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Basile Atangana Kouna : Le chef de l’Etat consacre une privatisation exemplaire

Quelques heures avant de s’envoler ce matin pour ce qui sera probablement un "court séjour privé en Europe", le chef de l’Etat a signé hier une série de décret dont l’un, particulièrement attendu, porte "approbation du contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun ".
Selon les termes du décret présidentiel en effet, "est approuvé le contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat du Cameroun, la société Cameroon Water utilities corporation et la société Camerounaise des Eaux".

Ce texte, qui s’appuie entre autres sur le décret du 31 décembre 2005 "fixant les modalités de délégation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement liquide en milieu urbain et périurbain", ainsi que sur la loi du 22 décembre 1999 "portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic", vient ainsi consacrer ce que Basile Atangana Kouna, le directeur général de la Camwater qualifie "d’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les Pouvoirs publics."

Nommé Administrateur provisoire de ce qu’on appelait encore la Snec (au terme d’un long règne de Clément Obouh Fegue), Basile Atangana Kouna est celui a conduit cette entreprise devenue un fardeau pour l’Etat à ce modèle de privatisation dont il dit lui-même qu’elle "est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents Bailleurs de Fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine." Aujourd’hui directeur général de Camwater, il réagit au décret signé hier par Paul Biya et donne des précisions sur le climat social au sein de son entreprise.

Comment réagissez-vous à la signature ce jour [hier, Ndlr] par le président de la République du décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat, Camwater et Cde?
Le chef de l’Etat a effectivement signé ce jour le décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat et les entreprises délégataires que sont la société de patrimoine Camwater et la société d’exploitation Cde. C’est bien l’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les pouvoirs publics.
Il convient de rappeler que, pour faire évoluer favorablement le processus de privatisation, notre contribution a consisté, dans le cadre de nos missions d’Administrateur provisoire de la Société Nationale des Eaux du Cameroun (Snec), à donner des informations financières et comptables fiables, en participant avec les autres intervenants à l’élaboration des stratégies, à l’examen des dossiers de pré-qualification, à la préparation du dossier d’appel d’offres et à l’analyse des offres des soumissionnaires ayant conduit au choix du partenaire stratégique.

On vous a souvent reproché d’avoir conduit ce processus en solo…
Ce processus a été conduit en étroite concertation avec les partenaires au développement tels la Banque Mondiale, Chef de file, l’Afd, la Bei qui ont accompagné la partie camerounaise dans toutes les étapes de la procédure, qui du reste, a suscité beaucoup d’intérêt auprès des grands opérateurs à l’expérience mondiale avérée dans le secteur de l’eau potable.
La Banque Mondiale qui a financé l’ensemble de la procédure a délivré la non-objection sur l’ensemble des opérations, du lancement de l’appel d’offres, à la proposition d’attribution suite aux résultats des analyses technico financières des offres.
Le Groupement Onep-Delta Holding- Ingema qui a présenté la meilleure offre technique et financière a été désigné adjudicataire, sur haut accord du président de la République.
Par la suite les différents documents de transaction entre l’Etat, Camwater et Cde, Filiale de l’Onep ont été signés le 18 décembre 2007, consacrant l’aboutissement de la privatisation de la Snec. C’est toutes ces opérations qui viennent d’être approuvées par décret du président de la République.
Cette privatisation est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents bailleurs de fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine.

Justement en parlant du concours des bailleurs de Fonds, vous avez annoncé un programme d’investissement de 300 milliards de Fcfa au cours des dix prochaines années. Où en êtes-vous au niveau de son exécution ?
L’exécution de ce programme d’investissement se déroule comme prévu, tant sur le plan de la mobilisation des financements que celui des réalisations.
S’agissant des financements particulièrement, nous avons déjà conclu des accords, sous forme de prêts et de dons, avec plusieurs partenaires au développement, environ 40 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale, 2 milliards et demi de Fcfa sous forme de don Gpoba pour les branchements sociaux, 11 milliards de Fcfa de Exim Bank of China, dont les travaux sont en cours d’exécution
D’autres financements sont déjà approuvés par les conseils d’administration de certains bailleurs et attendent d’être signés (Bad : 30 milliards de Fcfa) ou en voie d’être soumis à l’approbation des conseils d’administration (Afd : 39 milliards de Fcfa, BEI : 26 milliards de Fcfa)
Les négociations se poursuivent avec la Commerz Bank Belgium d’un montant de 39 milliards de Fcfa et auprès de la Banque Arabe pour le développement Economique en Afrique (Badea) et de la Banque Islamique de développement (Bid) qui manifestent beaucoup d’intérêt pour nos projets.

