Non classé

Le style Biya

" Il serait souhaitable…Les instructions seront données…Je compte donner des instructions…Nous devrions…Nous allons continuer…
Par Xavier Messè


Il n’est pas acceptable que…Il est inadmissible que…L’accès à l’eau potable sera étendue… "
Ces chutes de phrases, après des constats relevés des maux ou des carences qui jonchent la société camerounaise actuelle ont été relevées dans le message du président Paul Biya à la nation le 31 décembre. A les relire, ces constats seraient des remarques que ferait n’importe quel Camerounais attentif à l’évolution de son pays. Ces chutes de phrases seraient celles de n’importe lequel des Camerounais soucieux de voir les différents secteurs de la vie économique et social du pays connaître des améliorations et des changements. Mais curieusement, ces constats sont du président Biya. Si le président de la République formule des vœux pieux, qui prendrait des décisions ? Si le président de la République fait des constats nébuleux, parfois en forme d’aveux d’impuissance, qui tracerait alors des directives et orienterait les actions dans un agenda suivi et appliqué ? Ce qui convient aujourd’hui de qualifier de " style Biya ", parce que empreinte de ponce pilatisme a dépouillé les discours présidentiels de tout intérêt qu’ils auraient pourtant mérité.
Les discours du 31 décembre pour le bilan et les perspectives de la nation, ou celui du 10 février à la jeunesse, à quelques exceptions prêt, ressemblent aux chroniques du début ou de la fin des saisons que les journalistes appellent les " marronniers ", parce qu’ils ne changent que par la date et l’année, le contenu demeurant le " copier coller " de l’un et des autres.

Dans la marrée humaine des jeunes qui avaient envahi le rond point de la poste et le Boulevard du 20 Mai à Yaoundé à " Ya Fê " ce 31 décembre, un étudiant qui avait tenu à avoir sur lui un récepteur pour suivre le message du chef de l’Etat proposa à ses camarades quelques minutes d’attention au moment de la diffusion du message. Il sera aussitôt repris par ses camarades : " Tu peux écouter seul, tu nous diras ensuite de combien on a relevé les salaires ! " S’exclamaient les autres amis. Surtout lorsqu’un chef de l’Etat a le propos rare comme c’est le cas de Paul Biya, chacune de ses sorties devrait être des instants des déclarations d’éclat. A l’exception de la confirmation de la prochaine modification de la constitution, Biya est resté fidèle à son style : ponce pilatisme et nébuleuse. C’est pour cela que ses auditeurs, chaque année, sont de moins en moins nombreux à le suivre.

Du côté de l’océan indien
La Tanzanie est l’un des pays où l’élevage est le pus pratiqué. Son cheptel en bovins en 2005 était estimé à 18 millions de têtes. Bien loin devant l’Afrique du Sud avec ses treize millions de têtes, ou le Cameroun avec ses 5,6 millions de têtes ; et derrière le Soudan qui est le 7è éleveur au monde avec un cheptel bovins de 39 millions de têtes.
Il y a 10 ans, la Tanzanie se lançait dans une politique de redynamisation de son élevage. Elle décida de se doter d’une véritable industrie de transformation des produits dérivés de l’élevage. Des unités de production de lait se créaient ; le pays fit appel à la technologie indienne et philippine afin de produire du beurre, du fromage et faire de la conserve de viande. Il existe aujourd’hui dans tous les magasins de grande distribution du pays, du fromage version gruyère de fabrication locale. Le lait et le yaourt d’importation résistent difficilement à la concurrence. Les produits locaux bénéficiant naturellement de l’élément prix favorable aux consommateurs. Exemple : 1 kilogramme de gruyère " Cheese Kilimandjaro " ne coûte que 5000 Fcfa contre 8000Fcfa pour 250 grammes d’un Roquefort " made in France.

Cette politique d’industrialisation et l’incitation à la consommation a produit des effets immédiats : entre 2006 et 2007, le secteur industrie de la Tanzanie a enregistré une croissance de 17%, talonnant le tourisme (20%) considéré comme la première industrie du pays. Il en est de même d’autres produits comme le thé (26000 tonnes par an) qui bénéficie d‘une grande impulsion pour la transformation locale. Les aspects marketing et promotion tels que le design, le visuel, le conditionnement rendent ces produits attractifs et très présents sur le champ de la concurrence.
La Tanzanie sort progressivement de la zone dite des " pays pauvres où l’on vit avec moins de1000 Fcfa par jour ". Nous ne perdons rien au Cameroun à aller lorgner de ce côté de l’océan indien, comment les autres font pour s’industrialiser et créer des emplois.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Le style Biya

" Il serait souhaitable…Les instructions seront données…Je compte donner des instructions…Nous devrions…Nous allons continuer…
Par Xavier Messè


