Non classé

Kousseri : Environ 50.000 déplacés dans la ville



Le chef lieu du Logone et Chari est envahi depuis hier par des Tchadiens qui fuient les combats.
De notre envoyé spécial à N’Djamena, Dieudonné Gaïbaï


Les rues de Kousseri hier soir sont engorgées. Difficile de se frayer un passage dans ces conditions. En face du snack " La terrasse ", jeunes et moins jeunes circulent dans un concert de klaxons de motos. Le spectacle à la frontière tchado camerounaise de Nguéli hier avait quelque chose d’inédit. Une file à n’en pas finir de ressortissants tchadiens, de diplomates, de personnes diverses installées dans la capitale tchadienne, traverse avec émotion, le fameux pont de Nguéli. Depuis trois heures du matin, les populations quittent N’Djamena pour se "réfugier au Cameroun". Hadja Djamla a le visage plissé. "J’ai conduit ma fille vers deux heures à l’hôpital de district de Nguéli. Elle a reçu une balle dans le dos et nous l’avons conduite pour voir le médecin". Sa fille Hadji Dagala, âgée de 16 ans, a donc été internée au service de chirurgie de l’hôpital de district. Il est neuf heures, Hadja Djamla qui habite le quartier Ndjare Dar es salam, est accompagné de ses enfants et espère rallier la frontière pour retrouver sa fille, dont elle précise que l’état de santé est satisfaisant.

A cet instant, il est difficile de se frayer un chemin dans cette longue file qui semble interminable. Basile O. un cadre dans une entreprise tchadienne, rencontré au niveau des services de la douane de Nguéli au Tchad, raconte : " dans la nuit, j’ai reçu la visite à mon portail des personnes qui nous ont dit qu’il fallait évacuer la ville au plus vite. Parce que les rebelles allaient bombarder ce lundi. J’ai réuni ma famille et quelques effets essentiels. Nous sommes en route depuis quatre heures, mais nous n’avons pas encore pu arriver à Kousseri".
L’adjudant Abdkar Massaou Mey, commandant la brigade fluviale de Nguéli, a une autre explication. "La capitale tchadienne a été totalement reprise par les forces gouvernementales. Il n’y a plus de rebelles à N’Djamena. Ils disent qu’ils ont fait un repli stratégique, mais il n’en est rien. Parce que justement les forces loyalistes les ont repoussé. Vous arrivez dans la capitale et vous vous retranchez. Ce n’est pas possible. Donc ce sont les "Colombiens" qui ont répandu le message que les rebelles vont attaquer demain." Les Colombiens étant considérés ici comme des badauds spécialisés dans les braquages et les vols.

Combats
Mais il reste que ce sont les tirs sporadiques hier lundi des rebelles qu’on dit concentrés dans certains quartiers de N’Djamena qui ont résolu de nombreuses familles à quitter la capitale N’Djamena. La radio nationale tchadienne étant hors circuit depuis le démarrage des combats, le pouvoir de N’Djamena n’a pu, à en croire les militaires postés dans les bureaux de N’Nguéli, sensibiliser les populations sur cet état de choses. Dans la nuit d’hier des avions et hélicoptères patrouillaient dans le ciel de N’Djamena.
Toujours est-il qu’à pied pour la plupart, mais aussi à vélo, moto, voitures, pirogues et chevaux, ils ont jusqu’au moment où nous mettions sous presse traversé le pont Nguéli pour prendre refuge à Kousseri. Le long des axes qui mènent à Wallia, au Pont Chagoua ou au pont double voie que nous avons visité, ils sont en famille, bagages au dos ou sur la tête. R12, l’une des alimentations qui ravitaillait les populations au début des combats, est fermée. De même que le Lycée Sans frontière de Nguéli qui depuis jeudi n’est plus opérationnel. L’hôtel Shangaï de Walia qui abritait quelques familles qui croyaient avoir fui les combats en se positionnant dans le secteur contrôlé par les forces loyalistes s’est vidé de ses occupants.
Non loin de là au pont Chagoua, un camion qui aurait été bombardé au cours des combats bloque la circulation. Les motos et autres véhicules ont de la peine à traverser l’ouvrage, créant un bouchon considérable. A près de 500m de là, le pont double voie du 10 octobre, est lui aussi bloqué. Un camion est tombé en panne au milieu de l’ouvrage, retardant ainsi les populations qui avaient hâte de quitter la capitale tchadienne. Les policiers tchadiens parviendront à rendre la circulation plus fluide.

