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56 prersonnalités dans le collimateur d’Amadou Al

Des barons du régime Biya sont inquiets depuis que le chef de l’Etat a annoncé la poursuite de la traque des corrompus et détourneurs de deniers publics. Ils maudissent le vice-Premier ministre.

Psychose. Le mot semble fort. Mais il traduit le trouble intérieur que subit aujourd’hui une soixantaine de membres du gouvernement, directeurs généraux et hommes d’affaires prospères. Quelques-uns d’entre eux ont en effet appris, il y a quelques jours, que leurs noms figurent sur une liste de personnes suspectées de crimes économiques. La nouvelle s’est vite répandue et l’essentiel des hiérarques du régime Biya est au courant. Après le discours du 31 décembre 2007 dans lequel le président de la République affirmait sa volonté de poursuivre la lutte contre la corruption et le détournement de deniers publics, ces derniers vivent désormais dans l’angoisse, à l’idée de savoir qu’ils peuvent être cueillis d’un moment à l’autre comme Ondo Ndong et les autres victimes de l’opération Epervier.
Cette peur, en tout cas, est légitime et paraît fondée. En septembre dernier, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, a signé des lettres mettant en mission un spécialiste pour “ conduire une enquête d’expertise et d’investigation financières internationales contre la corruption et le détournement de fonds de l’Etat du Cameroun. ” La mission devait être effectuée dans les zones géographiques suivantes : Angleterre, Amérique du nord, Amérique du sud, Iles anglaises de Guernesey, Asie, Moyen-Orient, Europe et Afrique. Selon nos sources, Amadou Ali a également demandé aux chancelleries des Etats-Unis d’Amérique, de Grande Bretagne et du Canada d’apporter “ l’entraide nécessaire auprès des services d’investigations financières de leur pays ” afin que son émissaire puisse remplir sa mission avec succès.

64 suspects, 8 incarcérés
Le missionnaire a ainsi effectué son travail sur la base d’une liste de suspects. L’un des fichiers établis dans ce cadre a répertorié 64 noms de personnalités. Sept parmi eux se trouvent déjà en prison. Il s’agit des premières victimes de l’opération Epervier (Emmanuel Ondo Ndong, Gilles Roger Belinga, Joseph Edou, Alphonse Siyam Siwé) et d’autres personnes condamnées avant 2006 dans le cadre des procès (politiques ?) de corruption et détournements (Mounchipou Seidou, Pierre Désiré Engo, Michel Thierry Atangana Abega). Selon toute vraisemblance, la liste aurait été confectionnée avant le 12 décembre 2007, date de la condamnation d’Edouard Nathanaël Etondè Ekoto à 15 ans d’emprisonnement ferme. En effet, le fichier des personnes ainsi suspectées de crimes économiques ne précise pas devant le nom de l’ancien président du conseil d’administration du Port autonome de Douala qu’il est incarcéré, comme c’est le cas pour les 7 autres personnalités. On se rappelle que ce dernier avait comparu libre jusqu’à ce que sa culpabilité soit retenue par le tribunal de grande instance du Wouri.
Le travail ainsi commandé paraît normal puisqu’il est nécessaire dans la recherche des indices permettant d’inculper les suspects. Mais il semble plutôt administratif et politique, dans la mesure où la décision d’investigation n’émane pas de la Justice, entendue comme pouvoir distinct de l’exécutif. Elle reste donc interprétable et contestable selon les intérêts de chacun. Néanmoins, les suspects sont déstabilisés, à en juger par les réunions secrètes et les messes noires organisées ces jours-ci pour savoir si c’est le président Biya lui-même qui a ordonné ce travail à travers Amadou Ali. Les personnalités ayant découvert leurs noms attendent d’être interpellées, entendues, inculpées peut-être, et de comparaître pour établir leur innocence ou leur culpabilité. Le Messager, en tout cas, se fera le devoir de suivre, pour ses lecteurs, le déroulement de l’affaire. 

Par Alexandre T. DJIMELI

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Des barons du régime Biya sont inquiets depuis que le chef de l’Etat a annoncé la poursuite de la traque des corrompus et détourneurs de deniers publics. Ils maudissent le vice-Premier ministre.

