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Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

Les Ekangs se sont accordés pour se vêtir majestueusement. Leurs tenues puisent leurs sources dans les richesses spirituelles et naturelles du quotidien de leurs ancêtres. Ainsi, les matériaux qui constituent leurs costumes dans la plupart des cas proviennent des plantes, les écorces et des fibres d’arbres de palmiers, de raphias, des pièces taillées, des cornes et dents d’animaux et leurs peaux.

Les plus utilisés sont l’obom ‘’écorces tapées ou battues’’ et l’écop ze ‘’la peau de panthère.

DITIONNEL De nos jours chaque communauté en Afrique en général et au Cameroun en particulier chez les Ekangs, dans chaque cercle traditionnel administratif, il existe un rituel de transmission des pouvoirs qui permet que le chef reste toujours en contact avec ses ancêtres. Tout ce qui constitue sa tenue tient du sacré.

Dans ce numéro de votre Magazine, Sans fioritures pour éclairer la lanterne de nos lecteurs, la première personne qui a accepté de partager quelques notions avec nous est, Brigitte Nga Ondigui. Historienne de l’art, experte en question de patrimoine. Elle est également spécialiste du tissu traditionnel tiré de l’écorce battue, obom et du m’mouat (costume traditionnel), éléments de la culture matérielle. Sensible aux enjeux du postcolonialisme/ décolonialisme et de la résurgence de la culture résiduelle dans les sociétés. Ses recherches actuelles portent sur l’évolution du m’mouat en milieu Ekang et se penche particulièrement sur la production et la consommation de ce dernier qui, semble répondre à des besoins contemporains, liés à des questions d’expression identitaire, d’agentivité et de décolonialisme.

Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

Elle est également chercheure associée au Centre International de Recherche et de Documentation Leadership Féminins en Afrique (ILFA), Membre de l’Association Patrimundus. Ses axes de recherche sont: le postcolonialisme, le décolonialisme, l’agentivité, le PCI, les arts africains, la décolonialité muséale, IA responsable, Slow fashion. Rendu quel, cette perfectionniste n’aurait jamais souhaité que la rédaction déplace même un seul mot de sa biographie.

Bonjour l’artiste merci de nous accorder cet échange. Vous êtes une artiste aux multiples casquettes et spécialisée dans un domaine précis, la mode, le tissu, le vêtement. Pouvez-vous nous en parler? Bonjour Prince Multi casquettes, un peu oui je suis. L’Obom, c’est du sacré. Comment vous avez décidé de faire un travail approfondi sur cette matière?

Oui n’y’a pas que l’Obom il y’en a aussi d’autres matériaux de la nature que les Ekangs en Afrique mettent en valeur surtout au Cameroun d’où je viens. Vous êtes unique par vos recherches. Quelle pourrait être la valeur ajoutée? Très bonne préoccupation je pense que le fait que nous puissions échanger et consigner nos échanges dans un Magazine spécialisé est déjà une très bonne valeur ajoutée.

Au Cameroun vous avez déjà un nom. Pensez-vous que vos travaux, vos recherches seront bénéfiques?

sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDOTOLA), Chercheure au Laboratoire Camerounais d’Etudes et de Recherche sur les Sociétés Contemporaines (CERESC), auxiliaire de recherche en étude sur la Critique Mémorielle au CELAT-UQAM, Membre du bureau exécutif du réseau des Experts du Patrimoine Culturel Africain Pour le Développement (REPCAD), Membre du bureau exécutif du Comité Africain d’Histoire de l’Art (CHA), Coordonnatrice de la piste africaine de l’IA Responsable au Centre d’expertise internationale de Montréal en intelligence artificielle (CEIMIA 2024), Membre du bureau exécutif de Image et dynamiques identitaires contemporaines. L’Obom, c’est du sacré. Comment j’ai décidé d’en faire un travail approfondi sur cette matière? L’Obom (tissu d’écorce battue) est bien plus qu’un tissu: c’est un héritage ontologique. Il condense des valeurs, des croyances et une vision du monde propres aux Ekangs.

Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

Mon travail sur l’Obom répond à une nécessité de résistance culturelle: face à l’érosion des savoirs endogènes, à l’uniformisation vestimentaire et à ce que je nomme le M’mouaticide et l’Afrodestructisme, il devient urgent de réinvestir ces matières comme lieu de réappropriation et de continuité culturelle.

Travailler l’Obom, c’est affirmer la survivance et l’actualité des épistémologies Ekangs.

