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Sortir Lemandé de l’oubli

Canton Lemandé

Les élites veulent mettre un terme à 50 années de marginalisation. Elles se sont retrouvées à Bokito le 19 avril pour lancer en synergie des projets de développement.

Les enjeux du rendez-vous de Bokito
« Une seule main ne peut attacher un paquet. Etre minoritaire n’est pas un handicap. Nous devons nous mobiliser pour défendre notre identité. Le délabrement très avancé des écoles existantes et le manque criard des centres de santé opérationnels dans le canton Lemandé, méritent une grande réflexion ». Ces propos prononcés d’entrée de jeu par Emmanuel Bobongo, élite du canton Lemandé, ont rythmé de bout en bout les assises de Bokito. Les forces vives et le député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono, se sont penchés sur les misères d’un canton en « agonie ». « Le canton Lemandé compte parmi les cinq de l’arrondissement de Bokito. Mais depuis plusieurs décennies, il n’est jamais rentré parmi les préoccupations de l’arrondissement. C’est la toute première fois qu’un élu du peuple convie les élites de ce canton à une rencontre. L’initiative va nous permettre de rattraper le retard que le canton a connu. Nous allons soumettre au député un certain nombre de projets pour réalisation. Nous saluons l’initiative de la député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono qui a bien voulu inscrire notre canton parmi ses priorités » explique Me Mballa Manassé, avocat au barreau camerounais et président du Comité de développement du Canton Lemandé (Codel).
« C’est dans les petites choses qu’on reconnaît les grands chemins. Après le débat sur notre passé peu reluisant, le challenge actuel consiste à jeter les bases du développement » affirme Simon Gnekotch. Le Canton Lemandé compte sept villages : Tchekos, Ossimb I et II, Tobagne, Bougnoungoulouk, Omeng et Nyanbaye. Les doléances sont très nombreuses et se déclinent en des problèmes d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’électrification, de santé et d’éducation. Il y a une absence révoltante d’écoles et de centres de santé. « Sur ce plan, c’est vraiment le tout dernier canton dans l’arrondissement de Bokito» se plaint Me Mballa Manacé. La rencontre de Bokito s’est achevée sur l’élaboration des stratégies de mobilisation, de désenclavement, de développement et de positionnement des Lemandé. Outre la redynamisation des chefferies traditionnelles et des activités du Codel, la priorité sera accordée aux problèmes : d’éducation, de santé et d’électrification rurale et ceux d’adduction d’eau. « S’ils trouvent des solutions pour les sept villages, ce serait une avancée énorme pour le développement du canton » conclut-on.
Le curieux observateur qui débarque pour la 1ère fois dans le Mbam et Inoubou, est renseigné sur deux grandes ethnies : les Bafias et les Yambassa. Mais pourtant, dans ce département où tout le monde s’appelle « Région », plusieurs petites ethnies « minoritaires » souffrent de l’enclavement et du sous développement. Les « Yambetta », les « Banen », les « Lemandé » en sont quelques illustrations. Dans l’arrondissement de Bokito (dont le siège des institutions est situé sur le territoire Lemandé), il y a deux entités linguistiques pour cinq cantons. Quatre sont peuplés par les «Yambassa » (l’ethnie majoritaire). Regroupés dans un seul canton, les quinze mille (15 000) âmes que constituent les Lemandé parlent une même langue et occupent 950 km2 sur les 1600 km2 de l’arrondissement de Bokito.

Colère et misères des Lemandé
L’histoire remonte au mois de juillet 2007. La commission provinciale de campagne du Rdpc, sillonne les villages du canton Lemandé, à la conquête du « vote paysan ». Ce qui tient lieu de piste carrossable, se transforme en un immense bourbier. Sur les visages, se lit un sentiment de désenchantement et de découragement. Le parti au pouvoir découvre sur le tard, dans quel état d’enclavement, il a laissé le Cameroun depuis 50 ans. La bataille pour sortir de l’enlisement, se déroule aux prix de tous les risques et pannes. Au fur et en mesure que les chauffeurs enclenchent les réducteurs de véhicules, les vrombissements s’accentuent. De part et d’autre de la forêt, les rares paysans accourent voir le « spectacle gratuit ». Entre rires et piailleries, dans un humour cynique et villageois, ils se moquent des occupants. « Man no run » ; les entend-t-on crier en Pidgin. Une façon de dire en langage conventionnel, que ceux qui, par un plongeon dans l’arrière pays, découvrent les affres de l’enfer routier, au détour d’une campagne électorale, ne doivent pas se dérober.
Mamelle nourricière de Bokito, le canton Lemandé est sans nul doute, le premier producteur des cultures de rente et des produits vivriers de tout l’arrondissement, voire de tout le département du Mbam et Inoubou. A cela s’ajoutent : les trésors de ses carrières et la richesse de ses forêts aux essences rares. Depuis l’indépendance, l’exploitation de ces ressources naturelles ne bénéficie pas aux Lemandé. La répartition inéquitable voire frustratoire des sièges dans le conseil municipal de l’arrondissement de Bokito est révoltante. Le canton Lemandé reste le seul enclavé de l’arrondissement de Bokito à n’avoir ni adduction d’eau, ni électricité. Sur le plan des infrastructures sociales, les routes sont inexistantes. L’impact de l’enclavement s’observe sur l’écoulement des productions paysannes.
Les doléances des Lemandé portent sur : la création des points d’eau potable ; la création d’un district de santé ; la création d’un lycée bilingue ; la restauration de l’alternance ethnique au niveau de la mairie…, l’équité dans le recrutement des agents communaux à la Commune rurale de Bokito ; la création d’un pont sur la rivière « Okole », reliant les villages Tsekos/Myambaye et Omeng…  