Psychose. Le mot semble fort. Mais il traduit le trouble intérieur que subit aujourd’hui une soixantaine de membres du gouvernement, directeurs généraux et hommes d’affaires prospères. Quelques-uns d’entre eux ont en effet appris, il y a quelques jours, que leurs noms figurent sur une liste de personnes suspectées de crimes économiques. La nouvelle s’est vite répandue et l’essentiel des hiérarques du régime Biya est au courant. Après le discours du 31 décembre 2007 dans lequel le président de la République affirmait sa volonté de poursuivre la lutte contre la corruption et le détournement de deniers publics, ces derniers vivent désormais dans l’angoisse, à l’idée de savoir qu’ils peuvent être cueillis d’un moment à l’autre comme Ondo Ndong et les autres victimes de l’opération Epervier.
Cette peur, en tout cas, est légitime et paraît fondée. En septembre dernier, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, a signé des lettres mettant en mission un spécialiste pour “ conduire une enquête d’expertise et d’investigation financières internationales contre la corruption et le détournement de fonds de l’Etat du Cameroun. ” La mission devait être effectuée dans les zones géographiques suivantes : Angleterre, Amérique du nord, Amérique du sud, Iles anglaises de Guernesey, Asie, Moyen-Orient, Europe et Afrique. Selon nos sources, Amadou Ali a également demandé aux chancelleries des Etats-Unis d’Amérique, de Grande Bretagne et du Canada d’apporter “ l’entraide nécessaire auprès des services d’investigations financières de leur pays ” afin que son émissaire puisse remplir sa mission avec succès.

64 suspects, 8 incarcérés
Le missionnaire a ainsi effectué son travail sur la base d’une liste de suspects. L’un des fichiers établis dans ce cadre a répertorié 64 noms de personnalités. Sept parmi eux se trouvent déjà en prison. Il s’agit des premières victimes de l’opération Epervier (Emmanuel Ondo Ndong, Gilles Roger Belinga, Joseph Edou, Alphonse Siyam Siwé) et d’autres personnes condamnées avant 2006 dans le cadre des procès (politiques ?) de corruption et détournements (Mounchipou Seidou, Pierre Désiré Engo, Michel Thierry Atangana Abega). Selon toute vraisemblance, la liste aurait été confectionnée avant le 12 décembre 2007, date de la condamnation d’Edouard Nathanaël Etondè Ekoto à 15 ans d’emprisonnement ferme. En effet, le fichier des personnes ainsi suspectées de crimes économiques ne précise pas devant le nom de l’ancien président du conseil d’administration du Port autonome de Douala qu’il est incarcéré, comme c’est le cas pour les 7 autres personnalités. On se rappelle que ce dernier avait comparu libre jusqu’à ce que sa culpabilité soit retenue par le tribunal de grande instance du Wouri.
Le travail ainsi commandé paraît normal puisqu’il est nécessaire dans la recherche des indices permettant d’inculper les suspects. Mais il semble plutôt administratif et politique, dans la mesure où la décision d’investigation n’émane pas de la Justice, entendue comme pouvoir distinct de l’exécutif. Elle reste donc interprétable et contestable selon les intérêts de chacun. Néanmoins, les suspects sont déstabilisés, à en juger par les réunions secrètes et les messes noires organisées ces jours-ci pour savoir si c’est le président Biya lui-même qui a ordonné ce travail à travers Amadou Ali. Les personnalités ayant découvert leurs noms attendent d’être interpellées, entendues, inculpées peut-être, et de comparaître pour établir leur innocence ou leur culpabilité. Le Messager, en tout cas, se fera le devoir de suivre, pour ses lecteurs, le déroulement de l’affaire. 

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Des barons du régime Biya sont inquiets depuis que le chef de l’Etat a annoncé la poursuite de la traque des corrompus et détourneurs de deniers publics. Ils maudissent le vice-Premier ministre.

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Cette peur, en tout cas, est légitime et paraît fondée. En septembre dernier, le vice-Premier ministre, ministre de la Justice garde des sceaux, Amadou Ali, a signé des lettres mettant en mission un spécialiste pour “ conduire une enquête d’expertise et d’investigation financières internationales contre la corruption et le détournement de fonds de l’Etat du Cameroun. ” La mission devait être effectuée dans les zones géographiques suivantes : Angleterre, Amérique du nord, Amérique du sud, Iles anglaises de Guernesey, Asie, Moyen-Orient, Europe et Afrique. Selon nos sources, Amadou Ali a également demandé aux chancelleries des Etats-Unis d’Amérique, de Grande Bretagne et du Canada d’apporter “ l’entraide nécessaire auprès des services d’investigations financières de leur pays ” afin que son émissaire puisse remplir sa mission avec succès.