Avec ces chiffres la réalisation du programme d’investissement dans le secteur est en bonne voie. Cependant, on a noté comme des grincements de dents sur le plan social…
Il est important de rappeler que dans le cadre de la reforme du secteur de l’eau potable, tous les emplois ont été maintenus. Ce qui est rare dans le monde entier au moment de la restructuration d’une entreprise publique.
Avant ma prise de fonctions en qualité d’Administrateur provisoire de la Snec en 2002, la situation sociale du personnel de l’Ex Snec était particulièrement précaire. Avec une dette sociale vieille de près de 23 ans, ces agents n’avaient pas de couverture sociale, les indemnités et avancements divers étaient gelés. C’est ainsi que leurs droits ont été payés à concurrence de 6 milliards représentant : le remboursement intégral en mars 2003 de l’épargne-prêt d’un montant de 908 millions de francs cfa ; la restauration, en janvier 2005, de la prime de productivité, suspendue depuis plus de 20 ans ; le rétablissement des reclassements et avancements des employés restés suspendus pendant 18 ans ; la reprise, après 15 ans des cotisations sociales du personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), suivie des paiements des prestations sociales en faveur des employés et agents retraités ; la remise des médailles d’honneur du travail à plus de 2000 employés méritants…
Toutes ces mesures sur le plan social avaient été prises sans revendication préalable du personnel de la Snec qui avait même abandonné certains de ses droits 20 ans plus tôt dans le cadre d’un protocole d’accord signé avec l’employeur.

On a quand même noté il y a quelques semaines comme un mouvement d’humeur d’une partie du personnel, qui a quelque peu perturbé les activités. Tout est rentré dans l’ordre ?
Absolument. Je dois vous rappeler que la dette sociale est apurée par des règlements réguliers de Camwater, en étroite concertation avec Cde, en faveur des ex agents Snec, employés des deux sociétés. Depuis la prise en charge du service public de l’eau par Cde le 02 mai 2008, plus de 700 millions de Fcfa ont déjà été payés au titre de dette sociale.
Les droits légaux restant à payer aux agents sont : d’une part, les indemnités de congés échus qui seront apurés à la fin du mois en cours, après vérification ; et, d’autre part, les échelons gelés de 1987 à 1997 qui seront payés dans un délai de deux ans plus tard, conformément aux conclusions de la réunion présidée par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, en présence du Ministre de l’Energie et de l’Eau, le 13 mars dernier.
En définitive, l’approche privilégiée étant le dialogue avec les partenaires sociaux, nous invitons les employés à ne pas se laisser manipuler par des personnes facilement identifiables, au risque de compromettre la stabilité et le développement du secteur de l’eau potable, si chers au président Paul Biya.

Propos recueillis par Alain B. Batonguè

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Basile Atangana Kouna : Le chef de l’Etat consacre une privatisation exemplaire

Quelques heures avant de s’envoler ce matin pour ce qui sera probablement un "court séjour privé en Europe", le chef de l’Etat a signé hier une série de décret dont l’un, particulièrement attendu, porte "approbation du contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun ".
Selon les termes du décret présidentiel en effet, "est approuvé le contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat du Cameroun, la société Cameroon Water utilities corporation et la société Camerounaise des Eaux".

Ce texte, qui s’appuie entre autres sur le décret du 31 décembre 2005 "fixant les modalités de délégation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement liquide en milieu urbain et périurbain", ainsi que sur la loi du 22 décembre 1999 "portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic", vient ainsi consacrer ce que Basile Atangana Kouna, le directeur général de la Camwater qualifie "d’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les Pouvoirs publics."

Nommé Administrateur provisoire de ce qu’on appelait encore la Snec (au terme d’un long règne de Clément Obouh Fegue), Basile Atangana Kouna est celui a conduit cette entreprise devenue un fardeau pour l’Etat à ce modèle de privatisation dont il dit lui-même qu’elle "est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents Bailleurs de Fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine." Aujourd’hui directeur général de Camwater, il réagit au décret signé hier par Paul Biya et donne des précisions sur le climat social au sein de son entreprise.

Comment réagissez-vous à la signature ce jour [hier, Ndlr] par le président de la République du décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat, Camwater et Cde?
Le chef de l’Etat a effectivement signé ce jour le décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat et les entreprises délégataires que sont la société de patrimoine Camwater et la société d’exploitation Cde. C’est bien l’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les pouvoirs publics.
Il convient de rappeler que, pour faire évoluer favorablement le processus de privatisation, notre contribution a consisté, dans le cadre de nos missions d’Administrateur provisoire de la Société Nationale des Eaux du Cameroun (Snec), à donner des informations financières et comptables fiables, en participant avec les autres intervenants à l’élaboration des stratégies, à l’examen des dossiers de pré-qualification, à la préparation du dossier d’appel d’offres et à l’analyse des offres des soumissionnaires ayant conduit au choix du partenaire stratégique.

