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Meinrad Hebga fut honoré de son vivant


Le célèbre théologien, père jésuite, philosophe, exorciste et homme de culture décédé lundi à Paris, à l’âge de 80 ans, a été célébré l’an dernier à Douala. Dans le cadre de l’hommage que lui rendait les anciens élèves du collège Libermann de la période allant de 1952 à 1965.

C’est une figure emblématique de l’intelligentsia et de l’Eglise catholique du Cameroun qui vient de tirer sa révérence. Membre de la compagnie de Jésus, le Père Meinrad Hebga a marqué des générations d’hommes et de femmes de son pays natal, de l’Afrique et d’autres continents pendant ses 80 années de vie terrestre. Fils de catéchiste et prêtre diocésain à 23 ans, Meinrad Hebga a mené une vie intense au service de Dieu et de son prochain. Par le service des démunis et des malades. Par la pensée et l’action. Par des prières de délivrance et de guérison. Par des réflexions et travaux remarquables ayant eu un impact significatif sur l’évolution de la pensée durant le XXIème siècle. N’est-ce pas dans ce sens qu’un institut académique américain (l’American biographical institute) l’a distingué en lui décernant le titre de l’homme de l’année en janvier 2006 ?

Prémonition
Les anciens élèves du collège Libermann de la période 1952 à 1965, qui ont organisé les 19, 20 et 21 avril 2007 des cérémonies d’hommage au Père Meinrad Hebga à Douala, avaient-ils pressenti un malheur ? Se doutaient-ils de ce que le Père jésuite camerounais, un peu fatigué et souffrant de diabète, pouvait rendre l’âme d’un moment à l’autre ? Rien n’est moins sûr. Les organisateurs de l’hommage au prêtre exorciste, théologien, philosophe et homme de culture camerounais entendaient surtout rompre avec une pratique courante. Celle qui veut qu’on attende le décès des personnalités pour leur rendre un hommage qui aurait pourtant été plus intéressant de leur vivant. Ils ont voulu permettre aux compatriotes de participer à un devoir de mémoire et de conservation de patrimoine. A travers un heureux événement autour du “ parcours de cet homme exceptionnel, dont la vie chevauche deux siècles, vaut une exégèse de son vivant. Il peut expliquer, s’expliquer, témoigner, partager, pour que l’on comprenne que son œuvre contient une part de l’histoire du monde dans son rapport avec l’Eglise, la foi et les valeurs humaines et les angoisses existentielles de l’homme, jamais apaisée. Ni par la science, ni par la foi. Que l’on s’interroge sur la continuité d’un travail et cette “ enculturation ” dont il fut l’un des premiers théoriciens ”.
Rappelons que le jeudi 19 avril 2007, à Douala, les chefs traditionnels Sawa, avec à leur tête le président en exercice du Ngondo, Salomon Madiba Songué, élevaient le Père Meinrad Hebga à la dignité de téméraire pagayeur du Ngondo. Une distinction honorifique matérialisée par le ceint du pagne et la remise de la pagaie au récipiendaire. La pagaie symbolisant l’eau, l’effort, le dynamisme et la liberté. La reconnaissance de la valeur de cet homme d’Eglise et de science par l’assemblée traditionnelle de chefs Sawa au palais Mukanda, à Akwa, mettait en exergue son rôle dans la valorisation de l’identité et de l’histoire africaines.
Le vendredi 20 avril 2007, une conférence se tenait à la salle Tobie Kuoh de l’hôtel de ville de Douala, à Bonanjo. Philosophes, anthropologues et hommes d’église avaient présenté des exposés et débattu de la contribution du Père Meinrad Hebga dans l’émergence d’une église et d’une théologie africaines. Ainsi que sur les positions du père jésuite camerounais sur d’autres sujets d’actualité concernant l’Eglise en Afrique, le développement du continent et le génocide rwandais. Une messe pontificale en l’honneur de Meinrad Hebga se déroulait le samedi 21 avril 2007, en la cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadigong, à Douala. Messe au cours de laquelle des personnalités d’horizons divers firent d’importants témoignages. En plus d’un concert de musique religieuse, une soirée de gala avait constitué le clou des manifestations. Avec à la fin, l’élévation de Meinrad Hebga au rang de grand Mbombog, une haute dignité du peuple Bassa.
Par ailleurs, un ouvrage collectif rédigé par de brillants universitaires camerounais et africains avait été présenté au public. Un livre de référence en hommage à l’homme de science et d’Eglise. Pour son œuvre immense et dense. Notamment la portée scientifique, historique, culturelle, théologique et philosophique de ses écrits. Lors de l’hommage qui lui avait été ainsi rendu, le Père Meinrad Hebga n’avait pas caché ses émotions : “ Je remercie tout le monde, tous ceux qui de près ou de loin ont bien voulu me rendre cet hommage. C’est une bonne initiative, même si cela arrive un peu tard. Vous avez posé un acte dont beaucoup se souviendront. Pour la jeunesse surtout, c’est une manière de leur montrer qu’on peut réussir à force de travail. Je passe mon temps depuis plusieurs années déjà à former les jeunes qui pourront par exemple continuer le travail sur la prière de guérison. Je continue d’écrire des ouvrages. J’espère que j’aurai la force de les terminer. Si j’ai un message pour la jeunesse, c’est celui de l’espoir. Je suis vraiment heureux d’être ainsi célébré par mes compatriotes avant ma mort. C’est une chose qui n’arrive pas tous les jours (…) Merci à tous ”, avait conclu le Révérend Père Hebga. Un grand homme de foi qui disparaît à l’image d’une bibliothèque qui brûle.

