Snaap, je ne sais plus trop).  Nous devions nous entendre sur le partage inter social parce qu’on a des droits communs. Par exemple, les musiciens et les comédiens ont une assiette commune à définir au niveau de leur répartition parce qu’ils voient leurs champs professionnels se rencontrer à un moment donné. C’est le cas des comédiens chanteurs donc.

Et les subsides de l’Etat ?
Justement il ne faut pas confondre les choses. Malheureusement au Cameroun, le ministère de la culture confond la CMC qui est une société civile de droit privé à une société d’Etat. La CMC peut faire appel à une subvention de l’Etat, ce qui est normal à toutes les sociétés. Lors de la création de la CMC, nous avons d’ailleurs sollicité l’Etat sans recevoir le moindre radis.

La CPMC s’interpose comme une tutelle ou comme un médiateur disiez-vous?
Comme une tutelle et c’est justement là le problème. C’est pour ça que cette commission dite commission Ondoa est illégale. La loi de l’an 2000 promulguée par le chef d’Etat et qui régit la gestion collective des sociétés des droits d’auteur au Cameroun est claire et nette : en cas de litige, un comité d’arbitrage doit être mis en place. Il s’agit d’une sorte de commission dont la composition et le fonctionnement sont définis par cette même loi. Une commission qui doit être dirigée par un magistrat. Il y a pareille commission qui fonctionne très bien en France où il n’y a pas de mélange de genre.

Magloire Ondoa qui est à la tête de cette CPMC est-il un magistrat ?
Non. Quand le ministre a décidé d’envoyer Ondoa ici en France pour me voir, pour moi c’était l’occasion de s’imprégner de la réalité des droits d’auteur. Il a beau être juriste mais il n’était pas spécialiste dans ce domaine en plus de n’être pas un magistrat. Je l’ai amené dans plusieurs structures afin qu’il s’imprègne de la réalité : SACEM… Ainsi de retour au Cameroun, il devait jouer le médiateur et non pas la tutelle sur les sociétés civiles de gestion des droits d’auteur.

« Le budget de la CMC est cinq fois celui du ministère de la culture »

La CMC ne doit donc pas obéir à la tutelle du ministère de la culture ?
Concevez-vous une interférence du ministre de la culture dans les affaires de la SAABAM ici en Belgique ou de la SACEM en France ? Ce sont des sociétés civiles tout comme la CMC au Cameroun où on confond tout par cupidité. Ces gens-là ont décidé de faire main basse sur le pactole. Figurez-vous qu’au Cameroun les droits d’auteurs génèrent des milliards de Francs CFA. Ce que la CMC gère annuellement est cinq fois le budget du ministère de la culture.

D’où vient cet argent?
C’est le fruit de ce que les grands usagers qui utilisent les œuvres des artistes reversent à la CMC. Je veux parler de la CRTV, des fournisseurs d’accès à internet, des câblodistributeurs, de MTN, d’Orange, de Guinness… Les petits usagers que sont les bars, les boîtes de nuit, les salons de coiffure, les hôtels etc. paient un forfait annuel qui est reversé aux artistes.

Quel montant votre équipe a-t-elle collecté et reversé aux ayants droit en 18 mois de gestion ?
On a commencé à avoir les problèmes au quinzième mois de notre fonctionnement. Notre souci était d’assoire la société qui avait du mal à se consolider par rapport à tout ce qu’on recevait comme peaux de banane car depuis la création, Ondoa n’a pas arrêté de nous en balancer parce qu’il savait que nous n’étions pas du tout d’accord avec sa médiation à la base qui allait au détriment des intérêts des artistes, donc de la musique.

Quel était le premier problème avec le médiateur de la CPMC à ce moment?
Tout a commencé avec le partage inter social. Il y a des droits communs certes. Mais un exemple illustratif au niveau de la CRTV : les droits de radiodiffusion, c’est-à-dire lorsque vous allumez votre poste radio et que la musique passe, c’est l’artiste musicien qui doit toucher ce droit à cent pour cent. Ondoa ayant un ministre qui est soi-disant écrivain voulait faire plaisir aux écrivains. Les droits radiophoniques doivent être partagés entre les quatre sociétés civiles à parts égales, soit 25% chacun.

N’y a-t-il pas un pot commun pour toutes les quatre sociétés ?
Non, et c’est là où le bât blesse. L’exemple de tout de suite démontre que nous ne pouvions pas prendre des engagements au détriment des musiciens qui nous ont fait confiance. Comment voulez vous qu’un sculpteur touche les droits radiophoniques?

Et la solidarité entre artistes et auteurs, vous en faites quoi ?
Elle existe. On sait qu’il y a des sociétés de gestions collectives qui n’ont pas assez de droits. Au Cameroun, on sait que nos auteurs qui écrivent des livres ne sont pas du tout lus. Nos sculptures ne rapportent rien du tout. Mais on pouvait à notre avis mettre en place un fond de solidarité, pas exiger de la CMC le partage à cent pour cent de ses droits propres. On avait donc beaucoup de malentendus avec Ondoa qui fourguait tout au ministre. Le ministre de toute façon ne maîtrise pas la gestion des sociétés civiles de droits d’auteurs au Cameroun. Compte tenu de ses engagements politiques, de ses amitiés avec le chef de l’Etat il n’est pas au fait de l’information de ce côté-là.

C’est une accusation grave que de dire que le ministre de la culture ne connaît rien de la gestion de la CMC
Il entend tout ce qu’on lui dit, tout ce qu’on lui fougue, il signe. Si je vous montre ce qu’il signe c’est quand même aberrant.