On vous a souvent reproché d’avoir conduit ce processus en solo…
Ce processus a été conduit en étroite concertation avec les partenaires au développement tels la Banque Mondiale, Chef de file, l’Afd, la Bei qui ont accompagné la partie camerounaise dans toutes les étapes de la procédure, qui du reste, a suscité beaucoup d’intérêt auprès des grands opérateurs à l’expérience mondiale avérée dans le secteur de l’eau potable.
La Banque Mondiale qui a financé l’ensemble de la procédure a délivré la non-objection sur l’ensemble des opérations, du lancement de l’appel d’offres, à la proposition d’attribution suite aux résultats des analyses technico financières des offres.
Le Groupement Onep-Delta Holding- Ingema qui a présenté la meilleure offre technique et financière a été désigné adjudicataire, sur haut accord du président de la République.
Par la suite les différents documents de transaction entre l’Etat, Camwater et Cde, Filiale de l’Onep ont été signés le 18 décembre 2007, consacrant l’aboutissement de la privatisation de la Snec. C’est toutes ces opérations qui viennent d’être approuvées par décret du président de la République.
Cette privatisation est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents bailleurs de fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine.

Justement en parlant du concours des bailleurs de Fonds, vous avez annoncé un programme d’investissement de 300 milliards de Fcfa au cours des dix prochaines années. Où en êtes-vous au niveau de son exécution ?
L’exécution de ce programme d’investissement se déroule comme prévu, tant sur le plan de la mobilisation des financements que celui des réalisations.
S’agissant des financements particulièrement, nous avons déjà conclu des accords, sous forme de prêts et de dons, avec plusieurs partenaires au développement, environ 40 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale, 2 milliards et demi de Fcfa sous forme de don Gpoba pour les branchements sociaux, 11 milliards de Fcfa de Exim Bank of China, dont les travaux sont en cours d’exécution
D’autres financements sont déjà approuvés par les conseils d’administration de certains bailleurs et attendent d’être signés (Bad : 30 milliards de Fcfa) ou en voie d’être soumis à l’approbation des conseils d’administration (Afd : 39 milliards de Fcfa, BEI : 26 milliards de Fcfa)
Les négociations se poursuivent avec la Commerz Bank Belgium d’un montant de 39 milliards de Fcfa et auprès de la Banque Arabe pour le développement Economique en Afrique (Badea) et de la Banque Islamique de développement (Bid) qui manifestent beaucoup d’intérêt pour nos projets.

Avec ces chiffres la réalisation du programme d’investissement dans le secteur est en bonne voie. Cependant, on a noté comme des grincements de dents sur le plan social…
Il est important de rappeler que dans le cadre de la reforme du secteur de l’eau potable, tous les emplois ont été maintenus. Ce qui est rare dans le monde entier au moment de la restructuration d’une entreprise publique.
Avant ma prise de fonctions en qualité d’Administrateur provisoire de la Snec en 2002, la situation sociale du personnel de l’Ex Snec était particulièrement précaire. Avec une dette sociale vieille de près de 23 ans, ces agents n’avaient pas de couverture sociale, les indemnités et avancements divers étaient gelés. C’est ainsi que leurs droits ont été payés à concurrence de 6 milliards représentant : le remboursement intégral en mars 2003 de l’épargne-prêt d’un montant de 908 millions de francs cfa ; la restauration, en janvier 2005, de la prime de productivité, suspendue depuis plus de 20 ans ; le rétablissement des reclassements et avancements des employés restés suspendus pendant 18 ans ; la reprise, après 15 ans des cotisations sociales du personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), suivie des paiements des prestations sociales en faveur des employés et agents retraités ; la remise des médailles d’honneur du travail à plus de 2000 employés méritants…
Toutes ces mesures sur le plan social avaient été prises sans revendication préalable du personnel de la Snec qui avait même abandonné certains de ses droits 20 ans plus tôt dans le cadre d’un protocole d’accord signé avec l’employeur.

