Yaoundé : Une chefferie traditionnelle détruite à Melen III
Un litige foncier à l’origine de la casse dénoncée par le propriétaire de la maison.
De la chefferie traditionnelle de troisième degré de Melen III à Yaoundé sise en face du Chu, il ne reste plus qu’un amas de gravats et de tôles froissées. La plaque d’identification et le panneau d’affichage ayant été pratiquement arrachés de terre. "Je n’étais pas présent au moment de la démolition ce matin [hier jeudi, Ndlr]. Ma femme m’a appelé au palais de justice où je me trouvais pour me dire qu’un huissier, accompagné des forces de l’ordre, est venu casser la chefferie", affirme le chef coutumier et propriétaire de la maison rasée, Jean Fouda Manga. C’est donc surpris que ce dernier est arrivé sur les lieux, pour constater que "la chefferie est à terre", après le passage de la pelle mécanique que d’aucuns ont vite fait de dire qu’elle serait la propriété de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy)
"C’est le 21 janvier que l’huissier est venu déposer la signification en nous donnant 24h. Or, il a antidaté le document qu’il a remis à ma femme en écrivant que le dépôt s’est fait le 20", s’insurge Jean Fouda Manga qui dit avoir entamé dès réception de la sommation, des démarches auprès du Tribunal de grande instance de Yaoundé Centre administratif pour surseoir à cette décision. Selon les explications de M. Fouda, le terrain sur lequel était bâtie sa chefferie était au centre d’un litige foncier vieux de plusieurs années. Du moins, une partie de ce terrain vendu par son feu père au sieur Jean Menyengue. "Des années après que mon père lui a vendu le terrain, il a assigné celui-ci en justice en disant qu’il a empiété sur son terrain en construisant le bâtiment qui abrite la chefferie", soutient M. Fouda.
Bien que le tribunal ait tranché à cette époque en faveur de M. Menyengue et jugé utile à M. Fouda de couper sa maison en deux afin de restituer le bout de terrain querellé, ce dernier estime que l’affaire avait été finalement mise en stand-by avant de connaître un nouveau développement en 2005 quand la dénommée Robertine Nguend achète le terrain du sieur Menyengue. Malgré l’appel de la décision de justice lui demandant de détruire une partie de sa maison, M. Fouda n’aura finalement pas gain de cause car selon lui "les juges d’appel ont maintenu la décision du tribunal", lâche-t-il. Sans se décourager. Car, M. Fouda reste fermement persuadé que son défunt père a légalement et "correctement" procédé au morcellement du terrain vendu à M. Menyengue.
Pour lui, il ne s’agit ni plus ni moins que "de manœuvres" visant à l’exproprier de ses terres. "Il y a le faux de tous les côtés", argue-t-il. Aussi, la démolition d’hier, alors qu’il dit détenir un certificat de pourvoi en annulation, s’est pratiquée d’après lui en toute illégalité surtout que "l’affaire est encore pendante au tribunal. Avant de casser, l’huissier aurait dû au moins nous présenter les procès verbaux de bornage. Ce qu’il n’a pas fait", fulmine-t-il. En attendant que la justice se prononce, "nous allons mobiliser les fonds pour reconstruire la chefferie. Et on va les assigner pour les destructions", martèle-t-il. Comme pour prouver sa détermination de garder l’intégralité de ses terres, de dernier a employé des maçons qui s’attelaient hier à monter la clôture.
Patricia Ngo Ngouem


Depuis sa disparition le 25 juillet 2005 à l’âge de 50 ans, l’humoriste Essindi Mindja est non seulement reconnu, mais abondamment cité parmi les grandes figures de l’art du rire que le Cameroun ait jamais connu ces vingt dernières années. Cette année encore, sa mort a été célébrée au cours d’une soirée spectacle organisée par sa veuve, Rosalie Essindi. " C’est une décision que nous avons prise en famille pour présenter au monde l’œuvre de Essindi Mindja. Elle est tellement riche que nous avons le devoir de la rendre visible ", a-t-elle expliqué.