Edmond Kamguia K.

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Le célèbre théologien, père jésuite, philosophe, exorciste et homme de culture décédé lundi à Paris, à l’âge de 80 ans, a été célébré l’an dernier à Douala. Dans le cadre de l’hommage que lui rendait les anciens élèves du collège Libermann de la période allant de 1952 à 1965.

C’est une figure emblématique de l’intelligentsia et de l’Eglise catholique du Cameroun qui vient de tirer sa révérence. Membre de la compagnie de Jésus, le Père Meinrad Hebga a marqué des générations d’hommes et de femmes de son pays natal, de l’Afrique et d’autres continents pendant ses 80 années de vie terrestre. Fils de catéchiste et prêtre diocésain à 23 ans, Meinrad Hebga a mené une vie intense au service de Dieu et de son prochain. Par le service des démunis et des malades. Par la pensée et l’action. Par des prières de délivrance et de guérison. Par des réflexions et travaux remarquables ayant eu un impact significatif sur l’évolution de la pensée durant le XXIème siècle. N’est-ce pas dans ce sens qu’un institut académique américain (l’American biographical institute) l’a distingué en lui décernant le titre de l’homme de l’année en janvier 2006 ?

Prémonition
Les anciens élèves du collège Libermann de la période 1952 à 1965, qui ont organisé les 19, 20 et 21 avril 2007 des cérémonies d’hommage au Père Meinrad Hebga à Douala, avaient-ils pressenti un malheur ? Se doutaient-ils de ce que le Père jésuite camerounais, un peu fatigué et souffrant de diabète, pouvait rendre l’âme d’un moment à l’autre ? Rien n’est moins sûr. Les organisateurs de l’hommage au prêtre exorciste, théologien, philosophe et homme de culture camerounais entendaient surtout rompre avec une pratique courante. Celle qui veut qu’on attende le décès des personnalités pour leur rendre un hommage qui aurait pourtant été plus intéressant de leur vivant. Ils ont voulu permettre aux compatriotes de participer à un devoir de mémoire et de conservation de patrimoine. A travers un heureux événement autour du “ parcours de cet homme exceptionnel, dont la vie chevauche deux siècles, vaut une exégèse de son vivant. Il peut expliquer, s’expliquer, témoigner, partager, pour que l’on comprenne que son œuvre contient une part de l’histoire du monde dans son rapport avec l’Eglise, la foi et les valeurs humaines et les angoisses existentielles de l’homme, jamais apaisée. Ni par la science, ni par la foi. Que l’on s’interroge sur la continuité d’un travail et cette “ enculturation ” dont il fut l’un des premiers théoriciens ”.
Rappelons que le jeudi 19 avril 2007, à Douala, les chefs traditionnels Sawa, avec à leur tête le président en exercice du Ngondo, Salomon Madiba Songué, élevaient le Père Meinrad Hebga à la dignité de téméraire pagayeur du Ngondo. Une distinction honorifique matérialisée par le ceint du pagne et la remise de la pagaie au récipiendaire. La pagaie symbolisant l’eau, l’effort, le dynamisme et la liberté. La reconnaissance de la valeur de cet homme d’Eglise et de science par l’assemblée traditionnelle de chefs Sawa au palais Mukanda, à Akwa, mettait en exergue son rôle dans la valorisation de l’identité et de l’histoire africaines.