Migration
Et pendant qu’en début de soirée un diplomate blessé et escorté par la Croix Rouge tente de se rendre au plus vite à l’hôpital de Kousseri, il meurt sur le pont. Au grand dam des membres de sa famille dans le même véhicule que lui.
Ces nombreuses populations qui prennent ainsi d’assaut la ville de Kousseri sont estimées à près de cinquante mille. La Croix-rouge camerounaise qui organise l’entrée des déplacés est débordée. "Nous n’avons pas dormi de la nuit. Les flux sont importants", rapporte le secrétaire général du comité départemental, Gaïssou. Un tour dans les trois centres prévus pour abriter les déplacés qui n’ont pas encore le statut des réfugiés conformément aux conventions de Genève, a permis de se rendre compte de la promiscuité qui y règne. En même temps que se sont installés sous les arbres de nombreuses familles. Les perrons des vérandas des boutiques fermées ce jeudi servent d’abri, les trottoirs sont bondés de personnes qui ont de la peine à se trouver un logis. La disponibilité de l’eau et de la nourriture pour ces populations constituées à majorité de jeunes enfants et des femmes est une gageure. Les nombreuses réunions de crise qui se sont multipliés à la préfecture du Logone et Chari, sous la présidence d’Alain fritz Ndibi, n’ont pas permis de trouver jusqu’ici une solution au problème.
Les responsables du Haut Commissariat des Réfugiés dont on annonçait la présence hier n’avaient pas au moment où nous mettions sous presse foulé le sol de Kousseri. Certes de nombreuses familles tchadiennes ont rejoint des proches qui résident à Kousseri, mais la situation est plus que jamais préoccupante pour les près de cinquante mille réfugiés abandonnés à la belle étoile. La mine des enfants de ces nombreuses familles est bouleversante et invite à une prise en charge rapide et immédiate. Des secouristes redoutent des épidémies et décès dans les jours à venir du fait des conditions d’accueil de ces déplacés.

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Le chef lieu du Logone et Chari est envahi depuis hier par des Tchadiens qui fuient les combats.
De notre envoyé spécial à N’Djamena, Dieudonné Gaïbaï


Les rues de Kousseri hier soir sont engorgées. Difficile de se frayer un passage dans ces conditions. En face du snack " La terrasse ", jeunes et moins jeunes circulent dans un concert de klaxons de motos. Le spectacle à la frontière tchado camerounaise de Nguéli hier avait quelque chose d’inédit. Une file à n’en pas finir de ressortissants tchadiens, de diplomates, de personnes diverses installées dans la capitale tchadienne, traverse avec émotion, le fameux pont de Nguéli. Depuis trois heures du matin, les populations quittent N’Djamena pour se "réfugier au Cameroun". Hadja Djamla a le visage plissé. "J’ai conduit ma fille vers deux heures à l’hôpital de district de Nguéli. Elle a reçu une balle dans le dos et nous l’avons conduite pour voir le médecin". Sa fille Hadji Dagala, âgée de 16 ans, a donc été internée au service de chirurgie de l’hôpital de district. Il est neuf heures, Hadja Djamla qui habite le quartier Ndjare Dar es salam, est accompagné de ses enfants et espère rallier la frontière pour retrouver sa fille, dont elle précise que l’état de santé est satisfaisant.