On a quand même noté il y a quelques semaines comme un mouvement d’humeur d’une partie du personnel, qui a quelque peu perturbé les activités. Tout est rentré dans l’ordre ?
Absolument. Je dois vous rappeler que la dette sociale est apurée par des règlements réguliers de Camwater, en étroite concertation avec Cde, en faveur des ex agents Snec, employés des deux sociétés. Depuis la prise en charge du service public de l’eau par Cde le 02 mai 2008, plus de 700 millions de Fcfa ont déjà été payés au titre de dette sociale.
Les droits légaux restant à payer aux agents sont : d’une part, les indemnités de congés échus qui seront apurés à la fin du mois en cours, après vérification ; et, d’autre part, les échelons gelés de 1987 à 1997 qui seront payés dans un délai de deux ans plus tard, conformément aux conclusions de la réunion présidée par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, en présence du Ministre de l’Energie et de l’Eau, le 13 mars dernier.
En définitive, l’approche privilégiée étant le dialogue avec les partenaires sociaux, nous invitons les employés à ne pas se laisser manipuler par des personnes facilement identifiables, au risque de compromettre la stabilité et le développement du secteur de l’eau potable, si chers au président Paul Biya.

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Basile Atangana Kouna : Le chef de l’Etat consacre une privatisation exemplaire

Quelques heures avant de s’envoler ce matin pour ce qui sera probablement un "court séjour privé en Europe", le chef de l’Etat a signé hier une série de décret dont l’un, particulièrement attendu, porte "approbation du contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun ".
Selon les termes du décret présidentiel en effet, "est approuvé le contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat du Cameroun, la société Cameroon Water utilities corporation et la société Camerounaise des Eaux".

Ce texte, qui s’appuie entre autres sur le décret du 31 décembre 2005 "fixant les modalités de délégation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement liquide en milieu urbain et périurbain", ainsi que sur la loi du 22 décembre 1999 "portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic", vient ainsi consacrer ce que Basile Atangana Kouna, le directeur général de la Camwater qualifie "d’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les Pouvoirs publics."

Nommé Administrateur provisoire de ce qu’on appelait encore la Snec (au terme d’un long règne de Clément Obouh Fegue), Basile Atangana Kouna est celui a conduit cette entreprise devenue un fardeau pour l’Etat à ce modèle de privatisation dont il dit lui-même qu’elle "est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents Bailleurs de Fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine." Aujourd’hui directeur général de Camwater, il réagit au décret signé hier par Paul Biya et donne des précisions sur le climat social au sein de son entreprise.

Comment réagissez-vous à la signature ce jour [hier, Ndlr] par le président de la République du décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat, Camwater et Cde?
Le chef de l’Etat a effectivement signé ce jour le décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat et les entreprises délégataires que sont la société de patrimoine Camwater et la société d’exploitation Cde. C’est bien l’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les pouvoirs publics.
Il convient de rappeler que, pour faire évoluer favorablement le processus de privatisation, notre contribution a consisté, dans le cadre de nos missions d’Administrateur provisoire de la Société Nationale des Eaux du Cameroun (Snec), à donner des informations financières et comptables fiables, en participant avec les autres intervenants à l’élaboration des stratégies, à l’examen des dossiers de pré-qualification, à la préparation du dossier d’appel d’offres et à l’analyse des offres des soumissionnaires ayant conduit au choix du partenaire stratégique.

On vous a souvent reproché d’avoir conduit ce processus en solo…
Ce processus a été conduit en étroite concertation avec les partenaires au développement tels la Banque Mondiale, Chef de file, l’Afd, la Bei qui ont accompagné la partie camerounaise dans toutes les étapes de la procédure, qui du reste, a suscité beaucoup d’intérêt auprès des grands opérateurs à l’expérience mondiale avérée dans le secteur de l’eau potable.
La Banque Mondiale qui a financé l’ensemble de la procédure a délivré la non-objection sur l’ensemble des opérations, du lancement de l’appel d’offres, à la proposition d’attribution suite aux résultats des analyses technico financières des offres.
Le Groupement Onep-Delta Holding- Ingema qui a présenté la meilleure offre technique et financière a été désigné adjudicataire, sur haut accord du président de la République.
Par la suite les différents documents de transaction entre l’Etat, Camwater et Cde, Filiale de l’Onep ont été signés le 18 décembre 2007, consacrant l’aboutissement de la privatisation de la Snec. C’est toutes ces opérations qui viennent d’être approuvées par décret du président de la République.
Cette privatisation est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents bailleurs de fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine.

