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La Cobac fragilise les coopératives d’épargne…

Etablissements de micro finance

La Cobac fragilise les coopératives d’épargne…

Le gendarme du secteur bancaire en Afrique centrale ne favorise pas le développement de la micro finance au Cameroun. Les cas Cofinest et First Trust font école.

Le 28 mars 2008, la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) place sous administration provisoire First Trust Savings and Loan, un établissement camerounais de micro finance. Plusieurs fautes de gestion sont reprochées aux dirigeants de cette entreprise. Bien avant, en décembre 2007, le même gendarme du secteur financier d’Afrique centrale met à la tête de la Coopérative financière de l’estuaire (Cofinest), un administrateur provisoire. On reproche aux responsables de Cofinest, entre autres, l’octroi des crédits de complaisance et un ratio trop élevé sur les engagements des établissements de micro finance (Emf) en faveur des dirigeants … A la même période, Fi-Pme, un autre Emf, échappe de justesse à la nomination, à sa tête, d’un administrateur provisoire. Dans un cas comme dans l’autre, l’annonce de la nomination d’un administrateur provisoire a eu pour conséquence des retraits massifs de fonds. A la Cofinest par exemple, 4 milliards Fcfa sont retirés par les épargnants en trois semaines seulement ! Suffisant pour aggraver l’état de santé du fleuron des Emf au Cameroun.
Pour les professionnels de la micro finance, la thérapie appliquée à Cofinest, First Trust, Gbf… est inappropriée. Pire, elle contribue à précipiter ces institutions dans le gouffre. « Avec tout ce qui s’est passé dans les années 1990 [faillite du secteur bancaire, ndlr], les épargnants sont devenus très méfiants. La moindre information négative sur la gestion d’un établissement financier pousse les clients à retirer leur argent. C’est ce qui s’est passé avec Cofinest et First Trust par exemple… », explique un dirigeant d’Emf. Au sein de l’Association des établissements de micro finance au Cameroun (Anencam), l’on soutient que la Cobac est assez sévère dans sa décision de suspendre les organes de gestion des Emf. Prosaïquement, « c’est comme si quelqu’un souffre d’un léger paludisme, et vous lui administrez une dizaine de perfusions. Cela va précipiter la mort du malade…» Mieux, le gendarme du secteur financier est accusé de ne pas suffisamment tenir compte du fonctionnement très particulier et du contexte dans lequel se sont développés les Emf au Cameroun.
Pour ceux qui soutiennent cette thèse, la Cobac ne fait pas la différence entre les garanties dans les banques classiques et les coopératives d’épargne et de crédit. « Pour obtenir un prêt dans une banque commerciale, on doit présenter soit un titre foncier, soit hypothéquer sa maison ou son immeuble. Ce n’est pas le cas dans une coopérative. Le dirigeant d’une coopérative d’épargne et de crédits peut, sur la base d’autres garanties, octroyer un financement à un client régulier et crédible. La Cobac associe pareille confiance à l’octroi des crédits de complaisance… », explique le directeur général d’un cabinet d’expertise en micro finance. Autre situation, les débiteurs des coopératives mises sous administration provisoire ne se bousculent pas pour rembourser le crédit reçu. Car, se disent-ils, « l’établissement va mourir du jour au lendemain ». Avant de sanctionner Cofinest ou First Trust, la Cobac aurait dû au préalable tirer la sonnette d’alarme. Au lieu de nommer des administrateurs provisoires, la Cobac ferait mieux de donner un délai aux dirigeants d’Emf pour recouvrer les crédits octroyés.
A l’Anencam, l’on est décidé à ne plus laisser la Cobac frapper d’une main aussi lourde. Le 4 juillet 2008, un conseil d’administration de la Cobac s’est tenu à Brazzaville au Congo. Entre autres points inscrits à l’ordre du jour, la procédure disciplinaire contre First Trust Savings and Loan. A l’issue des travaux, le directeur général de First Trust s’en sort avec un blâme, sanction moins lourde que le retrait de son agrément initialement prévu. Une démarche à mettre sur le compte de l’Anencam. Elle a prouvé à la Cobac que les reproches faits à Martin Njonkwé (ex directeur général de First Trust) n’étaient pas de nature à mettre cet Emf sous administration provisoire.

