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Yaoundé : Le matériel électoral préoccupe

Jusqu’à la veille de cette double consultation électorale, le point positif restait un possible évitement de graves violences, en dépit de quelques menaces qui avaient fusé ça et là.
Jean Francis Belibi


Le suspense résidait dans le fait qu’on ne savait pas avec exactitude le niveau d’écrasante majorité que remporterait le Rdpc, le parti au pouvoir. Quelques espoirs, pour un semblant de démocratie, résidant dans la possibilité pour d’autres formations politiques, selon leur implantation, de récupérer ou de garder des villes symboliques comme Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban ou Garoua.
Dans le souci de donner une information factuelle de proximité, Mutations a déployé ses nombreux reporters sur le terrain qui ramènent des reportages saisissants et parfois amusants, des coulisses souvent pittoresques et des réactions par moment étonnantes d’acteurs de cette élection qui ne rentrera pas dans l’histoire (c’était connu d’avance, malgré les assurances du pouvoir), comme la plus transparente de l’ère Biya.

Nous n’avons pas pu être partout hier, mais nous avons essayé de " canaliser " les supposés points chauds et de faire parler les acteurs majeurs. Et à défaut d’avoir les résultats dans les différentes circonscriptions, au moins d’échanger avec quelques observateurs sur les premières tendances " sortie des urnes". Ce que nous vous proposons dans ce "Spécial élections 2007 " est une photographie générale de ce qui s’est passé hier. Le cliché est sombre par endroits et toute la carte du Cameroun n’y apparaît pas. Mais nous compléterons, au fur et à mesure, dans la semaine.

Même le président de la République, à en croire son entourage, s’est quelque peu inquiété de la qualité de l’encre qu’il a été amené à utiliser pour matérialiser son vote hier en fin de matinée à l’Ecole publique bilingue de Bastos où il a été amené à accomplir son devoir civique. Il faut dire qu’il y avait à redire en la matière. Il était impossible d’utiliser l’encre mise à la disposition des commissions locales de vote hier à Yaoundé. Une encre dont on ne peut pas définir la couleur exacte, cherchant entre le bleu, le violet. Presque invisible sur les cartes électorales, elle disparaissait du pouce une fois qu’on avait quitté le bureau de vote. Dans ces conditions, même les dateurs ne laissaient pas de traces quand on les apposait sur les cartes pour indiquer la date du vote.
L’autre préoccupation est venue de l’affichage des listes électorales. Si on peut remarquer que la plupart des bureaux de vote de la capitale ont respecté cette disposition légale, certains, par contre n’ont pas jugé utile de s’y conformer. On a ainsi pu observer que même les responsables du bureau dans lequel le président de la République et Mme Chantal Biya ont accompli leur devoir civique, n’ont pas jugé nécessaire d’afficher ces listes à l’entrée du bureau.

Cette situation a d’ailleurs failli être à l’origine d’un incident entre des militants du Social democratic front (Sdf) et des vigiles chargés de filtrer les entrées dans des bureaux de vote au lieu dit Onana meuble au quartier Obili dans la commune de Yaoundé 6. Des personnes qui se plaignaient de n’avoir pas pu retirer leurs cartes n’ont pas pu entrer dans l’enceinte où se déroulaient les opérations électorales pour consulter les listes électorales qui auraient dû se retrouver à l’entrée du bâtiment.
Quid des cartes électorales qui n’ont pas pu être retirées. Elles n’étaient visibles nulle part dans les bureaux de vote comme le demande l’alinéa 2 de l’article 66 de la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et par celle n°2006/009 du 29 décembre 2006 qui précise que " Les cartes qu’il n’a pas été possible de remettre à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu’à la clôture du scrutin ". Une disposition légale rappelée quarante huit heures plus tôt par une circulaire du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd).

