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Au tribunal : Un accusé imperturbable

Gervais Essama n’a pas trébuché devant le procureur dans l’affaire Crédit foncier.
Jean Baptiste Ketchateng


Le procureur de la République avait l’air goguenard lorsqu’il a posé la question ce mercredi 19 décembre à l’ancien directeur financier du Crédit foncier, Gervais Essama, poursuivi pour sa participation présumée aux détournements de fonds publics dans cette banque. Devant le tribunal de grande instance du Mfoundi où l’accusé déposait sous serment (au contraire de son acine patron), M. Essama avait en effet jusque là expliqué avec assurance qu’il était innocent. Présentant une lettre que l’ex-directeur du Crédit foncier avait envoyée le 12 mai 2005 au directeur général d’alors, le ministère public a voulu démontrer la malhonnêteté de M. Essama. Mais c’était un pétard mouillé.

Pour l’accusation en effet, l’accusé ne pouvait prétendre avoir signé, le 29 mars 2005, l’ordre de paiement d’une avance de démarrage des travaux dans le projet immobilier d’Olembe II à Yaoundé, pour un montant de deux milliards de Fcfa, après avoir vu la garantie qu’apportaient le Group Five et Atlantic Group, le constructeur sud-africain et le promoteur camerounais. Et pour cause, c’est bien le 12 mai 2005 que " M. Essama a écrit au DG Joseph Edou pour faire des observations sur la garantie, en réponse à une demande qu’il a reçue en avril. " " Maintenez-vous dès lors que vous avez effectivement vu la garantie ? ", interroge le procureur, sur un ton sentencieux.

L’hésitation de M. Essama donne l’impression qu’il est coincé. L’homme qui fait un exposé succinct des opérations financières et connexes d’Olembe II consulte ses papiers et lit la lettre que brandit le procureur avant de répondre : " Il y a eu deux garanties. La première correspondait à une avance de démarrage présentée le 29 mars 2005 au moment de la signature de la convention de prêt et du déblocage des fonds. La seconde a été demandée par le Group Five au Crédit foncier et c’est de ça qu’il est question dans ma note. " Pour autant, le procureur ne s’avoue pas vaincu.

Objection
M. Essama peut-il dire que les avertissements qu’il avait donnés à son ancien patron sur les risques que revêtait la seconde garantie ont été pris en compte ? Malgré l’objection exprimée par l’avocat de l’accusé, Gervais Essama consent à répondre. Il ne posait, résume-t-il, que des actes conformes à ses pouvoirs et à la réglementation interne au Crédit foncier. Ce que Joseph Edou faisait des conseils qu’il pouvait lui donner, comment peut-il en répondre. Reste que, souligne alors le procureur de la République, l’argent débloqué par le Crédit foncier, 3,5 milliards au total dans l’opération Olembe II, n’a pas véritablement servi à lancer le projet immobilier qui devait déboucher sur la construction d’un millier de logements sociaux.

D’ailleurs, rappelle le procureur, M. Essama aurait dû savoir au regard de son expérience que la signature d’une garantie devait être autorisée préalablement par le conseil d’administration. Ce qui ne s’est pas fait. "Comme vous le dites souvent, je sais beaucoup de choses, mais celle-là je l’ignorais. Je n’étais ni membre du conseil d’administration, ni de la direction de l’exploitation qui s’occupait de la régularité des opérations, des aspects juridiques. Le président du conseil a fait une déposition et le directeur général pourra vous dire ce qu’il en était ", rétorque l’accusé qui laissera sa place à son ancien patron mercredi 26 décembre pour la suite des débats.

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Au tribunal : Un accusé imperturbable

Gervais Essama n’a pas trébuché devant le procureur dans l’affaire Crédit foncier.
Jean Baptiste Ketchateng


Le procureur de la République avait l’air goguenard lorsqu’il a posé la question ce mercredi 19 décembre à l’ancien directeur financier du Crédit foncier, Gervais Essama, poursuivi pour sa participation présumée aux détournements de fonds publics dans cette banque. Devant le tribunal de grande instance du Mfoundi où l’accusé déposait sous serment (au contraire de son acine patron), M. Essama avait en effet jusque là expliqué avec assurance qu’il était innocent. Présentant une lettre que l’ex-directeur du Crédit foncier avait envoyée le 12 mai 2005 au directeur général d’alors, le ministère public a voulu démontrer la malhonnêteté de M. Essama. Mais c’était un pétard mouillé.

