Querelles de clocher
Quelle saison ! Il n’y a qu’à parcourir la presse de ces quatre dernières semaines pour se rendre compte de ce que le Cameroun traverse une saison agitée. Si le ministre de la Communication M. Jean Pierre Biyiti bi Essam considère tout cela comme des "cancans" de Yaoundé et Douala, il faut cependant souligner qu’à la lecture de tout ce qui s’écrit, à l’écoute de tout ce qui se dit dans les radios et télévisions, il se déroule, sous nos yeux, de féroces batailles de pouvoir. Quand il ne s’agit pas pour certains de conquérir l’estime du président de la République, il s’agit de détruire des adversaires réels ou supposés pour rétrécir les élus au repas du dernier soir.
Les affaires qui prospèrent, sous le couvert de la campagne anticorruption, laissent éclater une violence symbolique qui expose l’ensemble de l’appareil d’Etat à la banqueroute. La bataille des éléphants faisant parfois plus de victimes collatérales. Dans ce concert de meurtres organisés, on oublie l’essentiel, à savoir servir l’Etat pour se rendre utile à la population camerounaise.
L’autre jour, le 24 avril plus précisément, un conseil de cabinet a viré à une querelle de clocher autour de l’importante question de la relance de la production du riz.
Le ministre en charge de l’Administration territoriale M. Marafa Hamidou Yaya a saisi la balle au bond pour remettre dans l’agenda du gouvernement le dossier de la SAIB. Projet dans lequel il est actionnaire et qui vise la production du riz dans la vallée supérieure de la Bénoué sur les 3000 ha de terres occupées par des migrants originaires de l’Extrême-Nord. Réagissant aux inquiétudes de Marafa, M. Zacharie Perevet, se souvenant de son passage au ministère de l’Agriculture, a rappelé à M. Inoni que M. Marafa, alors secrétaire général de la présidence de la République, avait bloqué le projet des Egyptiens de s’installer sur ces terres, projet dans lequel il ne trouvait manifestement pas ses intérêts. "Il ment monsieur le Premier ministre", s’est empressé de corriger M. Marafa. "Je ne mens pas", a rétorqué M. Perevet … Face à cette querelle de clocher qui rend compte de l’environnement psychologique actuel de l’équipe gouvernementale, M. Inoni a instruit le ministre des Domaines M. Anong Adibimé de se rendre à Lagdo au plus tard le 20 mai pour lui proposer une solution à ce dossier dans lequel des milliards sont compromis depuis 7 années maintenant…
Par Richard Touna


