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Propos liminaire du ministre d’Etat Marafa Hamidou

Propos liminaire du ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, à l’occasion du point de presse d’hier au Minatd

“ Monsieur le Ministre de la Communication,

Monsieur le Ministre Délégué,

Chers Collaborateurs,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Tout en vous remerciant déjà pour votre mobilisation au présent point de presse, je tiens d’emblée à vous souhaiter la bienvenue dans cette salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. En outre, je vous rassure d’ores et déjà, quant à notre disponibilité à répondre éventuellement à d’autres sollicitations émanant de votre part et concernant le sujet que nous nous proposons d’évoquer avec vous aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

Suite à un préavis de grève déposé par les syndicats des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun et alors même que dans le cadre du dialogue social, des réponses satisfaisantes avaient été apportées aux revendications mises en avant par les syndicalistes, des groupes manipulés et composés essentiellement de jeunes ont entrepris, cinq jours durant, de manifester violemment dans certaines villes du pays et de mettre à exécution un plan diabolique orchestré par des personnes tapies dans l’ombre.

C’est ainsi que du 25 au 29 février dernier, les provinces du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, ont été le théâtre d’actes de vandalisme et de brigandage intolérables dans un Etat démocratique et civilisé. Plus précisément encore, ce mouvement de contestation illégal n’a concerné que les villes de Yaoundé dans la Province du Centre ; Douala, Nkongsamba, Mbanga, Melong, Njombè, Penja et Loum dans la Province du Littoral ; Bamenda, Kumbo, Santa, Nkambé, Ndop, Bali, Mbengwi et Batibo dans la Province du Nord-Ouest ; Bafoussam, Dschang, Bafang, Kékem, Mbouda et Foumbot dans la Province de l’Ouest et enfin Buéa, Limbé, Muyuka, Tiko, Ekona, Muéa, Ombé, Mutenguéné et Kumba pour ce qui est de la Province du Sud-Ouest. Soit au total, trente une (31) villes sur l’ensemble des villes que compte notre pays. Nous tenons donc à relever le caractère circonscrit de ces événements.

Cela étant et conformément à l’objet de notre invitation qui porte sur le bilan matériel des violences sus-évoquées, les statistiques définitives suivantes peuvent vous être communiquées.

Sur le plan humain, les émeutes des 25, 26, 27, 28 et 29 février, ont provoqué la mort de quarante personnes (40) que nous déplorons. Vous noterez déjà que ce chiffre est en hausse par rapport aux premières estimations officielles qui n’étaient que provisoires et qui n’avaient pas tenu compte des personnes ayant succombé à leurs blessures dans différentes structures hospitalières. Donc, les données que nous vous livrons sont actualisées et définitives.

Ainsi, la ville de Yaoundé dans le Centre a enregistré deux (02) morts dont celle d’un Inspecteur de Police. Dans le Littoral, on a dénombré trente (30) morts dont vingt six (26) à Douala, un (01) à Mbanga, un (01) à Penja et deux (02) à Loum. Dans le Nord-Ouest, cinq (05) morts ont été décomptés dont quatre (04) à Bamenda et un (01) à Santa dans le département de la Mezam. A l’Ouest, il y a eu deux (02) morts dont un (01) dans la ville de Bafoussam et un (01) autre à Dschang. Enfin, le Sud-Ouest a enregistré (01) mort à Muéa dans la périphérie de la ville de Buéa.

Mesdames et Messieurs les journalistes

Je dois dire au surplus qu’à ces morts, il convient d’ajouter de nombreux cas de blessés qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. Des statistiques précises existent et font l’objet d’exploitation. Et ces blessés se comptent autant chez les civils que dans les rangs de nos forces de maintien l’ordre.

Il convient de préciser que la collecte de ces statistiques s’est faite avec le concours des autorités administratives et sanitaires et des responsables des forces de sécurité des zones concernées par les troubles. Il s’agit d’un travail de terrain et non de spéculations de mauvais aloi émanant de certaines autorités morales et autres défenseurs des droits de l’homme, de la part desquels on se serait d’ailleurs attendu à plus de retenue, voire de modération et de professionnalisme, et surtout de respect et de compassion pour les victimes elles mêmes, ainsi que pour leurs parents et pour leurs proches.

Bien plus, les cas de décès sus énumérés ne sont pas tous imputables à l’action de la force publique. Au demeurant, je dois saluer l’action, mais surtout la tempérance des forces de maintien de l’ordre qui n’ont pas fait un usage abusif de leurs armes, malgré les nombreuses provocations auxquelles elles étaient sujettes. De manière spécifique à Douala, beaucoup de morts sont le résultat des rixes entre des bandes de gangsters qui ont infiltré la contestation. Le partage des biens volés à la suite d’actes de pillage a donné lieu à des disputes violentes entre les bandits. Et certains ont été victimes du phénomène de justice populaire. Ce que nous déplorons bien évidemment, au demeurant.

Par ailleurs, sur le plan matériel et sans rentrer dans les détails, nous remarquons que les symboles de l’Etat et des structures contribuant au dynamisme de notre économie ont été particulièrement visés. A cet égard, je dois dire que quarante quatre (44) édifices publics ou bâtiments abritant des services publics ont été soit incendiés, soit pillés et saccagés ou encore vandalisés. Parmi les édifices publics incendiés ou saccagés, on peut citer les Sous-Préfectures de Douala 5è, de Kekem et de Santa. On peut également citer les Mairies de Douala 5è, de Nkongsamba 2è et de Bamenda 2è. A ces destructions s’ajoutent celles des Commissariats de Sécurité Publique de Douala 5è et de Kumba 1er ; du Commissariat Spécial de la Mémé à Kumba, de la Brigade de Gendarmerie territoriale de Santa, du Centre Divisionnaire des Impôts n°13 de Douala, ainsi que ceux de Mbanga, Bamenda, Kumbo et, du Centre départemental des Finances de Kumba. La Recette des Finances de Kumba a subi le même sort, ainsi que les Délégations départementales de l’Education de Base, du Développement Urbain et de l’Habitat, des Domaines et des Affaires Foncières de la Mémé à Kumba. Il en est de même de la Délégation provinciale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord-Ouest et, des Délégations départementales de l’Education de Base, des Travaux Publics, du Commerce, des Transports et de la Communication du département du Bui à Kumbo. A Yaoundé, c’est le Centre de l’Insertion des Jeunes de Nkomkana qui a été incendié.