Quels administrateurs provisoires ?
Ils sont nombreux à décrier le comportement des mandataires de la Cobac dans leur mission de gestion des établissements de micro finance placés sous administration provisoire. Pour nombre de professionnels du secteur de la microfinance au Cameroun, ces administrateurs provisoires n’ont pas d’expertise incontestable dans le domaine. A la Cofinest, par exemple, l’on apprend que l’administrateur provisoire, Calvin Bikoko, est un ancien fonctionnaire du ministère des Finances, qui a été administrateur provisoire de Cec Prom Mature et de Gbf. La première citée ne peut pas se targuer de mieux se porter aujourd’hui, tandis que Gbf a carrément disparu du paysage de la micro finance au Cameroun, laissant en pleurs des milliers d’épargnants.
Calvin Bikoko est accusée de recrutements fantaisistes. En un laps de temps, l’homme a dépensé les 60 millions de Fcfa pour des actions qui ne semblaient pas toujours nécessaires pour un établissement que l’on dit malade. Toutes nos démarches pour rencontrer le rencontrer ont été vaines. Il nous a plutôt envoyé vers le responsable en charge du département marketing et développement de Cofinest.
Les mêmes reproches sont faites à Mme Ida Djodu Enchei, mandataire de la Cobac à First Trust Savings and Loan. Ancienne employée de Sogelease, une filiale de la Société générale spécialisée dans le crédit bail, elle aurait dépensé en moins de trois mois seulement environ 60 millions de Fcfa dans les frais généraux (salaires, primes et autres avantages divers…). Nous n’avons également pas pu la joindre, malgré nos démarches depuis trois semaines. Une fois que ces administrateurs provisoires sont nommés, leur première tâche consiste toujours à écarter les anciens dirigeants parfois pétris d’expérience.
 

Par Léopold CHENDJOU

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Le gendarme du secteur bancaire en Afrique centrale ne favorise pas le développement de la micro finance au Cameroun. Les cas Cofinest et First Trust font école.

