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Le pouvoir veut contrôler Yaoundé

Après les émeutes

Depuis l’appel à la guerre lancé par le ministre Mama Fouda, les allogènes sont de plus en plus sur le qui-vive dans le Mfoundi. Un meeting populaire du Rdpc est programmé aujourd’hui à 13h à Yaoundé.

Depuis hier, mercredi 5 mars 2008, le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo, conduit une vaste caravane à travers les 7 arrondissements de son unité de commandement. Officiellement, cette descente sur le terrain consiste “ à sensibiliser les populations contre les mouvements d’humeur spontanés. Et surtout contre l’insécurité. Le préfet veut mettre en place des comités de vigilance pour prévenir les casses ”, confie un employé de la préfecture du Mfoundi. Le préfet du Mfoundi aurait été instruit par sa hiérarchie. Celle-ci, indique-t-on au ministère de l’Administration territoriale, “ ne se serait pas remise de voir que Yaoundé qui jusque là s’est toujours désolidarisé des manifestations et mouvements sociaux hostiles au régime s’en soit mêlé tel que l’on a vu récemment ”. Beti Assomo doit donc “ ressusciter les comités d’auto vigilance et les associations d’indics qui doivent prévenir l’administration au cas où il y aurait des fauteurs de troubles dans la capitale.”
Difficile pour l’instant de savoir si la démarche du préfet se situe dans la même logique que celle de certains membres de l’élite du Mfoundi. Lundi dernier, sous la houlette du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, des “ forces vives du Mfoundi ” ont commis une déclaration. Les signataires invitent “ fermement les prédateurs venus d’ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. Car ils n’y seront plus jamais en sécurité. Qu’ils disent à leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau revêtu la tenue de combat de leurs ancêtres. ” Face à une telle intention guerrière, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, dont le nom se trouve parmi les signataires de cette déclaration, a rendu publique une mise au point dans laquelle il déplore “ le ton quelque peu belliqueux de ladite déclaration ”. Toutefois il n’en pense pas moins. Puisque, affirme-il, les populations “ ont l’impérieux devoir de veiller, chacun à son niveau et selon ses moyens, au même titre que les familles autochtones, sur les biens et la sécurité de la ville qui les héberge. ”
Ces deux positions sont actuellement analysées dans les différentes associations de ceux que l’on appelle les allogènes qui vivent dans la capitale. Un membre d’une communauté originaire du nord explique : “ Nous attendons cette descente du préfet sur le terrain avec impatience. Il doit nous expliquer ce qui sous-tend ce discours xénophobe que nous entendons ces derniers jours autour de nous. Nous avons l’impression qu’à Yaoundé, des instructions ont été données pour que les autochtones épient chaque jour les allogènes. ”
Une chose est certaine : le pouvoir tient à contrôler Yaoundé. Toutes les mesures qui sont prises en ce moment et qui viennent de la haute hiérarchie du pays viseraient ainsi à créer ce climat de terreur auprès de tous ceux qui auraient l’intention de venir défier le pouvoir de Paul Biya à Yaoundé. Si la déclaration aujourd’hui honnie est cautionnée par le gouvernement, ce serait probablement dans la logique classique de diviser pour mieux régner. Dans ce jeu dangereux pour la paix, le Rdpc tente de se positionner comme faiseur de paix. Le comité central va organiser un grand meeting à l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Ce sera l’occasion de parler de paix et de sécurité dans le pays. Mais d’avantage de vigilance à Yaoundé et dans le Mfoundi. 

Par Jean François CHANNON

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Depuis l’appel à la guerre lancé par le ministre Mama Fouda, les allogènes sont de plus en plus sur le qui-vive dans le Mfoundi. Un meeting populaire du Rdpc est programmé aujourd’hui à 13h à Yaoundé.

