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Investissements : Le Cameroun toujours parmi les pays à risque



Doing Business 2009, le rapport de l’indice de perception du climat des affaires dans le monde a été publié hier.
Brice R. Mbodiam


Le dernier rapport de l’indice de perception du climat des affaires dans le monde publié chaque année par la Banque mondiale (Bm) et la société financière internationale (Sfi) est, au premier abord, élogieux pour les avancées observées dans nombre de pays africains dans ce domaine. En effet, la dépêche qui annonce les résultats de Doing Business 2009 publiée depuis le siège de la Bm à Washington, et dont l’exploitation par les médias n’était autorisée que hier après minuit, est intitulée: "année record pour les réformes réglementaires en Afrique : importantes améliorations au Sénégal, au Burkina Faso et au Botswana. Maurice au premier rang du classement régional [suivi de l’Afrique du Sud (32ème mondial) et du Botswana (38ème mondial)] pour la facilité de faire des affaires" en Afrique.

C’est que, apprend-on, du fait du classement médiocre occupé au cours des dernières années par les pays du continent noir dans ce hit parade des pays du monde les plus attrayant pour les investissements étrangers, "28 pays d’Afrique ont adopté 58 réformes". Mieux, selon Doing Business 2009 "trois pays africains figurent parmi les dix premiers réformateurs du monde en ce qui concerne la réglementation des affaires [notamment en matière de célérité dans les procédures de création des entreprises, du paiement des taxes, de la facilitation du commerce transfrontalier et de protection des investisseurs] : le Sénégal, le Burkina Faso et le Botswana".

Et le Cameroun alors ? Selon le classement du Doing Business 2009, ce pays occupe le 164ème rang mondial sur les 181 pays objet de l’enquête de la Banque mondiale et de la Société financière internationale. A l’observation, le Cameroun, malgré quelques réformes qui tardent cependant à être implémentée (réforme fiscale de 2007, par exemple) ou obtenir les résultats escompéts (guichet unique au port de Douala…), a reculé d’une dizaine de place, puisque de manière consécutive, dans les rapports de 2007 et de 2008, le Cameroun occupait la 154ème place (sur 178 pays) au classement général des pays les plus aptes à accueillir les investissements étrangers. Ce classement au demeurant peu reluisant, le Cameroun le doit, indique le rapport, "à la facilitation de l’accès des banques au registre public régional sur le crédit, grâce à un service en ligne qui simplifie la notification et la recherche d’informations et qui a fortement accru le taux de couverture".

Cette avancée hisse le Cameroun à la seconde place des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) derrière la République centrafricaine (143ème mondial), le Gabon (151ème mondial), la Guinée Equatoriale (167ème), le Congo (178ème) et le Tchad (180ème). Et pour cause, indique le rapport, "les réformes au Cameroun et en Afrique centrale en général restent limitées". Pour la troisième année consécutive, Singapour occupe la tête du classement mondial pour la facilité de faire des affaires. La Nouvelle-Zélande se trouve en deuxième place, suivie des Etats-Unis, Hong Kong (Chine), le Danemark, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Canada, l’Australie, la Norvège, l’Islande, le Japon, la Thaïlande, la Finlande, la Géorgie, l’Arabie saoudite, la Suède, le Bahreïn, la Belgique, la Malaisie, la Suisse, l’Estonie, la République de Corée, Maurice et l’Allemagne.
En rappel, Doing Business classe les pays en fonction de dix indicateurs de la réglementation des affaires. Ceux-ci relèvent les délais et les coûts d’application de la réglementation nationale relative à la création, l’exploitation et la fermeture d’une entreprise, au commerce transfrontalier et au paiement des taxes et impôts. Les classements ne considèrent pas la politique macroéconomique, la qualité de l’infrastructure, la volatilité des taux de change, les perceptions des investisseurs, ni les taux de criminalité.

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Le dernier rapport de l’indice de perception du climat des affaires dans le monde publié chaque année par la Banque mondiale (Bm) et la société financière internationale (Sfi) est, au premier abord, élogieux pour les avancées observées dans nombre de pays africains dans ce domaine. En effet, la dépêche qui annonce les résultats de Doing Business 2009 publiée depuis le siège de la Bm à Washington, et dont l’exploitation par les médias n’était autorisée que hier après minuit, est intitulée: "année record pour les réformes réglementaires en Afrique : importantes améliorations au Sénégal, au Burkina Faso et au Botswana. Maurice au premier rang du classement régional [suivi de l’Afrique du Sud (32ème mondial) et du Botswana (38ème mondial)] pour la facilité de faire des affaires" en Afrique.

