Le Salon international permet d’admirer les trésors culturels du Cameroun et d’Afrique centrale.
Patricia Ngo Ngouem (Stagiaire) – Vendredi 25 janvier 2008. Esplanade du Musée national. Plusieurs individus sillonnent les couloirs du musée, s’arrêtant de temps à autre devant un stand pour admirer une œuvre d’art ou s’extasier devant des danseurs esquissant des pas au rythme d’une musique cadencée.
Sur une estrade, un orchestre interprète des chansons. Des personnages portants chacun un masque bamiléké sur la tête, le corps couvert de petits ronds blancs ou les reins ceints d’un pagne attaché grossièrement, attirent irrémédiablement les regards. Une ambiance bruyante règne en ces lieux, à l’occasion de l’ouverture du premier Salon international de l’artisanat du Cameroun baptisé Siarc.
"C’est l’épanouissement de notre art car cette rencontre nous donne enfin la possibilité de sortir de l’ombre", déclare Ele Nyangou, artisan originaire du Sud. En effet, le Siarc qui se veut être une plateforme de la promotion de l’artisanat, a attiré un grand nombre de personnes. Venus des 10 provinces du Cameroun, des artisans sont venus non seulement présenter les richesses culturelles de leur province, mais aussi faire étalage de leur savoir-faire. Bien que les artisans soient regroupés par corps de métiers, un stand principal, " la vitrine de chaque province ", expose des oeuvres propres à son aire culturelle. Certains stands, à l’exemple de celui du Nord-ouest et de l’Adamaoua, ont le toit recouvert de matériaux locaux, le but étant de représenter l’habitat traditionnel.
Matériaux locaux
Des tablettes en cornes et peau de bœuf, des fauteuils en cauris, en lianes et rotins dans des formes bizarres, des gandouras tissés, bridés et teints au "chachari", une teinture locale du Nord Cameroun, des pots de fleur en " obom ", écorce d’un arbre typique du Sud, une hutte pygmée faite de feuilles et branches d’arbres, des chaussures en peaux d’animaux sélectionnées, des statues, statuettes et sculptures en bronze ou en ébène représentant la femme et autres objets d’intérieur fait en matériaux locaux, chacun est " porteur d’un message et/ou d’une symbolique " tel que l’explique Antoine Séverin Sime du stand " Ouest " : la femme symbolise " la maternité, l’hospitalité la fécondité et l’amour car elle est la mère de l’humanité ", les animaux, symboles " de puissance et de sacralité " etc.
Aucun de ces objets frappe par sa beauté ou par son aspect insolite, ne laisse pourtant pas le visiteur indifférent. " Un tel déploiement de cultures et de beauté, ça vous coupe le souffle. C’est tout simplement ravissant", s’est exclamé Thérèse Bonaventure devant un masque du Sud, un chasse-mouches Douala à la main. Devant un sac de footballeur fait en toile tissée, Yannick Mandeng n’a pas caché son admiration : " C’est vrai que des sacs comme ça existent déjà, mais je trouve celui-ci très beau tant dans le détail que la qualité. En plus, c’est du 100% made in Cameroun ".
Si le Siarc est l’occasion pour les artisans camerounais de mettre en exergue leur talent, c’est l’occasion pour " nous de vendre l’image de notre pays à travers l’artisanat ", révèle Simplice Maïde Baby, responsable du stand de la République centrafricaine. En effet, des pays comme la Rca, le Congo et la République démocratique du Congo ont fait le déplacement car, comme l’explique Simplice Maïde Baby, "cette rencontre représente une bonne coopération puisqu’elle nous permet de valoriser notre culture".