Sur le déroulement des opérations électorales, les deux zones de la capitale qui apparaissaient comme des " points chauds ", n’ont pas failli à la tradition. A Yaoundé 2 par exemple, des échauffourées ont été évitées de justesse au lieu dit " Ecole publique de Tsinga Oliga " où un scrutateur du Sdf affirmait reconnaître un " électeur ambulant " qui se baladait d’un bureau à un autre.
Dans le même bureau, une dame nous signalera que quelqu’un d’autre avait voté à sa place. La situation est devenue presque intenable lorsque Lucien Nana Tankeu a exigé du président de la commission locale de vote que chaque électeur présente une pièce d’identité avant de voter, même s’il est en possession de sa carte de vote. Il s’appuyait sur l’article 100 de la loi citée plus haut. Hubert Noah Otélé a rétorqué que " cette disposition ne s’applique que s’il y a des doutes sur l’identité de la personne à identifier ".
Il a fallu l’intervention des éléments de la police, très présents hier sur tous les sites des élections, pour ramener les uns et les autres au calme. La même tension s’est ressentie à " Febe village " où en lieu et place des bulletins de vote de l’Afp de Yaoundé, ce sont ceux de Zoétélé qui se sont retrouvés dans l’un des trois bureaux de ce petit village de Yaoundé 2. Des bulletins qui ont été utilisés. Ici aussi, les scrutateurs de l’Afp, qui accusaient une élite de la localité d’avoir " ouvert un quartier général de fraude à son domicile " ont quitté les lieux avant la fin des opérations électorales.

Réactions
Jean Teikeng, scrutateur Sdf à Yaoundé VI, Bureau B8
J’ai eu beaucoup de problèmes. Des personnes sont venues voter plusieurs fois. L’on m’a intimidé quand j’ai voulu protester, me menaçant même de me chasser. En ce qui concerne la participation, elle a été très faible. Quelque cinquante personnes seulement ont voté, y compris celles qui venaient plusieurs fois, sur plus de 150 inscrits.

Aloïs Ebode Onana, scrutateur Rdpc à Yaoundé VI, Bureau A8
Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions en dehors de quelques petits problèmes que nous avons eus avec le Sdf. Pour le moment le Rdpc est sorti vainqueur. La participation, à mon avis, a été massive. Nous avons eu 125 votants parmi les 150 inscrits.

Abande Kang, Observateur pour Ifo Poss à Etoug-Ebe
C’est presqu’un calme de mort. Les gens semblent désintéressés par les élections, car rendu à 14h, 50 personnes n’ont pas encore voté. Un monsieur est venu prendre une centaine de bulletin du Rdpc. C’est un acte de fraude car, à chaque bureau correspond un nombre précis de bulletins pour chaque parti politique.

Martin B. électeur à la sous-préfecture de Biyem-Assi
Mon nom a été mal écrit, ceux de mes parents ne sont pas justes et mes coordonnées fausses. Ici, on me demande d’aller voter à Etoug-Ebe où se trouverait mon nom.

Paul Biya, président du Rdpc
Je tiens à dire que pour le moment nous sommes satisfaits du calme qui règne pendant la campagne électorale. Qu’on accepte le verdict des urnes. Je veux que les Camerounais comprennent que nous sommes entrés dans un processus démocratique durable. J’attends dans l’immédiat c’est une majorité confortable qui puisse me permettre de moderniser le pays.

Rassemblées par J.B.A

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Yaoundé : Le matériel électoral préoccupe

Jusqu’à la veille de cette double consultation électorale, le point positif restait un possible évitement de graves violences, en dépit de quelques menaces qui avaient fusé ça et là.
Jean Francis Belibi


Le suspense résidait dans le fait qu’on ne savait pas avec exactitude le niveau d’écrasante majorité que remporterait le Rdpc, le parti au pouvoir. Quelques espoirs, pour un semblant de démocratie, résidant dans la possibilité pour d’autres formations politiques, selon leur implantation, de récupérer ou de garder des villes symboliques comme Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban ou Garoua.
Dans le souci de donner une information factuelle de proximité, Mutations a déployé ses nombreux reporters sur le terrain qui ramènent des reportages saisissants et parfois amusants, des coulisses souvent pittoresques et des réactions par moment étonnantes d’acteurs de cette élection qui ne rentrera pas dans l’histoire (c’était connu d’avance, malgré les assurances du pouvoir), comme la plus transparente de l’ère Biya.

