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Qui n’avance pas recule

Le Cameroun était premier producteur de cacao (avec plus de 50.000 tonnes) et de café en Afrique en 1960. La Côte d’Ivoire qui, à l’époque, venait en 3e ou 4e position après le Cameroun (avec quelque 25.000 tonnes), par an, bien entendu, est aujourd’hui le premier producteur mondial du cacao avec une production de 1500.000 (un million cinq cent mille tonnes) par an. De plus, le pays de Houphouët-Boigny est parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de café, si je ne m’abuse. Et plus gros producteur d’ananas et de banane que le Cameroun !
En 2008, 48 ans plus tard, le Cameroun peut à peine revendiquer 250.000 tonnes de cacao, et moins de 200.000 tonnes de café robusta et arabica confondus.
A la fin des années 70, le Cameroun était à tout point de vue, le pays pilote de l’Afrique centrale, mais surtout au plan économique, jusqu’à ce que, pour devenir “ les nouveaux riches ”, des fonctionnaires “ gratte-papier ”, sans tradition culturelle de grenier, et sans fierté patriotique, s’approprient le pouvoir (par la ruse électorale et le chantage tribal) pour organiser une prédation systématique du patrimoine national. Et il aura fallu 25 ans au chef de l’Etat pour en trouver “ les preuves ”.
Au milieu des années 80, le Cameroun était légitimement fier de brandir un taux réel de croissance de 07%, et le président Biya en meublait ses discours aux investisseurs susceptibles de s’intéresser au Cameroun. En 2008, les experts nationaux (opérateurs économiques et fonctionnaires d’Etat) n’arrivent pas à accorder leurs violons pour dire si le pays a un taux de croissance réel de 3% ou de 4%. Encore que cela n’a pas d’importance du moment que cette croissance n’est pas ressentie par la ménagère camerounaise, qu’elle soit en ville ou en campagne ! Ils ne sont pas capables non plus – aucun ne l’évoque d’ailleurs – d’expliquer comment le coût de la vie peut de manière générale augmenter dans l’ordre de 30 à 200% sans que le taux d’inflation ait bougé de ses 3% depuis 8 ans !…

Le Lion devenu vieux…
Rappeler que le Cameroun, pays intermédiaire sur l’échelle de développement jusqu’en 1985, a dégringolé dans la vallée des pays pauvres très endettés en 2000, grâce à 12 ans d’ajustement structurel Fmi qu’il aurait pu éviter, c’est évidemment parler de la corde dans la maison d’un pendu. Si vous n’en avez pas déjà assez, et que l’on vous enlève le peu que vous avez, que vous reste-t-il ?
Devenir un pays pauvre très endetté et pillé, pour un pays comme le Cameroun, ne serait qu’un accident de parcours si en plus il n’était pas non gouverné et abandonné aux prédateurs intérieurs et extérieurs.
L’image que donne le Cameroun aujourd’hui au milieu des Pays les moins avancés (Pma) d’Afrique centrale, et aux yeux du monde, c’est tout à fait celle du “ Lion devenu vieux ” que Jean La Fontaine décrit dans une fable où, même l’âne (le plus méprisé des animaux de la jungle) vient donner des coups de pied à un “ roi des animaux ” prostré et poussant de grognements impuissants.
Ce n’est pas sans un pincement au cœur qu’on apprend qu’un Camerounais qui a commandé 35.000 tonnes de ciment pour rompre la pénurie au Cameroun, est obligé d’aller en délester 10.000 tonnes au Congo qui n’en a pas besoin, parce que son bateau ne peut pas entrer au Port de Douala, le chenal n’ayant pas été dragué depuis deux ans.
Ce n’est pas non plus en sautant de joie qu’on apprend l’exploit des Tchadiens qui, d’un côté, opèrent des raids dans le Nord du Cameroun pour prendre des otages (dont des enfants) et de l’autre, peuvent se flatter d’avoir, rétabli le contact entre le Nord et le Sud Cameroun, grâce à leur compagnie privée de transport aérien. Je ne reviendrai pas sur la situation de Bakassi… Et les Camerounais, où sont-ils ?