64 suspects, 8 incarcérés
Le missionnaire a ainsi effectué son travail sur la base d’une liste de suspects. L’un des fichiers établis dans ce cadre a répertorié 64 noms de personnalités. Sept parmi eux se trouvent déjà en prison. Il s’agit des premières victimes de l’opération Epervier (Emmanuel Ondo Ndong, Gilles Roger Belinga, Joseph Edou, Alphonse Siyam Siwé) et d’autres personnes condamnées avant 2006 dans le cadre des procès (politiques ?) de corruption et détournements (Mounchipou Seidou, Pierre Désiré Engo, Michel Thierry Atangana Abega). Selon toute vraisemblance, la liste aurait été confectionnée avant le 12 décembre 2007, date de la condamnation d’Edouard Nathanaël Etondè Ekoto à 15 ans d’emprisonnement ferme. En effet, le fichier des personnes ainsi suspectées de crimes économiques ne précise pas devant le nom de l’ancien président du conseil d’administration du Port autonome de Douala qu’il est incarcéré, comme c’est le cas pour les 7 autres personnalités. On se rappelle que ce dernier avait comparu libre jusqu’à ce que sa culpabilité soit retenue par le tribunal de grande instance du Wouri.
Le travail ainsi commandé paraît normal puisqu’il est nécessaire dans la recherche des indices permettant d’inculper les suspects. Mais il semble plutôt administratif et politique, dans la mesure où la décision d’investigation n’émane pas de la Justice, entendue comme pouvoir distinct de l’exécutif. Elle reste donc interprétable et contestable selon les intérêts de chacun. Néanmoins, les suspects sont déstabilisés, à en juger par les réunions secrètes et les messes noires organisées ces jours-ci pour savoir si c’est le président Biya lui-même qui a ordonné ce travail à travers Amadou Ali. Les personnalités ayant découvert leurs noms attendent d’être interpellées, entendues, inculpées peut-être, et de comparaître pour établir leur innocence ou leur culpabilité. Le Messager, en tout cas, se fera le devoir de suivre, pour ses lecteurs, le déroulement de l’affaire. 

Par Alexandre T. DJIMELI

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Le parrain des bassistes camérounais

Jean Dikoto Mandengué est réellement de retour avec un opus qui le replonge dans les racines de la musique africaine. – MANDENGUE

Couverture

 

 

Sa vie, son œuvre:

Difficile de résumer en quelques lignes ce pionnier de la basse et de la world music.

I- Le CAMEROUN

Le Cameroun est aujourd’hui en train de se positionner comme une terre à produire des «fréquences graves». En effet, ses bassistes envahissent les studios de Paris, New York, Los Angeles, Londres etc…
Richard Bona, Armand Sabal Leco, Etienne Mbappé, Guy Nsangué, sillonnent les scénes internationales derrière des artistes que tout musicien rêverait de rencontrer : Stanley Clarke, Paul Simon, Joe Zawinul, Billy Coban, Pat Metheny, Harry Belafonte…
Pourtant au départ, la basse n’était pas un instrument primordial dans les musiques camerounaises. C’est la guitare qui constituait l’instrument leader. Et tous les bassistes camerounais ont d’ailleurs démarré par la guitare.
A la base de cette «incongruité», il y a un homme, par qui le «scandale» est arrivé. Scandale parce que, la musique la plus populaire du Cameroun (le Makossa) a pour base la guitare. Il y a donc un novateur qui a décidé de changer le cours normal de l’histoire de la musique camerounaise. Cet homme s’appelle J. D. Mandengué, auteur compositeur, interprète, bassiste, guitariste, session-man.

II- L’appel de l’aventure

Né au Cameroun, il y a une soixantaine d’années (même s’il en parait une quarantaine), il taquine d’abord la guitare en dilettante, mais surtout il est groupie de musiciens congolais de passage au Cameroun, il est attiré par cette vie d’aventurier. Il décide de partir du Cameroun, alors qu’il n’était qu’un adolescent.