Depuis hier, mercredi 5 mars 2008, le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo, conduit une vaste caravane à travers les 7 arrondissements de son unité de commandement. Officiellement, cette descente sur le terrain consiste “ à sensibiliser les populations contre les mouvements d’humeur spontanés. Et surtout contre l’insécurité. Le préfet veut mettre en place des comités de vigilance pour prévenir les casses ”, confie un employé de la préfecture du Mfoundi. Le préfet du Mfoundi aurait été instruit par sa hiérarchie. Celle-ci, indique-t-on au ministère de l’Administration territoriale, “ ne se serait pas remise de voir que Yaoundé qui jusque là s’est toujours désolidarisé des manifestations et mouvements sociaux hostiles au régime s’en soit mêlé tel que l’on a vu récemment ”. Beti Assomo doit donc “ ressusciter les comités d’auto vigilance et les associations d’indics qui doivent prévenir l’administration au cas où il y aurait des fauteurs de troubles dans la capitale.”
Difficile pour l’instant de savoir si la démarche du préfet se situe dans la même logique que celle de certains membres de l’élite du Mfoundi. Lundi dernier, sous la houlette du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, des “ forces vives du Mfoundi ” ont commis une déclaration. Les signataires invitent “ fermement les prédateurs venus d’ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. Car ils n’y seront plus jamais en sécurité. Qu’ils disent à leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau revêtu la tenue de combat de leurs ancêtres. ” Face à une telle intention guerrière, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, dont le nom se trouve parmi les signataires de cette déclaration, a rendu publique une mise au point dans laquelle il déplore “ le ton quelque peu belliqueux de ladite déclaration ”. Toutefois il n’en pense pas moins. Puisque, affirme-il, les populations “ ont l’impérieux devoir de veiller, chacun à son niveau et selon ses moyens, au même titre que les familles autochtones, sur les biens et la sécurité de la ville qui les héberge. ”
Ces deux positions sont actuellement analysées dans les différentes associations de ceux que l’on appelle les allogènes qui vivent dans la capitale. Un membre d’une communauté originaire du nord explique : “ Nous attendons cette descente du préfet sur le terrain avec impatience. Il doit nous expliquer ce qui sous-tend ce discours xénophobe que nous entendons ces derniers jours autour de nous. Nous avons l’impression qu’à Yaoundé, des instructions ont été données pour que les autochtones épient chaque jour les allogènes. ”
Une chose est certaine : le pouvoir tient à contrôler Yaoundé. Toutes les mesures qui sont prises en ce moment et qui viennent de la haute hiérarchie du pays viseraient ainsi à créer ce climat de terreur auprès de tous ceux qui auraient l’intention de venir défier le pouvoir de Paul Biya à Yaoundé. Si la déclaration aujourd’hui honnie est cautionnée par le gouvernement, ce serait probablement dans la logique classique de diviser pour mieux régner. Dans ce jeu dangereux pour la paix, le Rdpc tente de se positionner comme faiseur de paix. Le comité central va organiser un grand meeting à l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Ce sera l’occasion de parler de paix et de sécurité dans le pays. Mais d’avantage de vigilance à Yaoundé et dans le Mfoundi. 

Par Jean François CHANNON

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Depuis l’appel à la guerre lancé par le ministre Mama Fouda, les allogènes sont de plus en plus sur le qui-vive dans le Mfoundi. Un meeting populaire du Rdpc est programmé aujourd’hui à 13h à Yaoundé.