Par Souley ONOHIOLO à Bokito

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Les élites veulent mettre un terme à 50 années de marginalisation. Elles se sont retrouvées à Bokito le 19 avril pour lancer en synergie des projets de développement.

Les enjeux du rendez-vous de Bokito
« Une seule main ne peut attacher un paquet. Etre minoritaire n’est pas un handicap. Nous devons nous mobiliser pour défendre notre identité. Le délabrement très avancé des écoles existantes et le manque criard des centres de santé opérationnels dans le canton Lemandé, méritent une grande réflexion ». Ces propos prononcés d’entrée de jeu par Emmanuel Bobongo, élite du canton Lemandé, ont rythmé de bout en bout les assises de Bokito. Les forces vives et le député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono, se sont penchés sur les misères d’un canton en « agonie ». « Le canton Lemandé compte parmi les cinq de l’arrondissement de Bokito. Mais depuis plusieurs décennies, il n’est jamais rentré parmi les préoccupations de l’arrondissement. C’est la toute première fois qu’un élu du peuple convie les élites de ce canton à une rencontre. L’initiative va nous permettre de rattraper le retard que le canton a connu. Nous allons soumettre au député un certain nombre de projets pour réalisation. Nous saluons l’initiative de la député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono qui a bien voulu inscrire notre canton parmi ses priorités » explique Me Mballa Manassé, avocat au barreau camerounais et président du Comité de développement du Canton Lemandé (Codel).
« C’est dans les petites choses qu’on reconnaît les grands chemins. Après le débat sur notre passé peu reluisant, le challenge actuel consiste à jeter les bases du développement » affirme Simon Gnekotch. Le Canton Lemandé compte sept villages : Tchekos, Ossimb I et II, Tobagne, Bougnoungoulouk, Omeng et Nyanbaye. Les doléances sont très nombreuses et se déclinent en des problèmes d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’électrification, de santé et d’éducation. Il y a une absence révoltante d’écoles et de centres de santé. « Sur ce plan, c’est vraiment le tout dernier canton dans l’arrondissement de Bokito» se plaint Me Mballa Manacé. La rencontre de Bokito s’est achevée sur l’élaboration des stratégies de mobilisation, de désenclavement, de développement et de positionnement des Lemandé. Outre la redynamisation des chefferies traditionnelles et des activités du Codel, la priorité sera accordée aux problèmes : d’éducation, de santé et d’électrification rurale et ceux d’adduction d’eau. « S’ils trouvent des solutions pour les sept villages, ce serait une avancée énorme pour le développement du canton » conclut-on.
Le curieux observateur qui débarque pour la 1ère fois dans le Mbam et Inoubou, est renseigné sur deux grandes ethnies : les Bafias et les Yambassa. Mais pourtant, dans ce département où tout le monde s’appelle « Région », plusieurs petites ethnies « minoritaires » souffrent de l’enclavement et du sous développement. Les « Yambetta », les « Banen », les « Lemandé » en sont quelques illustrations. Dans l’arrondissement de Bokito (dont le siège des institutions est situé sur le territoire Lemandé), il y a deux entités linguistiques pour cinq cantons. Quatre sont peuplés par les «Yambassa » (l’ethnie majoritaire). Regroupés dans un seul canton, les quinze mille (15 000) âmes que constituent les Lemandé parlent une même langue et occupent 950 km2 sur les 1600 km2 de l’arrondissement de Bokito.