Justement en parlant du concours des bailleurs de Fonds, vous avez annoncé un programme d’investissement de 300 milliards de Fcfa au cours des dix prochaines années. Où en êtes-vous au niveau de son exécution ?
L’exécution de ce programme d’investissement se déroule comme prévu, tant sur le plan de la mobilisation des financements que celui des réalisations.
S’agissant des financements particulièrement, nous avons déjà conclu des accords, sous forme de prêts et de dons, avec plusieurs partenaires au développement, environ 40 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale, 2 milliards et demi de Fcfa sous forme de don Gpoba pour les branchements sociaux, 11 milliards de Fcfa de Exim Bank of China, dont les travaux sont en cours d’exécution
D’autres financements sont déjà approuvés par les conseils d’administration de certains bailleurs et attendent d’être signés (Bad : 30 milliards de Fcfa) ou en voie d’être soumis à l’approbation des conseils d’administration (Afd : 39 milliards de Fcfa, BEI : 26 milliards de Fcfa)
Les négociations se poursuivent avec la Commerz Bank Belgium d’un montant de 39 milliards de Fcfa et auprès de la Banque Arabe pour le développement Economique en Afrique (Badea) et de la Banque Islamique de développement (Bid) qui manifestent beaucoup d’intérêt pour nos projets.

Avec ces chiffres la réalisation du programme d’investissement dans le secteur est en bonne voie. Cependant, on a noté comme des grincements de dents sur le plan social…
Il est important de rappeler que dans le cadre de la reforme du secteur de l’eau potable, tous les emplois ont été maintenus. Ce qui est rare dans le monde entier au moment de la restructuration d’une entreprise publique.
Avant ma prise de fonctions en qualité d’Administrateur provisoire de la Snec en 2002, la situation sociale du personnel de l’Ex Snec était particulièrement précaire. Avec une dette sociale vieille de près de 23 ans, ces agents n’avaient pas de couverture sociale, les indemnités et avancements divers étaient gelés. C’est ainsi que leurs droits ont été payés à concurrence de 6 milliards représentant : le remboursement intégral en mars 2003 de l’épargne-prêt d’un montant de 908 millions de francs cfa ; la restauration, en janvier 2005, de la prime de productivité, suspendue depuis plus de 20 ans ; le rétablissement des reclassements et avancements des employés restés suspendus pendant 18 ans ; la reprise, après 15 ans des cotisations sociales du personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), suivie des paiements des prestations sociales en faveur des employés et agents retraités ; la remise des médailles d’honneur du travail à plus de 2000 employés méritants…
Toutes ces mesures sur le plan social avaient été prises sans revendication préalable du personnel de la Snec qui avait même abandonné certains de ses droits 20 ans plus tôt dans le cadre d’un protocole d’accord signé avec l’employeur.

On a quand même noté il y a quelques semaines comme un mouvement d’humeur d’une partie du personnel, qui a quelque peu perturbé les activités. Tout est rentré dans l’ordre ?
Absolument. Je dois vous rappeler que la dette sociale est apurée par des règlements réguliers de Camwater, en étroite concertation avec Cde, en faveur des ex agents Snec, employés des deux sociétés. Depuis la prise en charge du service public de l’eau par Cde le 02 mai 2008, plus de 700 millions de Fcfa ont déjà été payés au titre de dette sociale.
Les droits légaux restant à payer aux agents sont : d’une part, les indemnités de congés échus qui seront apurés à la fin du mois en cours, après vérification ; et, d’autre part, les échelons gelés de 1987 à 1997 qui seront payés dans un délai de deux ans plus tard, conformément aux conclusions de la réunion présidée par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, en présence du Ministre de l’Energie et de l’Eau, le 13 mars dernier.
En définitive, l’approche privilégiée étant le dialogue avec les partenaires sociaux, nous invitons les employés à ne pas se laisser manipuler par des personnes facilement identifiables, au risque de compromettre la stabilité et le développement du secteur de l’eau potable, si chers au président Paul Biya.

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Basile Atangana Kouna : Le chef de l’Etat consacre une privatisation exemplaire

Quelques heures avant de s’envoler ce matin pour ce qui sera probablement un "court séjour privé en Europe", le chef de l’Etat a signé hier une série de décret dont l’un, particulièrement attendu, porte "approbation du contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun ".
Selon les termes du décret présidentiel en effet, "est approuvé le contrat d’affermage du service public de la production et de la distribution d’eau potable dans les centres urbains et périurbains du Cameroun signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat du Cameroun, la société Cameroon Water utilities corporation et la société Camerounaise des Eaux".

Ce texte, qui s’appuie entre autres sur le décret du 31 décembre 2005 "fixant les modalités de délégation des services publics de l’eau potable et de l’assainissement liquide en milieu urbain et périurbain", ainsi que sur la loi du 22 décembre 1999 "portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic", vient ainsi consacrer ce que Basile Atangana Kouna, le directeur général de la Camwater qualifie "d’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les Pouvoirs publics."

