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Gabon-Cameroun : Visite sur un air de renouveau

Le bref séjour du président élu gabonais, Ali Bongo Ondimba, marque la fin de la rivalité entre les deux pays.

La décontraction et même la bonne humeur du chef de l’Etat camerounais n’ont échappé à personne à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen vendredi dernier lors de l’accueil de son jeune homologue gabonais. Une réception qui apparaît comme un privilège que ne semble avoir eu ces derniers temps que le Pape Benoît XVI lors de sa dernière visite au Cameroun en mars dernier. On a ainsi vu un Paul Biya administrant une petite tape à Amadou Ali, le Vice Premier ministre en charge de la Justice, échanger de façon détendue avec Marafa Hamidou Yaya, le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), discuter longuement avec le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, celui des Enseignements secondaires Louis Bapès Bapès, le chargé de missions Victor Mengot Arrey Nkongho, ou encore la toute nouvelle ministre de l’Education de base Mme Youssouf Adoum Alim.

Un Paul Biya qui a tenu à aller accueillir lui-même à l’aéroport son hôte et raccompagner celui-ci au moment où il quittait le Cameroun, alors que le chef du Gouvernement Philémon Yang qui était déjà en route pour l’aéroport de Nsimalen, a été rappelé, d’après nos sources, pour raccompagner le président élu du Gabon, avant de se voir "décommander", obligé d’abandonner dans cet exercice de va-et-vient, le motard affecté à son escorte, qui a dû se démener comme "un beau diable" pour rattraper le cortège du Premier ministre avant le passage du chef de l’Etat.
On a vu un chef de l’Etat camerounais extrêmement décontracté au moment de l’échange de son hôte avec la presse camerounaise. "… Le président Paul Biya m’a toujours honoré, considéré comme son fils. Et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir des conseils et c’est ce que naturellement j’ai fait…"
Tout semblait dit dans cet extrait de déclaration du président élu du Gabon à Charles Ndongo de la Crtv, quelques minutes avant son départ de Yaoundé vendredi dernier aux termes de sa toute première sortie du Gabon depuis son élection à la tête de ce pays à l’issue de la présidentielle du 30 août dernier.

Doyen
Le président élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba ayant réservé la part belle de ses propos à ce lui qu’il a appelé "le frère de mon père". Finie donc la période des escarmouches feutrées entre le Cameroun et son voisin gabonais. Car au-delà de la présentation du bilan de la campagne électorale, puis du déroulement du scrutin du 30 août 2009 et le cycle de violences qui l’ont suivi, violences du reste en voie d’être maîtrisées par le pouvoir de Libreville, le nouvel élu du Gabon a clairement indiqué qu’il aura également été question pendant les 120 minutes d’échanges "de la construction africaine" et du "partenariat sous régional."
"La construction africaine" et le "partenariat sous régional", des aspects qui ont souvent été sources d’incompréhensions entre le Cameroun et le Gabon, du moins jusqu’à l’avènement du nouvel homme fort de Libreville.

Des incompréhensions qui, du temps de la présidence de Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d’Etat de par sa longévité au pouvoir, ont notamment plombé l’intégration sous régionale. L’Afrique Centrale étant à ce jour, la région qui connaît le plus de retard en la matière, quand au niveau de l’Afrique de l’Ouest par exemple, la question du passeport communautaire ou de la carte d’identité communautaire font désormais parties intégrantes du vécu quotidien des ressortissants de cette partie du continent. Des incompréhensions qui ont été la source de la création de deux bourses sous régionales, l’une, qui a l’appui des autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ayant son siège au Gabon, et la seconde, initiative du Cameroun, est basée à Douala.
Il est pourtant clair que l’on ne peut aboutir à la construction africaine si le partenariat sous régional marque le pas comme c’est malheureusement le cas pour ce qui est de l’Afrique centrale aujourd’hui. Une situation qui a toujours été imputée aux deux principaux pays de la sous région que sont le Gabon et le Cameroun.

Au-delà de l’adoubement qui a été celui de Ali Bongo Ondimba au cours de cette visite à Yaoundé, il faut relever que celle-ci aura également marqué la fin de la traditionnelle rivalité entre les deux pays et consacré le chef de l’Etat camerounais dans son nouveau rôle de patron de la sous région, même si face à des journalistes qui l’interrogeaient sur son nouveau rôle, lui-même affirmait au sortir de l’Elysée le 24 juillet dernier que "Le Cameroun est toujours disponible et disposé à coopérer avec tous les Etats africains et notamment les Etats d’Afrique centrale, sans chercher à jouer particulièrement un rôle…" Un rôle de leader de la sous région que semblent lui destiner même ses pairs chefs d’Etat, à l’instar du Tchadien Idriss Deby Itno, ou encore le Centrafricain François Bozizé. Reste maintenant pour le numéro un camerounais à arborer véritablement ses nouveaux habits, et à jouer à fond le rôle de rassembleur pour une Afrique Centrale qui doit pouvoir refaire son retard sur les autres ensembles sous régionaux.