III- Un novateur à Paris

Alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années il a déjà une carrière bien chargée .Des rencontres qui comptent, Manu Dibango, qui entre temps, l’a convaincu de passer de la guitare à la Basse.
Dikoto- Dibango : une complicité de longue date qui accouchera de plusieurs chefs d’œuvre : Salt Pop Corn ; Soul Machine, from Congo… Sunday morning, wouri… influences du Memphis sound. Le son Stax. Manu Dibango, JDM, Slim Pezin, Lucien Dobat ou Ben’s Diné, c’étaient Booket T, Duck Dunn, Steve Cropper et Al Jackson de la place de Paris.
Pas étonnant que Claude François et Nino Ferrer lorgnent vers ce groupe qui arrive à reproduire ce son stax qui fait fureur dans toutes les radios et discothèques.
La collaboration entre JDM et Claude François durera près de quatre années. Après l’expérimental Nino Ferrer et le crooner Mike Brandt, entrecoupée par des séances de studios chez Philips.
Ces collaborations(notamment avec Eboa Lottin et Ekambi Brillant) permettront à JDM d’asseoir la basse comme instrument leader de la musique camerounaise, avec des arrangements minimalistes où la guitare est parfois remplacée par le piano, et la batterie presque inexistante.
La basse se libère complètement et cesse d’être le gardien du tempo, pour devenir un instrument mélodique. Un instrument qui soutient le chant en lui offrant un contre point.
JDM, pose là les bases de la basse baladeuse, des balancements indolents, qui étonneront le monde entier dans le jeu des bassistes camerounais. Ce style vaudra à JDM le surnom de Mister Walking Basse. Ecoutez « besombé » de Eboa Lottin, et vous retrouverez cette manière de faire coller la basse chant, au point de lui faire jouer un rôle de « background vocal »
Ce qu’on constate, à l’écoute des premières œuvres de JDM, comme les arrangements qu’il réalise pour Ekambi Brillant et Eboa Lottin, c’est l’esquisse d’un style complètement novateur. Une utilisation de la basse qu’on ne trouve pas chez les créateurs du Makossa que sont : Nelle Eyoum, Epee Dooh, ou Ebanda Manfred.

IV- OSIBISA : « Le » groupe

Claude François était au firmament de sa carrière. Il fallait de l’audace pour quitter ce confort et rejoindre un groupe africain à une époque où la World Music n’était pas à la mode.
Et pourtant, c’était la plus belle aventure de la vie de Jean.D.M. Ce groupe a créé une musique (l’Afro beat). Participer à une belle aventure est le rêve de tout musicien. Jean D.M a créé la basse Afro Beat, comme Tony Allen a créé la batterie Afro beat.
Avec OSIBISA, l’équivalent en Afrique de Weather Report, J.D.M. sillonnera les plus grandes scènes du monde : Londres, New York(Madison Square Garden) ; rencontrera les plus grands groupes et musiciens du monde(Weather Report, avec Jaco Pastorius, Kool and the gang, Bootsy Collins. Ces rencontres formeront bien sûr le musicien. D’autres collaborations suivront : Avec T.Bone Walker(grand bluesman), Funkadilic. Jerry Lewis, Chuck Berry. Force est de constater que l’identité d’OSIBISA lui colle à la peau.

V- Dikoto style

Etant un Globe Trotter, J.D.M est bien entendu la synthèse de plusieurs musiques. Ce qui crée d’ailleurs un malentendu avec le public camerounais. Il a révolutionné le Makossa et semble tourner le dos à cette musique.
Quand on a sillonné le monde, on ne peut pas s’enfermer dans une musique, aussi belle soit elle ; pour être un requin de studio, il faut être capable de tout jouer. Il en reste forcément quelque chose, voire plusieurs choses.
Dikoto, c’est une certaine idée du Makossa. C’est le Funk. C’est la Fusion, c’est l’Afro Beat. C’est la Salsa. C’est le Jazz. C’est le Blues. Bref, toutes les musiques qui touchent l’âme et ne se contentent pas seulement de faire trémousser. Même si la danse est importante.
Un album de Dikoto, c’est toutes ces musiques en même temps.