Nommé Administrateur provisoire de ce qu’on appelait encore la Snec (au terme d’un long règne de Clément Obouh Fegue), Basile Atangana Kouna est celui a conduit cette entreprise devenue un fardeau pour l’Etat à ce modèle de privatisation dont il dit lui-même qu’elle "est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents Bailleurs de Fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine." Aujourd’hui directeur général de Camwater, il réagit au décret signé hier par Paul Biya et donne des précisions sur le climat social au sein de son entreprise.

Comment réagissez-vous à la signature ce jour [hier, Ndlr] par le président de la République du décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat, Camwater et Cde?
Le chef de l’Etat a effectivement signé ce jour le décret d’approbation du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 entre l’Etat et les entreprises délégataires que sont la société de patrimoine Camwater et la société d’exploitation Cde. C’est bien l’aboutissement heureux d’un processus de privatisation mené efficacement et dans la transparence par les pouvoirs publics.
Il convient de rappeler que, pour faire évoluer favorablement le processus de privatisation, notre contribution a consisté, dans le cadre de nos missions d’Administrateur provisoire de la Société Nationale des Eaux du Cameroun (Snec), à donner des informations financières et comptables fiables, en participant avec les autres intervenants à l’élaboration des stratégies, à l’examen des dossiers de pré-qualification, à la préparation du dossier d’appel d’offres et à l’analyse des offres des soumissionnaires ayant conduit au choix du partenaire stratégique.

On vous a souvent reproché d’avoir conduit ce processus en solo…
Ce processus a été conduit en étroite concertation avec les partenaires au développement tels la Banque Mondiale, Chef de file, l’Afd, la Bei qui ont accompagné la partie camerounaise dans toutes les étapes de la procédure, qui du reste, a suscité beaucoup d’intérêt auprès des grands opérateurs à l’expérience mondiale avérée dans le secteur de l’eau potable.
La Banque Mondiale qui a financé l’ensemble de la procédure a délivré la non-objection sur l’ensemble des opérations, du lancement de l’appel d’offres, à la proposition d’attribution suite aux résultats des analyses technico financières des offres.
Le Groupement Onep-Delta Holding- Ingema qui a présenté la meilleure offre technique et financière a été désigné adjudicataire, sur haut accord du président de la République.
Par la suite les différents documents de transaction entre l’Etat, Camwater et Cde, Filiale de l’Onep ont été signés le 18 décembre 2007, consacrant l’aboutissement de la privatisation de la Snec. C’est toutes ces opérations qui viennent d’être approuvées par décret du président de la République.
Cette privatisation est citée exemple comme ayant le mieux répondu aux attentes des pouvoirs publics et des différents bailleurs de fonds qui continuent à apporter leur précieux concours à la réussite de la réforme du secteur de l’hydraulique urbaine et périurbaine.

Justement en parlant du concours des bailleurs de Fonds, vous avez annoncé un programme d’investissement de 300 milliards de Fcfa au cours des dix prochaines années. Où en êtes-vous au niveau de son exécution ?
L’exécution de ce programme d’investissement se déroule comme prévu, tant sur le plan de la mobilisation des financements que celui des réalisations.
S’agissant des financements particulièrement, nous avons déjà conclu des accords, sous forme de prêts et de dons, avec plusieurs partenaires au développement, environ 40 milliards de Fcfa de la Banque Mondiale, 2 milliards et demi de Fcfa sous forme de don Gpoba pour les branchements sociaux, 11 milliards de Fcfa de Exim Bank of China, dont les travaux sont en cours d’exécution
D’autres financements sont déjà approuvés par les conseils d’administration de certains bailleurs et attendent d’être signés (Bad : 30 milliards de Fcfa) ou en voie d’être soumis à l’approbation des conseils d’administration (Afd : 39 milliards de Fcfa, BEI : 26 milliards de Fcfa)
Les négociations se poursuivent avec la Commerz Bank Belgium d’un montant de 39 milliards de Fcfa et auprès de la Banque Arabe pour le développement Economique en Afrique (Badea) et de la Banque Islamique de développement (Bid) qui manifestent beaucoup d’intérêt pour nos projets.