Effectivement Prince. Comment projetez-vous votre avenir? Honnêtement toutes ces questions pleines de bon sens méritent de mieux m’étendre sur les détails du partage. Une fois de plus merci pour cet échange. Alors, ma démarche s’inscrit à l’intersection de l’histoire de l’art, de la création vestimentaire et de la recherche critique.

Elle interroge le textile comme archive culturelle, lieu de mémoire et espace de résistance, en particulier dans les sociétés africaines et plus spécifiquement chez les Ekangs. À la question de savoir comment une artiste pluridimensionnelle et spécialisée dans un domaine précis qui est la mode, le tissu et le vêtement décline tout cela?

Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

Je dirais modestement que je suis historienne de l’art, designer de mode et mon travail se déploie à la croisée de la recherche académique, de la création artistique et de l’engagement culturel. Le vêtement et le textile constituent pour moi des objets de savoir à part entière: ils traduisent des systèmes symboliques, des structures sociales et des visions du monde.

En ce sens, la mode n’est pas uniquement un champ esthétique, mais un médium critique permettant d’analyser les rapports de pouvoir, les héritages coloniaux et les Vous dites, je suis unique par mes recherches. Quelle pourrait être la valeur ajoutée? La singularité de mes recherches réside dans leur dimension décoloniale et collaborative. Il ne s’agit pas de produire un savoir ou des discours sur les communautés, mais de créer un espace où les communautés endogènes reprennent la parole, montrent leur créativité et définissent-elles mêmes leurs esthétiques.

Mes travaux donnent une visibilité aux designers de mode Ekangs et aux praticiens du textile, en reconnaissant leur expertise comme un savoir légitime. Cette approche participe à une résistance épistémique: elle conteste l’hégémonie du récit occidental centré sur la mode et de l’histoire de l’art, et réinscrit les pratiques textiles africaines dans une histoire globale des esthétiques.

Au Cameroun comme vous le dîtes j’ai déjà un nom. Et la question que vous posez est, Pensez-vous que vos travaux, vos recherches seront bénéfiques à long terme? Cette affirmation est paradoxale… En tant que personne passionnée par la valorisation de nos savoirs endogènes et pour qui le retour aux sources demeure prioritaire, la quête de la reconnaissance n’est pas vraiment le but de mon engagement. Dans la mesure où mes recherches s’inscrivent dans la démarche de la recherche intervention, elles visent à renforcer la transmission intergénérationnelle des savoirs, à soutenir la créativité locale et à créer des ponts entre le monde académique, les artisans, les designers contemporains et l’international.

À long terme, ce travail contribue à la consolidation d’une mémoire collective, incarnée, textile vivante et à la reconnaissance institutionnelle des cultures vestimentaires africaines. En valorisant les pratiques locales et leurs fondements symboliques, mes travaux renforcent l’estime culturelle et ouvrent des perspectives nouvelles, tant sur le plan académique que créatif. Comment je projette mon avenir? Je me projette dans un travail encore plus transversal, reliant l’Afrique, les diasporas et d’autres territoires, notamment ici au Canada, en dialogue avec les Premières Nations.

Les textiles, partout dans le monde, portent des ontologies comparables, ils expriment ce L que les peuples aspirent à être, ce qu’ils pensent et ce en quoi ils croient. Mon avenir se dessine dans cette circulation des savoirs, des matières et des luttes esthétiques. Voilà ce qui peut meubler notre échange et comme dernier mot,je dirais que mon travail est une forme de résistance culturelle.

Il rappelle que les textiles ne sont pas de simples surfaces décoratives, mais des lieux de savoir, de lutte et de réaffirmation identitaire. Réinvestir l’Obom et les textiles africains, c’est refuser l’effacement et affirmer que nos cultures, nos esthétiques et nos épistémologies ont toutes leur place dans le monde contemporain.

e deuxième est Nomo Etoga Raphaël, de son nom d’artiste Chéreau. Il est originaire de Nkometou, dans le département de la Lékié Région du Centre du peuple Éton. Nomo Etoga Raphaël est un artiste complet, passionné et engagé dans la valorisation de la culture Ekang et du patrimoine artisanal camerounais.

Il est à la fois, Styliste, Modéliste, promoteur du tissu d’écorce d’arbre Obom qu’il fabrique lui-même. Peintre, Sculpteur Chorégraphe, Coach en danse traditionnelle Ekang. Il est Formateur de mannequins, miss, hôtesses et modèles photo. Promoteur de REFMH Agency Africa (Réseau Événementiel de Formation des Mannequins, Miss et Hôtesses) L’histoire de son art commence en 2005, lorsqu’il découvre pour la première fois le tissu d’écorce d’arbre Obom lors d’une exposition où sa mère participait en tant que décoratrice traditionnelle.

