L’obstination que démontre Annie Tchawack est remarquable. Pour la directrice du festival de chorégraphie dénommé « Corps é gestes », il n’est pas question d’abandonner le projet quel que soit la nature du problème rencontré.
Eugène Dipanda –
Et Dieu seul sait s’il y en a, avoue-t-elle. Depuis septembre 2006, période de lancement des préparatifs des premières rencontres chorégraphiques de Yaoundé, rien, en matière de logistique et de finances, n’a en effet été acquis d’avance. Au contraire, comme c’est le cas pour la plupart des événements culturels qui sortent des fonts baptismaux, les partenaires ne se bousculent pas. Et pourtant, de l’avis des organisateurs de "Corps é gestes", le festival se tiendra bel et bien dès la semaine prochaine, du lundi 24 au samedi 29 septembre prochain.
C’est, en tout cas, ce qu’ont laissé entendre les membres du comité d’organisation mardi, 18 septembre 2007, au cours de la conférence de presse qu’ils ont donnée au cabaret La Tanière de Yaoundé. On en apprend que "Corps é gestes" est un événement biennal dont "l’idée est de permettre le développement et la visibilité des chorégraphies camerounaises sur le plan national et international". Tout semble en effet parti d’un constat. A travers la multiplication des compagnies dans les principales villes du pays, on se rend compte que la danse contemporaine est en plein essor au Cameroun. Mais, paradoxalement, il n’existe jusque-là qu’une seule plate-forme de diffusion et de promotion de la danse au Cameroun. Il s’agit du festival Abok i ngoma, qui poursuit crânement son petit bonhomme de chemin en dépit de nombreux écueils.
Voici donc un autre concept : "Corps é gestes". Pour son édition inaugurale, annonce Annie Tchawack, ce festival ira à la découverte des nouvelles et anciennes créations des compagnies de danse camerounaises. "Corps é gestes se veut non seulement un lieu d’émergence et de compensation des créations chorégraphiques du Cameroun, mais aussi des échanges entre les cultures chorégraphiques de divers horizons", indiquent les organisateurs. Le choix des participants à ce premier rendez-vous chorégraphique a débuté en début d’année en cours, par un appel à candidatures à l’intention des compagnies de danse. Lequel appel a permis de recevoir une quinzaine de dossiers, desquels cinq compagnies ont finalement été retenues.
A partir du 24 septembre prochain, et sur la base de critères préalablement définis par les organisateurs, un jury constitué de professionnels de la danse attribuera donc des points aux différentes compagnies. Lesquelles se produiront chaque soir, dès 19h, dans la salle de spectacle du Centre culturel français François Villon de Yaoundé. Une saine émulation, qui se conclura au soir du 29 septembre 2007, avec la soirée spéciale de remise de prix qui aura pour cadre le cabaret La Tanière. Un total de cinq prix sont en jeu : la meilleure chorégraphie (150.000 Fcfa), le meilleur chorégraphe (100.000 Fcfa), la meilleure danseuse (75.000 Fcfa) et l’espoir danse (50.000 Fcfa). Un budget "modique" que le Réseau Af-Art culture, concepteur du festival "Corps é gestes", a pu mobiliser malgré tout…