Le 28 mars 2008, la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) place sous administration provisoire First Trust Savings and Loan, un établissement camerounais de micro finance. Plusieurs fautes de gestion sont reprochées aux dirigeants de cette entreprise. Bien avant, en décembre 2007, le même gendarme du secteur financier d’Afrique centrale met à la tête de la Coopérative financière de l’estuaire (Cofinest), un administrateur provisoire. On reproche aux responsables de Cofinest, entre autres, l’octroi des crédits de complaisance et un ratio trop élevé sur les engagements des établissements de micro finance (Emf) en faveur des dirigeants … A la même période, Fi-Pme, un autre Emf, échappe de justesse à la nomination, à sa tête, d’un administrateur provisoire. Dans un cas comme dans l’autre, l’annonce de la nomination d’un administrateur provisoire a eu pour conséquence des retraits massifs de fonds. A la Cofinest par exemple, 4 milliards Fcfa sont retirés par les épargnants en trois semaines seulement ! Suffisant pour aggraver l’état de santé du fleuron des Emf au Cameroun.
Pour les professionnels de la micro finance, la thérapie appliquée à Cofinest, First Trust, Gbf… est inappropriée. Pire, elle contribue à précipiter ces institutions dans le gouffre. « Avec tout ce qui s’est passé dans les années 1990 [faillite du secteur bancaire, ndlr], les épargnants sont devenus très méfiants. La moindre information négative sur la gestion d’un établissement financier pousse les clients à retirer leur argent. C’est ce qui s’est passé avec Cofinest et First Trust par exemple… », explique un dirigeant d’Emf. Au sein de l’Association des établissements de micro finance au Cameroun (Anencam), l’on soutient que la Cobac est assez sévère dans sa décision de suspendre les organes de gestion des Emf. Prosaïquement, « c’est comme si quelqu’un souffre d’un léger paludisme, et vous lui administrez une dizaine de perfusions. Cela va précipiter la mort du malade…» Mieux, le gendarme du secteur financier est accusé de ne pas suffisamment tenir compte du fonctionnement très particulier et du contexte dans lequel se sont développés les Emf au Cameroun.
Pour ceux qui soutiennent cette thèse, la Cobac ne fait pas la différence entre les garanties dans les banques classiques et les coopératives d’épargne et de crédit. « Pour obtenir un prêt dans une banque commerciale, on doit présenter soit un titre foncier, soit hypothéquer sa maison ou son immeuble. Ce n’est pas le cas dans une coopérative. Le dirigeant d’une coopérative d’épargne et de crédits peut, sur la base d’autres garanties, octroyer un financement à un client régulier et crédible. La Cobac associe pareille confiance à l’octroi des crédits de complaisance… », explique le directeur général d’un cabinet d’expertise en micro finance. Autre situation, les débiteurs des coopératives mises sous administration provisoire ne se bousculent pas pour rembourser le crédit reçu. Car, se disent-ils, « l’établissement va mourir du jour au lendemain ». Avant de sanctionner Cofinest ou First Trust, la Cobac aurait dû au préalable tirer la sonnette d’alarme. Au lieu de nommer des administrateurs provisoires, la Cobac ferait mieux de donner un délai aux dirigeants d’Emf pour recouvrer les crédits octroyés.
A l’Anencam, l’on est décidé à ne plus laisser la Cobac frapper d’une main aussi lourde. Le 4 juillet 2008, un conseil d’administration de la Cobac s’est tenu à Brazzaville au Congo. Entre autres points inscrits à l’ordre du jour, la procédure disciplinaire contre First Trust Savings and Loan. A l’issue des travaux, le directeur général de First Trust s’en sort avec un blâme, sanction moins lourde que le retrait de son agrément initialement prévu. Une démarche à mettre sur le compte de l’Anencam. Elle a prouvé à la Cobac que les reproches faits à Martin Njonkwé (ex directeur général de First Trust) n’étaient pas de nature à mettre cet Emf sous administration provisoire.

Quels administrateurs provisoires ?
Ils sont nombreux à décrier le comportement des mandataires de la Cobac dans leur mission de gestion des établissements de micro finance placés sous administration provisoire. Pour nombre de professionnels du secteur de la microfinance au Cameroun, ces administrateurs provisoires n’ont pas d’expertise incontestable dans le domaine. A la Cofinest, par exemple, l’on apprend que l’administrateur provisoire, Calvin Bikoko, est un ancien fonctionnaire du ministère des Finances, qui a été administrateur provisoire de Cec Prom Mature et de Gbf. La première citée ne peut pas se targuer de mieux se porter aujourd’hui, tandis que Gbf a carrément disparu du paysage de la micro finance au Cameroun, laissant en pleurs des milliers d’épargnants.
Calvin Bikoko est accusée de recrutements fantaisistes. En un laps de temps, l’homme a dépensé les 60 millions de Fcfa pour des actions qui ne semblaient pas toujours nécessaires pour un établissement que l’on dit malade. Toutes nos démarches pour rencontrer le rencontrer ont été vaines. Il nous a plutôt envoyé vers le responsable en charge du département marketing et développement de Cofinest.
Les mêmes reproches sont faites à Mme Ida Djodu Enchei, mandataire de la Cobac à First Trust Savings and Loan. Ancienne employée de Sogelease, une filiale de la Société générale spécialisée dans le crédit bail, elle aurait dépensé en moins de trois mois seulement environ 60 millions de Fcfa dans les frais généraux (salaires, primes et autres avantages divers…). Nous n’avons également pas pu la joindre, malgré nos démarches depuis trois semaines. Une fois que ces administrateurs provisoires sont nommés, leur première tâche consiste toujours à écarter les anciens dirigeants parfois pétris d’expérience.
 