Nous n’avons pas pu être partout hier, mais nous avons essayé de " canaliser " les supposés points chauds et de faire parler les acteurs majeurs. Et à défaut d’avoir les résultats dans les différentes circonscriptions, au moins d’échanger avec quelques observateurs sur les premières tendances " sortie des urnes". Ce que nous vous proposons dans ce "Spécial élections 2007 " est une photographie générale de ce qui s’est passé hier. Le cliché est sombre par endroits et toute la carte du Cameroun n’y apparaît pas. Mais nous compléterons, au fur et à mesure, dans la semaine.

Même le président de la République, à en croire son entourage, s’est quelque peu inquiété de la qualité de l’encre qu’il a été amené à utiliser pour matérialiser son vote hier en fin de matinée à l’Ecole publique bilingue de Bastos où il a été amené à accomplir son devoir civique. Il faut dire qu’il y avait à redire en la matière. Il était impossible d’utiliser l’encre mise à la disposition des commissions locales de vote hier à Yaoundé. Une encre dont on ne peut pas définir la couleur exacte, cherchant entre le bleu, le violet. Presque invisible sur les cartes électorales, elle disparaissait du pouce une fois qu’on avait quitté le bureau de vote. Dans ces conditions, même les dateurs ne laissaient pas de traces quand on les apposait sur les cartes pour indiquer la date du vote.
L’autre préoccupation est venue de l’affichage des listes électorales. Si on peut remarquer que la plupart des bureaux de vote de la capitale ont respecté cette disposition légale, certains, par contre n’ont pas jugé utile de s’y conformer. On a ainsi pu observer que même les responsables du bureau dans lequel le président de la République et Mme Chantal Biya ont accompli leur devoir civique, n’ont pas jugé nécessaire d’afficher ces listes à l’entrée du bureau.

Cette situation a d’ailleurs failli être à l’origine d’un incident entre des militants du Social democratic front (Sdf) et des vigiles chargés de filtrer les entrées dans des bureaux de vote au lieu dit Onana meuble au quartier Obili dans la commune de Yaoundé 6. Des personnes qui se plaignaient de n’avoir pas pu retirer leurs cartes n’ont pas pu entrer dans l’enceinte où se déroulaient les opérations électorales pour consulter les listes électorales qui auraient dû se retrouver à l’entrée du bâtiment.
Quid des cartes électorales qui n’ont pas pu être retirées. Elles n’étaient visibles nulle part dans les bureaux de vote comme le demande l’alinéa 2 de l’article 66 de la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et par celle n°2006/009 du 29 décembre 2006 qui précise que " Les cartes qu’il n’a pas été possible de remettre à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu’à la clôture du scrutin ". Une disposition légale rappelée quarante huit heures plus tôt par une circulaire du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd).

Sur le déroulement des opérations électorales, les deux zones de la capitale qui apparaissaient comme des " points chauds ", n’ont pas failli à la tradition. A Yaoundé 2 par exemple, des échauffourées ont été évitées de justesse au lieu dit " Ecole publique de Tsinga Oliga " où un scrutateur du Sdf affirmait reconnaître un " électeur ambulant " qui se baladait d’un bureau à un autre.
Dans le même bureau, une dame nous signalera que quelqu’un d’autre avait voté à sa place. La situation est devenue presque intenable lorsque Lucien Nana Tankeu a exigé du président de la commission locale de vote que chaque électeur présente une pièce d’identité avant de voter, même s’il est en possession de sa carte de vote. Il s’appuyait sur l’article 100 de la loi citée plus haut. Hubert Noah Otélé a rétorqué que " cette disposition ne s’applique que s’il y a des doutes sur l’identité de la personne à identifier ".
Il a fallu l’intervention des éléments de la police, très présents hier sur tous les sites des élections, pour ramener les uns et les autres au calme. La même tension s’est ressentie à " Febe village " où en lieu et place des bulletins de vote de l’Afp de Yaoundé, ce sont ceux de Zoétélé qui se sont retrouvés dans l’un des trois bureaux de ce petit village de Yaoundé 2. Des bulletins qui ont été utilisés. Ici aussi, les scrutateurs de l’Afp, qui accusaient une élite de la localité d’avoir " ouvert un quartier général de fraude à son domicile " ont quitté les lieux avant la fin des opérations électorales.