Toute souveraineté perdue
Les Camerounais en sont aujourd’hui à se coucher pour mourir de famine sur un sol qu’il suffit de gratter un peu pour se rassasier en toute saison. Malchance ou fatalité ? Cette Afrique en miniature dont le potentiel naturel et la densité des intelligences n’a que peu de comparaison sur le continent, avait-elle donc vocation à être “ suicidée ” par ses propres fils ? Croire que la terre, pour le Cameroun, tourne dans le sens inverse par rapport à nos voisins, n’est pourtant qu’une illusion d’optique.
Quand on dit que “ qui n’avance pas recule ”, ce n’est pas parce que celui qui n’avance pas fait la marche arrière. C’est parce que ceux qui étaient derrière lui, à force de marcher en avant, viennent le dépasser, et le reléguer en arrière ou sur place. Nous avons ouvert ce commentaire supra, par l’exemple du cacao dans le domaine agricole. Domaine agricole où nul n’a oublié que durant le premier quart de siècle de l’Etat camerounais, notre pays a joui sans faille d’une autosuffisance alimentaire certaine, et d’une certaine souveraineté alimentaire, toutes choses qu’aujourd’hui nous avons perdues, ainsi que le prouve la crise alimentaire nationale qui promet de durer.
La chereté de la vie que le gouvernement tente de réduire par toutes sortes de gesticulations autour des prix, nous fournit l’autre preuve que “ qui n’avance pas recule ”. L’approvisionnement du marché national est désormais et très fortement tributaire du transport maritime et de la logistique portuaire où le pays avait tout pour être le premier, ou au moins incontournable dans la sous-région, et se trouve aujourd’hui dépassé par tous ses “ petits ” voisins. Même le Congo-Brazzaville est sur le point de remplacer le Cameroun dans le désenclavement maritime de la Rca et du Tchad, dès qu’il aura terminé l’autoroute Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso, et pourra ainsi rallier Garoua-Boulaï par Bouar en Centrafrique. Cela s’appelle une vraie grande ambition.
Devenus par laxisme de la pensée, plus libéraux que les ultralibéralistes, et sous prétexte que la libéralisation bénéficierait aux consommateurs qui n’ont pas de pouvoir d’achat, “ parce que les biens importés coûtent moins chers ”, le gouvernement a choisi la facilité d’encourager les Camerounais à importer plutôt qu’à produire localement ce qu’ils consomment. Il se trouve, malheureusement que, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, une marchandise achetée à 100 francs à l’extérieur est transportée jusqu’au Cameroun à un prix entre 110 et 130 francs, auxquels il faut ajouter l’incidence des frais d’exploitation. Ce qui porte forcément le prix de vente sur le marché local de 250 à 300 francs. Que peut alors faire le Mincommerce, à part réprimer injustement ces prix ? A vendredi.  

Par Jean Baptiste SIPA

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Le Cameroun était premier producteur de cacao (avec plus de 50.000 tonnes) et de café en Afrique en 1960. La Côte d’Ivoire qui, à l’époque, venait en 3e ou 4e position après le Cameroun (avec quelque 25.000 tonnes), par an, bien entendu, est aujourd’hui le premier producteur mondial du cacao avec une production de 1500.000 (un million cinq cent mille tonnes) par an. De plus, le pays de Houphouët-Boigny est parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de café, si je ne m’abuse. Et plus gros producteur d’ananas et de banane que le Cameroun !
En 2008, 48 ans plus tard, le Cameroun peut à peine revendiquer 250.000 tonnes de cacao, et moins de 200.000 tonnes de café robusta et arabica confondus.
A la fin des années 70, le Cameroun était à tout point de vue, le pays pilote de l’Afrique centrale, mais surtout au plan économique, jusqu’à ce que, pour devenir “ les nouveaux riches ”, des fonctionnaires “ gratte-papier ”, sans tradition culturelle de grenier, et sans fierté patriotique, s’approprient le pouvoir (par la ruse électorale et le chantage tribal) pour organiser une prédation systématique du patrimoine national. Et il aura fallu 25 ans au chef de l’Etat pour en trouver “ les preuves ”.
Au milieu des années 80, le Cameroun était légitimement fier de brandir un taux réel de croissance de 07%, et le président Biya en meublait ses discours aux investisseurs susceptibles de s’intéresser au Cameroun. En 2008, les experts nationaux (opérateurs économiques et fonctionnaires d’Etat) n’arrivent pas à accorder leurs violons pour dire si le pays a un taux de croissance réel de 3% ou de 4%. Encore que cela n’a pas d’importance du moment que cette croissance n’est pas ressentie par la ménagère camerounaise, qu’elle soit en ville ou en campagne ! Ils ne sont pas capables non plus – aucun ne l’évoque d’ailleurs – d’expliquer comment le coût de la vie peut de manière générale augmenter dans l’ordre de 30 à 200% sans que le taux d’inflation ait bougé de ses 3% depuis 8 ans !…