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Le 28 mars 2008, la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) place sous administration provisoire First Trust Savings and Loan, un établissement camerounais de micro finance. Plusieurs fautes de gestion sont reprochées aux dirigeants de cette entreprise. Bien avant, en décembre 2007, le même gendarme du secteur financier d’Afrique centrale met à la tête de la Coopérative financière de l’estuaire (Cofinest), un administrateur provisoire. On reproche aux responsables de Cofinest, entre autres, l’octroi des crédits de complaisance et un ratio trop élevé sur les engagements des établissements de micro finance (Emf) en faveur des dirigeants … A la même période, Fi-Pme, un autre Emf, échappe de justesse à la nomination, à sa tête, d’un administrateur provisoire. Dans un cas comme dans l’autre, l’annonce de la nomination d’un administrateur provisoire a eu pour conséquence des retraits massifs de fonds. A la Cofinest par exemple, 4 milliards Fcfa sont retirés par les épargnants en trois semaines seulement ! Suffisant pour aggraver l’état de santé du fleuron des Emf au Cameroun.
Pour les professionnels de la micro finance, la thérapie appliquée à Cofinest, First Trust, Gbf… est inappropriée. Pire, elle contribue à précipiter ces institutions dans le gouffre. « Avec tout ce qui s’est passé dans les années 1990 [faillite du secteur bancaire, ndlr], les épargnants sont devenus très méfiants. La moindre information négative sur la gestion d’un établissement financier pousse les clients à retirer leur argent. C’est ce qui s’est passé avec Cofinest et First Trust par exemple… », explique un dirigeant d’Emf. Au sein de l’Association des établissements de micro finance au Cameroun (Anencam), l’on soutient que la Cobac est assez sévère dans sa décision de suspendre les organes de gestion des Emf. Prosaïquement, « c’est comme si quelqu’un souffre d’un léger paludisme, et vous lui administrez une dizaine de perfusions. Cela va précipiter la mort du malade…» Mieux, le gendarme du secteur financier est accusé de ne pas suffisamment tenir compte du fonctionnement très particulier et du contexte dans lequel se sont développés les Emf au Cameroun.
Pour ceux qui soutiennent cette thèse, la Cobac ne fait pas la différence entre les garanties dans les banques classiques et les coopératives d’épargne et de crédit. « Pour obtenir un prêt dans une banque commerciale, on doit présenter soit un titre foncier, soit hypothéquer sa maison ou son immeuble. Ce n’est pas le cas dans une coopérative. Le dirigeant d’une coopérative d’épargne et de crédits peut, sur la base d’autres garanties, octroyer un financement à un client régulier et crédible. La Cobac associe pareille confiance à l’octroi des crédits de complaisance… », explique le directeur général d’un cabinet d’expertise en micro finance. Autre situation, les débiteurs des coopératives mises sous administration provisoire ne se bousculent pas pour rembourser le crédit reçu. Car, se disent-ils, « l’établissement va mourir du jour au lendemain ». Avant de sanctionner Cofinest ou First Trust, la Cobac aurait dû au préalable tirer la sonnette d’alarme. Au lieu de nommer des administrateurs provisoires, la Cobac ferait mieux de donner un délai aux dirigeants d’Emf pour recouvrer les crédits octroyés.
A l’Anencam, l’on est décidé à ne plus laisser la Cobac frapper d’une main aussi lourde. Le 4 juillet 2008, un conseil d’administration de la Cobac s’est tenu à Brazzaville au Congo. Entre autres points inscrits à l’ordre du jour, la procédure disciplinaire contre First Trust Savings and Loan. A l’issue des travaux, le directeur général de First Trust s’en sort avec un blâme, sanction moins lourde que le retrait de son agrément initialement prévu. Une démarche à mettre sur le compte de l’Anencam. Elle a prouvé à la Cobac que les reproches faits à Martin Njonkwé (ex directeur général de First Trust) n’étaient pas de nature à mettre cet Emf sous administration provisoire.