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Jean Teikeng, scrutateur Sdf à Yaoundé VI, Bureau B8
J’ai eu beaucoup de problèmes. Des personnes sont venues voter plusieurs fois. L’on m’a intimidé quand j’ai voulu protester, me menaçant même de me chasser. En ce qui concerne la participation, elle a été très faible. Quelque cinquante personnes seulement ont voté, y compris celles qui venaient plusieurs fois, sur plus de 150 inscrits.

Aloïs Ebode Onana, scrutateur Rdpc à Yaoundé VI, Bureau A8
Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions en dehors de quelques petits problèmes que nous avons eus avec le Sdf. Pour le moment le Rdpc est sorti vainqueur. La participation, à mon avis, a été massive. Nous avons eu 125 votants parmi les 150 inscrits.

Abande Kang, Observateur pour Ifo Poss à Etoug-Ebe
C’est presqu’un calme de mort. Les gens semblent désintéressés par les élections, car rendu à 14h, 50 personnes n’ont pas encore voté. Un monsieur est venu prendre une centaine de bulletin du Rdpc. C’est un acte de fraude car, à chaque bureau correspond un nombre précis de bulletins pour chaque parti politique.

Martin B. électeur à la sous-préfecture de Biyem-Assi
Mon nom a été mal écrit, ceux de mes parents ne sont pas justes et mes coordonnées fausses. Ici, on me demande d’aller voter à Etoug-Ebe où se trouverait mon nom.

Paul Biya, président du Rdpc
Je tiens à dire que pour le moment nous sommes satisfaits du calme qui règne pendant la campagne électorale. Qu’on accepte le verdict des urnes. Je veux que les Camerounais comprennent que nous sommes entrés dans un processus démocratique durable. J’attends dans l’immédiat c’est une majorité confortable qui puisse me permettre de moderniser le pays.

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Jusqu’à la veille de cette double consultation électorale, le point positif restait un possible évitement de graves violences, en dépit de quelques menaces qui avaient fusé ça et là.
Jean Francis Belibi


Le suspense résidait dans le fait qu’on ne savait pas avec exactitude le niveau d’écrasante majorité que remporterait le Rdpc, le parti au pouvoir. Quelques espoirs, pour un semblant de démocratie, résidant dans la possibilité pour d’autres formations politiques, selon leur implantation, de récupérer ou de garder des villes symboliques comme Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban ou Garoua.
Dans le souci de donner une information factuelle de proximité, Mutations a déployé ses nombreux reporters sur le terrain qui ramènent des reportages saisissants et parfois amusants, des coulisses souvent pittoresques et des réactions par moment étonnantes d’acteurs de cette élection qui ne rentrera pas dans l’histoire (c’était connu d’avance, malgré les assurances du pouvoir), comme la plus transparente de l’ère Biya.

Nous n’avons pas pu être partout hier, mais nous avons essayé de " canaliser " les supposés points chauds et de faire parler les acteurs majeurs. Et à défaut d’avoir les résultats dans les différentes circonscriptions, au moins d’échanger avec quelques observateurs sur les premières tendances " sortie des urnes". Ce que nous vous proposons dans ce "Spécial élections 2007 " est une photographie générale de ce qui s’est passé hier. Le cliché est sombre par endroits et toute la carte du Cameroun n’y apparaît pas. Mais nous compléterons, au fur et à mesure, dans la semaine.

