Bientôt une maison pour les retraités
L’annonce a été faite à Yaoundé, vendredi 25 juillet 2008, au cours d’un point de presse quasi improvisé par le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). L’occasion lui a permis de dévoiler sa vision managériale et, surtout, de faire le bilan de ses 100 premiers jours à la tête de la Cnps. Depuis sa nomination, Noël Alain Olivier Mekulu Mvondo Akame a minutieusement fait le tour du propriétaire. Visite des représentations de la Cnps dans toutes les provinces du pays, descente dans les structures hospitalières et autres centres appartenant à cet organisme paraétatique, échange avec les pensionnés (pour les rassurer) et les fournisseurs à qui il a recommandé la pratique du juste prix. Tout a été passé au peigne fin. But visé, selon le nouveau patron de la Cnps, faire un état des lieux des défis existants. « Cela m’a permis de prendre toute la mesure de mes responsabilité », a-t-il déclaré à la presse. Au terme de son tour, qui lui aurait permis de découvrir une gestion calamiteuse de certaines structures de la Cnps, à en croire des confrères – une affirmation que le Dg de la Cnps trouve exagérée – il dit tout de même avoir attiré l’attention de ceux de ses collaborateurs qui pourraient prendre quelques libertés avec les principes de gouvernance, sur le fait qu’il ne lésinera pas sur les moyens pour faire respecter l’éthique, la discipline et l’esprit d’équipe.
Il aura alors noté l’urgence d’une modernisation de la gestion de cette Cnps « qui cristallise encore beaucoup d’attentes », selon lui, après avoir retrouvé ses lettres de noblesse, grâce à Louis Paul Motaze. Pour Mekulu Mvondo Akame, son prédécesseur a eu le mérite d’humaniser le traitement réservé aux pensionnés et tous les autres allocataires, ce qui permet à la Cnps aujourd’hui de « jouir d’une grande estime » auprès de ces derniers. Il entend consolider ces acquis, « pour une grande satisfaction des clients Cnps, au premier rang desquels les retraités », a-t-il souligné, tout en indiquant son désir de mettre sur pied une maison de la retraite, qui servira de lieu de rencontre, de socialisation et de récupération des personnes du troisième âge qui n’ont plus de famille.
Mais comme priorité en ce moment, il parle du raccourcissement des délais de paiement des prestations qui passeront d’une dizaine de jours à 3 jours maximum, grâce à de nouveaux outils de gestion qu’il met progressivement en place, et qui ont déjà permis, le trimestre passé, de réduire ce délais. A l’hôpital de la Cnps où il envisage une forte amélioration de la gestion et le renouvellement des équipements, il entend y créer un service haut standing au standards internationaux. Au sujet de l’élargissement de l’assiette des cotisants, constitués d’employeurs et d’employés, il dit s’apprêter à lancer une campagne en direction des employeurs qui prennent un malin plaisir à ne pas affilier leurs personnels, pour leur dire qu’ils ont jusqu’en septembre 2008 pour se conformer à la loi. Passé ce délais, ils y seront amené par la force, « en commençant par toute ces personnes qui emploient des domestiques », avertit-il.
Lorsqu’on sait qu’ils sont nombreux, ceux qui recrutent ces « boys » et ces « bonnes à tout faire », à qui ils paient des salaires de misère, et refusent de penser qu’ils peuvent être affiliés à la Cnps, comme tout autre employé, on imagine que le coup de point de la Cnps atteindra bien de gens. Pourvu qu’il ne se fatigue pas.
Par Marie-Noëlle GUICHI