Dans les mêmes localités, d’autres bâtiments publics qui n’ont pas été incendiés, saccagés ou pillés ont été fortement dégradés. De nombreux postes de police construits en matériaux provisoires ont été également détruits à Douala et à Bafoussam particulièrement. La furie aveugle des émeutiers les a conduits à casser les tables-bancs du lycée de Bafang-rural dans le Haut-Nkam ainsi qu’au CETIC de Kekem où en plus, des ordinateurs ont été emportés et à détruire l’école catholique de Medjo dans la Menoua. De nombreux véhicules publics ou appartenant à titre privé à des fonctionnaires ont été incendiés ou sérieusement endommagés. Les voiries urbaines et leurs accessoires tels que les équipements d’éclairage public ont été fortement dégradés. Les représentations des concessionnaires des services d’eau et d’électricité ont été très visées par les vandales qui les ont mises à sac ou incendiées.

Ce lourd bilan subi par le service public est complété par les pertes énormes enregistrées par les opérateurs économiques privés. Sur le plan matériel, sans être exhaustif et à titre d’illustration, on peut noter que trente trois (33) stations-service ont été entièrement ou partiellement détruites. A cela, il faut ajouter le pillage des centres de distribution des sociétés brassicoles. Il en est de même de l’incendie ou du pillage des sièges sociaux de certaines entreprises, des officines pharmaceutiques, des kiosques divers ou encore la destruction des exploitations agro-industrielles. En outre, plusieurs véhicules privés ont été vandalisés ou incendiés.

Ici également comme dans le cas du bilan des personnes blessées, nous disposons des statistiques détaillées. Elles ont été transmises aux divers services compétents pour exploitation. En outre, les structures victimes de destruction sont en train d’évaluer les pertes très lourdes et très importantes qu’elles ont subies et qui se chiffrent en dizaines de milliards de francs Cfa. A cela, il faudra ajouter l’important préjudice causé à l’économie nationale par l’arrêt ou le ralentissement des activités économiques, ainsi qu’à l’image de marque de notre pays à l’extérieur.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

En votre qualité d’historiens du présent, nous avons voulu vous livrer ces statistiques pour que, vous puissiez les répercuter tant sur le plan national qu’à l’extérieur afin que nul n’en ignore. A cet égard, et à la suite de la Déclaration radiotélévisée du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya en date du 27 février 2008, nous invitons tous les citoyens Camerounais à tirer par eux-mêmes, les leçons du bilan que nous venons de dresser. Quant au reste, les investigations qui se poursuivent permettront à toutes celles et à tous ceux qui, sans exception, sont impliqués dans ces émeutes, de répondre de leurs actes devant les instances juridictionnelles appropriées. Je suis heureux de constater avec vous que depuis une dizaine de jours, le calme est revenu sur l’ensemble du territoire national et que les populations vaquent normalement à leurs occupations. Je vous remercie de votre bienveillante attention et me mets à votre disposition pour vos questions éventuelles.”

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Propos liminaire du ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, à l’occasion du point de presse d’hier au Minatd

“ Monsieur le Ministre de la Communication,

Monsieur le Ministre Délégué,

Chers Collaborateurs,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Tout en vous remerciant déjà pour votre mobilisation au présent point de presse, je tiens d’emblée à vous souhaiter la bienvenue dans cette salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. En outre, je vous rassure d’ores et déjà, quant à notre disponibilité à répondre éventuellement à d’autres sollicitations émanant de votre part et concernant le sujet que nous nous proposons d’évoquer avec vous aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

Suite à un préavis de grève déposé par les syndicats des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun et alors même que dans le cadre du dialogue social, des réponses satisfaisantes avaient été apportées aux revendications mises en avant par les syndicalistes, des groupes manipulés et composés essentiellement de jeunes ont entrepris, cinq jours durant, de manifester violemment dans certaines villes du pays et de mettre à exécution un plan diabolique orchestré par des personnes tapies dans l’ombre.

C’est ainsi que du 25 au 29 février dernier, les provinces du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, ont été le théâtre d’actes de vandalisme et de brigandage intolérables dans un Etat démocratique et civilisé. Plus précisément encore, ce mouvement de contestation illégal n’a concerné que les villes de Yaoundé dans la Province du Centre ; Douala, Nkongsamba, Mbanga, Melong, Njombè, Penja et Loum dans la Province du Littoral ; Bamenda, Kumbo, Santa, Nkambé, Ndop, Bali, Mbengwi et Batibo dans la Province du Nord-Ouest ; Bafoussam, Dschang, Bafang, Kékem, Mbouda et Foumbot dans la Province de l’Ouest et enfin Buéa, Limbé, Muyuka, Tiko, Ekona, Muéa, Ombé, Mutenguéné et Kumba pour ce qui est de la Province du Sud-Ouest. Soit au total, trente une (31) villes sur l’ensemble des villes que compte notre pays. Nous tenons donc à relever le caractère circonscrit de ces événements.

Cela étant et conformément à l’objet de notre invitation qui porte sur le bilan matériel des violences sus-évoquées, les statistiques définitives suivantes peuvent vous être communiquées.

Sur le plan humain, les émeutes des 25, 26, 27, 28 et 29 février, ont provoqué la mort de quarante personnes (40) que nous déplorons. Vous noterez déjà que ce chiffre est en hausse par rapport aux premières estimations officielles qui n’étaient que provisoires et qui n’avaient pas tenu compte des personnes ayant succombé à leurs blessures dans différentes structures hospitalières. Donc, les données que nous vous livrons sont actualisées et définitives.