Cette découverte éveille en lui une profonde curiosité et le pousse à faire des recherches personnelles sur cette matière fascinante, à la fois naturelle et symbolique du génie créatif Ekang. Son travail et sa persévérance l’amènent à participer à plusieurs compétitions et salons de l’artisanat.

Vêtement traditionnel EKANG — Focus sur le cameroun

En 2009, Premier prix du meilleur talent régional (Sud) dans le domaine du recyclage et de la décoration. En 2016, Deuxième prix régional de l’artisanat (Sud). En 2018: Premier prix national au Salon International de l’Artisanat du Cameroun (SIARC) dans la catégorie mode, beauté et spectacle.

Depuis, il consacre son énergie à perfectionner le travail du tissu Obom, afin de le rendre plus souple, plus accessible et plus adapté à la mode moderne. Son rêve est d’industrialiser ce matériau ancestral pour en faire une véritable alternative textile «made in Cameroun». Étant le Président fondateur de L’Association des Artisans Promoteurs et Photographes de Mode Traditionnelle, il est le responsable de la grande maison de couture FORÊT FASHION.

Nomo Etoga Raphaël était mannequin professionnel. Il a cheminé avec de nombreux stylistes camerounais, sénégalais, maliens et bien d’autres notamment lors du Festival International de la Mode Africaine (Fashion Week) dans les années 2010. Autodidacte, il n’a pas suivi de formation académique formelle en stylisme, mais il a grandi dans un univers de couture grâce à sa mère, décoratrice de profession. Dès l’âge de 9 ans, il s’amusait déjà à découper des tissus, à manipuler la machine à coudre et à inventer des modèles. Cette créativité instinctive s’est transformée au fil du temps en une véritable vocation. La mission que s’est donnée Nomo Etoga Raphaël est claire.

Redonner à l’Afrique ses lettres de nobless à travers la valorisation du tissu Obom et des savoir-faire traditionnels Ekang. Il ambitionne de créer une grande plantation d’arbres à écorce Obom (Antiaris) dans les régions du Sud, du Centre et de l’Est, afin d’assurer une production durable et contrôlée.

Son objectif est non seulement de l’industrialiser mais aussi de moderniser la filière artisanale, tout en formant la jeunesse à l’entrepreneuriat culturel.

La troisième et dernière personne qui s’ouvre à nous est une fine au gout exquis elle est née dans les débuts des années 1950; en 1980, elle obtiendra son diplôme en pharmacie à l’université Paul Sabatier Toulouse (France) Passionnée de création de mode, dès cette année, elle mettra les bases de sa première collection des objets fang beti.

En 2005, elle mettra tout en œuvre pour l’ouverture du musée des peuples de la forêt en plein cœur de Yaoundé Capitale politique du Cameroun.. Lors d’une programmation d’un concept d’exposition et de découverte qui se passe à l’Institut Français du Cameroun, le Designer, elle exposera sa collection Costumes des peuples de la forêt grâce au facilitateur Papy avec les mannequins de Teambio de Yves Tristan Priso.

Lors de ce premier défilé, c’était vraiment un retour aux sources. Deux modèles dont la richesse chromatique laissaient paraître juste trois couleurs. Le rouge, le noir et le blanc et des motifs d’une puissante symbolique. Elle en a refait tout un défilé rien qu’avec ce tissu qui dit-elle serait une continuité des recherches faites par le Père Engelbert Mveng.

Le Docteur Fouda l’artiste reçoit chaque jour la visite des chefs traditionnels du Mfoundi pour la confection de leurs tenues traditionnelles. Cela ne s’arrête pas là tout Ekang est chez lui au Musée Ethnographique des peuples de la forêt pour faire ses commandes. C’est en majorités ses créations qui illustrent ses belles pages à eux offertes par le magazine.

Pour lui, «Nos traditions ne sont pas un frein à la modernité, mais le socle sur lequel nous devons bâtir notre avenir.» Il milite pour que la jeunesse africaine reste connectée à ses racines, tout en adoptant l’esprit d’innovation et d’entrepreneuriat. «Le travail ne se trouve pas seulement dans les bureaux ou les services de l’État.

La véritable richesse réside dans la création, la production et la valorisation de nos ressources locales. Le succès vient avec le travail, la persévérance et la passion.» Pour nos lecteurs il nous laisse ses coordonnées pour tout service à ses cordes. +237 655 81 09 65

Contact

Email : nomoetogaraphael@gmail.com

Written by MagCamerfeeling

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