Carburant : le frelatage dénoncé
C’était au cours de la 26 e session de la Commission nationale des produits pétroliers, tenue ce week-end dernier à Yaoundé.
C’était une session rigoureuse, à en croire le nombre de dossiers rejetés. Au total cinq dossiers pour des services divers dans le secteur pétrolier sont parvenus à la commission. A la dernière minute, un désistement a été enregistré : Global Energy a préféré soumettre un nouveau dossier pour la prochaine session. Au finish, quatre dossiers examinés pour trois rejets et un seul avis favorable. Oil And Lub est le seul candidat à avoir obtenu l’autorisation pour le renouvellement de l’agrément E2 devant lui permettre de continuer à exporter les produits pétroliers, activité que cette entreprise exerce depuis 2002.
Fergal Oil, qui a soumis un dossier pour l’obtention de l’agrément du type D1 devant lui permettre de distribuer au Cameroun l’ensemble des produits pétroliers n’a pas eu la même chance. Son dossier a été jugé recevable dans la forme avec des insuffisances dans le fond. Avis défavorable de la commission ! First Oil qui postulait pour la prorogation sur un an de son agrément de distribution des produits pétroliers obtenu en 2001 n’a pas eu non plus l’accord de la Commission. Même avis défavorable annoté au dossier de Tagny Business Coorporation (TBC). Cette entreprise souhaitait obtenir un agrément E2 pour l’exportation des produits pétroliers.
A l’ouverture de la session dont la réunion s’est tenue dans la salle de conférence du ministère de l’Energie et de l’Eau, son président, le ministre Jean-Bernard Sindeu, a tenu à rappeler aux commissaires que le secteur pétrolier est un secteur névralgique et si sensible qu’il ne saurait être confié aux aventuriers. Le ministre a affirmé être informé des cas d’opérateurs qui ne réalisent pas leur programme d’investissement après l’obtention des agréments. Il a regretté aussi la prolifération des points de distribution des produits pétroliers à usage privé
Autres dérives des marketteurs sur le terrain : le frelatage du carburant, le détournement des destinations, le trafic de toutes sortes. Le ministre a néanmoins salivé les reformes en cours dans ce secteur : la redéfinition de nouvelles normes de sécurité, la création d’un corps des inspecteurs des produits pétroliers qui permettra un déploiement de contrôle plus efficace sur le terrain.
Jeanine FANKAM

