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Idéologie : La négritude ne résout pas tout

Idéologie : La négritude ne résout pas tout


La négritude, ça porte une date. Il suffit de se rappeler la date pour voir combien ce mouvement était justifié.


C’est tellement vrai que ceux qui, à l’heure actuelle, se font les dents sur la négritude et pourfendent la négritude, en réalité sont bel et bien nés de la négritude. Seulement, il est un fait évident : la négritude a comporté des dangers, cela a tendu à devenir une école, cela a tendu à devenir une église, cela a tendu à devenir une théorie, une idéologie. Je suis pour la négritude du point de vue littéraire et comme éthique personnelle, mais je suis contre une idéologie fondée sur la négritude. Je ne crois pas du tout que la négritude résolve tout. je suis d’accord sur ce point de vue là avec ceux qui critiquent la négritude, sur certains usages qui ont pu être faits de la négritude : quand une théorie, disons littéraire, se met au service d’une politique, je crois qu’elle devient infiniment contestable. Par conséquent dans ce domaine-là, je suis extrêmement discret. D’abord parce qu’en littérature je ne crois pas beaucoup à la valeur des théories. Mais je reste attaché à une certaine négritude… mais qui est extrêmement simple, à un credo vraiment minimum qui consiste à dire tout simplement que je suis Nègre et que je le sais, je suis Nègre et je me sens solidaire de tous les autres Nègres, je suis Nègre et je considère que je relève d’une tradition et que je dois me donner pour mission de faire fructifier un héritage. Ah, si la négritude c’est ça, alors oui, je suis de la négritude.

Mais si la négritude consiste à vaticiner, eh bien, non, parce que je crois effectivement qu’il y a la lutte des classes, par exemple, qu’il y a d’autres éléments, qu’il y a des éléments philosophiques, etc. qui doivent nous déterminer. Je refuse absolument une espèce de pan-négrisme idyllique à force de confusionnisme : je frémis, moi, de penser que je pourrais être confondu au nom de la négritude… je ne veux pas du tout que la négritude devienne un immense agrégat où Dieu seul reconnaîtra les siens, je refuse moi, de me considérer, au nom de la négritude, le frère de Monsieur François Duvalier, pour ne citer que les morts, et d’autres sinistres personnages qui me font dresser les cheveux sur la tête ! Même au nom de la négritude, je considère que nous n’avons rien à faire ensemble.

Par conséquent la négritude je ne la rejette pas, mais je la regarde avec un œil extrêmement critique. Et dans critique, il y a bien ce que je veux dire, à savoir lucidité et discernement. Et ne pas tout confondre. En plus, ma conception de la négritude n’est pas biologique, elle est culturelle et historique. Je crois qu’il y a toujours un certain danger à fonder quelque chose sur le sang que l’on porte. Je crois que c’est mauvais de considérer le sang noir comme un absolu et de considérer toute l’histoire comme le développement à travers le temps d’une substance noire qui existerait préalablement à l’histoire. Parce que si on fait ça, même pour les meilleures raisons du monde, on tombe dans un gobinisme renversé. Et ça, ça me paraît grave. Philosophiquement ça me paraît insoutenable.
Source: Aimé Césaire, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, 1973

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La négritude, ça porte une date. Il suffit de se rappeler la date pour voir combien ce mouvement était justifié.


C’est tellement vrai que ceux qui, à l’heure actuelle, se font les dents sur la négritude et pourfendent la négritude, en réalité sont bel et bien nés de la négritude. Seulement, il est un fait évident : la négritude a comporté des dangers, cela a tendu à devenir une école, cela a tendu à devenir une église, cela a tendu à devenir une théorie, une idéologie. Je suis pour la négritude du point de vue littéraire et comme éthique personnelle, mais je suis contre une idéologie fondée sur la négritude. Je ne crois pas du tout que la négritude résolve tout. je suis d’accord sur ce point de vue là avec ceux qui critiquent la négritude, sur certains usages qui ont pu être faits de la négritude : quand une théorie, disons littéraire, se met au service d’une politique, je crois qu’elle devient infiniment contestable. Par conséquent dans ce domaine-là, je suis extrêmement discret. D’abord parce qu’en littérature je ne crois pas beaucoup à la valeur des théories. Mais je reste attaché à une certaine négritude… mais qui est extrêmement simple, à un credo vraiment minimum qui consiste à dire tout simplement que je suis Nègre et que je le sais, je suis Nègre et je me sens solidaire de tous les autres Nègres, je suis Nègre et je considère que je relève d’une tradition et que je dois me donner pour mission de faire fructifier un héritage. Ah, si la négritude c’est ça, alors oui, je suis de la négritude.