Il n’est pas acceptable que…Il est inadmissible que…L’accès à l’eau potable sera étendue… "
Ces chutes de phrases, après des constats relevés des maux ou des carences qui jonchent la société camerounaise actuelle ont été relevées dans le message du président Paul Biya à la nation le 31 décembre. A les relire, ces constats seraient des remarques que ferait n’importe quel Camerounais attentif à l’évolution de son pays. Ces chutes de phrases seraient celles de n’importe lequel des Camerounais soucieux de voir les différents secteurs de la vie économique et social du pays connaître des améliorations et des changements. Mais curieusement, ces constats sont du président Biya. Si le président de la République formule des vœux pieux, qui prendrait des décisions ? Si le président de la République fait des constats nébuleux, parfois en forme d’aveux d’impuissance, qui tracerait alors des directives et orienterait les actions dans un agenda suivi et appliqué ? Ce qui convient aujourd’hui de qualifier de " style Biya ", parce que empreinte de ponce pilatisme a dépouillé les discours présidentiels de tout intérêt qu’ils auraient pourtant mérité.
Les discours du 31 décembre pour le bilan et les perspectives de la nation, ou celui du 10 février à la jeunesse, à quelques exceptions prêt, ressemblent aux chroniques du début ou de la fin des saisons que les journalistes appellent les " marronniers ", parce qu’ils ne changent que par la date et l’année, le contenu demeurant le " copier coller " de l’un et des autres.

Dans la marrée humaine des jeunes qui avaient envahi le rond point de la poste et le Boulevard du 20 Mai à Yaoundé à " Ya Fê " ce 31 décembre, un étudiant qui avait tenu à avoir sur lui un récepteur pour suivre le message du chef de l’Etat proposa à ses camarades quelques minutes d’attention au moment de la diffusion du message. Il sera aussitôt repris par ses camarades : " Tu peux écouter seul, tu nous diras ensuite de combien on a relevé les salaires ! " S’exclamaient les autres amis. Surtout lorsqu’un chef de l’Etat a le propos rare comme c’est le cas de Paul Biya, chacune de ses sorties devrait être des instants des déclarations d’éclat. A l’exception de la confirmation de la prochaine modification de la constitution, Biya est resté fidèle à son style : ponce pilatisme et nébuleuse. C’est pour cela que ses auditeurs, chaque année, sont de moins en moins nombreux à le suivre.

Du côté de l’océan indien
La Tanzanie est l’un des pays où l’élevage est le pus pratiqué. Son cheptel en bovins en 2005 était estimé à 18 millions de têtes. Bien loin devant l’Afrique du Sud avec ses treize millions de têtes, ou le Cameroun avec ses 5,6 millions de têtes ; et derrière le Soudan qui est le 7è éleveur au monde avec un cheptel bovins de 39 millions de têtes.
Il y a 10 ans, la Tanzanie se lançait dans une politique de redynamisation de son élevage. Elle décida de se doter d’une véritable industrie de transformation des produits dérivés de l’élevage. Des unités de production de lait se créaient ; le pays fit appel à la technologie indienne et philippine afin de produire du beurre, du fromage et faire de la conserve de viande. Il existe aujourd’hui dans tous les magasins de grande distribution du pays, du fromage version gruyère de fabrication locale. Le lait et le yaourt d’importation résistent difficilement à la concurrence. Les produits locaux bénéficiant naturellement de l’élément prix favorable aux consommateurs. Exemple : 1 kilogramme de gruyère " Cheese Kilimandjaro " ne coûte que 5000 Fcfa contre 8000Fcfa pour 250 grammes d’un Roquefort " made in France.

Cette politique d’industrialisation et l’incitation à la consommation a produit des effets immédiats : entre 2006 et 2007, le secteur industrie de la Tanzanie a enregistré une croissance de 17%, talonnant le tourisme (20%) considéré comme la première industrie du pays. Il en est de même d’autres produits comme le thé (26000 tonnes par an) qui bénéficie d‘une grande impulsion pour la transformation locale. Les aspects marketing et promotion tels que le design, le visuel, le conditionnement rendent ces produits attractifs et très présents sur le champ de la concurrence.
La Tanzanie sort progressivement de la zone dite des " pays pauvres où l’on vit avec moins de1000 Fcfa par jour ". Nous ne perdons rien au Cameroun à aller lorgner de ce côté de l’océan indien, comment les autres font pour s’industrialiser et créer des emplois.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Le style Biya

" Il serait souhaitable…Les instructions seront données…Je compte donner des instructions…Nous devrions…Nous allons continuer…
Par Xavier Messè