A cet instant, il est difficile de se frayer un chemin dans cette longue file qui semble interminable. Basile O. un cadre dans une entreprise tchadienne, rencontré au niveau des services de la douane de Nguéli au Tchad, raconte : " dans la nuit, j’ai reçu la visite à mon portail des personnes qui nous ont dit qu’il fallait évacuer la ville au plus vite. Parce que les rebelles allaient bombarder ce lundi. J’ai réuni ma famille et quelques effets essentiels. Nous sommes en route depuis quatre heures, mais nous n’avons pas encore pu arriver à Kousseri".
L’adjudant Abdkar Massaou Mey, commandant la brigade fluviale de Nguéli, a une autre explication. "La capitale tchadienne a été totalement reprise par les forces gouvernementales. Il n’y a plus de rebelles à N’Djamena. Ils disent qu’ils ont fait un repli stratégique, mais il n’en est rien. Parce que justement les forces loyalistes les ont repoussé. Vous arrivez dans la capitale et vous vous retranchez. Ce n’est pas possible. Donc ce sont les "Colombiens" qui ont répandu le message que les rebelles vont attaquer demain." Les Colombiens étant considérés ici comme des badauds spécialisés dans les braquages et les vols.

Combats
Mais il reste que ce sont les tirs sporadiques hier lundi des rebelles qu’on dit concentrés dans certains quartiers de N’Djamena qui ont résolu de nombreuses familles à quitter la capitale N’Djamena. La radio nationale tchadienne étant hors circuit depuis le démarrage des combats, le pouvoir de N’Djamena n’a pu, à en croire les militaires postés dans les bureaux de N’Nguéli, sensibiliser les populations sur cet état de choses. Dans la nuit d’hier des avions et hélicoptères patrouillaient dans le ciel de N’Djamena.
Toujours est-il qu’à pied pour la plupart, mais aussi à vélo, moto, voitures, pirogues et chevaux, ils ont jusqu’au moment où nous mettions sous presse traversé le pont Nguéli pour prendre refuge à Kousseri. Le long des axes qui mènent à Wallia, au Pont Chagoua ou au pont double voie que nous avons visité, ils sont en famille, bagages au dos ou sur la tête. R12, l’une des alimentations qui ravitaillait les populations au début des combats, est fermée. De même que le Lycée Sans frontière de Nguéli qui depuis jeudi n’est plus opérationnel. L’hôtel Shangaï de Walia qui abritait quelques familles qui croyaient avoir fui les combats en se positionnant dans le secteur contrôlé par les forces loyalistes s’est vidé de ses occupants.
Non loin de là au pont Chagoua, un camion qui aurait été bombardé au cours des combats bloque la circulation. Les motos et autres véhicules ont de la peine à traverser l’ouvrage, créant un bouchon considérable. A près de 500m de là, le pont double voie du 10 octobre, est lui aussi bloqué. Un camion est tombé en panne au milieu de l’ouvrage, retardant ainsi les populations qui avaient hâte de quitter la capitale tchadienne. Les policiers tchadiens parviendront à rendre la circulation plus fluide.