Ainsi, la ville de Yaoundé dans le Centre a enregistré deux (02) morts dont celle d’un Inspecteur de Police. Dans le Littoral, on a dénombré trente (30) morts dont vingt six (26) à Douala, un (01) à Mbanga, un (01) à Penja et deux (02) à Loum. Dans le Nord-Ouest, cinq (05) morts ont été décomptés dont quatre (04) à Bamenda et un (01) à Santa dans le département de la Mezam. A l’Ouest, il y a eu deux (02) morts dont un (01) dans la ville de Bafoussam et un (01) autre à Dschang. Enfin, le Sud-Ouest a enregistré (01) mort à Muéa dans la périphérie de la ville de Buéa.

Mesdames et Messieurs les journalistes

Je dois dire au surplus qu’à ces morts, il convient d’ajouter de nombreux cas de blessés qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. Des statistiques précises existent et font l’objet d’exploitation. Et ces blessés se comptent autant chez les civils que dans les rangs de nos forces de maintien l’ordre.

Il convient de préciser que la collecte de ces statistiques s’est faite avec le concours des autorités administratives et sanitaires et des responsables des forces de sécurité des zones concernées par les troubles. Il s’agit d’un travail de terrain et non de spéculations de mauvais aloi émanant de certaines autorités morales et autres défenseurs des droits de l’homme, de la part desquels on se serait d’ailleurs attendu à plus de retenue, voire de modération et de professionnalisme, et surtout de respect et de compassion pour les victimes elles mêmes, ainsi que pour leurs parents et pour leurs proches.

Bien plus, les cas de décès sus énumérés ne sont pas tous imputables à l’action de la force publique. Au demeurant, je dois saluer l’action, mais surtout la tempérance des forces de maintien de l’ordre qui n’ont pas fait un usage abusif de leurs armes, malgré les nombreuses provocations auxquelles elles étaient sujettes. De manière spécifique à Douala, beaucoup de morts sont le résultat des rixes entre des bandes de gangsters qui ont infiltré la contestation. Le partage des biens volés à la suite d’actes de pillage a donné lieu à des disputes violentes entre les bandits. Et certains ont été victimes du phénomène de justice populaire. Ce que nous déplorons bien évidemment, au demeurant.

Par ailleurs, sur le plan matériel et sans rentrer dans les détails, nous remarquons que les symboles de l’Etat et des structures contribuant au dynamisme de notre économie ont été particulièrement visés. A cet égard, je dois dire que quarante quatre (44) édifices publics ou bâtiments abritant des services publics ont été soit incendiés, soit pillés et saccagés ou encore vandalisés. Parmi les édifices publics incendiés ou saccagés, on peut citer les Sous-Préfectures de Douala 5è, de Kekem et de Santa. On peut également citer les Mairies de Douala 5è, de Nkongsamba 2è et de Bamenda 2è. A ces destructions s’ajoutent celles des Commissariats de Sécurité Publique de Douala 5è et de Kumba 1er ; du Commissariat Spécial de la Mémé à Kumba, de la Brigade de Gendarmerie territoriale de Santa, du Centre Divisionnaire des Impôts n°13 de Douala, ainsi que ceux de Mbanga, Bamenda, Kumbo et, du Centre départemental des Finances de Kumba. La Recette des Finances de Kumba a subi le même sort, ainsi que les Délégations départementales de l’Education de Base, du Développement Urbain et de l’Habitat, des Domaines et des Affaires Foncières de la Mémé à Kumba. Il en est de même de la Délégation provinciale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord-Ouest et, des Délégations départementales de l’Education de Base, des Travaux Publics, du Commerce, des Transports et de la Communication du département du Bui à Kumbo. A Yaoundé, c’est le Centre de l’Insertion des Jeunes de Nkomkana qui a été incendié.

Dans les mêmes localités, d’autres bâtiments publics qui n’ont pas été incendiés, saccagés ou pillés ont été fortement dégradés. De nombreux postes de police construits en matériaux provisoires ont été également détruits à Douala et à Bafoussam particulièrement. La furie aveugle des émeutiers les a conduits à casser les tables-bancs du lycée de Bafang-rural dans le Haut-Nkam ainsi qu’au CETIC de Kekem où en plus, des ordinateurs ont été emportés et à détruire l’école catholique de Medjo dans la Menoua. De nombreux véhicules publics ou appartenant à titre privé à des fonctionnaires ont été incendiés ou sérieusement endommagés. Les voiries urbaines et leurs accessoires tels que les équipements d’éclairage public ont été fortement dégradés. Les représentations des concessionnaires des services d’eau et d’électricité ont été très visées par les vandales qui les ont mises à sac ou incendiées.

Ce lourd bilan subi par le service public est complété par les pertes énormes enregistrées par les opérateurs économiques privés. Sur le plan matériel, sans être exhaustif et à titre d’illustration, on peut noter que trente trois (33) stations-service ont été entièrement ou partiellement détruites. A cela, il faut ajouter le pillage des centres de distribution des sociétés brassicoles. Il en est de même de l’incendie ou du pillage des sièges sociaux de certaines entreprises, des officines pharmaceutiques, des kiosques divers ou encore la destruction des exploitations agro-industrielles. En outre, plusieurs véhicules privés ont été vandalisés ou incendiés.

Ici également comme dans le cas du bilan des personnes blessées, nous disposons des statistiques détaillées. Elles ont été transmises aux divers services compétents pour exploitation. En outre, les structures victimes de destruction sont en train d’évaluer les pertes très lourdes et très importantes qu’elles ont subies et qui se chiffrent en dizaines de milliards de francs Cfa. A cela, il faudra ajouter l’important préjudice causé à l’économie nationale par l’arrêt ou le ralentissement des activités économiques, ainsi qu’à l’image de marque de notre pays à l’extérieur.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

En votre qualité d’historiens du présent, nous avons voulu vous livrer ces statistiques pour que, vous puissiez les répercuter tant sur le plan national qu’à l’extérieur afin que nul n’en ignore. A cet égard, et à la suite de la Déclaration radiotélévisée du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya en date du 27 février 2008, nous invitons tous les citoyens Camerounais à tirer par eux-mêmes, les leçons du bilan que nous venons de dresser. Quant au reste, les investigations qui se poursuivent permettront à toutes celles et à tous ceux qui, sans exception, sont impliqués dans ces émeutes, de répondre de leurs actes devant les instances juridictionnelles appropriées. Je suis heureux de constater avec vous que depuis une dizaine de jours, le calme est revenu sur l’ensemble du territoire national et que les populations vaquent normalement à leurs occupations. Je vous remercie de votre bienveillante attention et me mets à votre disposition pour vos questions éventuelles.”