C’est que, apprend-on, du fait du classement médiocre occupé au cours des dernières années par les pays du continent noir dans ce hit parade des pays du monde les plus attrayant pour les investissements étrangers, "28 pays d’Afrique ont adopté 58 réformes". Mieux, selon Doing Business 2009 "trois pays africains figurent parmi les dix premiers réformateurs du monde en ce qui concerne la réglementation des affaires [notamment en matière de célérité dans les procédures de création des entreprises, du paiement des taxes, de la facilitation du commerce transfrontalier et de protection des investisseurs] : le Sénégal, le Burkina Faso et le Botswana".

Et le Cameroun alors ? Selon le classement du Doing Business 2009, ce pays occupe le 164ème rang mondial sur les 181 pays objet de l’enquête de la Banque mondiale et de la Société financière internationale. A l’observation, le Cameroun, malgré quelques réformes qui tardent cependant à être implémentée (réforme fiscale de 2007, par exemple) ou obtenir les résultats escompéts (guichet unique au port de Douala…), a reculé d’une dizaine de place, puisque de manière consécutive, dans les rapports de 2007 et de 2008, le Cameroun occupait la 154ème place (sur 178 pays) au classement général des pays les plus aptes à accueillir les investissements étrangers. Ce classement au demeurant peu reluisant, le Cameroun le doit, indique le rapport, "à la facilitation de l’accès des banques au registre public régional sur le crédit, grâce à un service en ligne qui simplifie la notification et la recherche d’informations et qui a fortement accru le taux de couverture".

Cette avancée hisse le Cameroun à la seconde place des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) derrière la République centrafricaine (143ème mondial), le Gabon (151ème mondial), la Guinée Equatoriale (167ème), le Congo (178ème) et le Tchad (180ème). Et pour cause, indique le rapport, "les réformes au Cameroun et en Afrique centrale en général restent limitées". Pour la troisième année consécutive, Singapour occupe la tête du classement mondial pour la facilité de faire des affaires. La Nouvelle-Zélande se trouve en deuxième place, suivie des Etats-Unis, Hong Kong (Chine), le Danemark, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Canada, l’Australie, la Norvège, l’Islande, le Japon, la Thaïlande, la Finlande, la Géorgie, l’Arabie saoudite, la Suède, le Bahreïn, la Belgique, la Malaisie, la Suisse, l’Estonie, la République de Corée, Maurice et l’Allemagne.
En rappel, Doing Business classe les pays en fonction de dix indicateurs de la réglementation des affaires. Ceux-ci relèvent les délais et les coûts d’application de la réglementation nationale relative à la création, l’exploitation et la fermeture d’une entreprise, au commerce transfrontalier et au paiement des taxes et impôts. Les classements ne considèrent pas la politique macroéconomique, la qualité de l’infrastructure, la volatilité des taux de change, les perceptions des investisseurs, ni les taux de criminalité.

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C’est que, apprend-on, du fait du classement médiocre occupé au cours des dernières années par les pays du continent noir dans ce hit parade des pays du monde les plus attrayant pour les investissements étrangers, "28 pays d’Afrique ont adopté 58 réformes". Mieux, selon Doing Business 2009 "trois pays africains figurent parmi les dix premiers réformateurs du monde en ce qui concerne la réglementation des affaires [notamment en matière de célérité dans les procédures de création des entreprises, du paiement des taxes, de la facilitation du commerce transfrontalier et de protection des investisseurs] : le Sénégal, le Burkina Faso et le Botswana".

Et le Cameroun alors ? Selon le classement du Doing Business 2009, ce pays occupe le 164ème rang mondial sur les 181 pays objet de l’enquête de la Banque mondiale et de la Société financière internationale. A l’observation, le Cameroun, malgré quelques réformes qui tardent cependant à être implémentée (réforme fiscale de 2007, par exemple) ou obtenir les résultats escompéts (guichet unique au port de Douala…), a reculé d’une dizaine de place, puisque de manière consécutive, dans les rapports de 2007 et de 2008, le Cameroun occupait la 154ème place (sur 178 pays) au classement général des pays les plus aptes à accueillir les investissements étrangers. Ce classement au demeurant peu reluisant, le Cameroun le doit, indique le rapport, "à la facilitation de l’accès des banques au registre public régional sur le crédit, grâce à un service en ligne qui simplifie la notification et la recherche d’informations et qui a fortement accru le taux de couverture".

