Avec son deuxième album discographique baptisé “ Wopso Cosmos ”, l’artiste danseuse, chanteuse et chorégraphe, gagne en maturité et s’offre, énéreuse, aux mélomanes.
Par S. O.
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Ce week-end est un grand moment pour la jeune artiste musicienne, Clarisse Valeri. Il consacre la sortie officielle de sa deuxième galette musicale. Enregistrés au “ ClarisseValeri.com ”, son studio de musique à Paris, les huit titres sont traversés par le soleil. De grosses pointures de la musique mondiale ont mis leur talent à contribution dans la réalisation de cet album : Jacky Reaggan du studio “ Mélissa ” assure une bonne partie du mixage ; le mastering est l’œuvre de Ernest Mvouma ; la direction musicale porte l’estampille de Kouadio, le vieux briscard.
La qualité du travail artistique est rayonnante. Le chevauchement des sons, des paroles et des instruments, permet une écoute agréable. Le disque est complet dans les harmonies, la mélodie et les musiques… Les mélomanes, même les plus exigeants, trouvent leur compte. Album envoûtant et chargé d’émotion, les huit chansons sont enrobées des rythmes tantôts ensoleillés, tantôt graves ou intimes.
Dans ses compositions musicales, Clarisse Valeri s’inspire des scènes de la vie quotidienne : la haine, l’amour, l’infidélité, la déception amoureuse, le pardon, le partage… Elle chante en langue “ Bulu ” et en français.
Clarisse Valeri parle de la résistance, de l’endurance, de la persévérance et de la victoire du positif au quotidien. Elle interpelle la jeunesse, l’invite à la lutte contre le Vih/Sida à travers l’abstinence, la fidélité ou l’usage du préservatif. Des chansons comme : “ Tout se paie ici bas ”, “ Wopso Cosmos ”, “ Attention jeunesse ”, “ Je l’aime ” accrochent à la première écoute. Puis on prend du plaisir en écoutant les autres titres comme : “ ça fait trop mal ”, “ vacances ”.
A travers un mélange de “ merengue du sud Cameroun ” et le son de l’accordéon, Clarisse Valeri déborde d’énergie, et fait revivre aux mélomanes les rythmes forts de ses propres origines. Elle a le mérite d’avoir pratiqué les danses suivantes dans sa tendre jeunesse : classique, moderne, traditionnelle, ivoirienne, sénégalaise, contemporaine… Sous les feux de la rampe, Clarisse Valeri est d’une adresse diabolique.
Grâce à la souplesse de ses reins, son pas de danse est alerte, cadencé et séduisant. “ A force de me voir danser, il y en a qui pensent que mon coup de reins est une incitation au sexe, à la pornographie. Je dis non. La danse africaine c’est les reins. Les femmes africaines sont cambrées, avec des formes arrondies, au niveau du bassin. Ce sont autant d’atouts que la danseuse africaine doit mettre en valeur. ” En plus, ajoute-t-elle, “ savoir danser pour une femme c’est tourner les reins. Plus on sait tourner ses reins et son postérieur, mieux on sait danser. Si tout cela excite où renvoie au sexe, ce n’est pas grave ”. Il faut cependant “ éviter de verser dans l’obscénité et toutes sortes de déviances ”, selon la reine du Wopso. Généreuse et surtout attentionnée à l’égard des enfants et des malades atteints du Vih/Sida, l’artiste sait captiver, communiquer et mettre les spectateurs en transe.
Mariée à 19 ans, veuve à 21 ans
“ On naît avec cet art. Je marche sur la route qui m’a été tracée. Danser et chanter, c’est ma vie, ma raison d’être. La musique me procure tout le bonheur dont j’ai besoin ”, clame-t-elle à qui veut l’entendre. Tyrannisée par le chagrin et diverses humiliations, Clarisse Valeri a une histoire douloureuse. “ Je me suis mariée toute petite à l’âge de 19 ans et demi à un Belge. Il est décédé, me laissant veuve à 21 ans. Sa mort a retenti en moi comme un coup de massue, un véritable choc pour une jeune fille sortant à peine de l’adolescence. La traversée du désert a été inhumaine et insupportable. Je me suis retrouvée dans les ténèbres. Ma belle famille occidentale m’a fait subir et endurer les pires atrocités du racisme ”, se souvient-elle.
Séquestrée et humiliée, l’artiste qui frôle le désespoir et le découragement, réussit par trouver le chemin du salut, grâce à Dieu. Pour tout oublier, elle consacre toute sa force et sa dévotion à la musique.
Concept “ Wopso ”
Pour mieux exprimer sa révolte et son indignation, Clarisse Valeri expérimente “ la Soucoupe Wopso ” (le mouvement de la résistance). Pour elle, il s’agit d’un mode de vie, qui s’appuie sur la danse, pour tenter de résoudre, l’ensemble des chocs et des coups subis dans la vie.
Le concept est traversé par des maîtres mots comme : la résistance, la persévérance et l’endurance. Il lui permet de retrouver l’équilibre moral et de mettre un trait noir sur les nombreux préjudices qu’elle a subis. La tendance Wopso, s’observe aussi par le vestimentaire (des minis jupes à la taille des cuisses assorties aux bottes) ; mais également par la manière de danser qui se résume à la façon de tourner les reins.
Depuis quelques semaines, le concept prend de l’ampleur, à en juger par les jupes et les bottes “ wopso ” qui sont vendues dans toutes les surfaces commerciales. “ Je suis heureuse en voyant comment la jeunesse camerounaise s’épanouit à travers le concept Wopso. Je conseille aux jeunes filles de mettre les collants en bas de leurs minis jupes Wopso. Moi-même je les porte ”, conclut l’artiste, interrogée, par rapport à certaines extravagances observées dans les rues.
Par S. O.
Le 24-08-2007
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