Le Lion devenu vieux…
Rappeler que le Cameroun, pays intermédiaire sur l’échelle de développement jusqu’en 1985, a dégringolé dans la vallée des pays pauvres très endettés en 2000, grâce à 12 ans d’ajustement structurel Fmi qu’il aurait pu éviter, c’est évidemment parler de la corde dans la maison d’un pendu. Si vous n’en avez pas déjà assez, et que l’on vous enlève le peu que vous avez, que vous reste-t-il ?
Devenir un pays pauvre très endetté et pillé, pour un pays comme le Cameroun, ne serait qu’un accident de parcours si en plus il n’était pas non gouverné et abandonné aux prédateurs intérieurs et extérieurs.
L’image que donne le Cameroun aujourd’hui au milieu des Pays les moins avancés (Pma) d’Afrique centrale, et aux yeux du monde, c’est tout à fait celle du “ Lion devenu vieux ” que Jean La Fontaine décrit dans une fable où, même l’âne (le plus méprisé des animaux de la jungle) vient donner des coups de pied à un “ roi des animaux ” prostré et poussant de grognements impuissants.
Ce n’est pas sans un pincement au cœur qu’on apprend qu’un Camerounais qui a commandé 35.000 tonnes de ciment pour rompre la pénurie au Cameroun, est obligé d’aller en délester 10.000 tonnes au Congo qui n’en a pas besoin, parce que son bateau ne peut pas entrer au Port de Douala, le chenal n’ayant pas été dragué depuis deux ans.
Ce n’est pas non plus en sautant de joie qu’on apprend l’exploit des Tchadiens qui, d’un côté, opèrent des raids dans le Nord du Cameroun pour prendre des otages (dont des enfants) et de l’autre, peuvent se flatter d’avoir, rétabli le contact entre le Nord et le Sud Cameroun, grâce à leur compagnie privée de transport aérien. Je ne reviendrai pas sur la situation de Bakassi… Et les Camerounais, où sont-ils ?