Vous avez quelles preuves ?
On a par exemple des décisions, des notes du ministère. Je vous prends les exemples du partage inter social. Je cite le fonctionnement de la CPMC qui est illégale, le fonctionnement du compte commun ouvert à la banque. Le ministre ne devait pas signer tout cela. Ondoa qui fougue à Ferdinand Oyono la signature d’un contrat d’estampille, c’est-à-dire les timbres sur les cd et cassettes, un contrat de 100 millions de Francs CFA sur la protection des œuvres qui regardent les sociétés civiles. Le ministre ne doit pas mettre sa signature dans une affaire propre à une société civile.

N’était-ce pas une manière de protéger les artistes d’une spoliation ?
Et même ! Les sociétés d’Etat au Cameroun sont gérées par des PCA nommés par le président de la république. Je ne vois pas ce dernier porter sa signature sur un chèque, un bon de commande etc.

« Regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre »

Qu’elle est la société qui a gagné ce marché de 100 millions ? Quand l’appel d’offre a-t-il eu lieu?
C’est la société Advantage Energery qui s’occupe de l’estampillage des œuvres des musiciens par rapport aux 100 millions signés. Ce marché a été passé de gré à gré, le contrat a été signé entre le ministre Ferdinand Oyono, cette société et Ondoa Magloire.

Un musicien camerounais nous a confié qu’il ne connaissait pas une telle structure au Cameroun. Pouvez-vous nous en dire plus?
C’est une société de droit camerounais qui est gérée par des camerounais qu’on connaît. On sait qui est derrière cette société. La même société s’est retrouvée à raquetter la commission de liquidation de la Socinada, commission gérée par Sam Mbendé. Nous avons fait nos enquêtes.

Qui se cache derrière la société Advantage Energery ?
Des camerounais, regardez moi dans les yeux et vous allez comprendre. C’est pour cela que j’affirme que venant de Paris, nous ignorions qu’il y avait une bande qui a décidé de faire main basse sur l’argent des musiciens.

Les musiciens souhaiteraient savoir qui sont leurs bourreaux
Ce sont les mêmes qui ont déstabilisés la Socinada et qui ont par la suite mis en place la commission de sa liquidation.

Quelques noms ?
Il y a Sam Mbendé, Messi Bernard qui de surcroît se retrouve à Nkondengui aujourd’hui, lui qui est le parrain de Sam Mbendé. Il y a le président de la CPMC Ondoa Magloire, Seuna Christophe qui est au ministère de la culture, Angoula Angoula Joseph. On retrouve les mêmes partout, Venant Meliga.

Qui est Messi Bernard et pour quelle raison est-t-il en prison?
Il est en taule pour faux bilans. C’est un expert comptable, son fiston gère Bekolo and Partners. Avant son départ en taule, ce sont eux qui ont fabriqué les faux bilans qui ont incriminé Manu Dibango et son équipe. Comme nous savions que tout était faux, nous leurs avons demandé de porter plainte.  Vous vous rendez compte qu’il faut 02 ou 03 ans au Cameroun pour porter plainte  à quelqu’un? Ils savaient qu’ils ne pouvaient pas s’en sortir si on se retrouvait dans un tribunal.

« Mono Ndzana réagit trop tard désolé »
C’est grave tout ça
Même Mono Ndzana qui a viré son DG  Alphonse Bombogo et qui est aujourd’hui en guerre contre Ondoa Magloire et sa commission l’a avoué dans une récente interview à la presse camerounaise. Il a dit que Ondoa Magloire a comploté contre Manu Dibango, que Ondoa a décidé de profaner tout ce qu’on a comme monument au Cameroun, comme homme célèbre.

C’est une preuve de courage de la part du professeur Mono Ndzana?
Je suis désolé pour lui avec tout le respect que je lui dois. Nous avons dénoncé tout cela. On s’est démarqué, on s’est fait insulter. Ca réaction arrive trop tard. Il reconnaît aujourd’hui que la CPMC était illégale, portée envers et contre tout ce qu’on peut faire. Ils avaient croisé les bras le temps d’assoire leurs sociétés et après ils vont combattre la commission ? Trop tard. Il comprend deux ou trois ans après. Aujourd’hui Mono Ndzana loue Mouma John, Manu Dibango, Jacky Toto… Il fallait qu’il fasse comme nous.

Vous aviez donc raison de tirer sur le ministre et la CPMC ?
On a dit non tant à Ondoa qu’au ministre. Ca a été clair. On a le temps. Ce temps nous donnera raison.

En rapport avec la CMC, de quoi voulez vous parlez en disant que le temps vous donnera raison ?
Qu’est ce qui ce passe ? Il y a des détournements, des malversations, l’Anif est aux trousses des dirigeants actuels de la CMC, il y a des assignations…

Vous dénoncez la CPMC, une commission illégale, un marché de 100 millions passés de gré à gré. Vous étiez donc de trop pour le ministère de la culture ?
Justement en amont nous n’avions pas les tenants et les aboutissants de tout ce qui se passait au Cameroun. Une fois sur place, on s’est rendu compte qu’il y avait une mafia qui est capable de tout. Preuve ? Vous avez vu tout ce qui a été dit sur Manu Dibango et son équipe. Ces gens protègent leurs intérêts.

Note de la rédaction : L’équipe Sam Mbendé trouve-t-elle grâce aux yeux des musiciens de la diaspora ? En parlant de ‘’groupuscule’’ dans ses vœux de nouvel an, le PCA actuel joue-t-il la carte de l’apaisement? Quid de l’Anif, de Tom Yoms et autres? La suite prochainement avec le président de l’association des musiciens de la diaspora camerounaise.

Interview réalisée par Hermann Oswald G’nowa

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