1- Dikoto : auteur, compositeur, interprète

Comme tous les musiciens, compositeurs interprètes, il y a toujours une casquette qui masque les autres talents. Et chaque œuvre apporte son lot de malentendus. Les uns attendent le bassiste et trouvent le compositeur et chanteur. Les autres attendent le compositeur- chanteur qui les fera danser et ils trouvent un musicien exigeant qui refuse de céder à la facilité ou aux modes du moment.
Dikoto, c’est d’abord la mélodie qui tue (Makane, Suwele Mba, Na bolane wa nje, Mathilde, Sunday afternoon, longue la sule bobe etc…)
A l’instar de Francis Bebey, Charles Ewandjé, il écrit comme un émigré qui a quitté son pays depuis très longtemps, mais qui a cristallisé les réalités de son enfance, comme si rien n’avait bougé.
>En cela, il est plus rafraîchissant et plus proche de l’Afrique que ceux qui ne l’ont jamais quitté. «Makane», «Suwele Mba», aucun jeune camerounais n’écrit avec ces mots là, ni ce style aujourd’hui

2. La voix

Facilement reconnaissable, elle prend parfois des allures de « crooner ».
Il est d’ailleurs étonnant de constater que cette voix si rauque, voire rocailleuse lorsqu’il parle se transforme en voix de velours lorsqu’il chante.
Elle peut être mélodique, sauvage, roots, par moment, notamment quand il chante l’Afro beat(Wangala)

2- Dikoto, Basse Master

La basse est l’instrument qui a le plus évolué au cours du siècle.

De la contre basse jouée au 16e siècle avec l’archet, à la contre basse attaquée avec les doigts par Bill Johnson, on est passé à la basse électrique, qui elle-même n’a cessé d’évoluer, 4, 5, 6, 12 cordes. Basse synthé, stick Chapman etc…
Le rôle du bassiste a également beaucoup évolué dans l’orchestre. Il n’est plus seulement le gardien du tempo. La basse est devenue un instrument mélodique, capable de jouer le rôle de leader dans l’orchestre.
Les qualités d’un bon bassiste cependant restent immuables. Au sommet, il restera toujours le son : sa beauté et sa profondeur.
Et Dikoto c’est d’abord le son, reconnaissable dès les premières notes pour un amateur de sons graves, un son qu’il a acquis très tôt.
Il maîtrise la technique sans en abuser.
Dikoto, c’est aussi le gros son. Sans effets, c’est la maîtrise des aigus, sans faire appel aux 5 ou 6 cordes. C’est aussi la fluidité et les lignes claires.

3- Funk Attitude

Dikoto est le produit de plusieurs influences. Mais l’influence la plus déterminante c’est le Funk.
Et le bassiste qui l’a le plus influencé, c’est Bootsy Collins. Même si le son provient de Duck Dunn et James Jamerson ou de Larry Graham.
La basse Funk est simple sans être simpliste. Elle sert d’abord la musique. Et si Dikoto a été influencé par le Funk, c’est d’abord parce qu’il a une conception globale de la musique.
Rien ne l’ennuie autant que de longs et interminables solos de basse. Par opposition, les riffs sont rapides, fugaces. Il faut être à l’écoute pour les capter.
Rappelons que Dikoto a commencé par la contre basse. Ce qui muscle les doigts et qui confère cette puissance à son son. Puissance que n’ont pas ceux qui ont commencé par la basse électrique.
La contre basse apporte également la maîtrise du rythme. Ecoutez le à la contre basse dans «lende Africa »et «longue lasu le bobe».
Dikoto c’est aussi un tempo intérieur «Enae» avec Tom Yom’s. Un jeu percussif "africa we go go» OSIBISA, maître de la mise en place avec «azaa» avec Sly T.
Envolées lyriques avec «Sakura», «fire», Osibisa. Il peut jouer avec le tempo : en avant du tempo. En arrière ou dans le tempo «Na malalodia bwam ». La fluidité, vous la retrouvez dans l’intro de «Monkey» avec Sly T.
>La puissance avec laquelle il attaque les cordes rend superflu l’utilisation du slap. Sa maîtrise des aigus avec la quatre cordes rend inutile l’utilisation des cinq et six cordes. N’oublions pas que les techniques percussives comme slap taping et autres ont été inventées par ceux qui n’avaient pas naturellement la puissance du son. Et que la cinq et six cordes a pour but de faciliter la tâche à ceux qui sont limités par la quatre cordes.
Plus généralement un excès de technique a pour but de masquer les limites de dons naturels et de personnalité.
La Funk-attitude c’est aussi une manière d’être, de marcher, de se déplacer, de se mouvoir. Une posture. Une manière de tenir la basse. Dikoto, Larry Graham, Bootsy Collins : Même posture sur scène. L’élégance et l’esthétique. Donner à entendre et donner à voir.

