Pierre Essama Essomba : Président sans conseil
Sa tentative de s’émanciper de l’Ujc lui a valu d’être repris la le conseil exécutif de cette Union.
P. T.
Samedi dernier à l’hôtel Mansel de Yaoundé, Essama Essomba n’était pas à la noce. Et pour cause. Face à lui, les membres de l’Ujc ont usé d’arguments pour porter un coup au Conseil camerounais des médias (Ccm) aux destinées desquelles il préside depuis sa création en mars 2004. Face aux assauts répétés de ces derniers, il a puisé sans doute dans sa longue expérience de journaliste les ressorts à même de lui permettre de ne pas perdre pied et flegme. Patiemment, il a écouté, analysé, et sans doute beaucoup réfléchi avant de donner ses réponses, dans un calme et sans manquer de respect à ses adversaires d’un jour.
Des adversaires qui lui en voulaient visiblement d’être allé au-delà du mandat statutaire de Ccm tel que codifié par la charte adoptée à la création du Conseil en 2004. Ce faisant, beaucoup ont ignoré au passage son bilan dont il a pourtant donné lecture durant la rencontre. On y apprend notamment que malgré la cessation du financement des Canadiens, il a, au lendemain de la réunion de mars 2005 où l’objectif était "de hisser le Ccm au-dessus de toutes les organisations de médias comme le souhaitaient les bailleurs de fonds", opté pour l’indépendance du Ccm. Essama Essomba a donc orienté son action vers la connaissance et la vulgarisation du Ccm, la conception et la réalisation d’une grille d’écoute et d’image.
Plus prosaïquement, il a procédé à la location et à l’équipement d’un siège, à l’organisation d’un atelier sur l’image, à la participation à des séminaires au Cameroun et à l’étranger, à la visite des entreprises de presse qui reste à cependant à achever, la dénonciation de quelques entorses à l’éthique et à la déontologie… Un bilan qui lui a semblé acceptable au vu des difficultés auxquelles il a pourtant fait face comme la fin de l’appui financier de la coopération canadienne. A l’occasion, il a fait savoir que "le Ccm a pour but de promouvoir un corps professionnel et crédible". C’est pourquoi, et même s’il ne l’a pas avoué à la fin des travaux de samedi dernier, il semblait bien peiné de cette nouvelle tournure des événements. Lui qui entrevoyait une autre suite à cette organisation, notamment l’orientation vers les associations du même type sur le plan continental. Mais en bon philosophe et homme d’expérience, il s’est aligné à la décision de l’assistance, fort de ce que "le plus important c’est qu’un consensus soit trouvé".


Ancien membre du groupe musical "Les sapeurs de la Capitale ", vous êtes actuellement au Cameroun pour la promotion de votre dernier album: "Tu m’envoies la police". A quoi faites-vous référence?