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Propos liminaire du ministre d’Etat Marafa Hamidou Yaya, à l’occasion du point de presse d’hier au Minatd

“ Monsieur le Ministre de la Communication,

Monsieur le Ministre Délégué,

Chers Collaborateurs,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Tout en vous remerciant déjà pour votre mobilisation au présent point de presse, je tiens d’emblée à vous souhaiter la bienvenue dans cette salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. En outre, je vous rassure d’ores et déjà, quant à notre disponibilité à répondre éventuellement à d’autres sollicitations émanant de votre part et concernant le sujet que nous nous proposons d’évoquer avec vous aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

Suite à un préavis de grève déposé par les syndicats des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun et alors même que dans le cadre du dialogue social, des réponses satisfaisantes avaient été apportées aux revendications mises en avant par les syndicalistes, des groupes manipulés et composés essentiellement de jeunes ont entrepris, cinq jours durant, de manifester violemment dans certaines villes du pays et de mettre à exécution un plan diabolique orchestré par des personnes tapies dans l’ombre.

C’est ainsi que du 25 au 29 février dernier, les provinces du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, ont été le théâtre d’actes de vandalisme et de brigandage intolérables dans un Etat démocratique et civilisé. Plus précisément encore, ce mouvement de contestation illégal n’a concerné que les villes de Yaoundé dans la Province du Centre ; Douala, Nkongsamba, Mbanga, Melong, Njombè, Penja et Loum dans la Province du Littoral ; Bamenda, Kumbo, Santa, Nkambé, Ndop, Bali, Mbengwi et Batibo dans la Province du Nord-Ouest ; Bafoussam, Dschang, Bafang, Kékem, Mbouda et Foumbot dans la Province de l’Ouest et enfin Buéa, Limbé, Muyuka, Tiko, Ekona, Muéa, Ombé, Mutenguéné et Kumba pour ce qui est de la Province du Sud-Ouest. Soit au total, trente une (31) villes sur l’ensemble des villes que compte notre pays. Nous tenons donc à relever le caractère circonscrit de ces événements.

Cela étant et conformément à l’objet de notre invitation qui porte sur le bilan matériel des violences sus-évoquées, les statistiques définitives suivantes peuvent vous être communiquées.

Sur le plan humain, les émeutes des 25, 26, 27, 28 et 29 février, ont provoqué la mort de quarante personnes (40) que nous déplorons. Vous noterez déjà que ce chiffre est en hausse par rapport aux premières estimations officielles qui n’étaient que provisoires et qui n’avaient pas tenu compte des personnes ayant succombé à leurs blessures dans différentes structures hospitalières. Donc, les données que nous vous livrons sont actualisées et définitives.

Ainsi, la ville de Yaoundé dans le Centre a enregistré deux (02) morts dont celle d’un Inspecteur de Police. Dans le Littoral, on a dénombré trente (30) morts dont vingt six (26) à Douala, un (01) à Mbanga, un (01) à Penja et deux (02) à Loum. Dans le Nord-Ouest, cinq (05) morts ont été décomptés dont quatre (04) à Bamenda et un (01) à Santa dans le département de la Mezam. A l’Ouest, il y a eu deux (02) morts dont un (01) dans la ville de Bafoussam et un (01) autre à Dschang. Enfin, le Sud-Ouest a enregistré (01) mort à Muéa dans la périphérie de la ville de Buéa.

Mesdames et Messieurs les journalistes

Je dois dire au surplus qu’à ces morts, il convient d’ajouter de nombreux cas de blessés qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. Des statistiques précises existent et font l’objet d’exploitation. Et ces blessés se comptent autant chez les civils que dans les rangs de nos forces de maintien l’ordre.

Il convient de préciser que la collecte de ces statistiques s’est faite avec le concours des autorités administratives et sanitaires et des responsables des forces de sécurité des zones concernées par les troubles. Il s’agit d’un travail de terrain et non de spéculations de mauvais aloi émanant de certaines autorités morales et autres défenseurs des droits de l’homme, de la part desquels on se serait d’ailleurs attendu à plus de retenue, voire de modération et de professionnalisme, et surtout de respect et de compassion pour les victimes elles mêmes, ainsi que pour leurs parents et pour leurs proches.

Bien plus, les cas de décès sus énumérés ne sont pas tous imputables à l’action de la force publique. Au demeurant, je dois saluer l’action, mais surtout la tempérance des forces de maintien de l’ordre qui n’ont pas fait un usage abusif de leurs armes, malgré les nombreuses provocations auxquelles elles étaient sujettes. De manière spécifique à Douala, beaucoup de morts sont le résultat des rixes entre des bandes de gangsters qui ont infiltré la contestation. Le partage des biens volés à la suite d’actes de pillage a donné lieu à des disputes violentes entre les bandits. Et certains ont été victimes du phénomène de justice populaire. Ce que nous déplorons bien évidemment, au demeurant.

Par ailleurs, sur le plan matériel et sans rentrer dans les détails, nous remarquons que les symboles de l’Etat et des structures contribuant au dynamisme de notre économie ont été particulièrement visés. A cet égard, je dois dire que quarante quatre (44) édifices publics ou bâtiments abritant des services publics ont été soit incendiés, soit pillés et saccagés ou encore vandalisés. Parmi les édifices publics incendiés ou saccagés, on peut citer les Sous-Préfectures de Douala 5è, de Kekem et de Santa. On peut également citer les Mairies de Douala 5è, de Nkongsamba 2è et de Bamenda 2è. A ces destructions s’ajoutent celles des Commissariats de Sécurité Publique de Douala 5è et de Kumba 1er ; du Commissariat Spécial de la Mémé à Kumba, de la Brigade de Gendarmerie territoriale de Santa, du Centre Divisionnaire des Impôts n°13 de Douala, ainsi que ceux de Mbanga, Bamenda, Kumbo et, du Centre départemental des Finances de Kumba. La Recette des Finances de Kumba a subi le même sort, ainsi que les Délégations départementales de l’Education de Base, du Développement Urbain et de l’Habitat, des Domaines et des Affaires Foncières de la Mémé à Kumba. Il en est de même de la Délégation provinciale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord-Ouest et, des Délégations départementales de l’Education de Base, des Travaux Publics, du Commerce, des Transports et de la Communication du département du Bui à Kumbo. A Yaoundé, c’est le Centre de l’Insertion des Jeunes de Nkomkana qui a été incendié.