VI- Discothèque sélective

1- Seul :

Il y a d’abord quelques 45 tours vinyles introuvables. Du Makossa, aux sonorités modernes.
Puis le premier album (33 tours). Sans titre éponyme. Cet album est simplement intitulé «J.D. Mandengué». Il s’ouvre avec le chef d’œuvre «Lende Africa». La contre basse dans sa toute splendeur. Un tempo et des contrechamps affolants. Du jazz fusion pur et dur.
Le chant est inspiré du style Osibisa : sauvage. Un jeu au piano digne de Herbie Hancock. Il y a ensuite «Sunday afternoon» plus populaire, original et inclassable.Funk frotté au Makossa. Basse déambulante, Riffs fugaces et discrets, que l’essentiel.
Ensuite, «Na bolane oa nje». Makossa pur violon en prime.
Puis suit la bombe «Muna munengue». La basse se veut agressive.
Avec ce vrombissement, cette vibration qu’on retrouve chez Bootsy Collins, et Stanley Clarke. Sauf que Dikoto n’utilise aucun effet spécial pour sa basse. C’est le morceau le plus populaire de Dikoto. C’est son what I say. Son sex machine ou son thriller. Morceau qui met tous les camerounais en transe. Indémodable. Le chant est scandé, la voix roots. Sauvage. Chorus mâle. Jean la foudre, à l’animation vocale bien avant que les congolais n’en fassent un système. Muna Munengué fixe définitivement la place du bassiste dans la musique camerounaise. C’est le premier morceau camerounais où la basse est mise en avant, et prend définitivement la place de la guitare. C’est un morceau qui a permis d’accrocher des générations de bassistes. La structure du Makossa à partir de Muna munengué se fera plus jamais comme avant.. C’est une révolution dans la musique camerounaise équivalent à «continium» de Jaco Pastorius. Ou «quiet afternoon» de Stanley Clarke aux USA.

Après la tornade «Muna munengué» vient la poésie suave et sensuelle de «Yaso na». Guitare acoustique, orgue churchy. Complicité basse guitare. Jeu de graves et des aigus. Contre points. Bref, du groove qui monte. Monte et ne faiblit jamais. C’est un chef d’œuvre de délicatesse à découvrir ou à redécouvrir.
Après c’est «Mathilde» la garce. Tempo latin. Violons graves. Ambiance vieux cabaret de style colonial. On continue dans le latino avec «Mandingo». dikoto, nous présente dans ce thème final ceux qui ont officié au chef d’œuvre : Slim Pezin, bien sur (on a 20 ans tous).
Il y a la foudre partout avec Jean Keutchabia que Dikoto se propose de surveiller.
Marc Chantereau. Pierre Alain, Dahan, jean Louis Proust aux prises de son pour exprimer toute la quintessence du sound maker , Slim Pezin – Le Minotaure-Touch
2é Opus : Encore intitulé J.D.Mandengué. Toujours pas de titre d’album. Pas de noms de musiciens comme pour le premier. Ceux qui ont l’oreille reconnaîtront la patte de chacun. Patrick Bourgoin, reconnaissable entre mille, avec sa sonorité inimitable. Que ce soit au sax ténor ou soprane.
Cet album démarre avec «Doudou Chérie» Funk Disco Makossa, jeu de graves et des aigus encore. Riffs joués rapidement «I need you by my side». Ode aux mères. Basse mélodieuse, bien assise. Solide. Mais surtout, le gros son.
Puis « Wangala », qui nous rappelle que Dikoto a été façonné à l’Osibi sound et donc à l’afro beat. Fluidité des lignes de basse. Groove funk. Jungle funk. «chibidaba» , clin d’œil à Georges Clinton , George Duke. Il y a les lignes de basse les plus copiées de Dikoto.
«Longue lasu le bobe», son profond et lignes pures de la contre basse. Chant nostalgique.
«Kossa Mba», course poursuite entre le sound maker Slim et Mr walking basse Dikoto. Rapidité d’exécution.
«Fire will go», Latino quand tu nous tiens ! Respect du tempo. Cohésion basse batterie. Envolées lyriques de Patrick Bourgoin au Sax.

 

Site web > www.jeandikoto.com

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