Le vendredi 20 avril 2007, une conférence se tenait à la salle Tobie Kuoh de l’hôtel de ville de Douala, à Bonanjo. Philosophes, anthropologues et hommes d’église avaient présenté des exposés et débattu de la contribution du Père Meinrad Hebga dans l’émergence d’une église et d’une théologie africaines. Ainsi que sur les positions du père jésuite camerounais sur d’autres sujets d’actualité concernant l’Eglise en Afrique, le développement du continent et le génocide rwandais. Une messe pontificale en l’honneur de Meinrad Hebga se déroulait le samedi 21 avril 2007, en la cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadigong, à Douala. Messe au cours de laquelle des personnalités d’horizons divers firent d’importants témoignages. En plus d’un concert de musique religieuse, une soirée de gala avait constitué le clou des manifestations. Avec à la fin, l’élévation de Meinrad Hebga au rang de grand Mbombog, une haute dignité du peuple Bassa.
Par ailleurs, un ouvrage collectif rédigé par de brillants universitaires camerounais et africains avait été présenté au public. Un livre de référence en hommage à l’homme de science et d’Eglise. Pour son œuvre immense et dense. Notamment la portée scientifique, historique, culturelle, théologique et philosophique de ses écrits. Lors de l’hommage qui lui avait été ainsi rendu, le Père Meinrad Hebga n’avait pas caché ses émotions : “ Je remercie tout le monde, tous ceux qui de près ou de loin ont bien voulu me rendre cet hommage. C’est une bonne initiative, même si cela arrive un peu tard. Vous avez posé un acte dont beaucoup se souviendront. Pour la jeunesse surtout, c’est une manière de leur montrer qu’on peut réussir à force de travail. Je passe mon temps depuis plusieurs années déjà à former les jeunes qui pourront par exemple continuer le travail sur la prière de guérison. Je continue d’écrire des ouvrages. J’espère que j’aurai la force de les terminer. Si j’ai un message pour la jeunesse, c’est celui de l’espoir. Je suis vraiment heureux d’être ainsi célébré par mes compatriotes avant ma mort. C’est une chose qui n’arrive pas tous les jours (…) Merci à tous ”, avait conclu le Révérend Père Hebga. Un grand homme de foi qui disparaît à l’image d’une bibliothèque qui brûle.

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Le célèbre théologien, père jésuite, philosophe, exorciste et homme de culture décédé lundi à Paris, à l’âge de 80 ans, a été célébré l’an dernier à Douala. Dans le cadre de l’hommage que lui rendait les anciens élèves du collège Libermann de la période allant de 1952 à 1965.

C’est une figure emblématique de l’intelligentsia et de l’Eglise catholique du Cameroun qui vient de tirer sa révérence. Membre de la compagnie de Jésus, le Père Meinrad Hebga a marqué des générations d’hommes et de femmes de son pays natal, de l’Afrique et d’autres continents pendant ses 80 années de vie terrestre. Fils de catéchiste et prêtre diocésain à 23 ans, Meinrad Hebga a mené une vie intense au service de Dieu et de son prochain. Par le service des démunis et des malades. Par la pensée et l’action. Par des prières de délivrance et de guérison. Par des réflexions et travaux remarquables ayant eu un impact significatif sur l’évolution de la pensée durant le XXIème siècle. N’est-ce pas dans ce sens qu’un institut académique américain (l’American biographical institute) l’a distingué en lui décernant le titre de l’homme de l’année en janvier 2006 ?