Même le président de la République, à en croire son entourage, s’est quelque peu inquiété de la qualité de l’encre qu’il a été amené à utiliser pour matérialiser son vote hier en fin de matinée à l’Ecole publique bilingue de Bastos où il a été amené à accomplir son devoir civique. Il faut dire qu’il y avait à redire en la matière. Il était impossible d’utiliser l’encre mise à la disposition des commissions locales de vote hier à Yaoundé. Une encre dont on ne peut pas définir la couleur exacte, cherchant entre le bleu, le violet. Presque invisible sur les cartes électorales, elle disparaissait du pouce une fois qu’on avait quitté le bureau de vote. Dans ces conditions, même les dateurs ne laissaient pas de traces quand on les apposait sur les cartes pour indiquer la date du vote.
L’autre préoccupation est venue de l’affichage des listes électorales. Si on peut remarquer que la plupart des bureaux de vote de la capitale ont respecté cette disposition légale, certains, par contre n’ont pas jugé utile de s’y conformer. On a ainsi pu observer que même les responsables du bureau dans lequel le président de la République et Mme Chantal Biya ont accompli leur devoir civique, n’ont pas jugé nécessaire d’afficher ces listes à l’entrée du bureau.

Cette situation a d’ailleurs failli être à l’origine d’un incident entre des militants du Social democratic front (Sdf) et des vigiles chargés de filtrer les entrées dans des bureaux de vote au lieu dit Onana meuble au quartier Obili dans la commune de Yaoundé 6. Des personnes qui se plaignaient de n’avoir pas pu retirer leurs cartes n’ont pas pu entrer dans l’enceinte où se déroulaient les opérations électorales pour consulter les listes électorales qui auraient dû se retrouver à l’entrée du bâtiment.
Quid des cartes électorales qui n’ont pas pu être retirées. Elles n’étaient visibles nulle part dans les bureaux de vote comme le demande l’alinéa 2 de l’article 66 de la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et par celle n°2006/009 du 29 décembre 2006 qui précise que " Les cartes qu’il n’a pas été possible de remettre à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu’à la clôture du scrutin ". Une disposition légale rappelée quarante huit heures plus tôt par une circulaire du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd).

Sur le déroulement des opérations électorales, les deux zones de la capitale qui apparaissaient comme des " points chauds ", n’ont pas failli à la tradition. A Yaoundé 2 par exemple, des échauffourées ont été évitées de justesse au lieu dit " Ecole publique de Tsinga Oliga " où un scrutateur du Sdf affirmait reconnaître un " électeur ambulant " qui se baladait d’un bureau à un autre.
Dans le même bureau, une dame nous signalera que quelqu’un d’autre avait voté à sa place. La situation est devenue presque intenable lorsque Lucien Nana Tankeu a exigé du président de la commission locale de vote que chaque électeur présente une pièce d’identité avant de voter, même s’il est en possession de sa carte de vote. Il s’appuyait sur l’article 100 de la loi citée plus haut. Hubert Noah Otélé a rétorqué que " cette disposition ne s’applique que s’il y a des doutes sur l’identité de la personne à identifier ".
Il a fallu l’intervention des éléments de la police, très présents hier sur tous les sites des élections, pour ramener les uns et les autres au calme. La même tension s’est ressentie à " Febe village " où en lieu et place des bulletins de vote de l’Afp de Yaoundé, ce sont ceux de Zoétélé qui se sont retrouvés dans l’un des trois bureaux de ce petit village de Yaoundé 2. Des bulletins qui ont été utilisés. Ici aussi, les scrutateurs de l’Afp, qui accusaient une élite de la localité d’avoir " ouvert un quartier général de fraude à son domicile " ont quitté les lieux avant la fin des opérations électorales.

Réactions
Jean Teikeng, scrutateur Sdf à Yaoundé VI, Bureau B8
J’ai eu beaucoup de problèmes. Des personnes sont venues voter plusieurs fois. L’on m’a intimidé quand j’ai voulu protester, me menaçant même de me chasser. En ce qui concerne la participation, elle a été très faible. Quelque cinquante personnes seulement ont voté, y compris celles qui venaient plusieurs fois, sur plus de 150 inscrits.

Aloïs Ebode Onana, scrutateur Rdpc à Yaoundé VI, Bureau A8
Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions en dehors de quelques petits problèmes que nous avons eus avec le Sdf. Pour le moment le Rdpc est sorti vainqueur. La participation, à mon avis, a été massive. Nous avons eu 125 votants parmi les 150 inscrits.