Quels administrateurs provisoires ?
Ils sont nombreux à décrier le comportement des mandataires de la Cobac dans leur mission de gestion des établissements de micro finance placés sous administration provisoire. Pour nombre de professionnels du secteur de la microfinance au Cameroun, ces administrateurs provisoires n’ont pas d’expertise incontestable dans le domaine. A la Cofinest, par exemple, l’on apprend que l’administrateur provisoire, Calvin Bikoko, est un ancien fonctionnaire du ministère des Finances, qui a été administrateur provisoire de Cec Prom Mature et de Gbf. La première citée ne peut pas se targuer de mieux se porter aujourd’hui, tandis que Gbf a carrément disparu du paysage de la micro finance au Cameroun, laissant en pleurs des milliers d’épargnants.
Calvin Bikoko est accusée de recrutements fantaisistes. En un laps de temps, l’homme a dépensé les 60 millions de Fcfa pour des actions qui ne semblaient pas toujours nécessaires pour un établissement que l’on dit malade. Toutes nos démarches pour rencontrer le rencontrer ont été vaines. Il nous a plutôt envoyé vers le responsable en charge du département marketing et développement de Cofinest.
Les mêmes reproches sont faites à Mme Ida Djodu Enchei, mandataire de la Cobac à First Trust Savings and Loan. Ancienne employée de Sogelease, une filiale de la Société générale spécialisée dans le crédit bail, elle aurait dépensé en moins de trois mois seulement environ 60 millions de Fcfa dans les frais généraux (salaires, primes et autres avantages divers…). Nous n’avons également pas pu la joindre, malgré nos démarches depuis trois semaines. Une fois que ces administrateurs provisoires sont nommés, leur première tâche consiste toujours à écarter les anciens dirigeants parfois pétris d’expérience.
 