Pour l’accusation en effet, l’accusé ne pouvait prétendre avoir signé, le 29 mars 2005, l’ordre de paiement d’une avance de démarrage des travaux dans le projet immobilier d’Olembe II à Yaoundé, pour un montant de deux milliards de Fcfa, après avoir vu la garantie qu’apportaient le Group Five et Atlantic Group, le constructeur sud-africain et le promoteur camerounais. Et pour cause, c’est bien le 12 mai 2005 que " M. Essama a écrit au DG Joseph Edou pour faire des observations sur la garantie, en réponse à une demande qu’il a reçue en avril. " " Maintenez-vous dès lors que vous avez effectivement vu la garantie ? ", interroge le procureur, sur un ton sentencieux.

L’hésitation de M. Essama donne l’impression qu’il est coincé. L’homme qui fait un exposé succinct des opérations financières et connexes d’Olembe II consulte ses papiers et lit la lettre que brandit le procureur avant de répondre : " Il y a eu deux garanties. La première correspondait à une avance de démarrage présentée le 29 mars 2005 au moment de la signature de la convention de prêt et du déblocage des fonds. La seconde a été demandée par le Group Five au Crédit foncier et c’est de ça qu’il est question dans ma note. " Pour autant, le procureur ne s’avoue pas vaincu.

Objection
M. Essama peut-il dire que les avertissements qu’il avait donnés à son ancien patron sur les risques que revêtait la seconde garantie ont été pris en compte ? Malgré l’objection exprimée par l’avocat de l’accusé, Gervais Essama consent à répondre. Il ne posait, résume-t-il, que des actes conformes à ses pouvoirs et à la réglementation interne au Crédit foncier. Ce que Joseph Edou faisait des conseils qu’il pouvait lui donner, comment peut-il en répondre. Reste que, souligne alors le procureur de la République, l’argent débloqué par le Crédit foncier, 3,5 milliards au total dans l’opération Olembe II, n’a pas véritablement servi à lancer le projet immobilier qui devait déboucher sur la construction d’un millier de logements sociaux.

D’ailleurs, rappelle le procureur, M. Essama aurait dû savoir au regard de son expérience que la signature d’une garantie devait être autorisée préalablement par le conseil d’administration. Ce qui ne s’est pas fait. "Comme vous le dites souvent, je sais beaucoup de choses, mais celle-là je l’ignorais. Je n’étais ni membre du conseil d’administration, ni de la direction de l’exploitation qui s’occupait de la régularité des opérations, des aspects juridiques. Le président du conseil a fait une déposition et le directeur général pourra vous dire ce qu’il en était ", rétorque l’accusé qui laissera sa place à son ancien patron mercredi 26 décembre pour la suite des débats.

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Gervais Essama n’a pas trébuché devant le procureur dans l’affaire Crédit foncier.
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Pour l’accusation en effet, l’accusé ne pouvait prétendre avoir signé, le 29 mars 2005, l’ordre de paiement d’une avance de démarrage des travaux dans le projet immobilier d’Olembe II à Yaoundé, pour un montant de deux milliards de Fcfa, après avoir vu la garantie qu’apportaient le Group Five et Atlantic Group, le constructeur sud-africain et le promoteur camerounais. Et pour cause, c’est bien le 12 mai 2005 que " M. Essama a écrit au DG Joseph Edou pour faire des observations sur la garantie, en réponse à une demande qu’il a reçue en avril. " " Maintenez-vous dès lors que vous avez effectivement vu la garantie ? ", interroge le procureur, sur un ton sentencieux.

L’hésitation de M. Essama donne l’impression qu’il est coincé. L’homme qui fait un exposé succinct des opérations financières et connexes d’Olembe II consulte ses papiers et lit la lettre que brandit le procureur avant de répondre : " Il y a eu deux garanties. La première correspondait à une avance de démarrage présentée le 29 mars 2005 au moment de la signature de la convention de prêt et du déblocage des fonds. La seconde a été demandée par le Group Five au Crédit foncier et c’est de ça qu’il est question dans ma note. " Pour autant, le procureur ne s’avoue pas vaincu.