Abande Kang, Observateur pour Ifo Poss à Etoug-Ebe
C’est presqu’un calme de mort. Les gens semblent désintéressés par les élections, car rendu à 14h, 50 personnes n’ont pas encore voté. Un monsieur est venu prendre une centaine de bulletin du Rdpc. C’est un acte de fraude car, à chaque bureau correspond un nombre précis de bulletins pour chaque parti politique.

Martin B. électeur à la sous-préfecture de Biyem-Assi
Mon nom a été mal écrit, ceux de mes parents ne sont pas justes et mes coordonnées fausses. Ici, on me demande d’aller voter à Etoug-Ebe où se trouverait mon nom.

Paul Biya, président du Rdpc
Je tiens à dire que pour le moment nous sommes satisfaits du calme qui règne pendant la campagne électorale. Qu’on accepte le verdict des urnes. Je veux que les Camerounais comprennent que nous sommes entrés dans un processus démocratique durable. J’attends dans l’immédiat c’est une majorité confortable qui puisse me permettre de moderniser le pays.

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Jusqu’à la veille de cette double consultation électorale, le point positif restait un possible évitement de graves violences, en dépit de quelques menaces qui avaient fusé ça et là.
Jean Francis Belibi


Le suspense résidait dans le fait qu’on ne savait pas avec exactitude le niveau d’écrasante majorité que remporterait le Rdpc, le parti au pouvoir. Quelques espoirs, pour un semblant de démocratie, résidant dans la possibilité pour d’autres formations politiques, selon leur implantation, de récupérer ou de garder des villes symboliques comme Douala, Bafoussam, Bamenda, Foumban ou Garoua.
Dans le souci de donner une information factuelle de proximité, Mutations a déployé ses nombreux reporters sur le terrain qui ramènent des reportages saisissants et parfois amusants, des coulisses souvent pittoresques et des réactions par moment étonnantes d’acteurs de cette élection qui ne rentrera pas dans l’histoire (c’était connu d’avance, malgré les assurances du pouvoir), comme la plus transparente de l’ère Biya.

Nous n’avons pas pu être partout hier, mais nous avons essayé de " canaliser " les supposés points chauds et de faire parler les acteurs majeurs. Et à défaut d’avoir les résultats dans les différentes circonscriptions, au moins d’échanger avec quelques observateurs sur les premières tendances " sortie des urnes". Ce que nous vous proposons dans ce "Spécial élections 2007 " est une photographie générale de ce qui s’est passé hier. Le cliché est sombre par endroits et toute la carte du Cameroun n’y apparaît pas. Mais nous compléterons, au fur et à mesure, dans la semaine.

Même le président de la République, à en croire son entourage, s’est quelque peu inquiété de la qualité de l’encre qu’il a été amené à utiliser pour matérialiser son vote hier en fin de matinée à l’Ecole publique bilingue de Bastos où il a été amené à accomplir son devoir civique. Il faut dire qu’il y avait à redire en la matière. Il était impossible d’utiliser l’encre mise à la disposition des commissions locales de vote hier à Yaoundé. Une encre dont on ne peut pas définir la couleur exacte, cherchant entre le bleu, le violet. Presque invisible sur les cartes électorales, elle disparaissait du pouce une fois qu’on avait quitté le bureau de vote. Dans ces conditions, même les dateurs ne laissaient pas de traces quand on les apposait sur les cartes pour indiquer la date du vote.
L’autre préoccupation est venue de l’affichage des listes électorales. Si on peut remarquer que la plupart des bureaux de vote de la capitale ont respecté cette disposition légale, certains, par contre n’ont pas jugé utile de s’y conformer. On a ainsi pu observer que même les responsables du bureau dans lequel le président de la République et Mme Chantal Biya ont accompli leur devoir civique, n’ont pas jugé nécessaire d’afficher ces listes à l’entrée du bureau.