Toute souveraineté perdue
Les Camerounais en sont aujourd’hui à se coucher pour mourir de famine sur un sol qu’il suffit de gratter un peu pour se rassasier en toute saison. Malchance ou fatalité ? Cette Afrique en miniature dont le potentiel naturel et la densité des intelligences n’a que peu de comparaison sur le continent, avait-elle donc vocation à être “ suicidée ” par ses propres fils ? Croire que la terre, pour le Cameroun, tourne dans le sens inverse par rapport à nos voisins, n’est pourtant qu’une illusion d’optique.
Quand on dit que “ qui n’avance pas recule ”, ce n’est pas parce que celui qui n’avance pas fait la marche arrière. C’est parce que ceux qui étaient derrière lui, à force de marcher en avant, viennent le dépasser, et le reléguer en arrière ou sur place. Nous avons ouvert ce commentaire supra, par l’exemple du cacao dans le domaine agricole. Domaine agricole où nul n’a oublié que durant le premier quart de siècle de l’Etat camerounais, notre pays a joui sans faille d’une autosuffisance alimentaire certaine, et d’une certaine souveraineté alimentaire, toutes choses qu’aujourd’hui nous avons perdues, ainsi que le prouve la crise alimentaire nationale qui promet de durer.
La chereté de la vie que le gouvernement tente de réduire par toutes sortes de gesticulations autour des prix, nous fournit l’autre preuve que “ qui n’avance pas recule ”. L’approvisionnement du marché national est désormais et très fortement tributaire du transport maritime et de la logistique portuaire où le pays avait tout pour être le premier, ou au moins incontournable dans la sous-région, et se trouve aujourd’hui dépassé par tous ses “ petits ” voisins. Même le Congo-Brazzaville est sur le point de remplacer le Cameroun dans le désenclavement maritime de la Rca et du Tchad, dès qu’il aura terminé l’autoroute Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso, et pourra ainsi rallier Garoua-Boulaï par Bouar en Centrafrique. Cela s’appelle une vraie grande ambition.
Devenus par laxisme de la pensée, plus libéraux que les ultralibéralistes, et sous prétexte que la libéralisation bénéficierait aux consommateurs qui n’ont pas de pouvoir d’achat, “ parce que les biens importés coûtent moins chers ”, le gouvernement a choisi la facilité d’encourager les Camerounais à importer plutôt qu’à produire localement ce qu’ils consomment. Il se trouve, malheureusement que, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, une marchandise achetée à 100 francs à l’extérieur est transportée jusqu’au Cameroun à un prix entre 110 et 130 francs, auxquels il faut ajouter l’incidence des frais d’exploitation. Ce qui porte forcément le prix de vente sur le marché local de 250 à 300 francs. Que peut alors faire le Mincommerce, à part réprimer injustement ces prix ? A vendredi.  

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Le Cameroun était premier producteur de cacao (avec plus de 50.000 tonnes) et de café en Afrique en 1960. La Côte d’Ivoire qui, à l’époque, venait en 3e ou 4e position après le Cameroun (avec quelque 25.000 tonnes), par an, bien entendu, est aujourd’hui le premier producteur mondial du cacao avec une production de 1500.000 (un million cinq cent mille tonnes) par an. De plus, le pays de Houphouët-Boigny est parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de café, si je ne m’abuse. Et plus gros producteur d’ananas et de banane que le Cameroun !
En 2008, 48 ans plus tard, le Cameroun peut à peine revendiquer 250.000 tonnes de cacao, et moins de 200.000 tonnes de café robusta et arabica confondus.
A la fin des années 70, le Cameroun était à tout point de vue, le pays pilote de l’Afrique centrale, mais surtout au plan économique, jusqu’à ce que, pour devenir “ les nouveaux riches ”, des fonctionnaires “ gratte-papier ”, sans tradition culturelle de grenier, et sans fierté patriotique, s’approprient le pouvoir (par la ruse électorale et le chantage tribal) pour organiser une prédation systématique du patrimoine national. Et il aura fallu 25 ans au chef de l’Etat pour en trouver “ les preuves ”.
Au milieu des années 80, le Cameroun était légitimement fier de brandir un taux réel de croissance de 07%, et le président Biya en meublait ses discours aux investisseurs susceptibles de s’intéresser au Cameroun. En 2008, les experts nationaux (opérateurs économiques et fonctionnaires d’Etat) n’arrivent pas à accorder leurs violons pour dire si le pays a un taux de croissance réel de 3% ou de 4%. Encore que cela n’a pas d’importance du moment que cette croissance n’est pas ressentie par la ménagère camerounaise, qu’elle soit en ville ou en campagne ! Ils ne sont pas capables non plus – aucun ne l’évoque d’ailleurs – d’expliquer comment le coût de la vie peut de manière générale augmenter dans l’ordre de 30 à 200% sans que le taux d’inflation ait bougé de ses 3% depuis 8 ans !…