Dans les mêmes localités, d’autres bâtiments publics qui n’ont pas été incendiés, saccagés ou pillés ont été fortement dégradés. De nombreux postes de police construits en matériaux provisoires ont été également détruits à Douala et à Bafoussam particulièrement. La furie aveugle des émeutiers les a conduits à casser les tables-bancs du lycée de Bafang-rural dans le Haut-Nkam ainsi qu’au CETIC de Kekem où en plus, des ordinateurs ont été emportés et à détruire l’école catholique de Medjo dans la Menoua. De nombreux véhicules publics ou appartenant à titre privé à des fonctionnaires ont été incendiés ou sérieusement endommagés. Les voiries urbaines et leurs accessoires tels que les équipements d’éclairage public ont été fortement dégradés. Les représentations des concessionnaires des services d’eau et d’électricité ont été très visées par les vandales qui les ont mises à sac ou incendiées.

Ce lourd bilan subi par le service public est complété par les pertes énormes enregistrées par les opérateurs économiques privés. Sur le plan matériel, sans être exhaustif et à titre d’illustration, on peut noter que trente trois (33) stations-service ont été entièrement ou partiellement détruites. A cela, il faut ajouter le pillage des centres de distribution des sociétés brassicoles. Il en est de même de l’incendie ou du pillage des sièges sociaux de certaines entreprises, des officines pharmaceutiques, des kiosques divers ou encore la destruction des exploitations agro-industrielles. En outre, plusieurs véhicules privés ont été vandalisés ou incendiés.

Ici également comme dans le cas du bilan des personnes blessées, nous disposons des statistiques détaillées. Elles ont été transmises aux divers services compétents pour exploitation. En outre, les structures victimes de destruction sont en train d’évaluer les pertes très lourdes et très importantes qu’elles ont subies et qui se chiffrent en dizaines de milliards de francs Cfa. A cela, il faudra ajouter l’important préjudice causé à l’économie nationale par l’arrêt ou le ralentissement des activités économiques, ainsi qu’à l’image de marque de notre pays à l’extérieur.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

En votre qualité d’historiens du présent, nous avons voulu vous livrer ces statistiques pour que, vous puissiez les répercuter tant sur le plan national qu’à l’extérieur afin que nul n’en ignore. A cet égard, et à la suite de la Déclaration radiotélévisée du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya en date du 27 février 2008, nous invitons tous les citoyens Camerounais à tirer par eux-mêmes, les leçons du bilan que nous venons de dresser. Quant au reste, les investigations qui se poursuivent permettront à toutes celles et à tous ceux qui, sans exception, sont impliqués dans ces émeutes, de répondre de leurs actes devant les instances juridictionnelles appropriées. Je suis heureux de constater avec vous que depuis une dizaine de jours, le calme est revenu sur l’ensemble du territoire national et que les populations vaquent normalement à leurs occupations. Je vous remercie de votre bienveillante attention et me mets à votre disposition pour vos questions éventuelles.”

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Monsieur le Ministre Délégué,

Chers Collaborateurs,

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Tout en vous remerciant déjà pour votre mobilisation au présent point de presse, je tiens d’emblée à vous souhaiter la bienvenue dans cette salle de conférence du Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation. En outre, je vous rassure d’ores et déjà, quant à notre disponibilité à répondre éventuellement à d’autres sollicitations émanant de votre part et concernant le sujet que nous nous proposons d’évoquer avec vous aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

Suite à un préavis de grève déposé par les syndicats des transporteurs urbains et interurbains du Cameroun et alors même que dans le cadre du dialogue social, des réponses satisfaisantes avaient été apportées aux revendications mises en avant par les syndicalistes, des groupes manipulés et composés essentiellement de jeunes ont entrepris, cinq jours durant, de manifester violemment dans certaines villes du pays et de mettre à exécution un plan diabolique orchestré par des personnes tapies dans l’ombre.

C’est ainsi que du 25 au 29 février dernier, les provinces du Centre, du Littoral, du Nord-Ouest, de l’Ouest et du Sud-Ouest, ont été le théâtre d’actes de vandalisme et de brigandage intolérables dans un Etat démocratique et civilisé. Plus précisément encore, ce mouvement de contestation illégal n’a concerné que les villes de Yaoundé dans la Province du Centre ; Douala, Nkongsamba, Mbanga, Melong, Njombè, Penja et Loum dans la Province du Littoral ; Bamenda, Kumbo, Santa, Nkambé, Ndop, Bali, Mbengwi et Batibo dans la Province du Nord-Ouest ; Bafoussam, Dschang, Bafang, Kékem, Mbouda et Foumbot dans la Province de l’Ouest et enfin Buéa, Limbé, Muyuka, Tiko, Ekona, Muéa, Ombé, Mutenguéné et Kumba pour ce qui est de la Province du Sud-Ouest. Soit au total, trente une (31) villes sur l’ensemble des villes que compte notre pays. Nous tenons donc à relever le caractère circonscrit de ces événements.

Cela étant et conformément à l’objet de notre invitation qui porte sur le bilan matériel des violences sus-évoquées, les statistiques définitives suivantes peuvent vous être communiquées.

Sur le plan humain, les émeutes des 25, 26, 27, 28 et 29 février, ont provoqué la mort de quarante personnes (40) que nous déplorons. Vous noterez déjà que ce chiffre est en hausse par rapport aux premières estimations officielles qui n’étaient que provisoires et qui n’avaient pas tenu compte des personnes ayant succombé à leurs blessures dans différentes structures hospitalières. Donc, les données que nous vous livrons sont actualisées et définitives.