Il n’est pas acceptable que…Il est inadmissible que…L’accès à l’eau potable sera étendue… "
Ces chutes de phrases, après des constats relevés des maux ou des carences qui jonchent la société camerounaise actuelle ont été relevées dans le message du président Paul Biya à la nation le 31 décembre. A les relire, ces constats seraient des remarques que ferait n’importe quel Camerounais attentif à l’évolution de son pays. Ces chutes de phrases seraient celles de n’importe lequel des Camerounais soucieux de voir les différents secteurs de la vie économique et social du pays connaître des améliorations et des changements. Mais curieusement, ces constats sont du président Biya. Si le président de la République formule des vœux pieux, qui prendrait des décisions ? Si le président de la République fait des constats nébuleux, parfois en forme d’aveux d’impuissance, qui tracerait alors des directives et orienterait les actions dans un agenda suivi et appliqué ? Ce qui convient aujourd’hui de qualifier de " style Biya ", parce que empreinte de ponce pilatisme a dépouillé les discours présidentiels de tout intérêt qu’ils auraient pourtant mérité.
Les discours du 31 décembre pour le bilan et les perspectives de la nation, ou celui du 10 février à la jeunesse, à quelques exceptions prêt, ressemblent aux chroniques du début ou de la fin des saisons que les journalistes appellent les " marronniers ", parce qu’ils ne changent que par la date et l’année, le contenu demeurant le " copier coller " de l’un et des autres.

Dans la marrée humaine des jeunes qui avaient envahi le rond point de la poste et le Boulevard du 20 Mai à Yaoundé à " Ya Fê " ce 31 décembre, un étudiant qui avait tenu à avoir sur lui un récepteur pour suivre le message du chef de l’Etat proposa à ses camarades quelques minutes d’attention au moment de la diffusion du message. Il sera aussitôt repris par ses camarades : " Tu peux écouter seul, tu nous diras ensuite de combien on a relevé les salaires ! " S’exclamaient les autres amis. Surtout lorsqu’un chef de l’Etat a le propos rare comme c’est le cas de Paul Biya, chacune de ses sorties devrait être des instants des déclarations d’éclat. A l’exception de la confirmation de la prochaine modification de la constitution, Biya est resté fidèle à son style : ponce pilatisme et nébuleuse. C’est pour cela que ses auditeurs, chaque année, sont de moins en moins nombreux à le suivre.

Du côté de l’océan indien
La Tanzanie est l’un des pays où l’élevage est le pus pratiqué. Son cheptel en bovins en 2005 était estimé à 18 millions de têtes. Bien loin devant l’Afrique du Sud avec ses treize millions de têtes, ou le Cameroun avec ses 5,6 millions de têtes ; et derrière le Soudan qui est le 7è éleveur au monde avec un cheptel bovins de 39 millions de têtes.
Il y a 10 ans, la Tanzanie se lançait dans une politique de redynamisation de son élevage. Elle décida de se doter d’une véritable industrie de transformation des produits dérivés de l’élevage. Des unités de production de lait se créaient ; le pays fit appel à la technologie indienne et philippine afin de produire du beurre, du fromage et faire de la conserve de viande. Il existe aujourd’hui dans tous les magasins de grande distribution du pays, du fromage version gruyère de fabrication locale. Le lait et le yaourt d’importation résistent difficilement à la concurrence. Les produits locaux bénéficiant naturellement de l’élément prix favorable aux consommateurs. Exemple : 1 kilogramme de gruyère " Cheese Kilimandjaro " ne coûte que 5000 Fcfa contre 8000Fcfa pour 250 grammes d’un Roquefort " made in France.

Cette politique d’industrialisation et l’incitation à la consommation a produit des effets immédiats : entre 2006 et 2007, le secteur industrie de la Tanzanie a enregistré une croissance de 17%, talonnant le tourisme (20%) considéré comme la première industrie du pays. Il en est de même d’autres produits comme le thé (26000 tonnes par an) qui bénéficie d‘une grande impulsion pour la transformation locale. Les aspects marketing et promotion tels que le design, le visuel, le conditionnement rendent ces produits attractifs et très présents sur le champ de la concurrence.
La Tanzanie sort progressivement de la zone dite des " pays pauvres où l’on vit avec moins de1000 Fcfa par jour ". Nous ne perdons rien au Cameroun à aller lorgner de ce côté de l’océan indien, comment les autres font pour s’industrialiser et créer des emplois.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

Non classé

Emmanuel Bess

Musicien camerounais – Emmanuel Bess est originaire de Yaoundé (Cameroun) d’une famille où la pratique de la musique a toujours été courante et au sein de laquelle il apprend à chanter, à jouer de la guitare, la basse et les drums.
Son amour pour la musique va au-delà des rythmes dits africains. Tout compte fait, il va également s’intéresser au fil des ans aussi bien à  des styles de musique les plus variés qu’à certains grands noms de la musique à l’exemple de Santana, Georges Benson, B.B. King, Manu Dibango ou de Dickie Betts .
Il crée en 1994 le projet RER: Real Rhythm Exclusive. L’exceptionnel en «Real Rhythm Exclusive» devient l’art de jouer dans le cadre d’un seul concert des styles de musique distincts.

Leave your vote

Start typing and press Enter to search

close

Log In

Forgot password?

Forgot password?

Enter your account data and we will send you a link to reset your password.

Your password reset link appears to be invalid or expired.

Log in

Privacy Policy

Add to Collection

No Collections

Here you'll find all collections you've created before.