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Le 28 mars 2008, la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) place sous administration provisoire First Trust Savings and Loan, un établissement camerounais de micro finance. Plusieurs fautes de gestion sont reprochées aux dirigeants de cette entreprise. Bien avant, en décembre 2007, le même gendarme du secteur financier d’Afrique centrale met à la tête de la Coopérative financière de l’estuaire (Cofinest), un administrateur provisoire. On reproche aux responsables de Cofinest, entre autres, l’octroi des crédits de complaisance et un ratio trop élevé sur les engagements des établissements de micro finance (Emf) en faveur des dirigeants … A la même période, Fi-Pme, un autre Emf, échappe de justesse à la nomination, à sa tête, d’un administrateur provisoire. Dans un cas comme dans l’autre, l’annonce de la nomination d’un administrateur provisoire a eu pour conséquence des retraits massifs de fonds. A la Cofinest par exemple, 4 milliards Fcfa sont retirés par les épargnants en trois semaines seulement ! Suffisant pour aggraver l’état de santé du fleuron des Emf au Cameroun.
Pour les professionnels de la micro finance, la thérapie appliquée à Cofinest, First Trust, Gbf… est inappropriée. Pire, elle contribue à précipiter ces institutions dans le gouffre. « Avec tout ce qui s’est passé dans les années 1990 [faillite du secteur bancaire, ndlr], les épargnants sont devenus très méfiants. La moindre information négative sur la gestion d’un établissement financier pousse les clients à retirer leur argent. C’est ce qui s’est passé avec Cofinest et First Trust par exemple… », explique un dirigeant d’Emf. Au sein de l’Association des établissements de micro finance au Cameroun (Anencam), l’on soutient que la Cobac est assez sévère dans sa décision de suspendre les organes de gestion des Emf. Prosaïquement, « c’est comme si quelqu’un souffre d’un léger paludisme, et vous lui administrez une dizaine de perfusions. Cela va précipiter la mort du malade…» Mieux, le gendarme du secteur financier est accusé de ne pas suffisamment tenir compte du fonctionnement très particulier et du contexte dans lequel se sont développés les Emf au Cameroun.
Pour ceux qui soutiennent cette thèse, la Cobac ne fait pas la différence entre les garanties dans les banques classiques et les coopératives d’épargne et de crédit. « Pour obtenir un prêt dans une banque commerciale, on doit présenter soit un titre foncier, soit hypothéquer sa maison ou son immeuble. Ce n’est pas le cas dans une coopérative. Le dirigeant d’une coopérative d’épargne et de crédits peut, sur la base d’autres garanties, octroyer un financement à un client régulier et crédible. La Cobac associe pareille confiance à l’octroi des crédits de complaisance… », explique le directeur général d’un cabinet d’expertise en micro finance. Autre situation, les débiteurs des coopératives mises sous administration provisoire ne se bousculent pas pour rembourser le crédit reçu. Car, se disent-ils, « l’établissement va mourir du jour au lendemain ». Avant de sanctionner Cofinest ou First Trust, la Cobac aurait dû au préalable tirer la sonnette d’alarme. Au lieu de nommer des administrateurs provisoires, la Cobac ferait mieux de donner un délai aux dirigeants d’Emf pour recouvrer les crédits octroyés.
A l’Anencam, l’on est décidé à ne plus laisser la Cobac frapper d’une main aussi lourde. Le 4 juillet 2008, un conseil d’administration de la Cobac s’est tenu à Brazzaville au Congo. Entre autres points inscrits à l’ordre du jour, la procédure disciplinaire contre First Trust Savings and Loan. A l’issue des travaux, le directeur général de First Trust s’en sort avec un blâme, sanction moins lourde que le retrait de son agrément initialement prévu. Une démarche à mettre sur le compte de l’Anencam. Elle a prouvé à la Cobac que les reproches faits à Martin Njonkwé (ex directeur général de First Trust) n’étaient pas de nature à mettre cet Emf sous administration provisoire.

Quels administrateurs provisoires ?
Ils sont nombreux à décrier le comportement des mandataires de la Cobac dans leur mission de gestion des établissements de micro finance placés sous administration provisoire. Pour nombre de professionnels du secteur de la microfinance au Cameroun, ces administrateurs provisoires n’ont pas d’expertise incontestable dans le domaine. A la Cofinest, par exemple, l’on apprend que l’administrateur provisoire, Calvin Bikoko, est un ancien fonctionnaire du ministère des Finances, qui a été administrateur provisoire de Cec Prom Mature et de Gbf. La première citée ne peut pas se targuer de mieux se porter aujourd’hui, tandis que Gbf a carrément disparu du paysage de la micro finance au Cameroun, laissant en pleurs des milliers d’épargnants.
Calvin Bikoko est accusée de recrutements fantaisistes. En un laps de temps, l’homme a dépensé les 60 millions de Fcfa pour des actions qui ne semblaient pas toujours nécessaires pour un établissement que l’on dit malade. Toutes nos démarches pour rencontrer le rencontrer ont été vaines. Il nous a plutôt envoyé vers le responsable en charge du département marketing et développement de Cofinest.
Les mêmes reproches sont faites à Mme Ida Djodu Enchei, mandataire de la Cobac à First Trust Savings and Loan. Ancienne employée de Sogelease, une filiale de la Société générale spécialisée dans le crédit bail, elle aurait dépensé en moins de trois mois seulement environ 60 millions de Fcfa dans les frais généraux (salaires, primes et autres avantages divers…). Nous n’avons également pas pu la joindre, malgré nos démarches depuis trois semaines. Une fois que ces administrateurs provisoires sont nommés, leur première tâche consiste toujours à écarter les anciens dirigeants parfois pétris d’expérience.
 