Mais si la négritude consiste à vaticiner, eh bien, non, parce que je crois effectivement qu’il y a la lutte des classes, par exemple, qu’il y a d’autres éléments, qu’il y a des éléments philosophiques, etc. qui doivent nous déterminer. Je refuse absolument une espèce de pan-négrisme idyllique à force de confusionnisme : je frémis, moi, de penser que je pourrais être confondu au nom de la négritude… je ne veux pas du tout que la négritude devienne un immense agrégat où Dieu seul reconnaîtra les siens, je refuse moi, de me considérer, au nom de la négritude, le frère de Monsieur François Duvalier, pour ne citer que les morts, et d’autres sinistres personnages qui me font dresser les cheveux sur la tête ! Même au nom de la négritude, je considère que nous n’avons rien à faire ensemble.

Par conséquent la négritude je ne la rejette pas, mais je la regarde avec un œil extrêmement critique. Et dans critique, il y a bien ce que je veux dire, à savoir lucidité et discernement. Et ne pas tout confondre. En plus, ma conception de la négritude n’est pas biologique, elle est culturelle et historique. Je crois qu’il y a toujours un certain danger à fonder quelque chose sur le sang que l’on porte. Je crois que c’est mauvais de considérer le sang noir comme un absolu et de considérer toute l’histoire comme le développement à travers le temps d’une substance noire qui existerait préalablement à l’histoire. Parce que si on fait ça, même pour les meilleures raisons du monde, on tombe dans un gobinisme renversé. Et ça, ça me paraît grave. Philosophiquement ça me paraît insoutenable.
Source: Aimé Césaire, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, 1973

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La négritude, ça porte une date. Il suffit de se rappeler la date pour voir combien ce mouvement était justifié.


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Mais si la négritude consiste à vaticiner, eh bien, non, parce que je crois effectivement qu’il y a la lutte des classes, par exemple, qu’il y a d’autres éléments, qu’il y a des éléments philosophiques, etc. qui doivent nous déterminer. Je refuse absolument une espèce de pan-négrisme idyllique à force de confusionnisme : je frémis, moi, de penser que je pourrais être confondu au nom de la négritude… je ne veux pas du tout que la négritude devienne un immense agrégat où Dieu seul reconnaîtra les siens, je refuse moi, de me considérer, au nom de la négritude, le frère de Monsieur François Duvalier, pour ne citer que les morts, et d’autres sinistres personnages qui me font dresser les cheveux sur la tête ! Même au nom de la négritude, je considère que nous n’avons rien à faire ensemble.

Par conséquent la négritude je ne la rejette pas, mais je la regarde avec un œil extrêmement critique. Et dans critique, il y a bien ce que je veux dire, à savoir lucidité et discernement. Et ne pas tout confondre. En plus, ma conception de la négritude n’est pas biologique, elle est culturelle et historique. Je crois qu’il y a toujours un certain danger à fonder quelque chose sur le sang que l’on porte. Je crois que c’est mauvais de considérer le sang noir comme un absolu et de considérer toute l’histoire comme le développement à travers le temps d’une substance noire qui existerait préalablement à l’histoire. Parce que si on fait ça, même pour les meilleures raisons du monde, on tombe dans un gobinisme renversé. Et ça, ça me paraît grave. Philosophiquement ça me paraît insoutenable.
Source: Aimé Césaire, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, 1973

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La négritude, ça porte une date. Il suffit de se rappeler la date pour voir combien ce mouvement était justifié.


C’est tellement vrai que ceux qui, à l’heure actuelle, se font les dents sur la négritude et pourfendent la négritude, en réalité sont bel et bien nés de la négritude. Seulement, il est un fait évident : la négritude a comporté des dangers, cela a tendu à devenir une école, cela a tendu à devenir une église, cela a tendu à devenir une théorie, une idéologie. Je suis pour la négritude du point de vue littéraire et comme éthique personnelle, mais je suis contre une idéologie fondée sur la négritude. Je ne crois pas du tout que la négritude résolve tout. je suis d’accord sur ce point de vue là avec ceux qui critiquent la négritude, sur certains usages qui ont pu être faits de la négritude : quand une théorie, disons littéraire, se met au service d’une politique, je crois qu’elle devient infiniment contestable. Par conséquent dans ce domaine-là, je suis extrêmement discret. D’abord parce qu’en littérature je ne crois pas beaucoup à la valeur des théories. Mais je reste attaché à une certaine négritude… mais qui est extrêmement simple, à un credo vraiment minimum qui consiste à dire tout simplement que je suis Nègre et que je le sais, je suis Nègre et je me sens solidaire de tous les autres Nègres, je suis Nègre et je considère que je relève d’une tradition et que je dois me donner pour mission de faire fructifier un héritage. Ah, si la négritude c’est ça, alors oui, je suis de la négritude.