Colère et misères des Lemandé
L’histoire remonte au mois de juillet 2007. La commission provinciale de campagne du Rdpc, sillonne les villages du canton Lemandé, à la conquête du « vote paysan ». Ce qui tient lieu de piste carrossable, se transforme en un immense bourbier. Sur les visages, se lit un sentiment de désenchantement et de découragement. Le parti au pouvoir découvre sur le tard, dans quel état d’enclavement, il a laissé le Cameroun depuis 50 ans. La bataille pour sortir de l’enlisement, se déroule aux prix de tous les risques et pannes. Au fur et en mesure que les chauffeurs enclenchent les réducteurs de véhicules, les vrombissements s’accentuent. De part et d’autre de la forêt, les rares paysans accourent voir le « spectacle gratuit ». Entre rires et piailleries, dans un humour cynique et villageois, ils se moquent des occupants. « Man no run » ; les entend-t-on crier en Pidgin. Une façon de dire en langage conventionnel, que ceux qui, par un plongeon dans l’arrière pays, découvrent les affres de l’enfer routier, au détour d’une campagne électorale, ne doivent pas se dérober.
Mamelle nourricière de Bokito, le canton Lemandé est sans nul doute, le premier producteur des cultures de rente et des produits vivriers de tout l’arrondissement, voire de tout le département du Mbam et Inoubou. A cela s’ajoutent : les trésors de ses carrières et la richesse de ses forêts aux essences rares. Depuis l’indépendance, l’exploitation de ces ressources naturelles ne bénéficie pas aux Lemandé. La répartition inéquitable voire frustratoire des sièges dans le conseil municipal de l’arrondissement de Bokito est révoltante. Le canton Lemandé reste le seul enclavé de l’arrondissement de Bokito à n’avoir ni adduction d’eau, ni électricité. Sur le plan des infrastructures sociales, les routes sont inexistantes. L’impact de l’enclavement s’observe sur l’écoulement des productions paysannes.
Les doléances des Lemandé portent sur : la création des points d’eau potable ; la création d’un district de santé ; la création d’un lycée bilingue ; la restauration de l’alternance ethnique au niveau de la mairie…, l’équité dans le recrutement des agents communaux à la Commune rurale de Bokito ; la création d’un pont sur la rivière « Okole », reliant les villages Tsekos/Myambaye et Omeng…  

Par Souley ONOHIOLO à Bokito

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Les élites veulent mettre un terme à 50 années de marginalisation. Elles se sont retrouvées à Bokito le 19 avril pour lancer en synergie des projets de développement.

Les enjeux du rendez-vous de Bokito
« Une seule main ne peut attacher un paquet. Etre minoritaire n’est pas un handicap. Nous devons nous mobiliser pour défendre notre identité. Le délabrement très avancé des écoles existantes et le manque criard des centres de santé opérationnels dans le canton Lemandé, méritent une grande réflexion ». Ces propos prononcés d’entrée de jeu par Emmanuel Bobongo, élite du canton Lemandé, ont rythmé de bout en bout les assises de Bokito. Les forces vives et le député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono, se sont penchés sur les misères d’un canton en « agonie ». « Le canton Lemandé compte parmi les cinq de l’arrondissement de Bokito. Mais depuis plusieurs décennies, il n’est jamais rentré parmi les préoccupations de l’arrondissement. C’est la toute première fois qu’un élu du peuple convie les élites de ce canton à une rencontre. L’initiative va nous permettre de rattraper le retard que le canton a connu. Nous allons soumettre au député un certain nombre de projets pour réalisation. Nous saluons l’initiative de la député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono qui a bien voulu inscrire notre canton parmi ses priorités » explique Me Mballa Manassé, avocat au barreau camerounais et président du Comité de développement du Canton Lemandé (Codel).
« C’est dans les petites choses qu’on reconnaît les grands chemins. Après le débat sur notre passé peu reluisant, le challenge actuel consiste à jeter les bases du développement » affirme Simon Gnekotch. Le Canton Lemandé compte sept villages : Tchekos, Ossimb I et II, Tobagne, Bougnoungoulouk, Omeng et Nyanbaye. Les doléances sont très nombreuses et se déclinent en des problèmes d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’électrification, de santé et d’éducation. Il y a une absence révoltante d’écoles et de centres de santé. « Sur ce plan, c’est vraiment le tout dernier canton dans l’arrondissement de Bokito» se plaint Me Mballa Manacé. La rencontre de Bokito s’est achevée sur l’élaboration des stratégies de mobilisation, de désenclavement, de développement et de positionnement des Lemandé. Outre la redynamisation des chefferies traditionnelles et des activités du Codel, la priorité sera accordée aux problèmes : d’éducation, de santé et d’électrification rurale et ceux d’adduction d’eau. « S’ils trouvent des solutions pour les sept villages, ce serait une avancée énorme pour le développement du canton » conclut-on.
Le curieux observateur qui débarque pour la 1ère fois dans le Mbam et Inoubou, est renseigné sur deux grandes ethnies : les Bafias et les Yambassa. Mais pourtant, dans ce département où tout le monde s’appelle « Région », plusieurs petites ethnies « minoritaires » souffrent de l’enclavement et du sous développement. Les « Yambetta », les « Banen », les « Lemandé » en sont quelques illustrations. Dans l’arrondissement de Bokito (dont le siège des institutions est situé sur le territoire Lemandé), il y a deux entités linguistiques pour cinq cantons. Quatre sont peuplés par les «Yambassa » (l’ethnie majoritaire). Regroupés dans un seul canton, les quinze mille (15 000) âmes que constituent les Lemandé parlent une même langue et occupent 950 km2 sur les 1600 km2 de l’arrondissement de Bokito.

