Le fils du général Bénaé interpellé
ABUS DE BIENS…
Un camion-citerne des forces armées a été saisi jeudi 15 mai 2008 à la sortie de la ville de Kribi. Il allait en direction de Limbé où la personne à qui il a été vendu réside.
Vendre un camion citerne de l’armée camerounaise est chose impossible pour le commun des mortels. C’est pourtant ce qui alimente les conversations ces derniers jours à Kribi. Jeudi 15 mai 2008, des gendarmes de la brigade routière de la ville ont interpellé le conducteur d’un camion remorquant un camion-citerne militaire. A bord, un militaire en uniforme. «Ce qui a suscité notre curiosité c’est qu’un engin civil ne remorque pas un engin militaire », affirme l’un des gendarmes. C’est finalement le militaire à bord qui dévoile le pot aux roses après son interpellation. Le propriétaire du camion immatriculé SW 4260 F qui servait de remorque a été convoqué. Mais c’est l’acheteur, de nationalité nigériane, qui a présenté le certificat de vente dudit camion-citerne. Sur ce document, on peut lire que le camion-citerne militaire a été cédé à l’acquéreur par Eliasso Bénaé, frère jumeau du maire de Kribi 1er et fils du regretté général Bénaé, agissant ici en qualité de directeur général de la société Etradi, un établissement de travaux publics.
La remorque et le camion-citerne ont été embarqués par les gendarmes pour être gardés cette nuit-là à la base navale de Kribi, avant d’être conduits le lendemain à la brigade routière. Les autorités militaires de Yaoundé auraient été immédiatement saisies, vu le « gabarit » du principal acteur. L’officier de police, Anatole Kouessa, qui a signé le certificat de vente, estime avoir été abusé par Eliasso Benae. «Il est venu pour faire signer et sur le certificat c’était marqué que c’est un camion-citerne tout simplement. Comme nous nous connaissons et que nous faisons confiance à la moralité de certaines personnes, j’ai légalisé le certificat sans hésiter », affirme-t-il.
Vente aux enchères
Cet engin viendrait du parc automobile de la famille Bénaé et serait là depuis des années au regard de l’état du véhicule qui présente des traces de rouille. Une source policière révèle que « si cette famille dispose encore des engins militaires, ce n’est pas de leur faute car après le décès du général, une commission venue de Yaoundé est passée recenser le matériel qui appartenait à l’armée. S’ils ont laissé d’autres engins militaires, cela veut dire que cela appartenait au général Bénaé. C’est courant dans l’armée que certains hauts gradés achètent aux enchères les véhicules de l’armée. Mais si rien ne prouve que ce camion-citerne appartenait au général, il y’a lieu de s’inquiéter sur la complaisance de cette commission descendue ici à Kribi et une enquête doit être ouverte pour déterminer les responsabilités ».
Le camion SW 4260 F a été libéré mercredi 21 mai par le commandant de la brigade routière après de nombreuses tractations avec le propriétaire. Ce dernier estime qu’il n’y est pour rien car son camion est venu faire une livraison à Kribi et, au retour, il lui a été proposé un marché qu’il n’a pas pu refuser vu l’importance du gain. Eliasso Bénaé, quant à lui, reste serein, même s’il a été entendu mercredi 21 mai par le commandant de la brigade routière de Kribi.
Par Sévère KAMEN


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