Jean Francis Belibi

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Le bref séjour du président élu gabonais, Ali Bongo Ondimba, marque la fin de la rivalité entre les deux pays.

La décontraction et même la bonne humeur du chef de l’Etat camerounais n’ont échappé à personne à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen vendredi dernier lors de l’accueil de son jeune homologue gabonais. Une réception qui apparaît comme un privilège que ne semble avoir eu ces derniers temps que le Pape Benoît XVI lors de sa dernière visite au Cameroun en mars dernier. On a ainsi vu un Paul Biya administrant une petite tape à Amadou Ali, le Vice Premier ministre en charge de la Justice, échanger de façon détendue avec Marafa Hamidou Yaya, le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), discuter longuement avec le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, celui des Enseignements secondaires Louis Bapès Bapès, le chargé de missions Victor Mengot Arrey Nkongho, ou encore la toute nouvelle ministre de l’Education de base Mme Youssouf Adoum Alim.

Un Paul Biya qui a tenu à aller accueillir lui-même à l’aéroport son hôte et raccompagner celui-ci au moment où il quittait le Cameroun, alors que le chef du Gouvernement Philémon Yang qui était déjà en route pour l’aéroport de Nsimalen, a été rappelé, d’après nos sources, pour raccompagner le président élu du Gabon, avant de se voir "décommander", obligé d’abandonner dans cet exercice de va-et-vient, le motard affecté à son escorte, qui a dû se démener comme "un beau diable" pour rattraper le cortège du Premier ministre avant le passage du chef de l’Etat.
On a vu un chef de l’Etat camerounais extrêmement décontracté au moment de l’échange de son hôte avec la presse camerounaise. "… Le président Paul Biya m’a toujours honoré, considéré comme son fils. Et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir des conseils et c’est ce que naturellement j’ai fait…"
Tout semblait dit dans cet extrait de déclaration du président élu du Gabon à Charles Ndongo de la Crtv, quelques minutes avant son départ de Yaoundé vendredi dernier aux termes de sa toute première sortie du Gabon depuis son élection à la tête de ce pays à l’issue de la présidentielle du 30 août dernier.

Doyen
Le président élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba ayant réservé la part belle de ses propos à ce lui qu’il a appelé "le frère de mon père". Finie donc la période des escarmouches feutrées entre le Cameroun et son voisin gabonais. Car au-delà de la présentation du bilan de la campagne électorale, puis du déroulement du scrutin du 30 août 2009 et le cycle de violences qui l’ont suivi, violences du reste en voie d’être maîtrisées par le pouvoir de Libreville, le nouvel élu du Gabon a clairement indiqué qu’il aura également été question pendant les 120 minutes d’échanges "de la construction africaine" et du "partenariat sous régional."
"La construction africaine" et le "partenariat sous régional", des aspects qui ont souvent été sources d’incompréhensions entre le Cameroun et le Gabon, du moins jusqu’à l’avènement du nouvel homme fort de Libreville.

Des incompréhensions qui, du temps de la présidence de Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d’Etat de par sa longévité au pouvoir, ont notamment plombé l’intégration sous régionale. L’Afrique Centrale étant à ce jour, la région qui connaît le plus de retard en la matière, quand au niveau de l’Afrique de l’Ouest par exemple, la question du passeport communautaire ou de la carte d’identité communautaire font désormais parties intégrantes du vécu quotidien des ressortissants de cette partie du continent. Des incompréhensions qui ont été la source de la création de deux bourses sous régionales, l’une, qui a l’appui des autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ayant son siège au Gabon, et la seconde, initiative du Cameroun, est basée à Douala.
Il est pourtant clair que l’on ne peut aboutir à la construction africaine si le partenariat sous régional marque le pas comme c’est malheureusement le cas pour ce qui est de l’Afrique centrale aujourd’hui. Une situation qui a toujours été imputée aux deux principaux pays de la sous région que sont le Gabon et le Cameroun.