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Les anciens élèves du collège Libermann de la période 1952 à 1965, qui ont organisé les 19, 20 et 21 avril 2007 des cérémonies d’hommage au Père Meinrad Hebga à Douala, avaient-ils pressenti un malheur ? Se doutaient-ils de ce que le Père jésuite camerounais, un peu fatigué et souffrant de diabète, pouvait rendre l’âme d’un moment à l’autre ? Rien n’est moins sûr. Les organisateurs de l’hommage au prêtre exorciste, théologien, philosophe et homme de culture camerounais entendaient surtout rompre avec une pratique courante. Celle qui veut qu’on attende le décès des personnalités pour leur rendre un hommage qui aurait pourtant été plus intéressant de leur vivant. Ils ont voulu permettre aux compatriotes de participer à un devoir de mémoire et de conservation de patrimoine. A travers un heureux événement autour du “ parcours de cet homme exceptionnel, dont la vie chevauche deux siècles, vaut une exégèse de son vivant. Il peut expliquer, s’expliquer, témoigner, partager, pour que l’on comprenne que son œuvre contient une part de l’histoire du monde dans son rapport avec l’Eglise, la foi et les valeurs humaines et les angoisses existentielles de l’homme, jamais apaisée. Ni par la science, ni par la foi. Que l’on s’interroge sur la continuité d’un travail et cette “ enculturation ” dont il fut l’un des premiers théoriciens ”.
Rappelons que le jeudi 19 avril 2007, à Douala, les chefs traditionnels Sawa, avec à leur tête le président en exercice du Ngondo, Salomon Madiba Songué, élevaient le Père Meinrad Hebga à la dignité de téméraire pagayeur du Ngondo. Une distinction honorifique matérialisée par le ceint du pagne et la remise de la pagaie au récipiendaire. La pagaie symbolisant l’eau, l’effort, le dynamisme et la liberté. La reconnaissance de la valeur de cet homme d’Eglise et de science par l’assemblée traditionnelle de chefs Sawa au palais Mukanda, à Akwa, mettait en exergue son rôle dans la valorisation de l’identité et de l’histoire africaines.
Le vendredi 20 avril 2007, une conférence se tenait à la salle Tobie Kuoh de l’hôtel de ville de Douala, à Bonanjo. Philosophes, anthropologues et hommes d’église avaient présenté des exposés et débattu de la contribution du Père Meinrad Hebga dans l’émergence d’une église et d’une théologie africaines. Ainsi que sur les positions du père jésuite camerounais sur d’autres sujets d’actualité concernant l’Eglise en Afrique, le développement du continent et le génocide rwandais. Une messe pontificale en l’honneur de Meinrad Hebga se déroulait le samedi 21 avril 2007, en la cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadigong, à Douala. Messe au cours de laquelle des personnalités d’horizons divers firent d’importants témoignages. En plus d’un concert de musique religieuse, une soirée de gala avait constitué le clou des manifestations. Avec à la fin, l’élévation de Meinrad Hebga au rang de grand Mbombog, une haute dignité du peuple Bassa.
Par ailleurs, un ouvrage collectif rédigé par de brillants universitaires camerounais et africains avait été présenté au public. Un livre de référence en hommage à l’homme de science et d’Eglise. Pour son œuvre immense et dense. Notamment la portée scientifique, historique, culturelle, théologique et philosophique de ses écrits. Lors de l’hommage qui lui avait été ainsi rendu, le Père Meinrad Hebga n’avait pas caché ses émotions : “ Je remercie tout le monde, tous ceux qui de près ou de loin ont bien voulu me rendre cet hommage. C’est une bonne initiative, même si cela arrive un peu tard. Vous avez posé un acte dont beaucoup se souviendront. Pour la jeunesse surtout, c’est une manière de leur montrer qu’on peut réussir à force de travail. Je passe mon temps depuis plusieurs années déjà à former les jeunes qui pourront par exemple continuer le travail sur la prière de guérison. Je continue d’écrire des ouvrages. J’espère que j’aurai la force de les terminer. Si j’ai un message pour la jeunesse, c’est celui de l’espoir. Je suis vraiment heureux d’être ainsi célébré par mes compatriotes avant ma mort. C’est une chose qui n’arrive pas tous les jours (…) Merci à tous ”, avait conclu le Révérend Père Hebga. Un grand homme de foi qui disparaît à l’image d’une bibliothèque qui brûle.

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Le célèbre théologien, père jésuite, philosophe, exorciste et homme de culture décédé lundi à Paris, à l’âge de 80 ans, a été célébré l’an dernier à Douala. Dans le cadre de l’hommage que lui rendait les anciens élèves du collège Libermann de la période allant de 1952 à 1965.