Depuis hier, mercredi 5 mars 2008, le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo, conduit une vaste caravane à travers les 7 arrondissements de son unité de commandement. Officiellement, cette descente sur le terrain consiste “ à sensibiliser les populations contre les mouvements d’humeur spontanés. Et surtout contre l’insécurité. Le préfet veut mettre en place des comités de vigilance pour prévenir les casses ”, confie un employé de la préfecture du Mfoundi. Le préfet du Mfoundi aurait été instruit par sa hiérarchie. Celle-ci, indique-t-on au ministère de l’Administration territoriale, “ ne se serait pas remise de voir que Yaoundé qui jusque là s’est toujours désolidarisé des manifestations et mouvements sociaux hostiles au régime s’en soit mêlé tel que l’on a vu récemment ”. Beti Assomo doit donc “ ressusciter les comités d’auto vigilance et les associations d’indics qui doivent prévenir l’administration au cas où il y aurait des fauteurs de troubles dans la capitale.”
Difficile pour l’instant de savoir si la démarche du préfet se situe dans la même logique que celle de certains membres de l’élite du Mfoundi. Lundi dernier, sous la houlette du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, des “ forces vives du Mfoundi ” ont commis une déclaration. Les signataires invitent “ fermement les prédateurs venus d’ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. Car ils n’y seront plus jamais en sécurité. Qu’ils disent à leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau revêtu la tenue de combat de leurs ancêtres. ” Face à une telle intention guerrière, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, dont le nom se trouve parmi les signataires de cette déclaration, a rendu publique une mise au point dans laquelle il déplore “ le ton quelque peu belliqueux de ladite déclaration ”. Toutefois il n’en pense pas moins. Puisque, affirme-il, les populations “ ont l’impérieux devoir de veiller, chacun à son niveau et selon ses moyens, au même titre que les familles autochtones, sur les biens et la sécurité de la ville qui les héberge. ”
Ces deux positions sont actuellement analysées dans les différentes associations de ceux que l’on appelle les allogènes qui vivent dans la capitale. Un membre d’une communauté originaire du nord explique : “ Nous attendons cette descente du préfet sur le terrain avec impatience. Il doit nous expliquer ce qui sous-tend ce discours xénophobe que nous entendons ces derniers jours autour de nous. Nous avons l’impression qu’à Yaoundé, des instructions ont été données pour que les autochtones épient chaque jour les allogènes. ”
Une chose est certaine : le pouvoir tient à contrôler Yaoundé. Toutes les mesures qui sont prises en ce moment et qui viennent de la haute hiérarchie du pays viseraient ainsi à créer ce climat de terreur auprès de tous ceux qui auraient l’intention de venir défier le pouvoir de Paul Biya à Yaoundé. Si la déclaration aujourd’hui honnie est cautionnée par le gouvernement, ce serait probablement dans la logique classique de diviser pour mieux régner. Dans ce jeu dangereux pour la paix, le Rdpc tente de se positionner comme faiseur de paix. Le comité central va organiser un grand meeting à l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Ce sera l’occasion de parler de paix et de sécurité dans le pays. Mais d’avantage de vigilance à Yaoundé et dans le Mfoundi. 

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Depuis hier, mercredi 5 mars 2008, le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo, conduit une vaste caravane à travers les 7 arrondissements de son unité de commandement. Officiellement, cette descente sur le terrain consiste “ à sensibiliser les populations contre les mouvements d’humeur spontanés. Et surtout contre l’insécurité. Le préfet veut mettre en place des comités de vigilance pour prévenir les casses ”, confie un employé de la préfecture du Mfoundi. Le préfet du Mfoundi aurait été instruit par sa hiérarchie. Celle-ci, indique-t-on au ministère de l’Administration territoriale, “ ne se serait pas remise de voir que Yaoundé qui jusque là s’est toujours désolidarisé des manifestations et mouvements sociaux hostiles au régime s’en soit mêlé tel que l’on a vu récemment ”. Beti Assomo doit donc “ ressusciter les comités d’auto vigilance et les associations d’indics qui doivent prévenir l’administration au cas où il y aurait des fauteurs de troubles dans la capitale.”
Difficile pour l’instant de savoir si la démarche du préfet se situe dans la même logique que celle de certains membres de l’élite du Mfoundi. Lundi dernier, sous la houlette du ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, des “ forces vives du Mfoundi ” ont commis une déclaration. Les signataires invitent “ fermement les prédateurs venus d’ailleurs, de quitter rapidement et définitivement notre sol. Car ils n’y seront plus jamais en sécurité. Qu’ils disent à leurs commettants que les forces vives du Mfoundi ont de nouveau revêtu la tenue de combat de leurs ancêtres. ” Face à une telle intention guerrière, le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, dont le nom se trouve parmi les signataires de cette déclaration, a rendu publique une mise au point dans laquelle il déplore “ le ton quelque peu belliqueux de ladite déclaration ”. Toutefois il n’en pense pas moins. Puisque, affirme-il, les populations “ ont l’impérieux devoir de veiller, chacun à son niveau et selon ses moyens, au même titre que les familles autochtones, sur les biens et la sécurité de la ville qui les héberge. ”
Ces deux positions sont actuellement analysées dans les différentes associations de ceux que l’on appelle les allogènes qui vivent dans la capitale. Un membre d’une communauté originaire du nord explique : “ Nous attendons cette descente du préfet sur le terrain avec impatience. Il doit nous expliquer ce qui sous-tend ce discours xénophobe que nous entendons ces derniers jours autour de nous. Nous avons l’impression qu’à Yaoundé, des instructions ont été données pour que les autochtones épient chaque jour les allogènes. ”
Une chose est certaine : le pouvoir tient à contrôler Yaoundé. Toutes les mesures qui sont prises en ce moment et qui viennent de la haute hiérarchie du pays viseraient ainsi à créer ce climat de terreur auprès de tous ceux qui auraient l’intention de venir défier le pouvoir de Paul Biya à Yaoundé. Si la déclaration aujourd’hui honnie est cautionnée par le gouvernement, ce serait probablement dans la logique classique de diviser pour mieux régner. Dans ce jeu dangereux pour la paix, le Rdpc tente de se positionner comme faiseur de paix. Le comité central va organiser un grand meeting à l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Ce sera l’occasion de parler de paix et de sécurité dans le pays. Mais d’avantage de vigilance à Yaoundé et dans le Mfoundi. 

