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Le sérail camerounais découvre le logo du cinquantenaire

L’œuvre de John Shaddai Akenji a été officiellement présentér mardi 20 avril 2010 à Yaoundé, devant le gratin de la haute administration camerounaise.

La salle Bouma A de l’hôtel Hilton de Yaoundé s’est finalement avérée trop étroite pour contenir la marée humaine qui a pris d’assaut le hall de cet établissement hôtelier dès 11 heures ce 20 avril 2010. Conséquence : certains invités et journalistes retardataires ont été obligés de suivre la cérémonie debout, faute de places assises. C’est que la cérémonie d’hier a connu une mobilisation tous azimuts. Elle ressemblait curieusement à un ballet ministériel comme on a si souvent vu ces derniers jours lors des grands événements marquant un tournant décisif dans la vie de la nation. Autorités administratives, diplomatiques, traditionnelles et religieuses ont donc massivement pris part à cette cérémonie officielle de présentation du logo des cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification du Cameroun. Entre autres présences fortes, on notait celles de Edgar Alain Mebe Ngoh, ministre délégué en charge de la Défense, Louis Bapés Bapés, ministre des Enseignements secondaires, Robert Nkili, ministre du Travail et de la sécurité sociale, Antoine Eyebe Ayissi, ministre des Relations extérieures, Jean Pierre Biyiti Bi Essam, ministre des Postes et télécommunications, Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication, Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé… Pour présenter la cérémonie que présidait Martin Belinga Eboutou, président du comité national d’organisation des cinquantenaires de l’indépendance et de la Réunification du Cameroun, deux journalistes de renom : Alain Belibi en français, et sa consoeur et collègue Jessie Atogo pour la partie anglaise.

Côté civilité d’usage, ce fut d’abord à Ama Tutu Muna d’intervenir en sa qualité de présidente de la commission des spectacles et manifestations culturelles, en donnant le ton dans son discours de bienvenue. C’est pour elle l’occasion de remercier Martin Belinga Eboutou pour la confiance qu’il a placée en sa modeste personne, en lui confiant la présidence du jury commis à l’appréciation de ce logo qui trônait recouvert d’une étoffe de couleur jaune, au beau milieu de la salle. Le suspens va encore durer quelques minutes. Le temps pour l’artiste musicien Zui Ela d’agrémenter la cérémonie par un chant ; un hymne à ces cinquantenaires que l’Etat du Cameroun s’apprête à célébrer. Les cordes de son Mvet diffusent des sonorités qui ne laissent pas le public indifférent. En guise d’appréciation, des salves d’applaudissements retentissent dans la salle. A sa suite, Meric, artiste plasticien va présenter une de ses plus belles toiles à l’assistance. Laquelle toile est réalisée en « live ». Il s’agit en effet d’un portrait du « père de la nation », Paul Biya. Le slameur Stone va servir au public une « Aude au Cameroun et à ses cinquantenaires ».

Finis les discours et les intermèdes. Place au moment tant attendue : le dévoilement du fameux logo. A tout seigneur tout honneur, c’est au président du comité national d’organisation des cinquantenaires de l’indépendance et de la Réunification du Cameroun que revient le privilège d’ôter le voile sur ledit logo. Aidé dans cette délicate tâche par Ama Tutu Muna et Joseph Anderson Le qui se laisse emporter sur un air de Vincent Nguini, le voile peut enfin être défait. Le logo est là, brillant de mille feux. En le découvrant, le public entonne un standing ovation. Les appareils photos crépitent, les chasseurs d’image ne veulent rater cela sous aucun prétexte.  Des petits foyers de commentaires commencent alors à naître au sujet de la beauté de l’œuvre. C’est en fait un cercle en or sur lequel on peut lire en français et en anglais « cinquantenaire des Indépendances du Cameroun ». Dans le cercle, deux mains portent le Cameroun au milieu duquel trône le chiffre 50. A la base, les armoiries de l’Etat du Cameroun, « symbole de souveraineté » comme l’explique John Shaddai Akenji, le jeune artiste qui a réalisé ledit logo. Au sommet, une colombe qui tient à son bec une palme de paix « synonyme de stabilité et de cohésion sociale », mentionne t-il. La cérémonie rentre en gare. La phase 1 de ces cinquantenaires est amorcée. La suite c’est dans les prochaines mois.

Focal: Pr. Gervais Mendo Ze

L’ex-directeur général de la CRTV, non moins sémiologue, fait une analyse chromatique et apporte un commentaire sur ce logo.: « C’est un véritable chef d’œuvre »

« D’abord du point de vue de sa forme. Il présente une forme circulaire. Ce qui représente ici l’expression de l’initiation car il apparaît comme le globe terrestre dans tout ce qu’il a de séculaire. On remarque comme une espèce d’hémisphères divisant le logo en deux. On a en haut du point de vue de l’écriture, la conjonction de coordination « et » qui sépare d’un côté le processus des cinquante ans de l’indépendance 1960-2010 et d’un autre, la réunification de 1961 – 2011. On a à l’intérieur de cela une fusion de symboliques qui peuvent permettre de lire non seulement sur le plan sémiotique, mais également sur le plan de l’intertextualité. Vous avez par exemple la couleur jaune d’or qui  renvoie au jaune du drapeau camerounais. Surplombant l’ensemble du logo, on a également une colombe qui est l’image de la paix et qui porte effectivement la palme de la paix. Ce qui montre qu’en cinquante ans de souveraineté, nous avons connu la paix, nous avons œuvré pour la paix. Pour tout dire, nous avons constitué un havre de paix. En fond, nous avons une luminosité qui brille comme un soleil. Souvenez vous de la fameuse phrase de notre hymne national qui disait « comme un soleil, tu commences à paraître ». Cela veut tout simplement dire que le Cameroun sort un soleil qui irradie. Il se tient pratiquement debout pour nous renvoyer au verset 2 de notre hymne national qui dit « va debout et jaloux de ta liberté ». Autre chose, les deux mains qui soutiennent le pays, le triangle national qui a pour socle la circularité. Ces deux mains sont l’expression du travail. Lequel travail renvoie aux armoiries de la République symbolisées ici par les deux houes qu’on observe sur le logo. Je crois que dans les prochains jours, je me ferais le devoir de décrypter de fond en comble ce logo qui reste pour moi un véritable chef d’œuvre sur le plan sémiologique. »

christian.tchapmi

 

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