C’est une figure emblématique de l’intelligentsia et de l’Eglise catholique du Cameroun qui vient de tirer sa révérence. Membre de la compagnie de Jésus, le Père Meinrad Hebga a marqué des générations d’hommes et de femmes de son pays natal, de l’Afrique et d’autres continents pendant ses 80 années de vie terrestre. Fils de catéchiste et prêtre diocésain à 23 ans, Meinrad Hebga a mené une vie intense au service de Dieu et de son prochain. Par le service des démunis et des malades. Par la pensée et l’action. Par des prières de délivrance et de guérison. Par des réflexions et travaux remarquables ayant eu un impact significatif sur l’évolution de la pensée durant le XXIème siècle. N’est-ce pas dans ce sens qu’un institut académique américain (l’American biographical institute) l’a distingué en lui décernant le titre de l’homme de l’année en janvier 2006 ?

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Les anciens élèves du collège Libermann de la période 1952 à 1965, qui ont organisé les 19, 20 et 21 avril 2007 des cérémonies d’hommage au Père Meinrad Hebga à Douala, avaient-ils pressenti un malheur ? Se doutaient-ils de ce que le Père jésuite camerounais, un peu fatigué et souffrant de diabète, pouvait rendre l’âme d’un moment à l’autre ? Rien n’est moins sûr. Les organisateurs de l’hommage au prêtre exorciste, théologien, philosophe et homme de culture camerounais entendaient surtout rompre avec une pratique courante. Celle qui veut qu’on attende le décès des personnalités pour leur rendre un hommage qui aurait pourtant été plus intéressant de leur vivant. Ils ont voulu permettre aux compatriotes de participer à un devoir de mémoire et de conservation de patrimoine. A travers un heureux événement autour du “ parcours de cet homme exceptionnel, dont la vie chevauche deux siècles, vaut une exégèse de son vivant. Il peut expliquer, s’expliquer, témoigner, partager, pour que l’on comprenne que son œuvre contient une part de l’histoire du monde dans son rapport avec l’Eglise, la foi et les valeurs humaines et les angoisses existentielles de l’homme, jamais apaisée. Ni par la science, ni par la foi. Que l’on s’interroge sur la continuité d’un travail et cette “ enculturation ” dont il fut l’un des premiers théoriciens ”.
Rappelons que le jeudi 19 avril 2007, à Douala, les chefs traditionnels Sawa, avec à leur tête le président en exercice du Ngondo, Salomon Madiba Songué, élevaient le Père Meinrad Hebga à la dignité de téméraire pagayeur du Ngondo. Une distinction honorifique matérialisée par le ceint du pagne et la remise de la pagaie au récipiendaire. La pagaie symbolisant l’eau, l’effort, le dynamisme et la liberté. La reconnaissance de la valeur de cet homme d’Eglise et de science par l’assemblée traditionnelle de chefs Sawa au palais Mukanda, à Akwa, mettait en exergue son rôle dans la valorisation de l’identité et de l’histoire africaines.
Le vendredi 20 avril 2007, une conférence se tenait à la salle Tobie Kuoh de l’hôtel de ville de Douala, à Bonanjo. Philosophes, anthropologues et hommes d’église avaient présenté des exposés et débattu de la contribution du Père Meinrad Hebga dans l’émergence d’une église et d’une théologie africaines. Ainsi que sur les positions du père jésuite camerounais sur d’autres sujets d’actualité concernant l’Eglise en Afrique, le développement du continent et le génocide rwandais. Une messe pontificale en l’honneur de Meinrad Hebga se déroulait le samedi 21 avril 2007, en la cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadigong, à Douala. Messe au cours de laquelle des personnalités d’horizons divers firent d’importants témoignages. En plus d’un concert de musique religieuse, une soirée de gala avait constitué le clou des manifestations. Avec à la fin, l’élévation de Meinrad Hebga au rang de grand Mbombog, une haute dignité du peuple Bassa.
Par ailleurs, un ouvrage collectif rédigé par de brillants universitaires camerounais et africains avait été présenté au public. Un livre de référence en hommage à l’homme de science et d’Eglise. Pour son œuvre immense et dense. Notamment la portée scientifique, historique, culturelle, théologique et philosophique de ses écrits. Lors de l’hommage qui lui avait été ainsi rendu, le Père Meinrad Hebga n’avait pas caché ses émotions : “ Je remercie tout le monde, tous ceux qui de près ou de loin ont bien voulu me rendre cet hommage. C’est une bonne initiative, même si cela arrive un peu tard. Vous avez posé un acte dont beaucoup se souviendront. Pour la jeunesse surtout, c’est une manière de leur montrer qu’on peut réussir à force de travail. Je passe mon temps depuis plusieurs années déjà à former les jeunes qui pourront par exemple continuer le travail sur la prière de guérison. Je continue d’écrire des ouvrages. J’espère que j’aurai la force de les terminer. Si j’ai un message pour la jeunesse, c’est celui de l’espoir. Je suis vraiment heureux d’être ainsi célébré par mes compatriotes avant ma mort. C’est une chose qui n’arrive pas tous les jours (…) Merci à tous ”, avait conclu le Révérend Père Hebga. Un grand homme de foi qui disparaît à l’image d’une bibliothèque qui brûle.