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La seconde mort d’Ahmadou Ahidjo dans le grand Nord

L’héritage de l’ex-président de la République du Cameroun est, pour l’essentiel, en décrépitude. Principal accusé, le Renouveau. –

1- Le palais présidentiel de Garoua, une forteresse pillée
Le quartier Hauts-Plateaux est à Garoua ce que le quartier du lac fut à Yaoundé sous Ahmadou Ahidjo. On y retrouve beaucoup de villas appartenant à des dignitaires de l’ancien régime. Rigoureusement tracé et légèrement en retrait des bruits du centre commercial, ce quartier se distingue surtout par le palais présidentiel qu’il abrite. Durant une vingtaine d’années, feu Ahmadou Ahidjo avait ses bases ici, lors de ses passages dans la ville. En cette après-midi de décembre 2007, le reporter du Messager entreprend de briser le mystère de cette résidence (jusque-là connue de réputation) et de satisfaire la soif d’évasion d’une connaissance en provenance de Yaoundé. Nos premiers pas vers l’édifice sont manifestement perçus par les passants comme un choix périlleux. Les regards se détournent mécaniquement de ce “ duo de l’apocalypse ”. Ce qui a plutôt le don de nous encourager.
Le bitume que nous longeons à pas lents est craquelé par endroits. L’hébergement sauvage a réussi, avec le temps, à pousser sur l’asphalte. De par et d’autres de la route, la broussaille gagne du terrain. Nous nous rendons à l’évidence que cet endroit, jadis très fréquenté par la haute société, court désespérément après son passé. Chemin faisant, l’on aperçoit des édifices abandonnés. Les portes sont hermétiquement closes ou anormalement ouvertes. Le domaine présidentiel paraît hanté. La piste d’atterrissage pour hélicoptère n’est plus qu’un réduit de béton entouré d’herbes folles. Nous arrivons bientôt au bâtiment principal. Un militaire nous aperçoit au loin. Il ne tarde pas à passer l’information à ses camarades. D’aucuns sortent de leur somnolence. Ils conversent dans une langue qui nous est franchement incompréhensible. L’on devine tout de même qu’ils se demandent ce que leur vaut cette “ visite ”.
A toutes fins utiles, quelques-uns ajustent leurs colts. Notre hardiesse nous incite à ne pas reculer. “ Bonjour chefs, excusez-nous. Nous voulons découvrir le palais présidentiel ”. Ça y est, l’assaut est lancé. La réponse est sentencieuse. “ Ce n’est pas ouvert au public. Nous sommes désolés ”. Le visage fermé du pandore indique sa détermination à ne pas nous laisser accéder à ce haut lieu, chargé d’histoires. Une vue d’ensemble nous permet tout de même de constater rapidement que les murs de la bâtisse sont de plus en plus lépreux. La peinture blanche n’est plus immaculée. Elle s’écaille à un rythme inquiétant.
D’après des sources, le palais de l’ex-président de la République a été systématiquement pillé. Au banc des accusés, des autorités de la province à l’époque de la transition et d’un passé relativement récent, parmi lesquelles les plus insoupçonnées. Après la mort subite d’Ahidjo le 30 novembre 1989 à Dakar, cette résidence, comme d’autres biens immeubles et meubles du disparu, a été rétrocédé à la famille, notamment aux administrateurs des biens, Mohamadou Badjika Ahidjo (fils de la défunte Ada Garoua) et Daniel Boubakary (fils de Germaine). Beaucoup de natifs du septentrion s’émeuvent de la décrépitude de la résidence d’Ahidjo. “ Pourquoi la famille ne la transforme pas en hôtel ou en musée ? Les touristes vont venir nombreux afin de la découvrir ”, s’interroge Harissou.
A l’instar du palais de Garoua, d’autres biens appartenant à l’ex-chef d’Etat sont en ruine. Dans l’entourage de son fils, le député Badjika, l’on cite son ranch situé dans le Mayo-Oulo (département du Mayo Louti, province du Nord), sa résidence de Nyakira, à 8 km de Garoua. Les deux (2) propriétés seraient “ dans un état de délabrement avancé ”. A Ngaoundéré, la villa d’Ahidjo basée en face du Ces (Collège d’enseignement secondaire) de Sabongari n’est pas mieux lotie. Une laverie s’est installée à l’entrée. Des murs se fissurent sur le flanc gauche. Sur l’aile droite, des familles se sont installées. A en croire un résident, celles-ci ont un lien de parenté avec Ahmadou Ahidjo. Des indiscrétions laissent croire que le gestionnaire de ce patrimoine – un certain Major Tapsou – était l’un des gardes du corps de Germaine Ahidjo.