Colère et misères des Lemandé
L’histoire remonte au mois de juillet 2007. La commission provinciale de campagne du Rdpc, sillonne les villages du canton Lemandé, à la conquête du « vote paysan ». Ce qui tient lieu de piste carrossable, se transforme en un immense bourbier. Sur les visages, se lit un sentiment de désenchantement et de découragement. Le parti au pouvoir découvre sur le tard, dans quel état d’enclavement, il a laissé le Cameroun depuis 50 ans. La bataille pour sortir de l’enlisement, se déroule aux prix de tous les risques et pannes. Au fur et en mesure que les chauffeurs enclenchent les réducteurs de véhicules, les vrombissements s’accentuent. De part et d’autre de la forêt, les rares paysans accourent voir le « spectacle gratuit ». Entre rires et piailleries, dans un humour cynique et villageois, ils se moquent des occupants. « Man no run » ; les entend-t-on crier en Pidgin. Une façon de dire en langage conventionnel, que ceux qui, par un plongeon dans l’arrière pays, découvrent les affres de l’enfer routier, au détour d’une campagne électorale, ne doivent pas se dérober.
Mamelle nourricière de Bokito, le canton Lemandé est sans nul doute, le premier producteur des cultures de rente et des produits vivriers de tout l’arrondissement, voire de tout le département du Mbam et Inoubou. A cela s’ajoutent : les trésors de ses carrières et la richesse de ses forêts aux essences rares. Depuis l’indépendance, l’exploitation de ces ressources naturelles ne bénéficie pas aux Lemandé. La répartition inéquitable voire frustratoire des sièges dans le conseil municipal de l’arrondissement de Bokito est révoltante. Le canton Lemandé reste le seul enclavé de l’arrondissement de Bokito à n’avoir ni adduction d’eau, ni électricité. Sur le plan des infrastructures sociales, les routes sont inexistantes. L’impact de l’enclavement s’observe sur l’écoulement des productions paysannes.
Les doléances des Lemandé portent sur : la création des points d’eau potable ; la création d’un district de santé ; la création d’un lycée bilingue ; la restauration de l’alternance ethnique au niveau de la mairie…, l’équité dans le recrutement des agents communaux à la Commune rurale de Bokito ; la création d’un pont sur la rivière « Okole », reliant les villages Tsekos/Myambaye et Omeng…  

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Les élites veulent mettre un terme à 50 années de marginalisation. Elles se sont retrouvées à Bokito le 19 avril pour lancer en synergie des projets de développement.