Le Lion devenu vieux…
Rappeler que le Cameroun, pays intermédiaire sur l’échelle de développement jusqu’en 1985, a dégringolé dans la vallée des pays pauvres très endettés en 2000, grâce à 12 ans d’ajustement structurel Fmi qu’il aurait pu éviter, c’est évidemment parler de la corde dans la maison d’un pendu. Si vous n’en avez pas déjà assez, et que l’on vous enlève le peu que vous avez, que vous reste-t-il ?
Devenir un pays pauvre très endetté et pillé, pour un pays comme le Cameroun, ne serait qu’un accident de parcours si en plus il n’était pas non gouverné et abandonné aux prédateurs intérieurs et extérieurs.
L’image que donne le Cameroun aujourd’hui au milieu des Pays les moins avancés (Pma) d’Afrique centrale, et aux yeux du monde, c’est tout à fait celle du “ Lion devenu vieux ” que Jean La Fontaine décrit dans une fable où, même l’âne (le plus méprisé des animaux de la jungle) vient donner des coups de pied à un “ roi des animaux ” prostré et poussant de grognements impuissants.
Ce n’est pas sans un pincement au cœur qu’on apprend qu’un Camerounais qui a commandé 35.000 tonnes de ciment pour rompre la pénurie au Cameroun, est obligé d’aller en délester 10.000 tonnes au Congo qui n’en a pas besoin, parce que son bateau ne peut pas entrer au Port de Douala, le chenal n’ayant pas été dragué depuis deux ans.
Ce n’est pas non plus en sautant de joie qu’on apprend l’exploit des Tchadiens qui, d’un côté, opèrent des raids dans le Nord du Cameroun pour prendre des otages (dont des enfants) et de l’autre, peuvent se flatter d’avoir, rétabli le contact entre le Nord et le Sud Cameroun, grâce à leur compagnie privée de transport aérien. Je ne reviendrai pas sur la situation de Bakassi… Et les Camerounais, où sont-ils ?

Toute souveraineté perdue
Les Camerounais en sont aujourd’hui à se coucher pour mourir de famine sur un sol qu’il suffit de gratter un peu pour se rassasier en toute saison. Malchance ou fatalité ? Cette Afrique en miniature dont le potentiel naturel et la densité des intelligences n’a que peu de comparaison sur le continent, avait-elle donc vocation à être “ suicidée ” par ses propres fils ? Croire que la terre, pour le Cameroun, tourne dans le sens inverse par rapport à nos voisins, n’est pourtant qu’une illusion d’optique.
Quand on dit que “ qui n’avance pas recule ”, ce n’est pas parce que celui qui n’avance pas fait la marche arrière. C’est parce que ceux qui étaient derrière lui, à force de marcher en avant, viennent le dépasser, et le reléguer en arrière ou sur place. Nous avons ouvert ce commentaire supra, par l’exemple du cacao dans le domaine agricole. Domaine agricole où nul n’a oublié que durant le premier quart de siècle de l’Etat camerounais, notre pays a joui sans faille d’une autosuffisance alimentaire certaine, et d’une certaine souveraineté alimentaire, toutes choses qu’aujourd’hui nous avons perdues, ainsi que le prouve la crise alimentaire nationale qui promet de durer.
La chereté de la vie que le gouvernement tente de réduire par toutes sortes de gesticulations autour des prix, nous fournit l’autre preuve que “ qui n’avance pas recule ”. L’approvisionnement du marché national est désormais et très fortement tributaire du transport maritime et de la logistique portuaire où le pays avait tout pour être le premier, ou au moins incontournable dans la sous-région, et se trouve aujourd’hui dépassé par tous ses “ petits ” voisins. Même le Congo-Brazzaville est sur le point de remplacer le Cameroun dans le désenclavement maritime de la Rca et du Tchad, dès qu’il aura terminé l’autoroute Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso, et pourra ainsi rallier Garoua-Boulaï par Bouar en Centrafrique. Cela s’appelle une vraie grande ambition.
Devenus par laxisme de la pensée, plus libéraux que les ultralibéralistes, et sous prétexte que la libéralisation bénéficierait aux consommateurs qui n’ont pas de pouvoir d’achat, “ parce que les biens importés coûtent moins chers ”, le gouvernement a choisi la facilité d’encourager les Camerounais à importer plutôt qu’à produire localement ce qu’ils consomment. Il se trouve, malheureusement que, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, une marchandise achetée à 100 francs à l’extérieur est transportée jusqu’au Cameroun à un prix entre 110 et 130 francs, auxquels il faut ajouter l’incidence des frais d’exploitation. Ce qui porte forcément le prix de vente sur le marché local de 250 à 300 francs. Que peut alors faire le Mincommerce, à part réprimer injustement ces prix ? A vendredi.  