Migration
Et pendant qu’en début de soirée un diplomate blessé et escorté par la Croix Rouge tente de se rendre au plus vite à l’hôpital de Kousseri, il meurt sur le pont. Au grand dam des membres de sa famille dans le même véhicule que lui.
Ces nombreuses populations qui prennent ainsi d’assaut la ville de Kousseri sont estimées à près de cinquante mille. La Croix-rouge camerounaise qui organise l’entrée des déplacés est débordée. "Nous n’avons pas dormi de la nuit. Les flux sont importants", rapporte le secrétaire général du comité départemental, Gaïssou. Un tour dans les trois centres prévus pour abriter les déplacés qui n’ont pas encore le statut des réfugiés conformément aux conventions de Genève, a permis de se rendre compte de la promiscuité qui y règne. En même temps que se sont installés sous les arbres de nombreuses familles. Les perrons des vérandas des boutiques fermées ce jeudi servent d’abri, les trottoirs sont bondés de personnes qui ont de la peine à se trouver un logis. La disponibilité de l’eau et de la nourriture pour ces populations constituées à majorité de jeunes enfants et des femmes est une gageure. Les nombreuses réunions de crise qui se sont multipliés à la préfecture du Logone et Chari, sous la présidence d’Alain fritz Ndibi, n’ont pas permis de trouver jusqu’ici une solution au problème.
Les responsables du Haut Commissariat des Réfugiés dont on annonçait la présence hier n’avaient pas au moment où nous mettions sous presse foulé le sol de Kousseri. Certes de nombreuses familles tchadiennes ont rejoint des proches qui résident à Kousseri, mais la situation est plus que jamais préoccupante pour les près de cinquante mille réfugiés abandonnés à la belle étoile. La mine des enfants de ces nombreuses familles est bouleversante et invite à une prise en charge rapide et immédiate. Des secouristes redoutent des épidémies et décès dans les jours à venir du fait des conditions d’accueil de ces déplacés.

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Kousseri : Environ 50.000 déplacés dans la ville



Le chef lieu du Logone et Chari est envahi depuis hier par des Tchadiens qui fuient les combats.
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Les rues de Kousseri hier soir sont engorgées. Difficile de se frayer un passage dans ces conditions. En face du snack " La terrasse ", jeunes et moins jeunes circulent dans un concert de klaxons de motos. Le spectacle à la frontière tchado camerounaise de Nguéli hier avait quelque chose d’inédit. Une file à n’en pas finir de ressortissants tchadiens, de diplomates, de personnes diverses installées dans la capitale tchadienne, traverse avec émotion, le fameux pont de Nguéli. Depuis trois heures du matin, les populations quittent N’Djamena pour se "réfugier au Cameroun". Hadja Djamla a le visage plissé. "J’ai conduit ma fille vers deux heures à l’hôpital de district de Nguéli. Elle a reçu une balle dans le dos et nous l’avons conduite pour voir le médecin". Sa fille Hadji Dagala, âgée de 16 ans, a donc été internée au service de chirurgie de l’hôpital de district. Il est neuf heures, Hadja Djamla qui habite le quartier Ndjare Dar es salam, est accompagné de ses enfants et espère rallier la frontière pour retrouver sa fille, dont elle précise que l’état de santé est satisfaisant.

A cet instant, il est difficile de se frayer un chemin dans cette longue file qui semble interminable. Basile O. un cadre dans une entreprise tchadienne, rencontré au niveau des services de la douane de Nguéli au Tchad, raconte : " dans la nuit, j’ai reçu la visite à mon portail des personnes qui nous ont dit qu’il fallait évacuer la ville au plus vite. Parce que les rebelles allaient bombarder ce lundi. J’ai réuni ma famille et quelques effets essentiels. Nous sommes en route depuis quatre heures, mais nous n’avons pas encore pu arriver à Kousseri".
L’adjudant Abdkar Massaou Mey, commandant la brigade fluviale de Nguéli, a une autre explication. "La capitale tchadienne a été totalement reprise par les forces gouvernementales. Il n’y a plus de rebelles à N’Djamena. Ils disent qu’ils ont fait un repli stratégique, mais il n’en est rien. Parce que justement les forces loyalistes les ont repoussé. Vous arrivez dans la capitale et vous vous retranchez. Ce n’est pas possible. Donc ce sont les "Colombiens" qui ont répandu le message que les rebelles vont attaquer demain." Les Colombiens étant considérés ici comme des badauds spécialisés dans les braquages et les vols.