2- Des propriétés foncières d’Ahidjo arrachées à Ngaoundéré
D’autres sources affirment que ces biens sont administrés – à distance – par deux (2) barons de l’ancien régime, réputés très proches d’Ahmadou Ahidjo. Ousman Mey (Pca de la Cnps et ancien gouverneur de la grande province du Nord) et Haman Saïd (ancien gouverneur). Egalement à inscrire dans l’héritage de Ahmadou Ahidjo, le ranch de Tello, à près de 70 km de Ngaoundéré. Entretenu à l’époque par le Fonds national pour le développement rural (Fonader), il n’a pas échappé au pillage après le décès d’Ahidjo. Le maigre cheptel qui s’y trouve est désormais géré par des “ proches ” du défunt. Le patron des lieux serait Alhadji Djika Dahirou, un éleveur. Le président Ahidjo a également laissé un grand lopin de terre au lieu dit “ Champ de prière ”, à Ngaoundéré. Le Collège islamique a été construit sur un pan. On cite en outre, quatre (4) villas luxueuses au quartier Hauts-Plateaux de Ngaoundéré. Tous sont en location. Le premier serait occupé par le muezzin d’un d’homme d’affaires prospère du coin. Une autre est occupée par des proches du maire de l’ex-commune urbaine, Issa Yaya Djidji. Les deux (2) autres seraient respectivement occupés par une entreprise d’entretien routier et un magistrat.
Des informations puisées auprès de diverses sources crédibles font état de ce que le terrain sur lequel le Ces de Sabongari est bâti, a été “ arraché ” à la famille de feu Ahidjo. L’on évoque un règlement de comptes. Dans la province de l’Extrême-Nord, l’on signale des propriétés de l’ex-homme fort du Cameroun au quartier Dougoï et à Mokolo (chef-lieu du département du Mayo Tsanaga). Mais d’autres sources objectent que ces villas sont plutôt des propriétés de Germaine Ahidjo, l’ex-première dame vivant à Dakar, au Sénégal. D’où leur gérance par son fils, Daniel Boubakary. Ce dernier résiderait en permanence dans l’Extrême-Nord.
Si les restes de Ahmadou Ahidjo venaient à être rapatriés, croit-on savoir, ils reposeraient dans le caveau familial à Bocki, dans la périphérie de Garoua.