Cette situation a d’ailleurs failli être à l’origine d’un incident entre des militants du Social democratic front (Sdf) et des vigiles chargés de filtrer les entrées dans des bureaux de vote au lieu dit Onana meuble au quartier Obili dans la commune de Yaoundé 6. Des personnes qui se plaignaient de n’avoir pas pu retirer leurs cartes n’ont pas pu entrer dans l’enceinte où se déroulaient les opérations électorales pour consulter les listes électorales qui auraient dû se retrouver à l’entrée du bâtiment.
Quid des cartes électorales qui n’ont pas pu être retirées. Elles n’étaient visibles nulle part dans les bureaux de vote comme le demande l’alinéa 2 de l’article 66 de la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et par celle n°2006/009 du 29 décembre 2006 qui précise que " Les cartes qu’il n’a pas été possible de remettre à leurs titulaires sont déposées aux bureaux de vote où ceux-ci sont inscrits. Elles y restent à la disposition des intéressés jusqu’à la clôture du scrutin ". Une disposition légale rappelée quarante huit heures plus tôt par une circulaire du ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd).

Sur le déroulement des opérations électorales, les deux zones de la capitale qui apparaissaient comme des " points chauds ", n’ont pas failli à la tradition. A Yaoundé 2 par exemple, des échauffourées ont été évitées de justesse au lieu dit " Ecole publique de Tsinga Oliga " où un scrutateur du Sdf affirmait reconnaître un " électeur ambulant " qui se baladait d’un bureau à un autre.
Dans le même bureau, une dame nous signalera que quelqu’un d’autre avait voté à sa place. La situation est devenue presque intenable lorsque Lucien Nana Tankeu a exigé du président de la commission locale de vote que chaque électeur présente une pièce d’identité avant de voter, même s’il est en possession de sa carte de vote. Il s’appuyait sur l’article 100 de la loi citée plus haut. Hubert Noah Otélé a rétorqué que " cette disposition ne s’applique que s’il y a des doutes sur l’identité de la personne à identifier ".
Il a fallu l’intervention des éléments de la police, très présents hier sur tous les sites des élections, pour ramener les uns et les autres au calme. La même tension s’est ressentie à " Febe village " où en lieu et place des bulletins de vote de l’Afp de Yaoundé, ce sont ceux de Zoétélé qui se sont retrouvés dans l’un des trois bureaux de ce petit village de Yaoundé 2. Des bulletins qui ont été utilisés. Ici aussi, les scrutateurs de l’Afp, qui accusaient une élite de la localité d’avoir " ouvert un quartier général de fraude à son domicile " ont quitté les lieux avant la fin des opérations électorales.

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Jean Teikeng, scrutateur Sdf à Yaoundé VI, Bureau B8
J’ai eu beaucoup de problèmes. Des personnes sont venues voter plusieurs fois. L’on m’a intimidé quand j’ai voulu protester, me menaçant même de me chasser. En ce qui concerne la participation, elle a été très faible. Quelque cinquante personnes seulement ont voté, y compris celles qui venaient plusieurs fois, sur plus de 150 inscrits.

Aloïs Ebode Onana, scrutateur Rdpc à Yaoundé VI, Bureau A8
Le scrutin s’est déroulé dans de bonnes conditions en dehors de quelques petits problèmes que nous avons eus avec le Sdf. Pour le moment le Rdpc est sorti vainqueur. La participation, à mon avis, a été massive. Nous avons eu 125 votants parmi les 150 inscrits.

Abande Kang, Observateur pour Ifo Poss à Etoug-Ebe
C’est presqu’un calme de mort. Les gens semblent désintéressés par les élections, car rendu à 14h, 50 personnes n’ont pas encore voté. Un monsieur est venu prendre une centaine de bulletin du Rdpc. C’est un acte de fraude car, à chaque bureau correspond un nombre précis de bulletins pour chaque parti politique.

Martin B. électeur à la sous-préfecture de Biyem-Assi
Mon nom a été mal écrit, ceux de mes parents ne sont pas justes et mes coordonnées fausses. Ici, on me demande d’aller voter à Etoug-Ebe où se trouverait mon nom.

Paul Biya, président du Rdpc
Je tiens à dire que pour le moment nous sommes satisfaits du calme qui règne pendant la campagne électorale. Qu’on accepte le verdict des urnes. Je veux que les Camerounais comprennent que nous sommes entrés dans un processus démocratique durable. J’attends dans l’immédiat c’est une majorité confortable qui puisse me permettre de moderniser le pays.

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