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Concert : Sean Paul se fait camerounais

Le déhanché du Jamaïcain et de ses danseuses a crée l’émeute parmi les 30.000 spectateurs de vendredi à Douala.
Marion Obam –




Les premières filles s’évanouissent 15mn après la montée sur scène de Sean Paul. La Croix rouge installée dans les back stages, va être débordée quelques minutes plus tard en procédant à des évacuations. La respiration saccadée, ces jeunes filles n’arrêtaient pas de murmurer : "Mon coeur va s’arrêter " ou " Je veux encore le voir ". L’émotion a atteint son paroxysme à la Base Elf de Douala sur les berges du Wouri vendredi 21 mars dernier lors du concert de la star international de Ragga Dancehall, le Jamaïcain Sean Paul, arrivé la veille directement de Kingstone (Jamaïque). Les organisateurs avaient annoncé 20.000 billets en vente, mais ceux qui n’ont pas pu s’en procurer comme Hervé Njankwa étudiant à l’université de Buea parce qu’il voulait "d’abord le voir avant de prendre mon ticket", ont dû se contenter des toitures des bus de Mtn sponsor de l’évènement, pour voir l’artiste en live avec 20 musiciens et danseuses.

Le public avait été mesuré pendant la première partie faite par Sultan Oshimin et les Rapconteurs Krotal, Danièle Eog, Big B-zy et le Bantou pô si. D’abord parce qu’on avait annoncé un spectacle en live, mais que les locaux ont fait du Play back avec une platine et deux micros ce qui a rabaissé le niveau de leur prestation. Le groupe Macase n’a malheureusement pas sorti les instruments de leur housse. C’est donc un public affamé qui va accueillir l’artiste de ragga qui a le débit le plus rapide au monde. Son frère, Jason Henriques, alias Dj Jigzagula, la doublure de Sean Paul va se faire le devoir de réchauffer le public. Il réussit puisque avant la montée sur scène de Sean Paul, à 20h15mn, le public est déjà debout, les bruits de chaises cassées accompagnent les cris.

Nudité
Tout de noir vêtu, tenant une serviette blanche à la main, Sean Paul entre en action. Le déhanché est mortel. Jeunes et vieux sautillent sur des airs de Gimme the Ligth, Like Glue, Punkie et Get Busy. Il est accompagné dans son répertoire par le public qui connaît jusqu’au refrain. S’il faut reconnaître que Sean Paul est un monstre de scène pour la gestion professionnelle de tous ses éléments, ce sont ses quatre danseuses qui rajoutent le feu aux poudres. Les filles sorties du même moule semblent avoir signé un pacte avec l’indécence et la provocation. Les petites culottes de quelques millimètres laissaient les bas de mailles noirs galbés de longues jambes. Conscient de l’effet de ses filles, Sean Paul conscient de l’effet de ses filles aux longs cheveux savait revenir au devant de la scène avant que les hommes ne fassent une crise d’apoplexie.

Lorsque l’artiste introduit le titre "Im still in love with you" le duo avec Sasha, le cordon de sécurité lâche. Les forces de l’ordre sortent quatre énormes dobermans. Rien n’y fait. Les 30.000 personnes commencent à osciller comme un énorme serpent. Sean Paul a presque les larmes aux yeux d’émotion et dit à s’époumoner " I love Cameroon ". Et le public camerounais alors ! Malgré la médiocrité du son qui devenait inaudible quelques mètres après la scène, les spectateurs sont restés jusqu’au bout. Pour son titre au revoir, le jamaïcain s’est changé aux couleurs camerounaises avant de s’enrouler du drapeau tricolore frappé d’une étoile. Les camerounais étaient conquis. A tel point que lorsque l’artiste est sorti de la scène, le public ne l’a pas réalisé. A 22h30mn tout était redevenu calme, le grondement des vagues du fleuve rappelait que le Wouri reprenait possession de son territoire. Les présents à ce concert venaient de vivre un moment mémorable. Malheureusement, maliens, sénégalais et ivoiriens ne vont pas vivre des moments aussi intenses car le reste de la tournée a été annulée.

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