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Le Cameroun était premier producteur de cacao (avec plus de 50.000 tonnes) et de café en Afrique en 1960. La Côte d’Ivoire qui, à l’époque, venait en 3e ou 4e position après le Cameroun (avec quelque 25.000 tonnes), par an, bien entendu, est aujourd’hui le premier producteur mondial du cacao avec une production de 1500.000 (un million cinq cent mille tonnes) par an. De plus, le pays de Houphouët-Boigny est parmi les cinq premiers producteurs mondiaux de café, si je ne m’abuse. Et plus gros producteur d’ananas et de banane que le Cameroun !
En 2008, 48 ans plus tard, le Cameroun peut à peine revendiquer 250.000 tonnes de cacao, et moins de 200.000 tonnes de café robusta et arabica confondus.
A la fin des années 70, le Cameroun était à tout point de vue, le pays pilote de l’Afrique centrale, mais surtout au plan économique, jusqu’à ce que, pour devenir “ les nouveaux riches ”, des fonctionnaires “ gratte-papier ”, sans tradition culturelle de grenier, et sans fierté patriotique, s’approprient le pouvoir (par la ruse électorale et le chantage tribal) pour organiser une prédation systématique du patrimoine national. Et il aura fallu 25 ans au chef de l’Etat pour en trouver “ les preuves ”.
Au milieu des années 80, le Cameroun était légitimement fier de brandir un taux réel de croissance de 07%, et le président Biya en meublait ses discours aux investisseurs susceptibles de s’intéresser au Cameroun. En 2008, les experts nationaux (opérateurs économiques et fonctionnaires d’Etat) n’arrivent pas à accorder leurs violons pour dire si le pays a un taux de croissance réel de 3% ou de 4%. Encore que cela n’a pas d’importance du moment que cette croissance n’est pas ressentie par la ménagère camerounaise, qu’elle soit en ville ou en campagne ! Ils ne sont pas capables non plus – aucun ne l’évoque d’ailleurs – d’expliquer comment le coût de la vie peut de manière générale augmenter dans l’ordre de 30 à 200% sans que le taux d’inflation ait bougé de ses 3% depuis 8 ans !…

Le Lion devenu vieux…
Rappeler que le Cameroun, pays intermédiaire sur l’échelle de développement jusqu’en 1985, a dégringolé dans la vallée des pays pauvres très endettés en 2000, grâce à 12 ans d’ajustement structurel Fmi qu’il aurait pu éviter, c’est évidemment parler de la corde dans la maison d’un pendu. Si vous n’en avez pas déjà assez, et que l’on vous enlève le peu que vous avez, que vous reste-t-il ?
Devenir un pays pauvre très endetté et pillé, pour un pays comme le Cameroun, ne serait qu’un accident de parcours si en plus il n’était pas non gouverné et abandonné aux prédateurs intérieurs et extérieurs.
L’image que donne le Cameroun aujourd’hui au milieu des Pays les moins avancés (Pma) d’Afrique centrale, et aux yeux du monde, c’est tout à fait celle du “ Lion devenu vieux ” que Jean La Fontaine décrit dans une fable où, même l’âne (le plus méprisé des animaux de la jungle) vient donner des coups de pied à un “ roi des animaux ” prostré et poussant de grognements impuissants.
Ce n’est pas sans un pincement au cœur qu’on apprend qu’un Camerounais qui a commandé 35.000 tonnes de ciment pour rompre la pénurie au Cameroun, est obligé d’aller en délester 10.000 tonnes au Congo qui n’en a pas besoin, parce que son bateau ne peut pas entrer au Port de Douala, le chenal n’ayant pas été dragué depuis deux ans.
Ce n’est pas non plus en sautant de joie qu’on apprend l’exploit des Tchadiens qui, d’un côté, opèrent des raids dans le Nord du Cameroun pour prendre des otages (dont des enfants) et de l’autre, peuvent se flatter d’avoir, rétabli le contact entre le Nord et le Sud Cameroun, grâce à leur compagnie privée de transport aérien. Je ne reviendrai pas sur la situation de Bakassi… Et les Camerounais, où sont-ils ?