Ainsi, la ville de Yaoundé dans le Centre a enregistré deux (02) morts dont celle d’un Inspecteur de Police. Dans le Littoral, on a dénombré trente (30) morts dont vingt six (26) à Douala, un (01) à Mbanga, un (01) à Penja et deux (02) à Loum. Dans le Nord-Ouest, cinq (05) morts ont été décomptés dont quatre (04) à Bamenda et un (01) à Santa dans le département de la Mezam. A l’Ouest, il y a eu deux (02) morts dont un (01) dans la ville de Bafoussam et un (01) autre à Dschang. Enfin, le Sud-Ouest a enregistré (01) mort à Muéa dans la périphérie de la ville de Buéa.

Mesdames et Messieurs les journalistes

Je dois dire au surplus qu’à ces morts, il convient d’ajouter de nombreux cas de blessés qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. Des statistiques précises existent et font l’objet d’exploitation. Et ces blessés se comptent autant chez les civils que dans les rangs de nos forces de maintien l’ordre.

Il convient de préciser que la collecte de ces statistiques s’est faite avec le concours des autorités administratives et sanitaires et des responsables des forces de sécurité des zones concernées par les troubles. Il s’agit d’un travail de terrain et non de spéculations de mauvais aloi émanant de certaines autorités morales et autres défenseurs des droits de l’homme, de la part desquels on se serait d’ailleurs attendu à plus de retenue, voire de modération et de professionnalisme, et surtout de respect et de compassion pour les victimes elles mêmes, ainsi que pour leurs parents et pour leurs proches.

Bien plus, les cas de décès sus énumérés ne sont pas tous imputables à l’action de la force publique. Au demeurant, je dois saluer l’action, mais surtout la tempérance des forces de maintien de l’ordre qui n’ont pas fait un usage abusif de leurs armes, malgré les nombreuses provocations auxquelles elles étaient sujettes. De manière spécifique à Douala, beaucoup de morts sont le résultat des rixes entre des bandes de gangsters qui ont infiltré la contestation. Le partage des biens volés à la suite d’actes de pillage a donné lieu à des disputes violentes entre les bandits. Et certains ont été victimes du phénomène de justice populaire. Ce que nous déplorons bien évidemment, au demeurant.

Par ailleurs, sur le plan matériel et sans rentrer dans les détails, nous remarquons que les symboles de l’Etat et des structures contribuant au dynamisme de notre économie ont été particulièrement visés. A cet égard, je dois dire que quarante quatre (44) édifices publics ou bâtiments abritant des services publics ont été soit incendiés, soit pillés et saccagés ou encore vandalisés. Parmi les édifices publics incendiés ou saccagés, on peut citer les Sous-Préfectures de Douala 5è, de Kekem et de Santa. On peut également citer les Mairies de Douala 5è, de Nkongsamba 2è et de Bamenda 2è. A ces destructions s’ajoutent celles des Commissariats de Sécurité Publique de Douala 5è et de Kumba 1er ; du Commissariat Spécial de la Mémé à Kumba, de la Brigade de Gendarmerie territoriale de Santa, du Centre Divisionnaire des Impôts n°13 de Douala, ainsi que ceux de Mbanga, Bamenda, Kumbo et, du Centre départemental des Finances de Kumba. La Recette des Finances de Kumba a subi le même sort, ainsi que les Délégations départementales de l’Education de Base, du Développement Urbain et de l’Habitat, des Domaines et des Affaires Foncières de la Mémé à Kumba. Il en est de même de la Délégation provinciale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille du Nord-Ouest et, des Délégations départementales de l’Education de Base, des Travaux Publics, du Commerce, des Transports et de la Communication du département du Bui à Kumbo. A Yaoundé, c’est le Centre de l’Insertion des Jeunes de Nkomkana qui a été incendié.

Dans les mêmes localités, d’autres bâtiments publics qui n’ont pas été incendiés, saccagés ou pillés ont été fortement dégradés. De nombreux postes de police construits en matériaux provisoires ont été également détruits à Douala et à Bafoussam particulièrement. La furie aveugle des émeutiers les a conduits à casser les tables-bancs du lycée de Bafang-rural dans le Haut-Nkam ainsi qu’au CETIC de Kekem où en plus, des ordinateurs ont été emportés et à détruire l’école catholique de Medjo dans la Menoua. De nombreux véhicules publics ou appartenant à titre privé à des fonctionnaires ont été incendiés ou sérieusement endommagés. Les voiries urbaines et leurs accessoires tels que les équipements d’éclairage public ont été fortement dégradés. Les représentations des concessionnaires des services d’eau et d’électricité ont été très visées par les vandales qui les ont mises à sac ou incendiées.

Ce lourd bilan subi par le service public est complété par les pertes énormes enregistrées par les opérateurs économiques privés. Sur le plan matériel, sans être exhaustif et à titre d’illustration, on peut noter que trente trois (33) stations-service ont été entièrement ou partiellement détruites. A cela, il faut ajouter le pillage des centres de distribution des sociétés brassicoles. Il en est de même de l’incendie ou du pillage des sièges sociaux de certaines entreprises, des officines pharmaceutiques, des kiosques divers ou encore la destruction des exploitations agro-industrielles. En outre, plusieurs véhicules privés ont été vandalisés ou incendiés.

Ici également comme dans le cas du bilan des personnes blessées, nous disposons des statistiques détaillées. Elles ont été transmises aux divers services compétents pour exploitation. En outre, les structures victimes de destruction sont en train d’évaluer les pertes très lourdes et très importantes qu’elles ont subies et qui se chiffrent en dizaines de milliards de francs Cfa. A cela, il faudra ajouter l’important préjudice causé à l’économie nationale par l’arrêt ou le ralentissement des activités économiques, ainsi qu’à l’image de marque de notre pays à l’extérieur.