Cette avancée hisse le Cameroun à la seconde place des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) derrière la République centrafricaine (143ème mondial), le Gabon (151ème mondial), la Guinée Equatoriale (167ème), le Congo (178ème) et le Tchad (180ème). Et pour cause, indique le rapport, "les réformes au Cameroun et en Afrique centrale en général restent limitées". Pour la troisième année consécutive, Singapour occupe la tête du classement mondial pour la facilité de faire des affaires. La Nouvelle-Zélande se trouve en deuxième place, suivie des Etats-Unis, Hong Kong (Chine), le Danemark, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Canada, l’Australie, la Norvège, l’Islande, le Japon, la Thaïlande, la Finlande, la Géorgie, l’Arabie saoudite, la Suède, le Bahreïn, la Belgique, la Malaisie, la Suisse, l’Estonie, la République de Corée, Maurice et l’Allemagne.
En rappel, Doing Business classe les pays en fonction de dix indicateurs de la réglementation des affaires. Ceux-ci relèvent les délais et les coûts d’application de la réglementation nationale relative à la création, l’exploitation et la fermeture d’une entreprise, au commerce transfrontalier et au paiement des taxes et impôts. Les classements ne considèrent pas la politique macroéconomique, la qualité de l’infrastructure, la volatilité des taux de change, les perceptions des investisseurs, ni les taux de criminalité.

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Le dernier rapport de l’indice de perception du climat des affaires dans le monde publié chaque année par la Banque mondiale (Bm) et la société financière internationale (Sfi) est, au premier abord, élogieux pour les avancées observées dans nombre de pays africains dans ce domaine. En effet, la dépêche qui annonce les résultats de Doing Business 2009 publiée depuis le siège de la Bm à Washington, et dont l’exploitation par les médias n’était autorisée que hier après minuit, est intitulée: "année record pour les réformes réglementaires en Afrique : importantes améliorations au Sénégal, au Burkina Faso et au Botswana. Maurice au premier rang du classement régional [suivi de l’Afrique du Sud (32ème mondial) et du Botswana (38ème mondial)] pour la facilité de faire des affaires" en Afrique.

C’est que, apprend-on, du fait du classement médiocre occupé au cours des dernières années par les pays du continent noir dans ce hit parade des pays du monde les plus attrayant pour les investissements étrangers, "28 pays d’Afrique ont adopté 58 réformes". Mieux, selon Doing Business 2009 "trois pays africains figurent parmi les dix premiers réformateurs du monde en ce qui concerne la réglementation des affaires [notamment en matière de célérité dans les procédures de création des entreprises, du paiement des taxes, de la facilitation du commerce transfrontalier et de protection des investisseurs] : le Sénégal, le Burkina Faso et le Botswana".

Et le Cameroun alors ? Selon le classement du Doing Business 2009, ce pays occupe le 164ème rang mondial sur les 181 pays objet de l’enquête de la Banque mondiale et de la Société financière internationale. A l’observation, le Cameroun, malgré quelques réformes qui tardent cependant à être implémentée (réforme fiscale de 2007, par exemple) ou obtenir les résultats escompéts (guichet unique au port de Douala…), a reculé d’une dizaine de place, puisque de manière consécutive, dans les rapports de 2007 et de 2008, le Cameroun occupait la 154ème place (sur 178 pays) au classement général des pays les plus aptes à accueillir les investissements étrangers. Ce classement au demeurant peu reluisant, le Cameroun le doit, indique le rapport, "à la facilitation de l’accès des banques au registre public régional sur le crédit, grâce à un service en ligne qui simplifie la notification et la recherche d’informations et qui a fortement accru le taux de couverture".