Edmond Kamguia K.

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Diagnostic : Pygmées !

Il y a quelque temps, Séverin Cécile Abéga et Patrice Bigombe Logo, deux imminents enseignants et chercheurs camerounais on commis un livre d’une brûlante actualité.
Par Roger A. Taakam – "La marginalisation des pygmées d’Afrique centrale " est une sorte de manifeste des " violences " et des " discriminations " faites aux peuples de la forêt. Les deux auteurs montrent, au fil de l’ouvrage, comment s’organise la ségrégation dont sont victimes les pygmées, comment on les prive du droit du sol pour faire d’eux des "autochtones sans terre". Ils tentent également de comprendre les mécanismes par lesquels les pygmées sont tenus à l’écart des programmes de développement. Parfois même, des initiatives dont ils sont pourtant les destinataires.

Voilà qui redonne un écho tout particulier à l’enquête que vient de mener une Ong locale, le Ropacy, sur la situation des minorités autochtones au Cameroun. Il ressort notamment de ce travail que les pygmées ont été mal répertoriés lors du troisième recensement général de la population et de l’habitat de novembre 2005. Conséquence, cette communauté, volontairement ou non, va pour longtemps encore être tenue à l’écart de l’élaboration des programmes de développement de la nation. Une situation qu’aggrave sérieusement leur éloignement des zones civilisées. Les populations pygmées, on le sait, vivent essentiellement en forêt, parfois jusqu’à 40 km des axes routiers, entre isolement et enclavement.
Ainsi éloignés de la vie politique, économique, sociale et culturelle, leurs conditions de vie, pratiquement en marge de la modernité, n’ont de cesse de se dégrader, surtout lorsqu’on sait qu’ils ne reçoivent aucune compensation de l’agression dont leur cadre de vie fait l’objet (pillage des ressources forestières, expropriation…)

Que ce soit les études menées par les auteurs de " La marginalisation des pygmées d’Afrique centrale " ou les résultats de l’enquête du Ropacy, l’on note l’émergence d’un plaidoyer et une quête d’humanisme pour cette catégorie de la population qui a toujours été prise pour quantité négligeable. Victimes de racisme, de violence et autres formes de discrimination, les pygmées sont ainsi condamnés par les éternels clichés réducteurs que l’imagerie populaire a figés comme des peuples de la forêt de petite taille vivant de la chasse et de la cueillette.
Et si est vrai, comme le démontre l’enquête du Ropacy, que les pygmées ont été "mal" recensés, cela ne renforcerait que davantage leur marginalisation. D’autant que, en théorie, les politiques de population sont à la base de toute politique de développement. Si l’on ne maîtrise pas sa population, comment en effet mettre en place des stratégies adéquates de santé, d’éducation ou d’environnement ?

S’il faut saluer ici le rôle de vigie que s’attribuent les Ong et autres acteurs de la société civile, on ne peut cependant pas occulter le fait que leur activisme débordant participe souvent de cette instrumentalisation dont font l’objet les peuples pygmées. Ceux-ci servent tantôt de faire-valoir, tantôt de support marchand à toute sorte d’initiative de développement dont les financements servent à faire prospérer non pas les vrais bénéficiaires, c’est-à-dire les pygmées, mais bien plus les initiateurs de projets. A vrai dire, l’affranchissement des pygmées ne viendra que d’eux-mêmes, lorsqu’ils finiront par comprendre le jeu mesquin de leurs prétendus libérateurs et, surtout, l’ignoble marchandage dont ils ont été l’objet depuis la nuit des temps.

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