Avec ces chiffres la réalisation du programme d’investissement dans le secteur est en bonne voie. Cependant, on a noté comme des grincements de dents sur le plan social…
Il est important de rappeler que dans le cadre de la reforme du secteur de l’eau potable, tous les emplois ont été maintenus. Ce qui est rare dans le monde entier au moment de la restructuration d’une entreprise publique.
Avant ma prise de fonctions en qualité d’Administrateur provisoire de la Snec en 2002, la situation sociale du personnel de l’Ex Snec était particulièrement précaire. Avec une dette sociale vieille de près de 23 ans, ces agents n’avaient pas de couverture sociale, les indemnités et avancements divers étaient gelés. C’est ainsi que leurs droits ont été payés à concurrence de 6 milliards représentant : le remboursement intégral en mars 2003 de l’épargne-prêt d’un montant de 908 millions de francs cfa ; la restauration, en janvier 2005, de la prime de productivité, suspendue depuis plus de 20 ans ; le rétablissement des reclassements et avancements des employés restés suspendus pendant 18 ans ; la reprise, après 15 ans des cotisations sociales du personnel à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), suivie des paiements des prestations sociales en faveur des employés et agents retraités ; la remise des médailles d’honneur du travail à plus de 2000 employés méritants…
Toutes ces mesures sur le plan social avaient été prises sans revendication préalable du personnel de la Snec qui avait même abandonné certains de ses droits 20 ans plus tôt dans le cadre d’un protocole d’accord signé avec l’employeur.

On a quand même noté il y a quelques semaines comme un mouvement d’humeur d’une partie du personnel, qui a quelque peu perturbé les activités. Tout est rentré dans l’ordre ?
Absolument. Je dois vous rappeler que la dette sociale est apurée par des règlements réguliers de Camwater, en étroite concertation avec Cde, en faveur des ex agents Snec, employés des deux sociétés. Depuis la prise en charge du service public de l’eau par Cde le 02 mai 2008, plus de 700 millions de Fcfa ont déjà été payés au titre de dette sociale.
Les droits légaux restant à payer aux agents sont : d’une part, les indemnités de congés échus qui seront apurés à la fin du mois en cours, après vérification ; et, d’autre part, les échelons gelés de 1987 à 1997 qui seront payés dans un délai de deux ans plus tard, conformément aux conclusions de la réunion présidée par le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, en présence du Ministre de l’Energie et de l’Eau, le 13 mars dernier.
En définitive, l’approche privilégiée étant le dialogue avec les partenaires sociaux, nous invitons les employés à ne pas se laisser manipuler par des personnes facilement identifiables, au risque de compromettre la stabilité et le développement du secteur de l’eau potable, si chers au président Paul Biya.

Propos recueillis par Alain B. Batonguè

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Henri Lopès, Sans tam-tam*, 3ème et 4ème année Technique. : Quand je parle de moi…

Un roman épistolaire dont la portée philosophique, pédagogique et l’universalité en imposent à toute conscience disponible. –




La lettre est une causerie par écrit entre un expéditeur et un destinataire que la distance sépare. Elle a donc, au départ, une fonction sociale ; son objectif premier est d’établir un rapport mental par le moyen de l’écriture. En cela, son objet est toute la vie. La lettre se doit donc d’être simple de forme et sincère de fond.
La littérature s’est emparée de cet autre moyen de communication sociale pour en faire un genre littéraire, le genre épistolaire. Sans tam-tam de Henri Lopès s’inscrit dans ce registre, dans la mesure où ce roman est constitué uniquement de lettres. Six au total.
En voici le contexte : Gatsé, un professeur de collège en poste dans un établissement de la brousse congolaise (Brazzaville) reçoit d’un ami, ancien condisciple à l’École normale supérieure et en poste dans la haute administration à Brazzaville, une proposition de nomination dans une ambassade à l’étranger. Le livre est constitué de l’échange qui va s’installer entre les deux amis. Le roman se structure autour de cinq lettres que Gatsé envoie à son bienfaiteur pour justifier son refus, et la sixième lettre est celle écrite par le destinataire à l’éditeur de ces cinq lettres.
Cela veut dire que les textes des lettres du correspondant de Brazzaville ne sont pas présentés. Le contenu est déduit des réponses. Le seul extrait en est une citation que Gatsé, ému, reprend en page 106, dans la cinquième lettre ; il fait le reproche suivant à son ami : De cela tu tires une conclusion à mon avis injuste quand tu m’assènes : " dans ces lettres je reconnais bien un homme, un homme et ses sentiments, mais je cherche en vain la révolution. " " Révolution ". On l’aura compris, l’échange épistolaire s’inscrit dans une dynamique politique.