Mais si la négritude consiste à vaticiner, eh bien, non, parce que je crois effectivement qu’il y a la lutte des classes, par exemple, qu’il y a d’autres éléments, qu’il y a des éléments philosophiques, etc. qui doivent nous déterminer. Je refuse absolument une espèce de pan-négrisme idyllique à force de confusionnisme : je frémis, moi, de penser que je pourrais être confondu au nom de la négritude… je ne veux pas du tout que la négritude devienne un immense agrégat où Dieu seul reconnaîtra les siens, je refuse moi, de me considérer, au nom de la négritude, le frère de Monsieur François Duvalier, pour ne citer que les morts, et d’autres sinistres personnages qui me font dresser les cheveux sur la tête ! Même au nom de la négritude, je considère que nous n’avons rien à faire ensemble.

Par conséquent la négritude je ne la rejette pas, mais je la regarde avec un œil extrêmement critique. Et dans critique, il y a bien ce que je veux dire, à savoir lucidité et discernement. Et ne pas tout confondre. En plus, ma conception de la négritude n’est pas biologique, elle est culturelle et historique. Je crois qu’il y a toujours un certain danger à fonder quelque chose sur le sang que l’on porte. Je crois que c’est mauvais de considérer le sang noir comme un absolu et de considérer toute l’histoire comme le développement à travers le temps d’une substance noire qui existerait préalablement à l’histoire. Parce que si on fait ça, même pour les meilleures raisons du monde, on tombe dans un gobinisme renversé. Et ça, ça me paraît grave. Philosophiquement ça me paraît insoutenable.
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Confirmation attendue pour les Lions

Toujours en lice pour la qualification, le Cameroun veut confirmer son regain de forme.
Simon Pierre ETOUNDI –

Camerounais et Soudanais se retrouvent cette fin d’ après midi à Tamale, ville du Nord du Ghana pour leur ultime match du premier tour dans le groupe C. Pour les deux équipes, l’enjeu du match n’est pas le même. Les Lions Indomptables ont absolument besoin d’une victoire pour être certains de se qualifier pour les quarts de finale. A contrario, pour le Soudan, le match au Cameroun est un baroud d’honneur. Il est question pour les Crocodiles du Nil qui ont perdu tout espoir de qualification, de sauver l’honneur, à la limite de marquer enfin un but dans cette CAN. En effet, lors de leurs deux premières sorties, les Soudanais ont été battus sur le score de trois buts à zéro aussi bien par l’Egypte que par la Zambie.

Pour autant, les Soudanais ne seront pas un adversaire à négliger. Le Cameroun qui s’est bien ressaisi samedi dernier de sa déroute face à l’Egypte, doit se montrer très vigilant. Visiblement, dans le camp camerounais c’est bien le cas, si l’on en juge les propos du sélectionneur national Otto Pfister qui a expliqué lundi matin lors d’une conférence de presse que le Soudan mérite le plus grand respect. Par ailleurs, le technicien allemand ne doute pas de son équipe et affiche une grande confiance en ses joueurs. Lundi soir lors de leur ultime séance d’entraînements à Kumasi, avant de quitter Tamale, mardi matin, les joueurs camerounais paraissaient très concentrés sur leur sujet. De bon augure pour ce soir.

L’équipe camerounaise pourrait une fois de plus changer de configuration. Même s’il affirme le contraire, Otto Pfister ne semble pas encore avoir trouvé son onze de base. Et il n’est pas exclu que Jean II Makoun retrouve une place de titulaire en lieu et place de Modeste Mbami au milieu du terrain. Des points d’interrogation demeurent également sur la position que va occuper Geremi Njitap dans le dispositif camerounais. Arrière droit ou milieu de terrain, le joueur de Newcastle est balloté au gré des circonstances des matches. Alexandre Song Billong qui devrait être une fois de plus titularisé pourrait également être repositionné en défense centrale. En effet, le rendement très mitigé de la charnière centrale camerounaise pourrait couter sa place à Stéphane Bikey. Enfin en attaque, le duo Job- Eto’o devrait être reconduit. Mais une chose est sûre, Otto Pfister n’a pas encore trouvé le système de jeu qu’il voudrait voir le Cameroun appliquer, ni les hommes chargés de le mettre en place.

Ce soir, les Lions Indomptables joueront face à un adversaire soudanais qui n’a rien à perdre et qui sera difficile à manœuvrer. Par le passé, les confrontations entre les deux équipes ont toujours été très serrées. Les Soudanais sont ainsi indirectement responsables de la non qualification du Cameroun pour le Mondial 2006. En effet, le match nul (1-1) concédé au Soudan par les Lions Indomptables les a grandement handicapés dans leur duel à distance face à la Côte d’Ivoire lors des éliminatoires du Mondial allemand. Chat échaudé craint l’eau… Les Camerounais tiennent donc les Soudanais à l’œil. Verdict sous les coups de 20 heures ce soir.

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