3- Garoua est tombée
L’ancien président de la République avait-il en projet de transférer la capitale du Cameroun de Yaoundé à Garoua ? On ne le saura certainement jamais. Mais, ce que l’on sait, c’est que la capitale de la grande province du Nord (ville natale de Ahmadou Ahidjo et jadis 3e agglomération urbaine du Cameroun) a bénéficié pendant vingt quatre (24) ans d’attentions du pouvoir en place, jugées démesurées et suspectes. Ici, l’on retrouve des réalisations haut de gamme telles que le bâtiment de la Beac, l’aéroport international de Garoua, le stade omnisports (à l’époque en gazon synthétique) et le port fluvial de la Bénoué.
Bien plus, le plan d’urbanisation de cette cité force le respect. La voirie urbaine et l’éclairage public, raconte-t-on, se voulaient calquer sur le modèle des grandes villes européennes. Aujourd’hui, que reste-t-il de ces gros investissements ? A vrai dire, pas grand-chose. Le port de Garoua s’est transformé en un champ d’arachides, de haricots, de sorgho, etc. A l’époque, ce pôle d’échanges et d’activités commerciales accueillait des bateaux en provenance du Nigeria en juillet, août et septembre de chaque année. En décembre 2003, sur décret présidentiel, l’Etat a rétrocédé cet “ éléphant blanc ” à la commune urbaine de Garoua. Mais le passif du port est lourd à gérer. La commune est en panne de liquidités. Quant au réseau routier de Garoua, il est en état de dégradation avancée. A ce titre, il n’est pas recommandé de rouler (surtout à moto) dans des quartiers tels que Yelwa, Foulbéré ou Bibémiré. De sources internes à la commune urbaine, 12 milliards sont nécessaires pour la réhabilitation de la voirie. Un objectif qui ne pourra jamais être atteint sans le secours financier de l’Etat. De même, les ordures empoisonnent l’atmosphère dans la ville. L’on y note aussi un déficit criard d’éclairage public. Sur les 1 544 lampadaires recensés, à peine 500 fonctionnent à peu près normalement. Merci à l’insécurité. L’on évalue le coût de la remise en service de tout cela à 750 millions de Fcfa. L’aéroport international de Garoua n’est pas logé à meilleure enseigne. La piste d’atterrissage se dégrade. L’aérogare est sujette à des problèmes d’étanchéité. Conçu pour accueillir un million et demi de passagers par an, l’aérogare ne voie actuellement que 600.000 passagers. Soit à peine 40% de ses possibilités. Le 4 juillet 2007, le Dja (Boeing 767-300) a subi des dégâts sur l’une de ses ailes de freinage. Depuis lors, les gros porteurs étaient interdits d’atterrissage sur la piste de l’aéroport international de Garoua. En prélude au Hadj et à la saison touristique 2007, des replâtrages ont été opérés par le ministère des Transports. Estimée à 463 millions de Fcfa, “ cette réhabilitation provisoire en urgence ” est de toute évidence dérisoire au regard des deux (2) milliards escomptés pour remettre le complexe aéroportuaire de Garoua en bon état.
Longtemps laissé à l’abandon, le stade omnisports Rumdé Adjia a été réhabilité au début des années 90 par la Sodecoton (Société de développement du coton). Le gazon naturel a été préféré au synthétique, hors d’usage. L’antre de Coton sport de Garoua a – pour la toute première – accueilli l’équipe nationale de football (Les Lions indomptables) en juin dernier. Dans le cadre d’un match officiel, face au Rwanda. Pour ne rien arrangé, l’élite de Garoua (chef-lieu du département de la Bénoué)- constituée notamment de deux (2) ministres d’Etat- brille par ses divisions. Des clans se sont constitués, étouffant dans l’œuf toutes les velléités de rassemblement et de développement.
A en croire certains leaders politiques de la région, le pouvoir d’Etoudi ne s’en formalise pas outre mesure… Jadis plaque tournante des échanges (par route) dans la zone septentrionale et entre le Cameroun et le Tchad, la ville de Garoua est réduite depuis quelques années à sa portion congrue avec le bitumage de l’axe Ngaoundéré-Touboro-Moundou-Frontière Tchad. 

Par Georges Alain BOYOMO
Le 10-12-2007

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