Les enjeux du rendez-vous de Bokito
« Une seule main ne peut attacher un paquet. Etre minoritaire n’est pas un handicap. Nous devons nous mobiliser pour défendre notre identité. Le délabrement très avancé des écoles existantes et le manque criard des centres de santé opérationnels dans le canton Lemandé, méritent une grande réflexion ». Ces propos prononcés d’entrée de jeu par Emmanuel Bobongo, élite du canton Lemandé, ont rythmé de bout en bout les assises de Bokito. Les forces vives et le député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono, se sont penchés sur les misères d’un canton en « agonie ». « Le canton Lemandé compte parmi les cinq de l’arrondissement de Bokito. Mais depuis plusieurs décennies, il n’est jamais rentré parmi les préoccupations de l’arrondissement. C’est la toute première fois qu’un élu du peuple convie les élites de ce canton à une rencontre. L’initiative va nous permettre de rattraper le retard que le canton a connu. Nous allons soumettre au député un certain nombre de projets pour réalisation. Nous saluons l’initiative de la député N’nolo Marie Suzanne, épouse Onobiono qui a bien voulu inscrire notre canton parmi ses priorités » explique Me Mballa Manassé, avocat au barreau camerounais et président du Comité de développement du Canton Lemandé (Codel).
« C’est dans les petites choses qu’on reconnaît les grands chemins. Après le débat sur notre passé peu reluisant, le challenge actuel consiste à jeter les bases du développement » affirme Simon Gnekotch. Le Canton Lemandé compte sept villages : Tchekos, Ossimb I et II, Tobagne, Bougnoungoulouk, Omeng et Nyanbaye. Les doléances sont très nombreuses et se déclinent en des problèmes d’infrastructures routières, d’adduction d’eau, d’électrification, de santé et d’éducation. Il y a une absence révoltante d’écoles et de centres de santé. « Sur ce plan, c’est vraiment le tout dernier canton dans l’arrondissement de Bokito» se plaint Me Mballa Manacé. La rencontre de Bokito s’est achevée sur l’élaboration des stratégies de mobilisation, de désenclavement, de développement et de positionnement des Lemandé. Outre la redynamisation des chefferies traditionnelles et des activités du Codel, la priorité sera accordée aux problèmes : d’éducation, de santé et d’électrification rurale et ceux d’adduction d’eau. « S’ils trouvent des solutions pour les sept villages, ce serait une avancée énorme pour le développement du canton » conclut-on.
Le curieux observateur qui débarque pour la 1ère fois dans le Mbam et Inoubou, est renseigné sur deux grandes ethnies : les Bafias et les Yambassa. Mais pourtant, dans ce département où tout le monde s’appelle « Région », plusieurs petites ethnies « minoritaires » souffrent de l’enclavement et du sous développement. Les « Yambetta », les « Banen », les « Lemandé » en sont quelques illustrations. Dans l’arrondissement de Bokito (dont le siège des institutions est situé sur le territoire Lemandé), il y a deux entités linguistiques pour cinq cantons. Quatre sont peuplés par les «Yambassa » (l’ethnie majoritaire). Regroupés dans un seul canton, les quinze mille (15 000) âmes que constituent les Lemandé parlent une même langue et occupent 950 km2 sur les 1600 km2 de l’arrondissement de Bokito.

Colère et misères des Lemandé
L’histoire remonte au mois de juillet 2007. La commission provinciale de campagne du Rdpc, sillonne les villages du canton Lemandé, à la conquête du « vote paysan ». Ce qui tient lieu de piste carrossable, se transforme en un immense bourbier. Sur les visages, se lit un sentiment de désenchantement et de découragement. Le parti au pouvoir découvre sur le tard, dans quel état d’enclavement, il a laissé le Cameroun depuis 50 ans. La bataille pour sortir de l’enlisement, se déroule aux prix de tous les risques et pannes. Au fur et en mesure que les chauffeurs enclenchent les réducteurs de véhicules, les vrombissements s’accentuent. De part et d’autre de la forêt, les rares paysans accourent voir le « spectacle gratuit ». Entre rires et piailleries, dans un humour cynique et villageois, ils se moquent des occupants. « Man no run » ; les entend-t-on crier en Pidgin. Une façon de dire en langage conventionnel, que ceux qui, par un plongeon dans l’arrière pays, découvrent les affres de l’enfer routier, au détour d’une campagne électorale, ne doivent pas se dérober.
Mamelle nourricière de Bokito, le canton Lemandé est sans nul doute, le premier producteur des cultures de rente et des produits vivriers de tout l’arrondissement, voire de tout le département du Mbam et Inoubou. A cela s’ajoutent : les trésors de ses carrières et la richesse de ses forêts aux essences rares. Depuis l’indépendance, l’exploitation de ces ressources naturelles ne bénéficie pas aux Lemandé. La répartition inéquitable voire frustratoire des sièges dans le conseil municipal de l’arrondissement de Bokito est révoltante. Le canton Lemandé reste le seul enclavé de l’arrondissement de Bokito à n’avoir ni adduction d’eau, ni électricité. Sur le plan des infrastructures sociales, les routes sont inexistantes. L’impact de l’enclavement s’observe sur l’écoulement des productions paysannes.
Les doléances des Lemandé portent sur : la création des points d’eau potable ; la création d’un district de santé ; la création d’un lycée bilingue ; la restauration de l’alternance ethnique au niveau de la mairie…, l’équité dans le recrutement des agents communaux à la Commune rurale de Bokito ; la création d’un pont sur la rivière « Okole », reliant les villages Tsekos/Myambaye et Omeng…  

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