Au-delà de l’adoubement qui a été celui de Ali Bongo Ondimba au cours de cette visite à Yaoundé, il faut relever que celle-ci aura également marqué la fin de la traditionnelle rivalité entre les deux pays et consacré le chef de l’Etat camerounais dans son nouveau rôle de patron de la sous région, même si face à des journalistes qui l’interrogeaient sur son nouveau rôle, lui-même affirmait au sortir de l’Elysée le 24 juillet dernier que "Le Cameroun est toujours disponible et disposé à coopérer avec tous les Etats africains et notamment les Etats d’Afrique centrale, sans chercher à jouer particulièrement un rôle…" Un rôle de leader de la sous région que semblent lui destiner même ses pairs chefs d’Etat, à l’instar du Tchadien Idriss Deby Itno, ou encore le Centrafricain François Bozizé. Reste maintenant pour le numéro un camerounais à arborer véritablement ses nouveaux habits, et à jouer à fond le rôle de rassembleur pour une Afrique Centrale qui doit pouvoir refaire son retard sur les autres ensembles sous régionaux.

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Le bref séjour du président élu gabonais, Ali Bongo Ondimba, marque la fin de la rivalité entre les deux pays.

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Un Paul Biya qui a tenu à aller accueillir lui-même à l’aéroport son hôte et raccompagner celui-ci au moment où il quittait le Cameroun, alors que le chef du Gouvernement Philémon Yang qui était déjà en route pour l’aéroport de Nsimalen, a été rappelé, d’après nos sources, pour raccompagner le président élu du Gabon, avant de se voir "décommander", obligé d’abandonner dans cet exercice de va-et-vient, le motard affecté à son escorte, qui a dû se démener comme "un beau diable" pour rattraper le cortège du Premier ministre avant le passage du chef de l’Etat.
On a vu un chef de l’Etat camerounais extrêmement décontracté au moment de l’échange de son hôte avec la presse camerounaise. "… Le président Paul Biya m’a toujours honoré, considéré comme son fils. Et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir des conseils et c’est ce que naturellement j’ai fait…"
Tout semblait dit dans cet extrait de déclaration du président élu du Gabon à Charles Ndongo de la Crtv, quelques minutes avant son départ de Yaoundé vendredi dernier aux termes de sa toute première sortie du Gabon depuis son élection à la tête de ce pays à l’issue de la présidentielle du 30 août dernier.

Doyen
Le président élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba ayant réservé la part belle de ses propos à ce lui qu’il a appelé "le frère de mon père". Finie donc la période des escarmouches feutrées entre le Cameroun et son voisin gabonais. Car au-delà de la présentation du bilan de la campagne électorale, puis du déroulement du scrutin du 30 août 2009 et le cycle de violences qui l’ont suivi, violences du reste en voie d’être maîtrisées par le pouvoir de Libreville, le nouvel élu du Gabon a clairement indiqué qu’il aura également été question pendant les 120 minutes d’échanges "de la construction africaine" et du "partenariat sous régional."
"La construction africaine" et le "partenariat sous régional", des aspects qui ont souvent été sources d’incompréhensions entre le Cameroun et le Gabon, du moins jusqu’à l’avènement du nouvel homme fort de Libreville.

Des incompréhensions qui, du temps de la présidence de Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d’Etat de par sa longévité au pouvoir, ont notamment plombé l’intégration sous régionale. L’Afrique Centrale étant à ce jour, la région qui connaît le plus de retard en la matière, quand au niveau de l’Afrique de l’Ouest par exemple, la question du passeport communautaire ou de la carte d’identité communautaire font désormais parties intégrantes du vécu quotidien des ressortissants de cette partie du continent. Des incompréhensions qui ont été la source de la création de deux bourses sous régionales, l’une, qui a l’appui des autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ayant son siège au Gabon, et la seconde, initiative du Cameroun, est basée à Douala.
Il est pourtant clair que l’on ne peut aboutir à la construction africaine si le partenariat sous régional marque le pas comme c’est malheureusement le cas pour ce qui est de l’Afrique centrale aujourd’hui. Une situation qui a toujours été imputée aux deux principaux pays de la sous région que sont le Gabon et le Cameroun.

Au-delà de l’adoubement qui a été celui de Ali Bongo Ondimba au cours de cette visite à Yaoundé, il faut relever que celle-ci aura également marqué la fin de la traditionnelle rivalité entre les deux pays et consacré le chef de l’Etat camerounais dans son nouveau rôle de patron de la sous région, même si face à des journalistes qui l’interrogeaient sur son nouveau rôle, lui-même affirmait au sortir de l’Elysée le 24 juillet dernier que "Le Cameroun est toujours disponible et disposé à coopérer avec tous les Etats africains et notamment les Etats d’Afrique centrale, sans chercher à jouer particulièrement un rôle…" Un rôle de leader de la sous région que semblent lui destiner même ses pairs chefs d’Etat, à l’instar du Tchadien Idriss Deby Itno, ou encore le Centrafricain François Bozizé. Reste maintenant pour le numéro un camerounais à arborer véritablement ses nouveaux habits, et à jouer à fond le rôle de rassembleur pour une Afrique Centrale qui doit pouvoir refaire son retard sur les autres ensembles sous régionaux.