Combats
Mais il reste que ce sont les tirs sporadiques hier lundi des rebelles qu’on dit concentrés dans certains quartiers de N’Djamena qui ont résolu de nombreuses familles à quitter la capitale N’Djamena. La radio nationale tchadienne étant hors circuit depuis le démarrage des combats, le pouvoir de N’Djamena n’a pu, à en croire les militaires postés dans les bureaux de N’Nguéli, sensibiliser les populations sur cet état de choses. Dans la nuit d’hier des avions et hélicoptères patrouillaient dans le ciel de N’Djamena.
Toujours est-il qu’à pied pour la plupart, mais aussi à vélo, moto, voitures, pirogues et chevaux, ils ont jusqu’au moment où nous mettions sous presse traversé le pont Nguéli pour prendre refuge à Kousseri. Le long des axes qui mènent à Wallia, au Pont Chagoua ou au pont double voie que nous avons visité, ils sont en famille, bagages au dos ou sur la tête. R12, l’une des alimentations qui ravitaillait les populations au début des combats, est fermée. De même que le Lycée Sans frontière de Nguéli qui depuis jeudi n’est plus opérationnel. L’hôtel Shangaï de Walia qui abritait quelques familles qui croyaient avoir fui les combats en se positionnant dans le secteur contrôlé par les forces loyalistes s’est vidé de ses occupants.
Non loin de là au pont Chagoua, un camion qui aurait été bombardé au cours des combats bloque la circulation. Les motos et autres véhicules ont de la peine à traverser l’ouvrage, créant un bouchon considérable. A près de 500m de là, le pont double voie du 10 octobre, est lui aussi bloqué. Un camion est tombé en panne au milieu de l’ouvrage, retardant ainsi les populations qui avaient hâte de quitter la capitale tchadienne. Les policiers tchadiens parviendront à rendre la circulation plus fluide.

Migration
Et pendant qu’en début de soirée un diplomate blessé et escorté par la Croix Rouge tente de se rendre au plus vite à l’hôpital de Kousseri, il meurt sur le pont. Au grand dam des membres de sa famille dans le même véhicule que lui.
Ces nombreuses populations qui prennent ainsi d’assaut la ville de Kousseri sont estimées à près de cinquante mille. La Croix-rouge camerounaise qui organise l’entrée des déplacés est débordée. "Nous n’avons pas dormi de la nuit. Les flux sont importants", rapporte le secrétaire général du comité départemental, Gaïssou. Un tour dans les trois centres prévus pour abriter les déplacés qui n’ont pas encore le statut des réfugiés conformément aux conventions de Genève, a permis de se rendre compte de la promiscuité qui y règne. En même temps que se sont installés sous les arbres de nombreuses familles. Les perrons des vérandas des boutiques fermées ce jeudi servent d’abri, les trottoirs sont bondés de personnes qui ont de la peine à se trouver un logis. La disponibilité de l’eau et de la nourriture pour ces populations constituées à majorité de jeunes enfants et des femmes est une gageure. Les nombreuses réunions de crise qui se sont multipliés à la préfecture du Logone et Chari, sous la présidence d’Alain fritz Ndibi, n’ont pas permis de trouver jusqu’ici une solution au problème.
Les responsables du Haut Commissariat des Réfugiés dont on annonçait la présence hier n’avaient pas au moment où nous mettions sous presse foulé le sol de Kousseri. Certes de nombreuses familles tchadiennes ont rejoint des proches qui résident à Kousseri, mais la situation est plus que jamais préoccupante pour les près de cinquante mille réfugiés abandonnés à la belle étoile. La mine des enfants de ces nombreuses familles est bouleversante et invite à une prise en charge rapide et immédiate. Des secouristes redoutent des épidémies et décès dans les jours à venir du fait des conditions d’accueil de ces déplacés.