Toute souveraineté perdue
Les Camerounais en sont aujourd’hui à se coucher pour mourir de famine sur un sol qu’il suffit de gratter un peu pour se rassasier en toute saison. Malchance ou fatalité ? Cette Afrique en miniature dont le potentiel naturel et la densité des intelligences n’a que peu de comparaison sur le continent, avait-elle donc vocation à être “ suicidée ” par ses propres fils ? Croire que la terre, pour le Cameroun, tourne dans le sens inverse par rapport à nos voisins, n’est pourtant qu’une illusion d’optique.
Quand on dit que “ qui n’avance pas recule ”, ce n’est pas parce que celui qui n’avance pas fait la marche arrière. C’est parce que ceux qui étaient derrière lui, à force de marcher en avant, viennent le dépasser, et le reléguer en arrière ou sur place. Nous avons ouvert ce commentaire supra, par l’exemple du cacao dans le domaine agricole. Domaine agricole où nul n’a oublié que durant le premier quart de siècle de l’Etat camerounais, notre pays a joui sans faille d’une autosuffisance alimentaire certaine, et d’une certaine souveraineté alimentaire, toutes choses qu’aujourd’hui nous avons perdues, ainsi que le prouve la crise alimentaire nationale qui promet de durer.
La chereté de la vie que le gouvernement tente de réduire par toutes sortes de gesticulations autour des prix, nous fournit l’autre preuve que “ qui n’avance pas recule ”. L’approvisionnement du marché national est désormais et très fortement tributaire du transport maritime et de la logistique portuaire où le pays avait tout pour être le premier, ou au moins incontournable dans la sous-région, et se trouve aujourd’hui dépassé par tous ses “ petits ” voisins. Même le Congo-Brazzaville est sur le point de remplacer le Cameroun dans le désenclavement maritime de la Rca et du Tchad, dès qu’il aura terminé l’autoroute Pointe-Noire-Brazzaville-Ouesso, et pourra ainsi rallier Garoua-Boulaï par Bouar en Centrafrique. Cela s’appelle une vraie grande ambition.
Devenus par laxisme de la pensée, plus libéraux que les ultralibéralistes, et sous prétexte que la libéralisation bénéficierait aux consommateurs qui n’ont pas de pouvoir d’achat, “ parce que les biens importés coûtent moins chers ”, le gouvernement a choisi la facilité d’encourager les Camerounais à importer plutôt qu’à produire localement ce qu’ils consomment. Il se trouve, malheureusement que, pour des raisons sur lesquelles nous reviendrons, une marchandise achetée à 100 francs à l’extérieur est transportée jusqu’au Cameroun à un prix entre 110 et 130 francs, auxquels il faut ajouter l’incidence des frais d’exploitation. Ce qui porte forcément le prix de vente sur le marché local de 250 à 300 francs. Que peut alors faire le Mincommerce, à part réprimer injustement ces prix ? A vendredi.  