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Le bref séjour du président élu gabonais, Ali Bongo Ondimba, marque la fin de la rivalité entre les deux pays.

La décontraction et même la bonne humeur du chef de l’Etat camerounais n’ont échappé à personne à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen vendredi dernier lors de l’accueil de son jeune homologue gabonais. Une réception qui apparaît comme un privilège que ne semble avoir eu ces derniers temps que le Pape Benoît XVI lors de sa dernière visite au Cameroun en mars dernier. On a ainsi vu un Paul Biya administrant une petite tape à Amadou Ali, le Vice Premier ministre en charge de la Justice, échanger de façon détendue avec Marafa Hamidou Yaya, le ministre d’Etat en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd), discuter longuement avec le ministre de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, celui des Enseignements secondaires Louis Bapès Bapès, le chargé de missions Victor Mengot Arrey Nkongho, ou encore la toute nouvelle ministre de l’Education de base Mme Youssouf Adoum Alim.

Un Paul Biya qui a tenu à aller accueillir lui-même à l’aéroport son hôte et raccompagner celui-ci au moment où il quittait le Cameroun, alors que le chef du Gouvernement Philémon Yang qui était déjà en route pour l’aéroport de Nsimalen, a été rappelé, d’après nos sources, pour raccompagner le président élu du Gabon, avant de se voir "décommander", obligé d’abandonner dans cet exercice de va-et-vient, le motard affecté à son escorte, qui a dû se démener comme "un beau diable" pour rattraper le cortège du Premier ministre avant le passage du chef de l’Etat.
On a vu un chef de l’Etat camerounais extrêmement décontracté au moment de l’échange de son hôte avec la presse camerounaise. "… Le président Paul Biya m’a toujours honoré, considéré comme son fils. Et lorsque le fils part dans une compétition, lorsque le fils s’engage dans un combat et que le fils ressort victorieux, il est important, il est naturel qu’il vienne voir le père pour venir recueillir des conseils et c’est ce que naturellement j’ai fait…"
Tout semblait dit dans cet extrait de déclaration du président élu du Gabon à Charles Ndongo de la Crtv, quelques minutes avant son départ de Yaoundé vendredi dernier aux termes de sa toute première sortie du Gabon depuis son élection à la tête de ce pays à l’issue de la présidentielle du 30 août dernier.

Doyen
Le président élu du Gabon, Ali Bongo Ondimba ayant réservé la part belle de ses propos à ce lui qu’il a appelé "le frère de mon père". Finie donc la période des escarmouches feutrées entre le Cameroun et son voisin gabonais. Car au-delà de la présentation du bilan de la campagne électorale, puis du déroulement du scrutin du 30 août 2009 et le cycle de violences qui l’ont suivi, violences du reste en voie d’être maîtrisées par le pouvoir de Libreville, le nouvel élu du Gabon a clairement indiqué qu’il aura également été question pendant les 120 minutes d’échanges "de la construction africaine" et du "partenariat sous régional."
"La construction africaine" et le "partenariat sous régional", des aspects qui ont souvent été sources d’incompréhensions entre le Cameroun et le Gabon, du moins jusqu’à l’avènement du nouvel homme fort de Libreville.

Des incompréhensions qui, du temps de la présidence de Omar Bongo Ondimba, doyen des chefs d’Etat de par sa longévité au pouvoir, ont notamment plombé l’intégration sous régionale. L’Afrique Centrale étant à ce jour, la région qui connaît le plus de retard en la matière, quand au niveau de l’Afrique de l’Ouest par exemple, la question du passeport communautaire ou de la carte d’identité communautaire font désormais parties intégrantes du vécu quotidien des ressortissants de cette partie du continent. Des incompréhensions qui ont été la source de la création de deux bourses sous régionales, l’une, qui a l’appui des autres pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), ayant son siège au Gabon, et la seconde, initiative du Cameroun, est basée à Douala.
Il est pourtant clair que l’on ne peut aboutir à la construction africaine si le partenariat sous régional marque le pas comme c’est malheureusement le cas pour ce qui est de l’Afrique centrale aujourd’hui. Une situation qui a toujours été imputée aux deux principaux pays de la sous région que sont le Gabon et le Cameroun.