Cette avancée hisse le Cameroun à la seconde place des pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) derrière la République centrafricaine (143ème mondial), le Gabon (151ème mondial), la Guinée Equatoriale (167ème), le Congo (178ème) et le Tchad (180ème). Et pour cause, indique le rapport, "les réformes au Cameroun et en Afrique centrale en général restent limitées". Pour la troisième année consécutive, Singapour occupe la tête du classement mondial pour la facilité de faire des affaires. La Nouvelle-Zélande se trouve en deuxième place, suivie des Etats-Unis, Hong Kong (Chine), le Danemark, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Canada, l’Australie, la Norvège, l’Islande, le Japon, la Thaïlande, la Finlande, la Géorgie, l’Arabie saoudite, la Suède, le Bahreïn, la Belgique, la Malaisie, la Suisse, l’Estonie, la République de Corée, Maurice et l’Allemagne.
En rappel, Doing Business classe les pays en fonction de dix indicateurs de la réglementation des affaires. Ceux-ci relèvent les délais et les coûts d’application de la réglementation nationale relative à la création, l’exploitation et la fermeture d’une entreprise, au commerce transfrontalier et au paiement des taxes et impôts. Les classements ne considèrent pas la politique macroéconomique, la qualité de l’infrastructure, la volatilité des taux de change, les perceptions des investisseurs, ni les taux de criminalité.

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Lapiro de Mbanga : Martyr de la liberté et… apprenti sorcier

A la fois adulé et vilipendé, le destin singulier de « Ndinga Man » fait de lui un personnage historique.
Eugène Dipanda –




La coïncidence est remarquable. Il y a quelques jours, la commission des lois constitutionnelles de l’Assemblée nationale a reçu, pour examen, le projet de loi portant modification de la Constitution introduit par le gouvernement camerounais. Passé comme "lettre à la poste", le texte a été adopté en plénière hier. La veille du scénario, un acteur majeur du "Non" à la modification de la Loi fondamentale, le bien connu artiste et leader d’opinion Lambo Sandjo Pierre Roger alias Lapiro de Mbanga, est interpellé manu militari et jeté en prison. Avant lui, un autre artiste engagé dans la protection de la Constitution de janvier 1996, Joe La Conscience, écope de six mois d’emprisonnement ferme, puis est écroué à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé.
On a beau retourner l’affaire dans tous les sens, quel que soit le bout par lequel on prend la chose, malgré les charges prétendument retenues contre les mis en cause… il est bien difficile de dissocier les événements du contexte politique actuel. Selon toute vraisemblance, en effet, le pouvoir Rdpc semble désormais vouloir mettre hors d’état de nuire tous les empêcheurs de modifier (la Constitution) en paix. Et particulièrement Lapiro de Mbanga, qui traîne derrière lui une notoriété d’opposant, incontournable leader d’opinion de son Mbanga natal, réputée ville frondeuse; et particulièrement adulé des classes sociales défavorisées dont l’artiste dit d’ailleurs être le porte-voix.

Depuis plusieurs mois, Ndinga Man, comme l’appelle ses fans du fait de son aptitude à grincer les cordes de la guitare, a en effet pris position par rapport au débat de l’heure. Comme le parti politique auquel il appartient, le Sdf, et dont il fut le candidat malheureux aux dernières élections municipales, il est profondément contre la révision de la Loi fondamentale. Véritable écorché vif, l’artiste a récemment mis un "Single", "Constitution constipée", sur le marché du disque, dans lequel il réaffirme son opposition au toilettage annoncé de la Constitution. Du fait de la profondeur du texte, sa musique choque incontestablement. Mais, Lapiro est loin d’être hypocrite. En homme courageux, il dit haut ce que certains ne veulent pas forcément entendre. "Libérez Big catica. Libérez répé ndos. Le pater est fatigué, foutez-lui la paix. 2011, Cameroon must change…", chante-t-il, par exemple, dans "Constitution constipée". Un vrai brûlot à l’adresse de tous ceux-là qui s’agitent pour le maintien au pouvoir de Paul Biya au-delà de la fin de son second septennat à la tête de l’Etat.