D’une lettre à l’autre
Dans la première lettre (04pages), Gatsé qui est un militant du parti révolutionnaire, a été affecté en brousse à la suite d’un remaniement : " Dans le mouvement normal de vengeance des nouvelles équipes, on m’a affecté ici en brousse. " p. 9. Son ami lui propose un poste de Conseiller culturel à Paris. Il décline l’offre: " J’ai eu peur de la déportation, de l’enfer. Finalement c’est l’Eden. Laisse-moi y mourir. Garde ta pomme, serpent ! Ce n’est pas un fruit congolais. " p.9.
La réponse montre qu’il a été mal compris. Alors il entreprend de s’expliquer dans une plus longue lettre (56 pages), la deuxième. Il fonde son argumentation sur l’expérience de sa vie, de sa naissance à l’âge adulte. Il s’agit d’une véritable biographie. Ascendants masculins domestiques chez les colons, mère cultivatrice. Famille nombreuse. Enfance presque misérable, mais éducation morale plutôt rigide d’un père aux principes bien arrêtés. Parcours scolaire réussi. Son contact avec l’idiosyncrasie du colonialisme et des colons et le nécessaire impératif du développement de son peuple bâtissent son idéal politique. Alors, pour lui, le professeur qu’il est là où il se trouve, en contact permanent avec la masse dont il faut changer la mentalité, est plus utile, en ce moment-ci de son parcours, qu’un Conseiller culturel. À ces données, il faut ajouter son statut de polygame qui ne faciliterait pas les choses.

La troisième lettre est une continuation de la précédente, beaucoup plus axée cependant sur une réflexion au sujet de la théorie et l’action politiques : " La parole peut être action. Une belle intervention n’a pas seulement les faiblesses d’une performance, elle renferme, dans certaines circonstances, les mérites d’un combat héroïque. Je songe à celui qui, insoucieux du scandale, dévoile la vérité, réveille les consciences assoupies, et pousse ceux qui l’écoute à se lever et à marcher. " p.82.
Un autre remaniement étant intervenu et son ami ayant été promu Directeur de cabinet d’un autre de leurs amis, Mounkala, la quatrième lettre est un ensemble de conseils, comme celui-ci : " Il ne faut surtout pas considérer ce poste comme une promotion. Vois-y une charge où tu dois accomplir dans la discrétion la plus grande, une tâche ingrate mais colossale. " p. 92. En passant il sollicite tout de même que le nouveau Directeur de Cabinet intervienne pour qu’un chef de parti local, qui l’en menace, ne le fasse pas muter plus loin.
L’importance de la lecture dans la formation et la nécessité d’aimer son travail constituent l’ossature de la cinquième lettre.
Des lettres ouvertes
Le destinataire de ces cinq premières lettres écrit à l’éditeur, en guise d’épilogue au roman, une sixième lettre dans laquelle il explique dans quelles conditions Gatsé, souffrant depuis longtemps d’un cancer, est finalement décédé et donner les raisons qui le poussent à faire publier ces textes : " Ces lettres, écrit-il, ont une portée qui dépasse l’expéditeur aussi bien que le destinataire. " p. 120.

Sans Tam-tam se lit comme un roman. En est-ce tout à fait un ? Difficile de l’affirmer dès lors qu’il ne s’y dévoile aucune véritable intrigue romanesque comme dans les Liaisons dangereuses de Laclos. Néanmoins, le livre se lit avec beaucoup d’aisance, par le style simple et très poétisé par endroits. Par une observation aiguë des imperfections de sociétés modernes d’Afrique (L’esclave ne s’affranchit plus pour libérer de l’esclavage, mais pour devenir maître d’esclaves. P.58). Par certaines propositions aussi, qui en font un manifeste de la bonne gouvernance. Si des passages peuvent susciter un léger ennui à cause de la réflexion très théorique, l’ensemble s’impose par une pédagogie politique contenue dans des formules qui pourraient facilement s’inscrire dans l’imaginaire collectif comme des poncifs de bonne gouvernance.. Exemples : " A accepter trop vite les hauts postes, sans en avoir le mérite, on engendre des sociétés médiocres. " p.61. Ou bien : " On trouve toujours de quoi acheter le pagne ou la chemise dernier cri, quitte à se priver d’un livre du médicament. Ce n’est pas là sottise de jeunesse. Le mal est pire chez les adultes. " p. 72. Ou encore : " La connaissance est une course de l’homme vers le bonheur. La connaissance sans le cœur n’est plus que calcul. Connaître, c’est explorer la vie. Et l’école n’est qu’une partie de la vie. " P. 81. Et d’autres encore.
Ces formules sont issues d’un individu et concernent le Congo, certes. Mais très vite, l’on se rend compte qu’elles ont une portée philosophique et pédagogique universelles qui en installent l’universalité dans toute conscience disponible. Il s’agit là, assurément, d’un beau livre utile.

* éditions CLE, Yaoundé, 126p
** Docteur d’Etat ès lettres, ENS, Yaoundé

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