Mesdames et Messieurs les professionnels de la communication,

En votre qualité d’historiens du présent, nous avons voulu vous livrer ces statistiques pour que, vous puissiez les répercuter tant sur le plan national qu’à l’extérieur afin que nul n’en ignore. A cet égard, et à la suite de la Déclaration radiotélévisée du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya en date du 27 février 2008, nous invitons tous les citoyens Camerounais à tirer par eux-mêmes, les leçons du bilan que nous venons de dresser. Quant au reste, les investigations qui se poursuivent permettront à toutes celles et à tous ceux qui, sans exception, sont impliqués dans ces émeutes, de répondre de leurs actes devant les instances juridictionnelles appropriées. Je suis heureux de constater avec vous que depuis une dizaine de jours, le calme est revenu sur l’ensemble du territoire national et que les populations vaquent normalement à leurs occupations. Je vous remercie de votre bienveillante attention et me mets à votre disposition pour vos questions éventuelles.”

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Noël Emmanuel Ekwabi : Manu est complexe, exigeant et travailleur

L’ancien chef d’orchestre de Manu Dibango parle de son expérience aux côtés de ce dernier et de sa carrière solo.
Propos recueillis par Parfait Tabapsi (Stagiaire) –

Votre père était un grand commis de l’Etat. Comment a-t-il réagi en découvrant votre penchant pour la musique ?
Permettez moi de vous conter une anecdote. Il se trouve que quand j’étais à Marseille, j’étais loin de savoir que j’étais bon footballeur, voire bon sportif tout court. Je précise que j’ai joué au volley-ball, au basket, et que j’ai été à deux doigts d’être international de handball. Et juste quand j’ai été sélectionné mon père m’a envoyé en France. J’ai pleuré parce que j’adorais le handball et que j’avais là une chance de le pratiquer en équipe nationale. Arrivé donc à Marseille, je me suis mis à taper dans la balle avec des copains qui ne cessaient de me dire que j’étais bon. Ils m’ont donc amené à l’Olympique de Marseille qui m’a préparé un contrat. A l’époque papa était à Paris. Je monte donc là bas pour lui montrer mon contrat et lui me répond : " Tu n’es pas venu ici pour jouer au foot, mais pour tes études de médecine ". Et il prend mon contrat et le déchire.

A quel moment votre chemin croise-t-il celui de Manu Dibango ?
Je le rencontre à partir des années 80 parce que j’avais des amis comme André Manga, les frères Sabal Lecco avec qui j’ai grandi ici et qui jouaient déjà dans son groupe. Lui ne savait même pas qui j’étais. Et puis un jour, quand je suis monté à Paris -c’était en 1988- car je voulais progresser. Puisque j’étais devenu une véritable star à Marseille où je gagnais bien ma vie, j’avais 24.000 de salaire mensuel, un appartement et tout ce que je voulais. Pour un jeune en ces années là c’était énorme.
A Paris, j’ai rencontré Princesse Erika qui montait dans les charts. J’ai joué avec elle sur deux albums, avec des groupes de jazz, Patrick Bruel, Jean-louis Ponty, etc. Puis tout est allé très vite. J’ai vraiment eu beaucoup de chance je dois dire, et ce jusqu’à maintenant. En 1993, Jojo Kouoh m’appelle et me dit que je dois remplacer André Manga pour le programme télé Salut Manu. Comme il y avait les partitions je me suis rapidement intégré. Et là, je n’ai même pas pu avoir un contact avec Manu.
C’est finalement en janvier 1997 qu’il m’appelle alors que je suis en tournée aux Etats-Unis. Il me laisse un message (il imite la voix grave de Manu) " Noël c’est Manu là. Je voulais que tu viennes jouer avec nous. En fait on va au Sénégal… " Il y avait un festival avec plein de stars. Lorsque je rentre et écoute mon répondeur, je me dis que je viens de louper quelque chose de grand. Il faut dire qu’en 1994 déjà, Manga me propose de le remplacer dans le groupe de Manu, ce que je refuse. Je flairais le truc. Je me disais c’est notre papa et moi je sais que je suis très obéissant et je n’aurais plus l’occasion de faire les 400 coups. Je jouais avec 12 groupes et avais envie de m’éclater. Et là en 1997 c’est lui-même qui m’appelle. A leur retour du Sénégal, il m’appelle à nouveau et me rappelle qu’il a envie que je le rejoigne. Je lui réponds qu’il n’y a aucun problème. Je me rends chez lui, il me donne des partitions et c’est comme cela que je commence. Nous sommes là en fin mars 1997.

Les mélomanes ont souvent entendu parler de Soul makossa gang et du Maraboutik big band. C’est quoi la différence entre les deux ?
Il faut savoir qu’il y a plusieurs formules chez Manu. Le Soul makossa gang c’est la formule classique qui le suit presque partout. Le Maraboutik est une formule plus large avec une section de cuivres, et comme elle est lourde avec les dépenses liées que sont les salaires, elle tourne moins que la première formule. Il y a même une 3è formule plus jazzy avec 5 personnes. A noter qu’il arrive que nous jouions seulement à deux, c’est-à-dire lui et moi. A un moment, il y a même eu la formule à trois avec Ray Léma. Evidemment j’étais dans toutes les configurations.

Une rumeur vous dit en séparation avec Manu Dibango. Vous confirmez ?
Oui ! Cela fait quelques mois que j’ai décidé de tenter de construire ma carrière à moi. Parce que ça nous pend au nez à nous les musiciens d’exprimer tout ce que nous avons dans le ventre. Et cela n’est possible que lorsqu’on est devant, c’est-à-dire quand on est la locomotive, la tête d’affiche. Je salue le grand Manu parce que c’est notre papa à tous. Il nous a ouvert la porte, il nous a appris tant de choses. Il est simplement un exemple. Mais je pense que le moment est venu de prendre mon destin en main.

Il y a quelques années, Manu a décidé de ne plus venir au Cameroun du fait des problèmes avec la Cmc. Comment a-t-il traversé cette période difficile ?
On ne m’a pas tendu le micro quand cela se passait mais si j’avais eu l’occasion, j’aurai fait un commentaire amer, car c’est une honte de traiter de la sorte un homme de cette stature. On n’en a pas le droit. Quoi qu’il ait fait, il fallait le couvrir, le protéger. En plus, il n’a rien fait. Je ne comprends pas ce pays où on se permet de salir les gens qui ont porté haut notre étendard. J’étais triste, et lui a été profondément blessé. Il en parlait tous les jours. Par contre, je dis qu’il n’est jamais trop tard. Si on peut arranger les choses, ce serait bien. Et je dis que c’est bien qu’il ait accepté après tout ça de revenir. Je vous assure qu’il aime profondément ce pays.