Paul Biya
"Les bandits à col blanc veulent braquer la Constitution de mon pays. Les fossoyeurs de la République veulent mettre les lions en cage. Les poussins veulent échapper aux serres de l’épervier. Le peuple est harcelé et menacé d’une tentative de hold-up. En vérité et en vérité je vous le dis, ils veulent Tcha Pablo en otage", fredonne l’artiste, dans un style qui lui est propre, avec des propos en français et en pidjin, devenu pratiquement sa langue maternelle. Très admiratif de Nelson Mandela, Lapiro de Mbanga semble en effet vouloir, lui aussi, marquer son temps. A travers sa musique, il fait une sorte de satire du milieu dans lequel il vit. Et, depuis son premier album, "Persévérance", sorti en 1978, l’homme est resté fidèle à sa logique : décrier et provoquer. En 1986, "No Make erreur", son premier grand succès populaire, confirme cette inclination. Partout où il passe, Lapiro est porté en triomphe par un peuple affamé, qui semble trouver en ses chansons un certain réconfort, un espoir. S’en suivent, avec le même succès, "Surface de réparation" en 1987, et "Mimba Wi" (pense à nous) en 1989. Quand sonne l’heure du multipartisme au Cameroun, en 1990, le pouvoir voit en Lapiro de Mbanga un leader qu’il faut absolument enrôler dans ses rangs.

Contacté par Jean Fochivé, alors Directeur du Cener et Délégué général à la Sûreté nationale, l’artiste jouera la carte de l’apaisement à fond. Il organise notamment un concert dit de réconciliation en juin 1991, avec près de 25.000 fans venus l’écouter. Mais, des millions de Camerounais le traiteront de "vendu", de "traître", pour avoir osé sauver un "gouvernement bandit".
Sa carrière en prendra d’ailleurs un sérieux coup. Pendant plusieurs années, Lapiro cesse d’être ce parangon que le bas peuple voyait en lui. Il est traqué et menacé, et ne doit la vie sauve que grâce à une protection très rapprochée de la force publique. Mais l’homme refuse de baisser les bras. L’album "Lef’am So" qu’il commet en 1995, a été analysé comme une demande de pardon à ses "complices" sauveteurs, chargeurs, débrouillards… Dans la foulée, Ndinga Man règle quelques comptes à des journalistes, qui auraient écrit "n’importe quoi" sur sa personne pendant son passage à vide. La célèbre chanson "Ndinga Man contre-attaque", constitue ainsi une adresse directe à Benjamin Zébazé, Pius Njawé et Séverin Tchounkeu.

Provocation
"Je suis satisfait, car le combat que j’ai mené pour les petits débrouillards mérite du respect, et le résultat est là. Ils sont devenus les interlocuteurs avec qui on discute, on n’arrache plus leurs marchandises, on ne leur verse plus de l’eau, le gouvernement discute avec eux. Et c’était ça mon combat, qu’on sache que ce sont des Camerounais à part entière, et non des Camerounais entièrement à part", se vante Lapiro. Aujourd’hui en pleine reconquête de son aura passée, l’artiste est devenu chef traditionnel au quartier 12 de Mbanga. Et c’est dans le repli de sa chefferie qu’il a conçu "Constitution constipée", l’ultime création artistique qui semble lui valoir ses déboires actuels.
"C’est quoi l’urgence et pourquoi cet acharnement farouche, à modifier absolument l’article 6 alinéa 2 d’une Constitution dont la mise en application graduelle n’a jamais été amorcée ? Dix années sont passées, le Sénat et les Régions sont toujours attendus ; le peuple attend toujours la déclaration des biens des individus appelés à gérer les fonds publics ; ce qui, en cette période de lutte contre la corruption endémique, est une priorité.

Le peuple attend toujours d’avoir une structure indépendante pour gérer les élections libres et transparentes, afin que la grande majorité des citoyens aient le droit de voter. Et ça, les marathoniens de la mangeoire n’y trouvent aucun intérêt, sauf celui d’éliminer la limitation du mandat présidentiel de la Constitution…", chante Lapiro de Mbanga dans le "Single" controversé.
Lapiro de Mbanga n’a donc pas eu l’opportunité d’infléchir les choses à travers cette chanson, puisque la Loi fondamentale a été modifiée. L’artiste n’aura pas non plus la chance de protester outre mesure, parce qu’il a préalablement été précipité au cachot. Pour de supposées accointances avec les émeutiers de février dernier. Mais, reste-t-il convaincu, "J’ai écrit mon nom en lettres d’or dans l’histoire du Cameroun. Celui qui oserait écrire l’histoire du Cameroun à cette période précise sans parler de Lapiro de Mbanga aurait triché".

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