Gabon : Omar Bongo est officiellement mort
A l’annonce du décès, Ali Ben Bongo le ministre de la défense a décidé de la fermeture des » frontières terrestres, aériennes et maritimes » du pays. –
C’est donc désormais officiel. Omar Bongo Ondimba est décédé hier, lundi 08 juin 2009 à Barcelone (Espagne) des suites d’une crise cardiaque. L’annonce officielle faite par le premier ministre gabonais, Jean Eyeghe Ndong, qui, quelques heures avant affirmait que le président était encore " bien en vie " est ainsi venu mettre un terme à la cacophonie qui se fait entendre depuis quelques semaines et s’est accentuée hier à l’annonce du décès du président par les médias français.
Selon un message écrit du Premier ministre gabonais remis en main propre aux journalistes présents à la clinique Quiron où était hospitalisé le président Bongo depuis la fin du mois de mai pour, disait-on alors, un " cancer de l’intestin ", "C’est à 14h30 (12h30 Gmt) que l’équipe médicale m’a informé, ainsi que les officiels et membres de la famille présents, que le président de la République, chef de l’Etat, Omar Bongo Ondimba, venait de rendre l’âme des suites d’un arrêt cardiaque". Le message poursuit : "Chers frères et sœurs gabonais, comme nous le savons tous, le président Bongo Ondimba a tout au long de sa vie politique, consacrée à son pays et au peuple gabonais, toujours cultivé l’unité et la cohésion des gabonais pour une paix véritable. Cette paix, nous la vivons et devons la préserver dans le respect des institutions de la République", ajoute ce communiqué.
Les autorités gabonaises ont également demandé à leurs concitoyens de rester unis dans cette épreuve et il est décrété un deuil national de 30 jours sur l’ensemble du territoire national. Par conséquent, les drapeaux sont mis en berne pendant cette période et le programme des obsèques sera communiqué ultérieurement, est-il ajouté. A l’annonce officielle du décès du président gabonais Omar Bongo, le président français Nicolas Sarkozy a exprimé "beaucoup de tristesse et d’émotion", assurant que la France était "dans cette épreuve aux côtés du Gabon, de ses institutions et de son peuple".
"C’est un grand et fidèle ami de la France qui nous a quittés, une haute figure de l’Afrique et un chef d’Etat qui avait su gagner l’estime et le respect de l’ensemble de ses pairs, notamment par ses nombreuses initiatives en faveur de la paix sur le continent africain", insiste le communiqué de l’Elysée.
Conférence nationale
Albert-Bernard Bongo est né le 30 décembre 1935 dans la province du Haut-Ogooué, il effectue ses études primaires et secondaires au Congo, puis après son service militaire, il rejoignit d’abord les services secrets français, puis l’entourage de Léon Mba futur président du Gabon, et travailla comme commis des postes. Il parvint par la suite à tenter d’opposer à la stratégie commune une approche plus transversale mais non moins subversive (telle que déclamée dans une lettre ouverte aux représentants de l’ordre établi, datée du 15 mai 1970). Après l’indépendance en 1960 il fut vice-président et bras droit de Léon Mba, avant de lui succéder après sa mort en 1967. En 1968, il fonde le Parti démocratique gabonais socle du monopartisme jusqu’en 1990. Omar Bongo se convertit en 1973 à l’islam et devient El Hadj Omar Bongo. En 1990, Bongo est poussé à organiser une conférence nationale à l’issue de laquelle il accepte la restauration du multipartisme. Il ajoute le nom de son père au sien et devient donc en 2004 Omar Bongo Ondimba. Durant toutes ses 41 années de présidence, il dirige le Gabon de façon très directe.
On se souvient qu’au lendemain du décès de son épouse, Edith Lucie Sassou Bongo Ondimba, le 14 mars 2009, à l’âge de 44 ans, le président Bongo a annoncé sa retraite provisoire. Depuis, le président de la République gabonaise ne s’est pas remis. Avec l’annonce de son décès, l’inquiétude monte quant à l’avenir politique du Gabon. Ceci bien que, aux termes de la Constitution, la présidente du Sénat Rose-Francine Rogombé, membre du Parti démocratique gabonais (Pdg) créé par Bongo en 1968, doit assurer l’intérim. Des élections doivent être organisées dans les 45 jours. A ce propos, la porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication Laure Olga Gondjout a assuré que la Loi fondamentale et les institutions seraient "respectés". Seulement la décision de fermer les frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays prise par le ministre de la Défense, par ailleurs fils du président défunt et suspecté de vouloir prendre le pouvoir, sans s’en référer à la présidente par intérim, Rose-Francine Rogombé, n’augure pas des jours tranquilles dans le pays.
Dorine Ekwè