Qu’avez-vous appris au bout de ces dix ans passés auprès de Manu ?
Je pense à la gestion des hommes. C’est vrai que dans toutes les formations auxquelles je participe, je suis presque toujours désigné directeur artistique (chef d’orchestre Ndlr), du fait peut-être que les gens décèlent une certaine aptitude chez moi. Je n’en sais rien m’enfin c’est comme cela. Chez Manu, cette fonction est encore plus délicate parce que c’est quelqu’un de très complexe, de très exigeant, très travailleur. Du fait de cette exigence, il me laisse carte blanche mais en même temps veut avoir l’œil sur tout. C’est donc très délicat. Je prends beaucoup d’initiatives et des fois je me rends compte qu’il a court-circuité une décision que j’ai prise, et il faut pouvoir gérer cela.
En deuxième lieu, je parlerai de la capacité à rebondir sur n’importe quelle situation. Avec Manu, c’est vraiment le jazz à part entière, c’est-à-dire que chez lui, le jazz est dans la vie quotidienne. Tenez : quand nous arrivons par exemple dans un pays pour prester, il peut y arriver des situations qui vous obligent à rebondir et là Manu est très fort.

En dehors de la basse, est-ce que vous avez touché à d’autres instruments ?
Je suis batteur, percussionniste, guitariste, je joue un peu au clavier, j’ai même essayé le saxophone, l’harmonica et la trompette. Je chante aussi de temps en temps.

Mais pourquoi persistez-vous à vous faire connaître seulement par la basse ?
Je pense que c’est l’instrument qui m’a le plus parlé, avec lequel j’ai le plus de facilité à m’exprimé au sein d’un groupe.

Les observateurs de la scène culturelle africaine disent souvent, et à raison, que le Cameroun est la terre des bassistes. Qu’est-ce qui explique cela ? Avons-nous un rapport particulier avec cet instrument dans notre pays ?
Je pense simplement que nous sommes bénis. Le Cameroun est un pays assez particulier. J’ai l’impression que certains d’entre nous ne s’en rendent pas compte, n’en ont pas pris conscience. Quand on regarde bien, le Cameroun c’est l’Afrique en miniature, et l’Afrique c’est le berceau de l’humanité. En fait, j’ai l’impression que le bon Dieu a posé sa main heureuse sur notre pays. L’on s’en rend compte en voyant par exemple la variété d’aliments qui poussent sur nos terres ici. On a souvent tendance à prendre des choses pour acquises, mais comme disent les Américains, "Don’t take anything for granted".
Dans tous les domaines, les Camerounais ont des facultés étonnantes. Quand on pense aux structures et infrastructures disponibles, on n’en est que plus étonné. C’est tout simplement incroyable. Donc, je ne suis pas surpris que les Camerounais excellent dans certains instruments. La basse c’est un peu particulier parce que, de mon point de vue, notre musique repose sur des percussions et la basse. J’ai d’ailleurs une anecdote. J’ai beaucoup travaillé avec Coco Mbassi à ses débuts, d’ailleurs c’est moi le compositeur u titre qui lui permet de décrocher le prix Découvertes Rfi. Je me souviens qu’un jour elle me parlait d’une chanson de Dina Bell dont elle ne parvenait pas à se rappeler le titre. Lorsque je lui ai demandé de me fredonner un air de la chanson, elle m’a plutôt chanté la ligne de basse. Ma petite sœur m’a fait le même coup. J’étais très étonné que les filles retiennent les lignes de basse, parce que ce n’est pas le cas en France.

Vous êtes originaire du département du Moungo qui s’est illustré par la quantité et la qualité des artistes musiciens. De Ndédi Eyango à Tom Yoms en passant par Lapiro de Mbanga, les frères Billong, Emile Kangué … Quel en est la raison selon vous ?
Cela est effectivement étonnant. Je pense au Lycée du Manengouba. Tous ceux qui sont sortis de cet établissement ont fait quelque chose. A notre époque le taux de réussite était très élevé. Je sais que des quatre coins du pays, les parents envoyaient leurs enfants là bas. Il y avait tout dans ce lycée. Je me suis longtemps demandé pourquoi ce lycée était si sollicité alors qu’il y avait des établissements dans tout le pays. Je me dis qu’il y a comme quelque chose d’inexpliqué qui aimantait du monde dans ce lycée. Je pense que tout par de là.

Vous annoncez depuis quelques mois la mise sur le marché pour bientôt de votre premier album. Est-il déjà prêt ?
Je suis en chantier. Et c’est un terrible chantier, parce qu’il faut faire le casting, sélectionner les titres qui sont dans les cassettes, l’ordinateur, écrits ou dans ma tête. Ce qui n’est pas facile. Quand on fait un album, l’on a 60 titres et on fait le tri jusqu’à une dizaine.

Vous pouvez au moins nous dire les thématiques et les rythmes qui y figureront?
Ce que je peux dire est que ce sera moi dans tout le métissage qui me caractérise. Je ne peux pas prétendre que je suis resté complètement un musicien camerounais. J’ai travaillé avec du monde aux quatre coins de la planète, du coup ces influences vont rejaillir dans ma production.

Quels rapports entretenez-vous avec les artistes de la diaspora ?
Ils sont excellents jusqu’à preuve du contraire. Je pense être un privilégié, parce que je m’entends très bien avec presque tout le monde.

Pouvez-vous nous dire un mot sur votre vie privée ?
J’ai divorcé d’une Marseillaise qui m’a donné deux enfants. Et depuis 10 ans, je vis avec une Camerounaise avec qui je compte convoler en secondes noces bientôt ! Ma fille a 17 ans, et son petit frère vient de souffler sur sa 15è bougie. Chaque fois qu’il y a des vacances ils sont avec moi. On s’entend très bien.

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