Objection
M. Essama peut-il dire que les avertissements qu’il avait donnés à son ancien patron sur les risques que revêtait la seconde garantie ont été pris en compte ? Malgré l’objection exprimée par l’avocat de l’accusé, Gervais Essama consent à répondre. Il ne posait, résume-t-il, que des actes conformes à ses pouvoirs et à la réglementation interne au Crédit foncier. Ce que Joseph Edou faisait des conseils qu’il pouvait lui donner, comment peut-il en répondre. Reste que, souligne alors le procureur de la République, l’argent débloqué par le Crédit foncier, 3,5 milliards au total dans l’opération Olembe II, n’a pas véritablement servi à lancer le projet immobilier qui devait déboucher sur la construction d’un millier de logements sociaux.

D’ailleurs, rappelle le procureur, M. Essama aurait dû savoir au regard de son expérience que la signature d’une garantie devait être autorisée préalablement par le conseil d’administration. Ce qui ne s’est pas fait. "Comme vous le dites souvent, je sais beaucoup de choses, mais celle-là je l’ignorais. Je n’étais ni membre du conseil d’administration, ni de la direction de l’exploitation qui s’occupait de la régularité des opérations, des aspects juridiques. Le président du conseil a fait une déposition et le directeur général pourra vous dire ce qu’il en était ", rétorque l’accusé qui laissera sa place à son ancien patron mercredi 26 décembre pour la suite des débats.

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Ekambi Brillant : Je réalise un vieux rêve

L’auteur compositeur retrace sa carrière à travers une exposition d’objets de scène.
Propos recueillis par Francky Bertrand Béné –


A partir de ce mercredi 27 juin, vous organisez une exposition de trois à Yaoundé. Que souhaitez-vous exactement montrer à votre public?
Il s’agit de retracer à travers cette exposition toute ma carrière, de faire profiter aux gens qui m’ont tant aimé et qui m’aiment encore, tout ce qui m’a accompagné dans cette aventure musicale de 36 années. Des gadgets, c’est-à-dire mes chaussures qui ont dansé avec moi dans tous les podiums, les costumes, les guitares qui ont composé toutes ces mélodies et qui ne sortent jamais, les photos qu’on n’a jamais vues, comme celles de mon enfance, les disques en vinyle que la jeune génération ne connaît pas, les 45 tours, les documentaires sous Dvd, les partitions. Bref tout ce qui m’a accompagné…

A quelques heures du vernissage, avez-vous bouclé les préparatifs ?
Les préparatifs vont bon train, les répétitions ont eu lieu, les décorateurs sont en plein travail, les photos ont été agrandies, les guitares sont sorties des caissons, les tableaux sont faits. Francis Mbella, le grand peintre, a déjà fait un grand tableau inspiré de ma musique et que les gens auront la primeur de découvrir pendant cette exposition.

Comment va se décliner cette exposition?
L’événement va se décliner en trois phases. D’abord l’inauguration de l’exposition mercredi, 27 juin à 11h. Avec les invités qui vont se faire expliquer point par point, toutes les étapes de ma longue carrière musicale. Deuxièmement, l’exposition sera ouverte au grand public, qui va venir voir mes objets souvenirs et acheter des collections en Cd de mes chansons en Best of. Troisièmement, le 29 au soir, il y aura un dîner spectacle sur invitation payante au cours duquel je me produirai en spectacle live. Mais avant cela, le styliste Jemann va faire défiler ses plus beaux mannequins. Ce sera le moment où je vais lancer une artiste camerounaise, Rosine Ebessa Nang, qui vient de sortir un album et qui va se produire en vedette américaine avec Ottou Marcellin qui a composé une chanson à ma gloire.

Que voulez-vous démontrer à travers cette exposition?
Je ne veux rien démontrer. Simplement, que les gens sachent que le succès ne tombe pas du ciel. Et que la jeune génération ait des repères. Je suis un modèle et je sais qu’on ne commence pas sa carrière aujourd’hui et demain matin on est superstar. C’est un long cheminement qu’il faut faire pour atteindre les sommets.

Vous n’entendez donc pas faire des bénéfices?
Les Camerounais ne voient que les bénéfices. Ils oublient de mentionner tout ce que l’on met comme effort pour leur faire profiter des choses qu’on ne fait pas souvent. Parce que ce que je vais faire est inédit. Je suis le premier Africain à organiser un tel événement. Donc, il y a beaucoup d’argent qui est mis en jeu et je ne sais pas si je ferai des bénéfices. Mais, je fais cette exposition pour l’amour de mon pays. En fait, c’est un vieux rêve car je m’étais jurer d’organiser cette exposition avant mes soixante ans (il est né en 1948, Ndlr).

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