Au-delà de l’adoubement qui a été celui de Ali Bongo Ondimba au cours de cette visite à Yaoundé, il faut relever que celle-ci aura également marqué la fin de la traditionnelle rivalité entre les deux pays et consacré le chef de l’Etat camerounais dans son nouveau rôle de patron de la sous région, même si face à des journalistes qui l’interrogeaient sur son nouveau rôle, lui-même affirmait au sortir de l’Elysée le 24 juillet dernier que "Le Cameroun est toujours disponible et disposé à coopérer avec tous les Etats africains et notamment les Etats d’Afrique centrale, sans chercher à jouer particulièrement un rôle…" Un rôle de leader de la sous région que semblent lui destiner même ses pairs chefs d’Etat, à l’instar du Tchadien Idriss Deby Itno, ou encore le Centrafricain François Bozizé. Reste maintenant pour le numéro un camerounais à arborer véritablement ses nouveaux habits, et à jouer à fond le rôle de rassembleur pour une Afrique Centrale qui doit pouvoir refaire son retard sur les autres ensembles sous régionaux.

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Elisabeth Ngo Bassock : Nous sommes prêts

La directrice du Fiadems parle des préparatifs et des grands moments de la cinquième édition.
Propos recueillis par Parfait Tabapsi –




Quelles sont les innovations de cette édition ?
Pour cette cinquième édition, la principale innovation s’articule autour de la figure de Were Were Liking Gnepo qui en sera la principale attraction. Cette grande figure de la culture africaine a en effet accepté d’être la marraine de cette année, pour une première. Elle va en outre animer un atelier de formation sur les marionnettes géantes en compagnie de deux membres du Ki Yi Mbock le village qu’elle a créé à Abidjan il y a plus de deux décades. Une autre innovation consistera en l’organisation d’une exposition sur les œuvres (tableaux et marionnettes) de Were Xere Liking Gnepo.

Comment seront organisées les différentes articulations ?
Pour cette édition, le Fiadems s’articule autour de trois principales activités. Il y a en premier l’organisation de deux ateliers de formation ; le premier est animé depuis quelques jours par le marionnettiste togolais Danaye Kalanféï à l’Espace Oyenga au quartier Fouda. Le deuxième sera animé par Were Were Liking et se tiendra à partir de demain pour s’achever le 18 octobre prochain. La deuxième activité c’est l’exposition des marionnettes au Centre culturel François Villon (Ccfv) du 13 au 19 octobre. La troisième activité est liée aux spectacles d marionnettes que nous donnerons dans les écoles primaires et secondaires de la capitale pendant les matinées et ceux qui seront présentés tous les soirs au Ccfv à raison de deux par soirée. Ils seront donnés par les cinq compagnies invitées à savoir Bouan et Danaye du Togo, les Itinérants du Tchad et Le conte Dio du Congo Brazzaville. Sans oublier Les Intermittents du Cameroun.

Où en êtes-vous avec les préparatifs à l’heure qu’il est ?
A l’heure qu’il est et comme vous l’avez annoncé dans vos colonnes, Were Were Liking Gnepo est déjà arrivée au Cameroun. Quant aux autres invités de l’étranger, ils seront là dès le 10 octobre, excepté M. Kalanféï qui est arrivé depuis le week End dernier. Pou ce qui est de la logistique, les chambres et les appartements ont déjà été réservés depuis longtemps. Mon équipe et moi sommes mobilisés à fond pour la réussite de cette édition et espérons que tout se déroulera pour le mieux.

Pouvez-vous rappeler la raison d’être de ce festival ?
Nous sommes partis du constat de l’absence des productions de spectacles de marionnettes au Cameroun. Un manque dû, de notre point de vue, à la non formation des artistes à l’art de la marionnette. C’est pour cela que dès le départ, nous avons mis l’accent sur la formation et nous sommes ouvert au fil des éditions aux spécialistes d’ici et de l’étranger dans le cadre des ateliers de formation. Dans cette préoccupation, nous avons intégré les maîtresses d’école dans le but de leur permettre de recourir à la marionnette comme support d’enseignement. Ainsi que des psychologues qui ont expérimenté avec bonheur la possibilité d’utiliser la marionnette dans leur travail. Dans l’espace, nous avons aussi intégré l’échange d’expérience entre les nationaux et les étrangers, d’où l’idée de spectacles que les invités étrangers mettaient un point d’honneur à servir au public durant le festival. L’actuelle édition se veut être une véritable opportunité d’intégration sociale et économique des jeunes artistes à travers la pratique d’un métier des arts du spectacle à variante pluridisciplinaire.

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