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Bell Mahmouth : Dieu s’adresse aux peuples en leurs langues

Le traducteur en langue bassa du coran revient sur le chemin parcouru et la nécessité de ce travail.
Propos recueillis par Lazare Kolyang – D’où vous est venue l’idée de traduire le coran en langue Bassa ?
L’idée de traduire le coran en Bassa remonte à 1982, date qui coïncide avec ma conversion à l’islam. Il se trouve à ce moment là que j’ai été un peu mal compris dans mon village d’origine. Parce que l’islam était perçu comme la religion des Haoussa. Puisque au niveau de la langue, des pratiques, on ne retrouvait presque pas des Bassa dans cette religion. Il a fallu pour moi, pour leur faire comprendre profondément le message, revenir dans le livre d’origine. Et exposer de manière claire la quintessence ou la traduction du sens des versets du coran en leur langue pour qu’ils comprennent que le Dieu créateur qui gouverne toute la création qu’adore les Bassa, les Français, les Camerounais, et tout le monde, c’est le même Dieu que le musulman qu’il soit arabe, Camerounais : il fallait donc essayer de faire comprendre que le message du coran est presque le même que le message de la bible, c’est vrai même s’il existe quelques petites disparités.

Concrètement, comment s’est organisé votre travail ?
Sur le plan du travail technique, nous avons commencé avec environ une trentaine de personnes. On a tenu deux réunions, et à la troisième, je me suis dit que si chaque fois qu’on se rencontre, on parle, on ne fait rien, on n’agit pas, il est évident qu’à un certain moment la fatigue ou le découragement va naître. En préparation d’une réunion, j’ai donc fait traduire en bassa la sourate Fatiha, et les trois dernières sourates du coran. Et séance tenante, j’ai proposé la traduction et on n’a fait que corriger ce qui y avait à corriger. A une autre réunion, j’ai proposé la traduction de la sourate 105 à la sourate 112, et c’est comme ça que le départ a été donné.

En plus des musulmans, avez-vous fait appel à d’autres intelligences en milieu bassa pour faire ce travail ?
Bien entendu. Nous avons fait appel à d’autres personnes appartenant au peuple Bassa et même n’appartenant pas à ce peuple. Il y a des personnalités comme le Malien Hassan Traoré, Abdoulkarin Abo, qui est Camerounais mais de l’Extrême Nord. Leur apport a été important au niveau de la compréhension profonde du message coranique en arabe. Nombre d’entre eux avaient beaucoup d’aptitude. De temps en temps, on organisait aussi des séances de correction, et c’est comme ça qu’on a fait appel à certains de nos parents au village qui nous permettaient de revenir sur ce qu’on avait déjà fait pour essayer de minimiser les risques d’erreur.

Depuis quand ce travail est-il achevé?
Le travail a commencé en 1999. Et je dois dire qu’au début, nous avons souhaité travailler avec nos propres moyens, souhaitant que l’argent intervienne peu. Nous avons néanmoins continué le travail avec beaucoup de difficultés. Je suis informaticien, on a facilement obtenu un ordinateur complet avec imprimante, ce qui nous a facilité la tâche. A ce titre, j’ai pris la charge de saisir les textes moi-même, ayant peur de le confier à une autre personne parce qu’il faut faire preuve d’imagination pour obtenir certaines lettes arabes. La première mouture a pris fin en 2005, ce qui donne presque sept ans de travail, jour et nuit. Nous avons pu imprimer à ce jour une centaine d’exemplaires grâce à certains employés de la Bibliothèque nationale à Yaoundé. Nous souhaiterions avoir de millions d’exemplaires, mais l’élément financier ne nous le permet pas encore.

Quel est l’intérêt de traduire le coran en langue bassa, quand on sait que les prières se font exclusivement en arabe ?
Le prophète Mohammed n’était qu’un transmetteur de message, le message d’Allah. Et dans un verset du coran, Dieu nous dit quelque part, et ça il s’adresse à l’humanité toute entière, il dit : vous avez en ce prophète, un exemple à suivre. Et dans un autre verset Dieu dit : il n’a envoyé un prophète à un peuple qu’avec la langue de ce peuple. D’autres religions, tel que le christianisme, ont connu une expansion fulgurante parce que les missionnaires ont pris soin de traduire la bible en langue locale, chaque fois qu’ils arrivaient dans un e région.

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