Par Jean Baptiste SIPA

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Spectacle : Le théâtre jette un Kayou sur la scène

Le saxophoniste camerounais a retrouvé son public samedi dernier au Ccf de Yaoundé.
Justin Blaise Akono –




Un récital de Jazz, pour conclure la "Nuit des trophées" du théâtre camerounais, qui clôturait le mois du théâtre débuté le 29 février dernier à Yaoundé. Le public rendu au Centre culturel français (Ccf) samedi soir, n’avait d’yeux et d’ouie que pour Kayou, "l’homme en blanc", pour décrire son accoutrement. Sa dernière apparition date du festival Jazz sans frontières en février 2005. Le saxophoniste camerounais, qui quitte son pays en 2002, et ses amis, parmi lesquels Gabriel Mayo, chef d’orchestre du cabaret La Réserve, le bassiste Ateba Mvondo et le batteur Petit Jean de ce qui s’appelait jusque-là le Kayou Band, le percussionniste Bertrand Eloundou, le pianiste Jean Marc et l’autre pianiste, Cyril Diard, venu de France avec Kayou pour le compte du Kayou Roots, ont étalé tous leurs talents d’instrumentistes, jusqu’au moment où Kayou décide de révéler ses dernières trouvailles.

En invitant sur scène le groupe de musique traditionnelle Abanda Man Ekan, le saxophoniste troque son instrument de prédilection contre un grand tam-tam et entonne une chanson en Yambassa de son Mbam natal. Le ton et le son dû à la violence que Kayou exerce sur le tamtam montent. Le Ccf s’invite au spectacle par applaudissements et youyous interposés. Le temps pour Kayou de se saisir de la clarinette ou des maracas afin d’afficher une autre de ses qualités. Il revient sur les percussions, cette fois pour exécuter un Ekan en langue Ewondo. "Le partage avec Abanda Man Ekan a été plein d’émotions. Cela m’a rappelé beaucoup de souvenirs. Mais aussi beaucoup de travail et de sacrifices". Un mélange du moderne et du traditionnel que Kayou compte valoriser dans son prochain album Poutsi, annoncé pour la fin de l’année. "Je suis heureux de retrouver mon public, qui n’a pas changé. Il est vaillant. Il vit pendant tout le concert". "Je ne l’avais jamais vu sur scène et j’en ressors très émue" a confié Nadège Nl., une spectatrice, à la sortie du premier concert que Kayou donne au Cameroun. Les autres étant prévus cette semaine, toujours à Yaoundé.

L’artiste venait ainsi soutenir les scènes du théâtre francophone dont il est le promoteur. Le festival récompensait ses meilleurs artistes pour ce quatrième rendez-vous. Ainsi, le prix Jeanne Abanda de la meilleure comédienne est revenu à Corine Josiane Kameni de la compagnie Acor. Le prix Jérôme Bolo du meilleur comédien a été attribué à l’un des éléments de la troupe le Tam-tam théâtre de Douala, qui raflera plus tard, le grand prix Emmanuel Keki Manyo du meilleur spectacle avec "Ndokela ou l’initiation avortée". "On est venu gagner", ont pu déclarer les comédiens de Douala, pour exprimer leur joie. Ce prix leur a été remis par André Bang, qui a, lui-même, reçu le prix d’honneur pour toute son œuvre. "Je vous remercie. Vous qui avez pensé que les méchants de la terre peuvent aussi être récompensés, vous qui avez pensé que moi aussi j’avais travaillé", a déclaré André Bang.

Le prix Jean Minguele de la mise en scène est revenu à la compagnie Orphée d’Afrique de Were Were Liking pendant que Solange Bonono remportait le prix des Editions Clé pour son texte, "la princesse Phalloga". Mais, bien avant le spectacle de Kayou, la remise des différents trophées, qui a commencé avec plus d’une heure de retard, était entrecoupée des passages d’artistes. C’est ainsi que le public de Yaoundé a pu découvrir la Centrafricaine Ydille Mamba et retrouver le guitariste congolais (Rdc) José Lenga. Après deux belles oeuvres en Lingala, José Lenga, qui était accompagné entre autres artistes de Rody, batteur du groupe Macase, a interprété, à la demande du public, Eyala. Une chanson langoureuse, au départ, qui s’achève par une Roumba bien rythmée.

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